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jeudi 17 mai 2018

Throwback Thursaday Livresque #19


Qu’est-ce que le Throwback Thursday livresque ? Un rendez-vous que Bettie Rose Books a crée en 2016 pour permettre à chacun de partager une lecture ancienne ou plus récente au choix, mais toujours sur un thème très vaste. 
Rien à voir avec le TTT qui lui demande 10 livres et parle parfois au futur. 


Non le Throwback comme son nom l’indique, invite à se replonger dans nos plus jolis souvenirs livresques.
Toutes les semaines Bettie Rose Books propose un thème, cette semaine c'est :



Je vais te parler du moins juste te donner le titre et le résumé de mon dernier contemporain lu et adoré, je dois encore publier la chronique c'est pour ça que je ne te dis trop rien mais je peux déjà te dire de lire absolument ce livre qui est une merveille. 

Je parle de 

Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin 

Résumé : 

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. 
Les gens de passage et les habitués passent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. 
Son quotidien est rythmé par les confidences des visiteurs et la joie des fossoyeurs. 
Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule.
 Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires, se révèlent lumineuses. 
Changer l'eau des fleurs est un hymne au merveilleux des choses simples. 
Après le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin, virtuose dans l'art d'explorer les sentiments, nous livre un deuxième roman bouleversant où suspense, sensibilité et justesse éclatent à chaque page.


Et toi quel contemporain me conseillerais-tu ? 
Belle journée mon cher lecteur à très vite avec un avis qui est programmé ou à demain pour un autre avis programmé lui aussi ^^
mercredi 10 janvier 2018

[Top Ten] Mes 10 meilleures lectures de 2017

Et voilà nous y sommes, c'est l'heure de vous donner les titres de mes 10 meilleures lectures en 2017, avec 261 livres lus le choix fut difficile.

En première place, sans hésiter, Entre Deux mondes de Olivier Norek chez Michel Lafon 


Ensuite les deux suivant mais vraiment à égalité dans mon coeur de lectrice

Par amour de Valérie Tong Cuong chez JC Lattès  et Quand on a que l'humour de Amélie Antoine chez Michel Lafon


Un livre inoubliable, il m'a vraiment marqué : Pour te perdre un peu moins de Martin Diwo chez Plon


Une auteure que je découvre, un livre sublime, une histoire d'amour incroyablement belle
  Sous le même ciel de Erika Boyer (auto-édition)


Je ne m'attendais pas à autant aimer ce roman, la plus belle fin du monde qu'il m'ait été donné de lire, Sirius de Stéphane Servant chez Le Rouergue 



Auteur découvert cette année avec ce roman, jai ensuite lu son nouveau publié cette année je parle de Luca Di Fulvio , Le gang des rêves publié chez Slatkine éditions 



Les suivants impossible de les classer, tous ont été des coups de coeur et des livres que je relirai 

Et soudain, la liberté de Caroline Laurent chez Les Escales



Les dieux du tango de Carolina De Robertis chez Le Cherche Midi 


Underground Railroad de Colson Whithehead chez Albin Michel


Et oui nous sommes à 10 mais il y a 12 mois dans une année non ? Alors mention spéciale pour 

Love vicious, tome 1 : je te hais passionément de Sara Wolf chez Pocket jeunesse



et pour L'honneur de Preston de Mia Sheridan chez Hugo





Avez-vous lu ces livres ? Vous font-ils envie ? Quels sont vos coups de cœur de 2017 ?


mardi 2 janvier 2018

[Top 2017] Partie 5 les romans historiques


On arrive tout doucement à la fin de mes meilleures lectures classées par genre, aujourd'hui on parlera des romans historiques (je sais certains sont du 20e siècle mais je les ai classé comme tels, et oui certains pourraient aussi être classé en romance mais si je les mets ici c'est parce que c'est l'Histoire qui m'a le plus touchée).

Demain, on parlera de la romance et du new adult et enfin, vendredi je te donnerai mon top 10, choix qui va s'avérer très très difficile ! 

Voici les romans historiques qui ont tous eu 5 étoiles sur Goodreads



















La plupart sont chroniqués sur le blog, certains se trouveront dans mon top 10, si tu aimes l’histoire, la Seconde Guerre mondiale, la libération de la femme, la guerre de Sécession, la fin de l’esclavagisme ou connaître l’histoire de pays différents je te les conseille tous !

En connais-tu certains ? 

mercredi 1 novembre 2017

[Avis] Le pacte d'Emma, tome 1 de Nine Gorman


J’étais très curieuse de découvrir le roman de Nine Gorman, je ne l’avais pas lu sur Wattpad, il n’y a que peu de temps que je vais dessus, en fait depuis que mon amie Laura (cliquez sur son prénom pour arriver sur son site) poste ses écrits dessus.

Je regarde Nine sur YouTube, sans être une fan je suis abonnée à sa chaîne, mais ici je donne mon avis sur l’auteure et non pas la youtubeuse.
Ce sont deux métiers différents et je vous le dis de suite, elle excelle dans les deux.

J’avais lu le résumé au moment de l’annonce de la sortie, mais je n’ai pas cherché à trop en savoir, comme d’habitude pour me garder le plaisir de la découverte.
Ce fut une très belle lecture, je ne regrette pas du tout de l’avoir lu, même si ce n’est pas un coup de cœur, j’ai hâte de lire la suite qui est prévue pour 2018.

Nous suivons donc Emma, atteinte d’une maladie neurodégénérative qui lui grignote peu à peu ses facultés. 
Elle a décidé de quitter la Pennsylvanie pour New York, trop de mauvais souvenirs sont attachés à sa ville natale. 
Elle a fait la connaissance de Rébecca, une libraire du quartier de Soho, via un forum de lecture, elle n’est pas donc pas seule. 
Il y a Jonathan, son frère et cohabitant ; Becky et Rébecca. 
Celle-ci va encourager Emma à postuler pour un travail à la Anderson Company, Emma ne le sait pas encore, mais ce travail va bousculer bien plus que son train-train quotidien qui consiste jusqu’à présent à des allers-retours entre son appartement et la librairie de son amie et son job de téléopératrice.

Je vous l’avoue ; j’ai craint, au début du roman, environ jusqu’à la moitié d’avoir un remake de "Vampire Diairies" mélangé à "Nos étoiles contraires" et à "The memory Book". 
Même si le mythe vampirique est innovateur je reproche que Andrew ressemble trop à Daemon Salvatore et que Matthew, son frère lui c’est Stéphane. 
Ce n’est pas très grave, cela ne m’a pas dérangé outre mesure, comme certaines phrases m’ont fait vraiment penser aux deux autres livres, mais encore une fois cela ne m’a pas empêché de poursuivre la lecture qui, il faut le dire, est facile, fluide et addictive.
L’addiction vient de l’intrigue et de la maladie d’Emma.
Que va-t-elle devenir, quel sera son avenir avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête.
Ensuite, il y a les frères, Matthew et Andrew ; c’est paradoxal, mais c’est un fait que j’ai aimé et qui m’a quelque peu exaspéré, Emma hésite entre l’un et l’autre, les triangles amoureux je n’aime pas ça, mais fort heureusement elle finit par se décider assez vite.

Je ne peux pas dire que j’ai ressenti plein d’empathie pour Emma, elle m’a ému autant qu’elle m’a fait lever les yeux au ciel. Son inexpérience, sa naïveté et sa fragilité rendent le personnage cohérent avec sa manière d’agir.
Ses réactions avec les garçons, sa façon d’être est assez contradictoire avec son caractère. Autant, avec Andrew et Matthew qu’avec Nathan.
Je mets ça sur le compte du temps qu’elle a peur de perdre ou de sa nouvelle notoriété à laquelle elle n’est pas habituée elle qui était si solitaire avant son emménagement dans la grosse pomme.
Sa maladie, sa souffrance mentale, les notes de son journal me l’ont fait beaucoup plus apprécier surtout dans la deuxième partie du roman, à la fin du livre elle est devenue une copine que j’avais envie de protéger.
Nathan ; je l’ai adoré, le personnage masculin du livre qui est le plus parfait pour moi, plein d’humour et très attachant ; un ami, que tous, on voudrait avoir. 
Espiègle, toujours là quand le moral est au plus bas, près et dans les bons et les mauvais moments sans jamais juger.

En ce qui concerne les frères ; j’ai trouvé Andrew très cliché, le beau patron riche qui fait succomber toutes les blondes à proximité malgré tout quand on apprend à connaître le personnage, quand sa psychologie se dévoile, que les murs qu’il a construits autour de lui s’effritent on perçoit une autre personnalité qui m’a beaucoup plus charmé, mais pas au point de succomber même si l’auteure a joué avec mes nerfs et émotions.
Il a un certain charisme qui m’a plu.
Matthew sans plus, ce n’est pas un protagoniste qui apporte beaucoup au roman toujours de mon point de vue. Il m’a manqué un petit quelque chose le concernant.
Rébecca par contre est parfaite dans le rôle que lui a donné l’auteure. Je l’ai aimé d’emblée. En quelques pages, je l’avais adoptée.
Becky vous apprendrez à la connaître on ne peut pas dire que je la porte dans mon cœur ; honnêtement, je la déteste.

Nine Gorman ménage son lecteur dans la première partie ; le suspens est là, la maladie d’Emma va-t-elle évoluer ou pas ? Va t-elle succomber et à qui, mais alors, dans la seconde, là c’est les montagnes russes émotionnelles, on passe par le dépit, l’apitoiement, la joie, la colère, le rire et les larmes.
Je me suis fait berner et je n’ai rien vu venir, j’adore ça, un rebondissement complètement inattendu et parfaitement amené au bon moment.
Un roman qui démarre doucement, même si j’étais prise dans ma lecture j’étais sceptique quant à la suite, et qui grimpe crescendo dans la qualité.

Une fin juste adéquate qui se clôt ; non pas sur un cliffhanger de dingue, mais, l’attachement à deux des protagonistes et ma colère contre l’un d’entre eux nous donnent qu’une envie : lire la suite.
Je ne peux rien vous dire, mais je me pose plein de questions, je fais des suppositions.
J’espère sincèrement que Nine Gorman nous écrira une suite aussi bonne en rebondissements, qu’elle arrivera encore à me surprendre.
Cela m’a fait du bien de relire un roman avec des vampires. J’adore ça et arriver à me surprendre n’est pas évident vu le nombre de romans que je lis.

J’ai lu des romans édités grâce au succès de la plateforme Wattpad qui étaient très très ; ce n’est pas du tout le cas ici. On sent le premier roman, mais ce n’est en aucun cas un défaut, tous les auteurs du monde sont passés par cette étape.

J’applaudis aussi le plan « marketing » autour du livre, le site internet de la Anderson Company, l’emballage du kit presse, on sent que Nine Gorman a bien réfléchi et n’a rien laissé au hasard de même que les surprises dans le roman qui sont très belles et de qualité.
Cela n’a pas été mis juste comme ça, cela apporte un plus au livre, cela en fait un objet à part. Un contenant à la hauteur du contenu et inversement
Quand je parle de marketing ce n’est pas non plus un reproche ou une critique, j’admire cette jeune auteure et tout ce qu’elle a accompli, on sent la maîtrise, les réflexions pour offrir à ses lecteurs non seulement une très bonne lecture, mais aussi un très bel objet livre, une couverture que je trouve superbe enfin, le mélange de polices d’écriture enlève toute monotonie et sont très bien choisies.
Points positifs supplémentaires : les citations de livres que j’adore et la playlist au top.

Si je devais noter ce roman, ce serait un 17/20 voire un 18.
Oui, certaines choses m’ont déplu, mais, d’autres je les adorées et comme je vous le disais c’est un livre qui se dévore (sans jeu de mots avec les vampires)

Je félicite Nine Gorman ; elle a su évité certains écueils, elle ne réinvente pas complètement le mythe vampirique, mais y apporte un plus, la maladie d’Emma est aussi inventée, elle n’a pas non plus cherché à faire pleurer dans les chaumières, des émotions parfaitement gérées. Le mélange de tout donne une intrigue inédite.
Elle aurait pu jouer de sa notoriété sur YouTube et se contenter du minimum ce n’est pas du tout le cas.

J’aimerais aussi rajouter que même si je n’ai pas tout adoré ; des auteurs qui ont plus d’expérience tendent à bâcler leurs livres une fois qu’ils sont connus, ce n’est pas du tout le cas de Nine, oui c’est un premier roman. Oui, tout n’est pas parfait, mais je suis vraiment heureuse de l’avoir lu et je le recommande à tous les amateurs de romance fantastique et de Young adult.

Ps Nine si jamais tu me lis les remerciements je les lis toujours ;) 

Le pacte d'Emma, tome 1 de Nine Gorman - Romance fantastique - Young Adult  - 400 pages, 16.90€ - Édition Albin Michel, collection A.M. Romans Ados, en librairie le 2 novembre 2017
mercredi 13 septembre 2017

[avis] Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier



J’ai apprécié ce premier livre d’Emmanuelle Favier, je ne connaissais pas du tout cette coutume de
 « vierge jurée » ou plus précisément vierge sous serment. 
Une tradition ancestrale qui existe encore de nos jours dans le nord de l’Albanie c’est ce que nous relate en partie l’auteure.

Si j’ai aimé ce livre, plusieurs faits m’ont empêché d’être complètement immergée dans le récit.
Je regrette que l’auteure choisisse une voix différente de celle du début pour continuer son roman, un choix qui est pourtant intéressant, mais qui m’a détournée du thème principal des vierges jurées ».
Je ne peux vous révéler cette autre direction sans vous spolier le livre

La lecture démarre dans un petit village de montagne, un inconnu se présente à la porte de Manusche, il cherche le chef du village pour lui demander hospitalité, autre coutume qui a lieu dans ces contrées celui de demander le droit de rester et de s’établir.
Très vite Adrian, beau et charismatique, conquit le village en entier et surtout Manusche, elle est respectée par tout le village, elle y vit depuis des années.
C’est une vierge jurée depuis qu’elle a refusé le mariage prévu par sa famille, oui les mariages arrangés ont toujours lieu dans cette partie du monde.
Manusche a donc prêté serment, elle vit, s’habille comme un homme ce qui ne l’a jamais gênée jusqu’à l’arrivée du bel Adrian.
Il perturbe tout ce en quoi elle croyait et respectait, elle se sent de nouveau femme, elle comprend qu’elle a encore le droit d’aimer, mais cet homme l’aimera-t-il ?
Adrian cache de lourds secrets que l’on découvre au fil de la lecture, l’auteure oriente d’ailleurs beaucoup plus son récit sur le passé d’Adrian et ce qui l’a mené jusque dans ces montagnes.

L’écriture de Emmanuelle Favier est poétique, la comparaison qu’elle fait des rivières aux femmes m’a plu, du moins j’ai compris le titre comme cela.
Les femmes comme les rivières suivent une vie, semée d’embûches de courant, bon ou mauvais, les choix de route, de vie peuvent s’avérer désastreux et dangereux, il leur faut du courage pour mener leur existence comme elles l’entendent. 
Il faut le dire même si notre société a évolué on reste dans une société patriarcale, combien de pays dans le monde ignore l’avis des femmes ?

Ce qui est arrivé à Adrian, les pas qui l’ont mené jusque chez Manusche m’ont fortement émue, je ne m’attendais pas du tout à ce rebondissement.
La cruauté de l’être humain ne devrait plus m’étonner, mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut rejeter des personnes qui mènent des vies différentes des nôtres.

Même si l’écriture est belle, très (trop) lyrique j’ai trouvé que certains détails, sans importance, dans l’intrigue prenaient beaucoup trop de place, un roman qui est beau, mais justement à vouloir écrire des phrases très poétiques l’auteure casse le rythme qui en devient lassant, choix que je trouve dommageable, car je me suis perdue en cours de lecture, j’ai perdu en émotion pour des sujets pourtant très sensibles et d’actualité.

C’est l’histoire de personnes brisées, prises en étau par le poids des traditions que j’ai trouvé cruel à certains passages.
C’est une belle histoire d’amour, absolument pas classique (dans le sens d’un autre âge) comme on pourrait le croire. Une histoire de vie(s).

Un livre qui fera hurler les féministes tant cette coutume paraît archaïque et pourtant elle existe encore.


Vous l’avez compris j’ai aimé ce roman, mais j’ai été chagrinée par trop de petites choses qui ont perturbé ma lecture et pourtant je le recommande, car il est très intéressant, à lire si le style de l’auteure ne vous rebute pas et en ayant bien conscience que le thème annoncé en 4e de couverture n’est pas le sujet principal, mais un fil conducteur.

Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier - roman contemporain - Littérature française - 224 pages, 17€ - Édition Albin Michel- En librairie le 23 août 2017
mardi 5 septembre 2017

[Avis] Underground Railroad de Colson Whitehead


Voici un livre dont j’avais déjà entendu parler lors de sa sortie aux États unis, un livre qui a reçu le prix Pulitzer ainsi que de nombreux autres
Quel bonheur qu’il soit traduit et que je puisse le tenir entre mes mains.

Je l’ai commencé et je n’ai plus pu m’arrêter sans l’avoir terminé.

Cora, 16 ans, est esclave dans une plantation de coton de Géorgie, sa grand-mère a été enlevée en Afrique par des négriers, sa mère est la seule à avoir pu s’échapper de la plantation des Randall et ne jamais avoir été retrouvée. 
Un jour, Caesar, lui parle de regagner l’Underground Railroad pour fuir vers le nord, si au départ Cora hésite, la brutalité du maître met fin à ses doutes et elle décide de le suivre.

Colson Whitehead retrace tout un pan inacceptable de notre passé en nous parlant de la cause esclavagiste, apportant une autre dimension en décrivant cet « Underground Railroad » comme un véritable chemin de fer souterrain. S’il a vraiment existé il n’était pas souterrain (définition de Wikipedia Le chemin de fer clandestin Underground Railroad, en anglais était un réseau de routes clandestines qui étaient utilisées par les esclaves noirs américains pour se réfugier au-delà de la ligne Mason-Dixon et jusqu’au Canada avec l’aide des abolitionnistes qui adhéraient à leur cause)

L’auteur a une écriture fantastique, il nous raconte tout : les atrocités commises, les injustices, la peur constante. 
Quand Cora et Caesar s’enfuient, c’est la peur au ventre que j’ai suivi leur périple tout d’abord à pied jusqu’à retrouver la première personne qui va les emmener à la gare de l’Underground Railroad.
Ils arrivent en Caroline du Sud où tous les espoirs semblent permis, si au début Cora peine à y croire, moi aussi d’ailleurs, ça a l’air d’être vrai... juste l’air. 
Je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher cette lecture inoubliable.

La liberté est-elle vraiment possible pour Cora et Caesar et si elle l’est, à quel prix l’est-elle ?
J’ai été totalement absorbée dans mon livre craignant que l’impitoyable chasseur d’esclave Ridgeway les retrouve, d’autant plus acharné qu’il est, car il n’a jamais retrouvé la mère de Cora.

J’étais Cora, j’ai eu tellement peur, j’ai pleuré en lisant l’acharnement et le massacre de ces gens dont la seule « faute » est d’avoir la mauvaise couleur de peau. 
La bêtise de l’être humain qui a peur de ce qu’il ne connaît pas et préfère réduire au silence.
Un livre qui, je pense, deviendra un jour et je l’espère un classique de la littérature au même titre que "Et si c’est un homme" de Primo Levi

La peur on la garde jusqu’à la fin du livre, c’est l’époque juste avant la guerre de Sécession, la scission entre le Nord et le Sud se fait de plus en plus grande même si certains états du Nord sont tout aussi cruels.
On a peur, mais on garde aussi espoir tout comme Cora, c’est impensable que ce terrible périple ne s’arrête pas à un moment donné.
J’ai serré les dents, fermé les yeux et repris mon souffle tout en continuant à lire, c’est l’histoire de l’Amérique qu’il nous raconte et à la fois universelle, certaines pratiques m’ont fait penser à la Seconde Guerre mondiale.
J’ai été horrifiée de lire que pour certains Américains être libre signifiait être exposé dans des vitres de musée pour plus de « réalisme » ou stériliser la population noire devenant de plus en plus importantes. 
Ce ne sont là que quelques brimades parmi toutes les horreurs que Cora et d’autres ont subi ou risquent de subir.
L’auteure crée des personnages profondément humain et inhumain et pour cause, ce n’est pas une fiction, je veux dire par là que l’esclavage et les injustices ont réellement existé. 
Il n’enjolive rien, il nous met dans la peau de Cora, Caesar, Royal, etc nous vivons, nous respirons quand ça l’est encore permis comme les protagonistes, nous subissons, nous devons faire confiance à de parfaits inconnus aucun retour en arrière n’est possible, certains abolitionnistes m’ont vraiment profondément ému, j’ai tremblé à chaque étape du périple de Cora ne sachant jamais où elle va arriver et qui va l’accueillir, ce sentiment de peur est, je crois, renforcé encore par ce tunnel souterrain, ils sont dans l’obscurité ne voient rien de ce qu’il se passe à l’extérieur, ils sont bien obligés de se remettre entre les mains des personnes qui les accueillent. 
Combien de fois je me suis dit : ils n’ont aucun moyen de s’échapper si ça tourne mal.

Un livre extrêmement réaliste et qui fait écho à ce qu’il se passe encore de nos jours.

J’ai déjà lu beaucoup de romans sur l’esclavage, ce livre est le plus beau qu’il m’a été donné de lire.
l’écriture de l’auteure est incroyable, la justesse et le poids de ses mots sont puissants.

Un livre que je recommande sans aucune hésitation, c’est impossible de rester insensible à l’histoire et à la plume de Colson Whitehead.


C’est vraiment l’écriture que je n’oublierai pas et qui m’a marqué même si les protagonistes sont forts, réalistes autant dans leur bonté que dans leur cruauté. 

Puissant, bouleversant, inoubliable.  Ne passez pas à côte de ce chef d'oeuvre

Underground Railroad de Colson Whithehead - roman historique - Édition Albin Michel - 416 pages, 22.90€ - En librairie le 23 août 2017
vendredi 1 septembre 2017

[Avis] Bakhita de Veronique Olmi


Quelle beauté d’écriture, quel magnifique livre que Bakhita de Veronique Olmi.

Je ne savais pas du tout en lisant le livre que c’était une biographie romancée, que cette enfant enlevée à l’âge de 7 ans au Darfour avait existé et encore moins qu’elle avait été béatifiée par Jean-Paul II et ensuite devenue première sainte du Soudan.

Je ne l’avais pas compris en lisant la 4e de couverture, cela ne m’a pas empêché d’avoir adoré ce livre d’une puissance rare. 
D’ailleurs si l’on ne se renseigne pas ce n’est en aucun cas gênant, car l’auteure a un talent de conteuse, on suit les pages pendant qu’elle nous raconte l’histoire. 
Une histoire dramatique, mais dont on veut comprendre le parcours.

Nous suivons la vie de Bakhita de son enfance auprès de sa tribu, née approximativement en 1869, puis son enlèvement et la période d’esclavage qui va s’en suivre jusqu’à son arrivée en Italie grâce au consul Calisto Legnani, dernier européen à traverser le désert avant la chute de Khartoum, le 26 janvier 1885.

« Quand elle est née, elles étaient deux. Deux petites filles pareilles. Et elle est restée le double de sa jumelle. Sans savoir où elle était, elle vivait avec elle. (…) La nuit surtout elle sentait sa présence, elle sentait ce corps manquant près du sien, ce souffle. Leur père était le chef du village, à Olgassa, au Darfour. Le nom de ce village et de cette région c’est les autres qui le lui ont dit, ceux à qui elle avait raconté son histoire, et qui ont fait des regroupements avec les cartes, les dates et les événements. »

« À Olgassa, donc, son père les avait exposés, sa jumelle et elle, à la lune, pour les protéger, et c’est à la lune qu’il a dit pour la première fois leurs prénoms, qui rappelaient pour toujours comment elles étaient venues au monde, et pour toujours le monde se souviendrait d’elles » 

Très vite, même à son âge, Bakhita (7 ans au moment de son rapt) comprend qu’elle doit obéir et suivre pour éviter pire que ce qu’elle vit, toujours elle gardera espoir de retrouver sa famille, même quand sa vie ne tiendra plus qu’à un souffle, elle fera des milliers de km de marche pour arriver à un marché d’esclave et être achetée par son premier maître. 
S’en suivront de nombreux autres, tous plus vils les uns que les autres, rien ne lui sera épargné, sévices, marquages, battue parfois tous les jours juste pour le plaisir de l’acheteur.

« Elle veut tout voir et tout écouter. Même ce qu’elle ne comprend pas. Elle veut retenir des mots arabes, retenir ce qu’elle voit, ce que la faim et la misère font des hommes. Elle voit la peur d’où surgit la colère, et le désespoir d’où surgit la haine. Elle reçoit tout cela, sans pouvoir le nommer. Le spectacle de l’humanité. Cette bataille qui les déchire tous. »

Bakhita veut être une « bonne et parfaite » esclave, ce sont des mots que sa maman lui disait et qu’elle n’a jamais oubliés même si tout le reste, rites, coutumes, le nom, de son village jusqu’à son propre prénom elle l’a complètement occulté et ce n’est pas étonnant vu la violence qu’elle a subie auprès de ses différents « maîtres » ou chasseurs rencontrés.

Si elle restera marquée à vie physiquement et psychologiquement comment ne pas aimer cette femme qui se met au service des plus jeunes, des plus pauvres, des malades, des rejetés de la société.
Cette femme qui même des années après son arrivée en Italie sera toujours gênée d’avoir été esclave, d’avoir été souillée alors qu’elle n’aurait rien su faire pour éviter cela.

« Elle est une esclave, et personne. Aucun maître, même le meilleur, personne jamais n’aime son esclave. Et elle se dit qu’un jour, la Madre, d’une façon ou d’une autre apprendra ce qu’est l’esclavage et ce jour-là, elle la punira pour avoir caché la monstrueuse existence qui a été la sienne. Une vie moins qu’une bête. Une vie qui se vole, une vie qui s’achète et s’échange, une vie qui s’abandonne dans le désert, sans même savoir comment on s’appelle. »

Des enfants, elle dit ceci :
 « Elle sait ce qu’ils ne savent pas dire. Elle connaît les maladies, la pauvreté et la honte de la pauvreté. (…) Elle voit mes bleus que l’on cache, elle devine qu’on a mal à la façon dont on se tient, dont on marche, dont on refuse de jouer. Elle n’est pas une adulte comme les autres, elle n’enseigne rien (…). Mais c’est elle qu’on vient chercher pour nourrir un enfant malade qui ne veut plus rien avaler, pour consoler une petite fille qui s’est fait mal et la réclame (…)Les enfants l’aiment comme on aime celle quine vous trahira jamais. »

Quelle empathie et quel amour elle dégage, son histoire avec mimmina, la petite fille dont elle est gouvernante et plus mère que la propre mère de l’enfant, m’a terriblement émue.
Veronique Olmi s’attache à retracer toute la vie de Bakhita, de sa capture jusqu’à son décès, toutes les épreuves qu’elle va devoir traverser, la seule fois où elle osera dire NON pour décider de sa vie.
Nous traversons avec elles plusieurs guerres, les révolutions en Afrique, la première et seconde guerre mondiale.
La difficulté qu’elle a eue à s’intégrer, en Italie elle est vue comme une sorcière, un diable, c’est la douceur de ses gestes et de ses yeux qui peu à peu l’aideront à se faire accepter.

Une femme d’une force incroyable et qui ne se plaindra jamais, j’ai pleuré pour l’enfant si jeune soumis à de tels sévices, pour la jeune fille innocente qui ne comprend pas toujours ce qu’il se passe autour d’elle, mais qui fait toujours de son mieux, la tendre et douce Bakhita qui me manque à la fin de ma lecture, mais ce soir je ferai comme elle je regarderai le ciel et ses étoiles et demain le soleil.

Une biographie bouleversante, remplie d’amour et d’espoir à travers la personne de Bakhita qui n’oubliera jamais aucune des personnes qu’elle a rencontrées et aimé (Binah, Hawa, Kismeh, etc) toute sa vie elle espérera que sa mère ne lui en veut pas et l’imagine assise sous son baobab.

L’écriture de Veronique Olmi est  sublime, certains épisodes relatés sont suggérés, mais suffisamment pour que l’on puisse imaginer, d’autres sont décrits dans toutes leurs cruautés. Tout du long elle s'attache à raconter les faits sans aller dans la surenchère.

Elle nous narre la vie de Bakhita, mais aussi la réalité de l’enlèvement des Africains pour devenir des esclaves dans tous les pays du monde, des êtres qui sont réduits à des choses que l’on s’échange, que l’on se donne en cadeau. 
Certaines scènes sont tout simplement abominables et ont pourtant réellement existé.

Aucune nation d’aujourd’hui ne peut se vanter de ne pas avoir commis d’atrocités envers d’autres peuples.

Encore une auteure que je découvre lors de cette rentrée littéraire et que je vais m’empresser de connaître mieux.


Une très belle biographie, au milieu de toute la haine décrite c’est la sagesse, les messages d’espoir et de courage de Bakhita qui reste en mémoire. 

Bakhita de Veronique Olmi - biographie romancée - Édition Albin Michel - 455 pages, 22.90€ - En librairie le 23 août 2017.
mardi 27 juin 2017

[Avis] Ne nous quittons pas de Jacques Expert


Chaque fois qu’un nouveau roman de Jacques Expert sort en librairie, je ne résiste pas à l’appel. J’aime beaucoup son écriture et la façon qu’il a de maintenir le suspens.

Ici, nous sommes dans un registre différents, un roman autobiographique, mais que j’ai tout autant adoré car j’ai retrouvé les ingrédients dans le livre de ce que j’aime chez l’auteur.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour résumer ce roman est : nostalgie.

Grâce à Jacques Expert, j’ai replongé dans mes propres souvenirs d’enfance, le Sud, Valras en août. La nostalgie de l’enfance insouciante, des objets qui, maintenant, sont désuets (les transistors, les billes, le jokari)
L’auteur nous emmène en 1967 alors qu’il a 9 ans. Il est venu, avec sa sœur Martine, passer 15 jours avec son père, leurs parents sont divorcés. 
Leur père est maître nageur saisonnier dans les Landes, à la plage de Vieux-Boucau.
L’auteur m’a émue en racontant les anecdotes sur son père, avec beaucoup de pudeur et de respect il le décrit dans ses bons et mauvais côtés. 
Ce petit garçon vénère son père, je pense, un peu comme tous les enfants de cet âge, mon père ce héros.
Tandis que sa sœur préadolescente n’est pas dupe, « Jacquot » n’y voit que du feu, il pose son regard d’enfant avec la maturité de l’adulte qu’il est aujourd’hui.
Un très bel hommage à son père.

Cet été-là sera le meilleur été de Jacquot auprès de son père, en effet, voila qu’une célébrité vient passer 3 jours sur leur petite plage. Cette célébrité n’est autre que Jacques Brel accompagné de sa femme et de ses 2 enfants. Jacquot passera 3 jours inoubliables en compagnie des 2 enfants lui qui d’habitude n’a que peu de copains de vacances. 
Son père, lui, fera tout pour préserver l’anonymat et la tranquillité du grand Jacques.

J’ai vraiment aimé ce roman, il faut le lire, je pense, à cette époque de l’année. Il est émouvant, mais aussi drôle.
Mention spéciale pour Monsieur Jacques Expert pour son patois belge : j’ai « astruqui » en lisant le jeu de devinette des mots belges. J’ai bin rî plein m'panse.
Vous berdelez bi, vo pa il berdele brinmint. Vous viendrez boire une pinte une fois.


J’ai aimé sans adorer, je l’ai trouvée juste, avec le rebondissement que je n’ai pas vu venir, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture avec des pages qui se lisent vite. J’ai senti le sable sous mes pieds, les souvenirs ont ressurgi.
J'ai aimé découvrir ce portrait intimiste d'un auteur que j'adore et, je dirais que sa façon qu'il a de mener les lecteurs en bateau lui viendrait de son père mais là ce n'est que mon avis. 

Ne nous quittons pas de Jacques Expert - Édition Albin Michel - Roman autobiographique/contemporain - 298 pages, 19,50€ - Sorti le 3 mai 2017
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