jeudi 19 avril 2018

Chère Mrs Bird de A.J. Pearce



Emmeline ou Emmy, jeune femme de 22 ans, rêve de devenir reporter de guerre, dans ce Londres en plein chaos elle travaille à mi-temps comme dactylo dans une étude notariale et est volontaire la nuit pour le service de feu auxiliaire. 
C’est elle, avec ses collègues qui reçoit les appels chaque nuit des gens désespérés, en panique, blessés après un bombardement de la Luftwaffe, gardant toujours son calme aussi difficile que cela soi d’entendre les cris, le bruit et les pleures à l’autre bout du fil. 
Un jour en rentrant de son travail elle lit une annonce dans le journal, le London Evening Chronicle recherche une assistante. 
Emmy n’y croit pas, sa chance de devenir journaliste est là à portée de main. 
Avec l’insistance et les encouragements de sa meilleure amie et colocataire Bunty, elle va répondre à l’annonce ; quelle ne sera pas sa surprise quand quelques jours plus tard elle obtiendra un rendez-vous ! 
C’est Mr Collins, chroniqueur et rédacteur en chef adjoint qui la recevra. 
Contre toute attente, Emmy se voit proposer le poste, tellement euphorique qu’elle ne pose pas de question sur son travail. 
Elle se voit arpenter les rues de Londres à la recherche d’informations politiques, interroger des gens peut-être célèbres, être active sur le front, aidant la cause comme elle le pourra. 
Elle se sentait inutile à l’étude notariale, Bunty, elle, travaille au cabinet du conseil de guerre, voilà un travail intéressant, mais maintenant tout va changer puisqu’elle sera, un jour, quand elle aura fait ses preuves à Londres, correspondante de guerre. 

Pleine d’enthousiasme, ayant révisé tous les sujets d’actualité elle se présente à son nouveau travail de rêve. 
C’est Kathleen, la secrétaire, qui la reçoit, Mrs Bird la rédactrice en chef par intérim n’étant pas là. 
L’espoir de Emmy va être très vite anéanti quand elle va comprendre qu’en fait elle a été engagée comme dactylo non pas pour le Evening Chronicle, mais pour un hebdomadaire féminin appartenant au groupe, le Woman’s Friend. 
Elle devra juste trier les lettres que Mrs Bird reçoit pour le courrier des lectrices ; taper les réponses pour la rubrique « Henrietta Bird vous répond ». 

Notre héroïne est encore plus atterrée, au bord des larmes quand elle obtient la liste des sujets inadmissibles, des mots inacceptables, dans ce cas les lettres et cartes des femmes qui écrivent au journal doivent être découpées et jetées. 
Mrs Bird monte sur ses grands chevaux, elle hurle si elle voit apparaître des mots tels qu’adultère, amour, politique, amoureux, chambre à coucher. 
Mrs Bird et l’hebdomadaire furent au début des années 1910 célèbres, cette femme austère et autoritaire se fait une idée de la dépravation, c’est simple toute relation, même la plus innocente ne passe pas la barrière de la censure. 
De plus quand elle daigne répondre aux quelques lettres qu’elle a jugées admissibles ce sont des conseils du siècle dernier, ahurissants, dénués d’empathie. 
Mrs Bird ne supporte pas la faiblesse et donc les appels à l'aide des femmes et jeunes femmes inquiètes par ce temps de guerre où les relations ne sont plus les mêmes.
Emmy va prendre des risques, elle ne conçoit pas que l’on ne réponde pas aux lectrices qui se sont donné la peine d’envoyer une enveloppe timbrée espérant une réponse personnelle. 
Je ne t’en dis pas plus. 
Emmy va mener sa petite révolution au journal, mais en cachette de tous y compris de Bunty qui ne cautionnerait pas. 

Emmy est une jeune femme courageuse, une merveilleuse amie, pleine d’empathie pour ses collègues, voisins et amis. 
Une autre femme, que l’on apprend à connaître, est cette chère Mrs Bird, je n’ai jamais vu une personne aussi antipathique, elle ne demande pas elle exige, elle ne parle pas elle hurle ses ordres et bien sûr les bavardages entre Kathleen et Emmy sont totalement interdits ; ce n’est que perte de temps. Je comprends pourquoi aucune assistante n’est restée. Cette femme est un dragon, A.J. Pearce n'a pas besoin d'énormément de descriptions pour que tu te la représentes.
Un sacré personnage.
Elle est froide, agressive et dicte ses ordres en coup de vent entre deux œuvres de charité, sa rubrique ne l’intéresse guère. 
Un personnage que j’ai aussi apprécié en dehors de Bunty c’est Mr Collin, sous ses airs toujours débordés, son bureau bordélique il sera un précieux allié pour Emmeline. 
Tu rencontreras aussi William, Jack, les parents de Emmy, Roy, Thelma et Mary, ses collègues de la caserne et Charles. 

Si les personnages sont nombreux et pour la plupart attachants, le réel intérêt du roman réside dans les descriptions de Londres pendant la guerre, de ses quartiers dévastés, des bombardements quotidiens, mais surtout de cette vie qui continue.
 Hitler n’empêchera pas les Londoniens de rire, danser, s’amuser. 
A.J. Pearce retranscrit admirablement la bravoure de la brigade des pompiers, une scène m’a particulièrement marquée, ces hommes même s’ils ne sont pas sur le front risquent leur vie chaque jour pour aider les citoyens.
L’auteure va te faire explorer toute une gamme de sentiments et d’émotions vécues par la narratrice Emmy. 
Elle te transporte en quelques pages dans cette guerre, un monde devenu moche et cinglé, une guerre odieuse qui ne fait pas de cadeaux. 
Les hommes sont en train de se battre, leurs femmes, fiancées ou familles attendent dans l’angoisse une lettre, elles ne doivent pas leur parler de leur crainte, leur devoir patriotique est de se montrer joyeuses en toute circonstance.

Tu auras aussi une, voire plus, histoire d’amour, « il pouvait nous envoyer tous les avions de la Luftwaffe, mais il ne pouvait pas empêcher les gens de s’aimer et de célébrer leur nouvel amour » 

L’écriture est fluide, descriptive, puisque comme je te le dis tu perçois tout ce que Emmy ressent, tu lis les lettres des abonnées et lectrices, elles recherchent des conseils, de l’espoir en ces temps difficiles, certaines sont très émouvantes. 
En avance sur son temps, Emmy veut mener carrière, elle pense qu’une femme doit décider ce qui est bien pour elle même, elle est à l’opposé de Mrs Bird, c’est David contre Goliath. 
Les passages se déroulant à la caserne de Carlton Street te font mesurer combien les habitants de toutes des villes bombardées ont souffert. 
Ne pense pas que c’est un livre triste, non pas du tout ; oui, il y a des scènes dramatiques, mais A.J .Pearce fait passer un véritable message d’espoir à travers sa narratrice, tu n’auras pas de description du manque de nourriture par exemple, oui c’est cité, mais juste survolé lors d’une conversation. 

Je ne dirai pas que c’est un magnifique livre sur la Seconde Guerre mondiale, mais une façon de l’aborder assez inédite, rafraîchissante. 
Une lecture doudou avec une héroïne qu’on ne peut qu’aimer et admirer pour sa force de caractère et sa ténacité.
Une lecture divertissante, une héroïne pétillante, tu as des moments plus tristes, mais, vraiment, ce qui ressort de ces pages c’est la joie de vivre contagieuse de Emmy même si elle aussi s’inquiète pour son frère et ses amis au front.

Un roman qui met en valeur les femmes qui, elles, sont restées à Londres et doivent bien continuer à vivre malgré toutes leurs craintes. 
Un bel hommage aux femmes, une lecture, je ne dirais pas feeling good, mais presque.

La fin est un peu brutale, mais n’a en rien gâché ma lecture. 
Quelques pages supplémentaires n’auraient pas été de refus preuve que j’ai aimé cette lecture. 



Chère Mrs Bird de A.J. Pearce - traduction de Roxane Azimi - Roman historique - Seconde guerre mondiale - Londres - 360 pages, 21€ - Édition Belfond, collection Le Cercle, en librairie le 5 avril 

mercredi 18 avril 2018

La fille qui n'existait pas de Natalie C. Anderson


Mon cher lecteur, si tu cherches un roman Young Adult original, qui est à la fois très proche du thriller et qui se déroule en Afrique de l’Est où milices et corruption sont monnaie courante je te conseille de lire ce livre. 
L’autrice Natalie C.Anderson écrit une fiction, mais ancrée dans la réalité. 

Elle a travaillé de nombreuses années au sein d’une ONG, elle écrit ce roman pour les filles, sœurs et femmes réfugiées au Kenya. 
Elles ont fui les persécutions, abus, viols, massacres qui ont lieu encore aujourd’hui. 
Par son héroïne, Tina, Natalie C.Anderson va te parler de ces pays et des atrocités qui y sont commises, mais sans jamais dépasser du cadre de son intrigue. 
C’est écrit intelligemment, un roman qui pourra plaire aux ados comme aux adultes. 

Tina, 16 ans, vit dans les rues de Sangui, une ville du Kenya. 
Sa maison : le toit d’un immeuble. 
Sa survie : voler pour les Goondas, un gang majoritairement de garçons, orphelins comme elle. 
L’unique personne dans sa vie : sa sœur Kiki, qui vit dans un pensionnat, Tina a voulu la mettre à l’abri depuis le décès de leur mère. 
Son but ultime : venger sa mère. 
Elle a été assassinée 5 ans plus tôt, Tina est prête à tout pour accomplir sa vengeance.
Elle est proche de réussir, voilà que Mr Omoko lui donne la mission de pénétrer dans la demeure de celui qu’elle pense responsable, Mr Greyhill, un homme d’affaires véreux. 
Pour cette mission, elle est accompagnée de son mentor Big Boy du frère de celui-ci : La Fouine, ainsi que de son meilleur ami Skinny, qui, même s’il ne fait pas partie du gang, a des connaissances importantes en informatiques pour neutraliser les alarmes de la propriété. 
Tina y est presque, mais elle se fait surprendre par Mickael, le fils de son ennemi. 
Ils se sont connus autrefois, dans une autre vie avant qu’elle ne devienne la fille qui n’existait pas. 

À partir de là, l’autrice ne va te laisser aucun répit. 
D’aventures en révélations, de rebondissements à coups durs ; Tina va, coûte que coûte, vouloir savoir pourquoi sa mère a été assassinée. 
Qui était-elle avant de venir au Kenya ? Quelle était sa vie au Congo ? 
Tina ne sait rien, tout ce qu’elle possède de sa mère c’est une carte de Sainte Catherine et une photo. 
Tina est une héroïne forte, aveuglée par la haine, déterminée à accomplir sa mission. La sienne, pour elle, par pour Omoko ni Big Boy. 
Elle sait qu’elle va au-devant de grands dangers, qu’elle met sa vie en périls, mais qu’importe le prix. Tout ce qu’elle garde en tête ce sont ses règles.
Dans sa quête, son enquête elle sera aidée par Skinny et Michael, ce trio est, on ne peut pas faire plus opposé. 
Michael, le métisse, riche, qui vient d’une école privée en Suisse, Skinny le geek, extraverti au look improbable et enfin Tina la tête brûlée, tatouée, membre d’un gang. 
Si au départ Tina n’est guère enchantée que ce deux-là la suive, elle se rend compte que finalement seule elle n’arrivera à rien ou du moins pas aussi facilement. Skinny et ses talents d’informaticien, Michael et son argent peuvent l’aider. 
Au fur et à mesure, à leur contact, la jeune fille va comprendre que non, elle n’est pas si seule au monde que cela, elle compte pour au moins 3 personnes avec sa sœur. 
Sa carapace va se fissurer, petit à petit même si elle reste sur ses gardes. 
L’amitié entre elle et Skinny est belle, l’histoire, entre Michael et elle, est aussi mignonne et profonde même si elle ne prend pas la pas sur l’intrigue principale. 

L’intrigue est extrêmement bien ficelée, même si j’avais deviné de petites choses, je n’ai pas vu venir certains rebondissements. 
Ce qui m’a le plus plu dans ce roman c’est le décor, l’autrice nous livre un texte engagé en dénonçant la corruption de la police, les milices, les gangs, les investisseurs qui s’enrichissent en fermant les yeux sur ce qu’il se passe réellement dans les différentes mines du pays. 

Engagé, mais sobre, il est accessible et en même temps montre bien la situation en Afrique de l’Est. Traite des êtres humains, violences faites aux femmes, recrutement obligatoire d’enfants pour en faire des soldats de milices. 
Une histoire documentée, qui dénonce et explique

Des faits qu’il faut, à mon sens, faire découvrir aux plus jeunes, Natalie C.Anderson le réalise très bien. 
Elle a pris des libertés par rapport au lieu, l’histoire reste une fiction, mais elle s’est inspirée des nombreux témoignages qu’elle a entendus lors de ses missions humanitaires

L’enquête de Tina sur le passé de sa mère est émouvante, elle va découvrir des facettes insoupçonnées de cette femme forte. 
Le suspens est constant, j’ai pris peur plus d’une fois pour notre jeune héroïne, la fin est à la hauteur du reste du roman même si quelques faits sont un peu prévisibles.

À la fin du livre, tu trouveras une liste d’ONG, d’hôpitaux et d’œuvres caritatives qui aident sur place tous ces réfugiés, ces blessées, ces femmes violées reniées par leur famille. 
Je suis, comme à chaque fois, horrifiée par ce qu’il se passe dans tellement de pays du monde. La misère humaine, les crimes perpétrés au nom de quoi ? L’argent ? La gloire ? Un territoire ? 

Tu l'as compris une lecture indispensable, forte que j'ai beaucoup aimé et que je te conseille pour le thème qu'on ne voit pas souvent en littérature Young Adult.


La fille qui n'existait pas de Natalie C. Anderson - traduction de Julie Lafon - Young Adult - 416 pages, 16.90€ - Édition Pocket Jeunesse, en librairie le 1 mars 2018
mardi 17 avril 2018

Le journal rouge de Lily R. Davis



Comme tu le sais mes lectures s’enchainent, mais ne se ressemble pas, le roman dont je vais te parler aujourd’hui est un gros coup de cœur. 
Je ne m’attendais pas du tout à trouver une histoire aussi riche et belle. 
Je l’avais demandé sur netgalley, mais comme d’habitude je n’ai pas été relire le résumé ; je me suis donc lancée dans ma lecture sans rien savoir hormis le titre et l’autrice (et encore, je ne savais pas que Lily R. Davis était un autre pseudo de Lily Haime, je l’ai appris après ma lecture en faisant des recherches sur l’autrice, je voulais lire ses autres livres tant celui-ci m’a plu).
Je ne vais rien t’apprendre de nouveau sur moi en te disant que l’histoire j’adore que les années 60 aux États unis sont une période qui me fascine et bien c’est justement là où je t’emmène en compagnie de Rose et Alec.
Preuve que j’ai adoré ce roman : j’ai précommandé la version papier, il me faut ce livre dans ma bibliothèque ^^

Le roman se déroule de 1963 jusqu’en 1978. 
Tout un pan de l’histoire américaine que l’autrice va te raconter à travers ses personnages. 
Je me suis délectée de chaque page.

Rose est une jeune femme très timide, elle vit chez son oncle, Ray, et sa tante, Daniella depuis la mort de son père. 
Elle n’a jamais osé se révolter, désobéïr  dire ce qu’elle pense au contraire de sa cousine Line. 
Son oncle est officier, sous son toit il mène sa famille comme ses troupes. 
Au moment où tu rencontres Rose, elle a terminé le lycée au pensionnat de Mademoiselle Prinston et s’apprête à entamer ses études de lettres à l’université de Washington. 
Partout où elle va, elle emmène son journal rouge
Un jour d’été, sa tante Danielle l’envoie apporter de l’argent à sa cousine qui a rejoint la communauté hippie de San Francisco, c’est là qu’elle va faire la connaissance d’Alec. 
Ce journaliste dont elle lit en secret chaque article, cet homme qu’elle admire. 
La timidité de Rose, son allure de jeune fille sage n’empêchera pas Alec de la remarquer, mais leur chemin se sépare très vite. 
Eux partent sur les routes, elle part s’installer à Washington. 
Son rêve : devenir journaliste, à l’époque, écrire sous le nom d’une femme on n’était pas pris au sérieux, qu’importe, en attendant que son rêve se réalise, elle va écrire sous un nom d’emprunt et glisser ses articles dans la boite aux lettres de l’Aldous. 
Personne n’est au courant de ce secret à part son meilleur ami, Chris. 
Oui, mais voilà, ce journaliste dont personne ne connaît l’identité n’a pas peur de prendre parti, de plus en plus de monde cherche à savoir qui il peut bien être. 
Alec et ses amis l’apprendront et c’est une tout autre vie qui va s’ouvrir à Rose. 
Elle prend son rôle de journaliste activiste pacifique à cœur. 
Nous sommes en pleine guerre du Vietnam, une guerre que de nombreux Américains ne cautionnent pas en particulier les jeunes. 
Tu vas donc suivre Rose ainsi que d’autres protagonistes dont je te parle ensuite au fil des années.

Rose sort de sa chrysalide grâce à Alec, elle devient un magnifique papillon. (Attention à ne Paste brûler les ailes douce et jolie Rose)
Elle apprend à ne plus baisser les yeux même si elle est plus à l’aise à l’écrit ou avec la langue des signes, dire tout haut ce qu’elle pense reste difficile.
Rose et Alec sont tous deux des êtres blessés par leur enfance. 
Rose, elle n’a jamais oublié la mort de son papa, tué parce qu’il était recherché pour désertion, il a voulu signer pour expliquer qu’il était sourd et qu’il allait juste montrer ses papiers dans ses poches, les policiers l’ont abattu devant elle. 
Depuis Rose se bat pour la veuve et l’orphelin, mais surtout contre toutes les injustices. 
Alec lui a vécu lui aussi une enfance difficile. 
Si Rose se sert de ses failles pour avancer Alec lui est constamment en colère, au bord de l’explosion. Il peut être aussi doux que s’emporter en deux secondes. 
Entre eux, une belle histoire d’amour va commencer. 
Malgré toutes leurs oppositions, lui est hippie, elle pas du tout. 
Elle est pudique et timide, lui non ; chacun va respecter l’autre. 

La grande force de ce roman est celle-ci : de l’histoire qui naît doucement entre les deux personnages principaux l’autrice te narre toutes les difficultés et les changements de ces années. La romance est sublime, les thèmes abordés ne sont pas survolés, mais traités en profondeur. Les descriptions te font faire un bond dans le passé, tu as l’impression de connaître toute la communauté de l’Aldous, de vivre au milieu d’eux, chaque personnage est subtilement décrit. Tu vas ainsi faire la connaissance de Rive, il est sourd, une forte connivence le lie avec Rose qui connaît la langue des signes, Penny, Louise, Peter, Déborah, Sean, Banjo Taylor, Faith la meilleure amie de Rose depuis toute jeune, Dylan un ami de Alec plus tard dans le récit, la peste Kaylee, Aphrodite, Adèle et  Kenneth, l’ami d’enfance de Rose, le fils de Babbie, la bonne de sa tante, africain-américain, lui il se bat contre les extrémistes racistes qui sévissent encore dans le conté du Mississippi.

Lily R. Davis va te narrer le mouvement hippie, du début à sa fin, la guerre du Vietnam, le féminisme, le racisme, l’homosexualité, la maladie physique et mentale comme l’agoraphobie, le stress de combat (le syndrome post-traumatique n’est, à ce moment-là pas encore reconnu, beaucoup de soldats sont revenus du Vietnam, mais doivent se rappeler qu’ils ne sont plus là-bas. Certains acceptent de voir un médecin d’autre non) 
Cette partie sur la souffrance des soldats qui ne peuvent oublier la violence des combats est poignante. 
J’étais loin de tout connaître sur cette terrible guerre. 
D’autres sujets sont abordés, mais je te cite les principaux, j’ai tellement aimé ce roman que je pourrais t’en parler des heures.

Tu vas voyager dans le temps, mais aussi dans l’espace, tu vas « voir » des villes et des pays comme San Francisco, Baltimore, Saigon, Washington, Le Mexique, New York plus libéral que le reste des USA. 
Tu vas voyager, mais tu vas aussi « rencontrer » des personnes célèbres comme les présidents Johnson et Nixon, Muhammad Ali qui a refusé de partir à la guerre et à qui on a retiré sa licence de boxe, Malcolm X, Elijah Muhammad, Martin Luther King, Margareth Sandler, une activiste à l’initiative de la première pilule contraceptive et qui a aidé à fonder le premier planning familial, Bob Dylan, le général Vidal, dictateur en Argentine en 1977, tu vas vivre le rassemblement connu du monde entier : Woodstock ou encore l’invasion du Liban en 1978. 
Tu vois un peu la richesse de ce livre ?

Lily R. Davis te raconte à travers ses protagonistes l’Amérique en pleines mutations, elle te décrit les mouvements activistes pacifiques, puis certains, qui plus tard se radicaliseront. La peur des journalistes, le pentagone n’aime pas que ce qui se passe au Vietnam soit dénoncé dans la presse, la liberté d’expression est mise à mal.
Elle va te parler du Civil Rights Act de 1964, il déclara illégal la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l’origine nationale  ... 1964 !!! Nous sommes en 2018 et il y a encore tant à faire alors comme Rose, j’écris, je transmets ces mots d’auteurs, d’autrices qui continuent à dénoncer, à nous rappeler des faits historiques pour que jamais nous n’oubliions et que jamais nous ne recommencions.

Malgré la richesse et les nombreux faits historiques la lecture n’est absolument pas monotone, le texte est parsemé d’article de journaux que cela soit de l’Aldous ou du Washington Post, de lettres que Alec va écrire à Rose. 
Le suspens est constant et les rebondissements nombreux, Rose et ses amis sont obligés de cacher leur véritable identité, les lieux où ils travaillent, l’Aldous est dans le collimateur de la police. 
Rose est une héroïne incroyable, pleine d’ambiguïté, timide, mais qui n’hésite pas à ruer dans les brancards ; déterminée, elle n’a pas peur de défendre ses convictions même si le rouge lui monte toujours aux joues ; idéaliste, mais les pieds sur terre, une héroïne que l’on pense faible au début, mais tu vas voir à quel point elle a en elle une force insoupçonnée, même par elle, je crois.
Alec n'est pas en reste mais je ne peux trop t'en dire sans te spolier.

« Avec quelle force me battrais-je encore pour quelques mots ? Des mots... Des mots que nous jetions sur le papier ; une drôle de façon de lever le poing ; de hurler. Des mots pour se révolter. Des mots pour tout changer ! » 


Je vais m’arrêter là en te disant que l’écriture de l’autrice est magnifique, immersive, cinématographique, que j’ai vécu chaque ligne, chaque page, chaque mot, rien n’est de trop. 
Si cela reste une fiction, tu l’as vu plus haut dans la chronique, elle se sert de faits réels. Elle te montre combien ces jeunes ont œuvré pour se battre contre toutes les inégalités. 
Tu ris, tu pleures, tu as peur, tu vas passer par toute la palette d’émotion. 

« Continue de te battre pour toi, pour moi, pour les autres. Continue de te battre aussi fort que je t’aime et rien dans ce monde ne pourra jamais te résister. »

Vraiment, si je dois te conseiller un roman sur cette période des États unis c'est celui-ci, lis ce roman !

Splendide, authentique ; des personnages parfaits dans leurs imperfections ; je n’ai rien à reprocher à ce roman, je l’ai adoré du début à la fin. 


Le journal rouge de Lily R. Davis - roman historique, romance - lecture numérique - Édition MxM Bookmark, collection Infinity - disponible en numérique et en papier à partir du 16 avril 2018 (9,99€ pour l'ebook - 25€ pour la version papier
lundi 16 avril 2018

A la lumière du petit matin de Agnès Martin-Lugand


Mon cher lecteur, voilà une autrice dont tu trouveras sur ce blog ; chacun de ses précédents romans, c’est un livre que j’attends chaque année avec impatience pourtant, à chaque fois, la crainte est là. Vais-je une fois de plus aimer son roman ? 
Aussitôt reçu, aussitôt lu, mon verdict ? Sans être un coup de cœur, c’est une lecture que j’ai adorée. Une fois de plus, Agnès Martin-Lugand m’a embarqué loin de mon canapé cette fois entre Paris et le Sud.

Hortense est danseuse professionnelle, elle tient à Paris avec ses amis Sandro et Bertille, une école de danse. 
C’est une femme d’apparence forte que tu vas rencontrer, mais pleine de fêlures. 
Il y a d’abord le décès de ses parents survenu il y a 4 ans dont elle ne s’est toujours pas remise et ensuite il y a Aymeric. Aymeric est marié, malgré tout elle ne peut lui résister. 
Une relation passionnée qu’ils entretiennent depuis quelques années. 
Lors d’une bête chute, Hortense va se fouler la cheville, son outil de travail, impossible de danser ni de donner cours, en tout cas pour plusieurs semaines. 
Désemparée, triste, au bout du rouleau, elle décide d’entamer sa convalescence dans la bastide de ses parents. 
Adieu pollution visuelle et auditive ; bonjour silence, soleil. 
Hortense y retrouve son amie d’enfance et son mari, deux piliers dans sa vie, Catie et Mathieu. Pendant ces congés forcés elle va faire le point sur sa vie, que désire-t-elle vraiment ? Est-elle heureuse dans la vie qu’elle mène ? 
À 40 ans, loin de tout, Hortense a le temps de tout remettre en perspective. 
Et si un simple accident pouvait marquer un tournant dans ta vie ? 

Même si je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce roman j’ai adoré ce personnage que Agnès Martin-Lugand nous dépeint. 
Elle réussit ce tour de force de nous faire aimer la maîtresse, l’autre, celle que l’on juge d’habitude. 
Si elle y réussit c’est aussi par la lucidité et l’éducation d’Hortense, elle refuse de briser une famille, elle attend Aymeric, mais ne s’impose jamais. 
Elle respecte son épouse et ses enfants même si c’est difficile à comprendre. 
Qui sommes-nous de toute façon pour juger d’un amour ?
J’ai aimé son questionnement, son cheminement ; elle n’a pas peur de sauter dans le vide, de tout reprendre à zéro. 
Sa blessure va lui faire ouvrir les yeux, les œillères tombent et ce qu’elle aperçoit d’elle ne lui plaît guère, elle va comprendre les réticences de ses amis, admettre surtout qu’elle ne va pas bien, qu’elle doit avancer seule, prendre ses propres décisions.
Hortense est une femme qui a un cœur énorme et ce besoin d’être aimée et appréciée, elle préfère taire ses envies plutôt que d’aller à la confrontation. 
À la bastide, c’est une tout autre Hortense que tu vas découvrir, tu vas faire connaissance d’une étoile qui rayonne, sa lueur s’était ternie à Paris. Elle va prendre sa vie en main sans chercher à plaire à qui que soit à part à elle.

Tu vas aussi faire la connaissance de ses amis, Bertille et Sandro, Mathieu et Catie. 
Je les ai tous aimés, un peu moins Bertille, pas du tout Aymeric que j’ai trouvé antipathique, en dessous de tout et blessant. 
Un homme que j’ai trouvé détestable, et pas parce qu’il a une maitresse, il est imbu de lui-même ; un homme qui ne veut que la perfection.
Le personnage qui m’a le plus émue c’est Elias
Il va loger dans une des chambres de la bastide par un concours de circonstances, Hortense veut savoir qui est cet homme taciturne, insomniaque et toi aussi tu vas te prendre au jeu.
Petit à petit, ces deux-là vont s’aider sans s’en rendre compte. 
Je ne peux pas t’en dire plus, mais Elias, sa psychologie, ses failles, sa douleur m’ont quasi plus touché que celles d’Hortense.

Un autre protagoniste important du roman c’est Auguste, son mentor. 
On le voit peu dans le livre et pourtant il prend une place importante tout comme les parents de notre héroïne, Agnès Martin-Lugand grâce à ses descriptions te fait voir ce qu’est le véritable amour, ces deux-là se sont aimés toute leur vie, ils ont aimé Hortense, de toute leur force. 
Son papa est un papa comme on révérait d’avoir, tous deux décédés, vont quand même montrer la voie à Hortense. 
Une présence invisible, qu’elle perçoit dans ces lieux qui lui sont chers, une main sur l’olivier, elle sera apaisée, un pas dans le couloir c’est un pas en avant dans sa vie.

L’autrice te montre par son roman que tout le mode a droit à l’erreur ; la première personne à qui il faut pardonner c’est toi, sans ça tu n’avanceras pas. 
Une histoire émouvante, douce, pleine de sincérité, sans fioriture comme l’autrice sait si bien le faire qui trouve directement le chemin de ton cœur et te fait te sentir bien. 
C’est ce que j’ai ressenti après la lecture de chacune de ses histoires : l’apaisement.

C’est un livre sur la reconstruction, sur l’amitié, les vrais amis qui te disent ce que tu refuses de voir, sur les étapes du deuil, sur la dépression, les remords et sur ce qu’est vraiment le bonheur. 


Que j’étais bien à la bastide, je n’avais vraiment pas envie de partir, mais je peux maintenant te dire à la lumière du petit matin, la vie est belle, en tout cas plus belle que la veille. 


A la lumière du petit matin de Agnès Martin-Lugand - roman contemporain - romance - 330 pages, 18.95€ - Édition Miche Lafon, en librairie le 29 mars 2018 

jeudi 12 avril 2018

[Avis] Le ciel est à nous de Luke Allnutt





Quand j’ai reçu l’enveloppe du Cherche Midi et que j’ai lu les posts il dessus je savais que j’allais être touchée quand j’ai ouvert le colis et lu la quatrième de couverture j’ai su que j’allais être émue, je peux te dire que j’ai été complètement anéantie par l’histoire de Rob, mon cœur a explosé oui, mais j’ai aussi accompli un cheminement au côté de notre personnage principal j’ai compris ses mots et ses maux, j’ai souffert avec lui pour mieux accepter l’inacceptable.
 Si le sujet est dur, l’auteur Luke Allnutt donne à son roman une véritable leçon d’humanité, de lucidité à travers Jack, d’espoir et de reconstruction à travers Rob et Anna. 

J’ai complètement adoré ce roman, j’ai vécu chacune des 3 parties intensément, dans mon cœur et mon âme. 
La relation entre Rob et Jack, son fils est criante de vérité, de complicité. 
Un papa qui s’épanouit pleinement dans son rôle. 
Bref mon cher lecteur c’est une lecture qui m’a fait pleurer, qui m’a émue, mais qui est écrite sur un ton ni moralisateur ni larmoyant. 
Oui, le thème, les thèmes sont douloureux, mais il y a ces belles lueurs d’espoir, les rires de Jack, le symbolisme qu’il y a derrière ce titre qui est totalement sublime.
Je crois que tu l’as compris, je suis conquise par ce roman. 
J’ai mis du temps à le « digérer » j’ai pris quelques notes à la fin de ma lecture il y a 3 semaines, hier, dimanche 8 avril, il y avait un magnifique ciel bleu avec de si jolis nuages, en les observant les mots sont venus, je m’excuse d’avance si cela te paraît décousu, je te livre mes impressions, mes émotions comme je les ressens, je t’écris comme je te parlerais si tu étais en face de moi. 

Je n’ai pas trop envie de te donner plus d’information sur le résumé et le pitch du roman comme je le fais d’habitude, il faut entrer dans ce livre en aveugle pour y découvrir toute la lumière qu’il y a entre ces pages, il faut que toi aussi tu sois ébloui par le soleil, que tu sentes le vent ébouriffer tes cheveux, ébranler ton cœur, que tu retrouves la vue comme Jack va trouver le chemin de la rédemption. 
Une route douloureuse et tortueuse, tu vas trébucher avec lui, tomber et te relever péniblement, mais tu seras debout au moment où il le faudra.
Quand tu te sentiras prêt. 
Je ne vais pas mentir, étant maman je me suis fortement identifiée aux ressentis de Rob, j’ai ressenti plus d’empathie pour lui que pour Anna, même si j’ai compris les réactions de l’un et de l’autre et que je n’ai pas cautionné tous les choix de Rob. 
Ce qui se dégage de ces pages en dehors de la lumière et de l’espoir c’est l’amour. 

Tu vas suivre les 3 personnages pendant 3 parties. 
Tu commences le roman avec Rob, il te narre sur un ton cynique, désabusé son point de vue sur la vie en général.
C’est un homme détruit que tu rencontres. 
L’ivresse est sa plus fidèle compagne, la seule chose qu’il lui reste. 
Cette première partie n’est pas très longue, mais en très peu de pages tu vas comprendre toute l’ampleur de la tristesse de Rob, la colère qui le ronge. 
Tu te sens très proche de lui puisqu’il est le narrateur et qu’il écrit tout à la première personne. 
Tu endosses son manteau et son fardeau, avec simplicité et beaucoup de réalisme ; ensuite, Luke Allnutt va te donner la main et sauter avec toi dans le passé. 
Un grand bond en arrière, tu remontes le temps, à partir du moment où Anna et Rob se rencontrent au moment où ils ont fini leurs études. Ils sont jeunes ; Anna a déjà son avenir tout tracé, avec elle, pas de place pour l’imprévu. Il faut tout planifier, organiser. 
Rob, lui, c’est tout le contraire, il a un projet, il est informaticien et veut réussir à vendre un programme. 
Anna croit en lui même si cette peur de l’inconnu est difficile pour elle. 
Puis vient le moment de l’envie de concrétiser leur couple par un enfant. Le chemin pour y arriver sera dur, à ce moment tu prends de plein fouet la détresse de Anna et de ses deux tournesols. 
Arrive l’enfant tant désiré : Jack. 
Tu suis cette famille épanouie ; Rob toujours insouciant, mais un papa extraordinaire, un papa qui passe son temps auprès de son fils. Il travaille de chez lui, c’est donc lui qui prend en charge le quotidien de ce petit bonhomme.
Un lien très fort les unit. 
Anna est aussi une excellente maman, une maman qui ressentira assez vite dans sa chair que quelque chose ne va pas. C’est l’instinct maternel qui parle. 

5 ans de bonheur et les voilà tous les 3 aspirés par cette spirale infernale, un ouragan terrible, dévastateur. Ils vont résister tant bien que mal, se serrer les coudes, mais la douleur ne s’exprime pas de la même façon chez l’un et l’autre, cet homme et cette femme qui pouvaient discuter des heures ne se parlent plus, ils ont des opinions différentes, chacun d’eux s’enferme dans leur souffrance et ne laissent pas y pénétrer l’autre. 
J’ai, à la fois compris les choix de Rob, et en même temps je sais que j’aurais réagi comme Anna si mon mari avait fait cela ; pour autant, je ne condamne pas Rob, quand on aime on est prêt à tout, on s’accroche au moindre espoir. 

Enfin, pendant la dernière partie, tu retrouves Rob seul. Je ne vais pas t’en dire plus si ce n’est que l’inquiétude, l’angoisse, la douleur que tu lis dans la seconde partie sont aussi présentes dans la dernière, mais de manière totalement différente. 
Je pense que c’est ce dont Rob avait besoin. 
Parfois, il faut se retrouver totalement à terre pour pouvoir vraiment se tenir droit à nouveau. 
Comme je me suis attachée à ce personnage d’autant plus que tout est raconté de son point de vue. 

Je te l’ai déjà dit, mais, ce titre !! 
Quand, presque à la fin du récit, tu comprends la signification, les larmes ont à nouveau coulé, cette fois, pas des larmes de tristesse, des larmes d’émotion. 
Luke Allnutt te livre un récit poignant avec des personnages très réalistes. 

La psychologie de Rob, Anna et Jack est superbement écrite, surtout celle de Rob, le personnage principal du roman. 
J’ai aimé les réflexions de l’auteur sur les dérives de réseaux sociaux et du danger d’internet. 
Tu ne sais pas à qui tu t’adresses derrière un écran, tout le monde peut s’inventer une vie, tout le monde n’est pas bienveillant surtout quand on est aveuglé par la douleur, tu deviens alors une proie facile pour ces prédateurs. 
L’auteur aborde d’autres thèmes, mais que je te laisse découvrir par toi-même. Tous sont importants et beaux, traités d'une manière douce mais forte.

Ce n’est pas la premier livre que je lis sur le sujet, mais c’est le premier qui aborde un point de vue différent. Celui de l’avant, et de l’après, celui de l’annonce, de la perte de repère, celui où entendre rire t’es devenu insupportable, celui de la culpabilité et du deuil, celui de la reconstruction. 

Un très très beau roman poignant que je ne peux que te conseiller, oui c’est triste, je ne vais pas dire le contraire, mais ce n’est pas larmoyant, le message que fait passer l’auteur est celui de l’espoir, du pardon. 
Oui, tu ressens toutes les émotions pleinement, mais l’auteur ne tombe à aucun moment dans la surenchère de détail. 
Son regard se porte sur les réactions des uns et des autres, amis ; famille ; mais surtout Anna, Rob et Jack. Comment chacun réagit, comprend et assume.

Jack ta passion de la photo m’a fait sourire plus d’une fois, je regarde le ciel et je me dis que tout ira bien pour toi et ton papa maintenant, continue à prendre des photos de là où tu es, fais-nous entendre tes rires, les oiseaux se chargeront de transmettre tes messages.
Je te laisse Rob, je sais que tu es sur le bon chemin cette fois. 



Le ciel est à nous de Luke Allnutt - traduction de Anne-Sophie Bigot - roman contemporain - 448 pages, 21€ - Édition Le Cherche Midi, en librairie le 15 mars 2018

[Rendez-vous] Throwback Thursday Livresque #17




Qu’est-ce que le Throwback Thursday livresque ? Un rendez-vous que Bettie Rose Books a crée en 2016 pour permettre à chacun de partager une lecture ancienne ou plus récente au choix, mais toujours sur un thème très vaste. 
Rien à voir avec le TTT qui lui demande 10 livres et parle parfois au futur. 


Non le Throwback comme son nom l’indique, invite à se replonger dans nos plus jolis souvenirs livresques.
Toutes les semaines Bettie Rose Books propose un thème, cette semaine c'est : 



Comment ne pas parler, oui je sais encore, de ce sublime roman, en plus son dernier livre vient de sortir et sera lu d'ici peu, je vous en reparlerai c'est sûr, j'ai immédiatement pensé à Alejandro et Hugo de Sous le même ciel de Erika Boyer 

Je te parle de Sous le même ciel de Erika Boyer 

Mon avis en bref :

Deux héros ordinaires qui vont s’aimer d’une façon extraordinaire.
Une puissance de sentiments exceptionnels et beaux. Douce et sans fioriture.
Des moments légers, d’autres plus durs, des moments attendrissants et d’autres plus chaud, c’est tout simplement une histoire d’amour. L’amour avec un grand A celui qu’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie.
Leurs cœurs, leurs corps et leurs âmes sont réunis pour nous offrir un sublime moment de lecture.

Si tu veux lire une histoire d’amour unique, forte avec des héros que tu pourrais rencontrer au bout de ta rue alors fonce. 
Je n’ai pas d’autres mots sinon mes larmes, mais ça, tu ne les vois pas, pour t’exprimer tout ce que j’ai pu ressentir en lisant ce livre et maintenant en te donnant mon avis et où certains passages ressurgissent de ma mémoire et refont monter les larmes.

Le lien de la chronique : ici 


Et toi quel est le livre qui te fait penser au thème ? 



mardi 10 avril 2018

[avis] Trouble vérité de E. Lockhart



En voilà un livre saisissant, un thriller YA pas exceptionnel, mais qui a le mérite de te tenir en haleine. 
Je ne pourrais te dire s’il est très différent de « Nous les menteurs », il est dans ma pal, mais je ne l’ai pas encore lu. 
Je te raconte tout cela dans un instant, mon cher lecteur.

Déjà, tu pourrais être déstabilisé par le procédé d’écriture, il est écrit à l’envers. Par des flash-back, parfois de 1 semaine, parfois de plusieurs mois, tu assembles peu à peu les pièces du puzzle que E. Lockhart t’a données. 

Tu rencontres dès le départ Jule en juin 2017 dans un hôtel chic du Mexique, alors qu’elle fait sa séance de sport quotidienne une femme l’aborde et engage directement la conversation, sur des sujets que Jule connaît. 
Le chapitre suivant se passe 7 semaines plus tôt à Londres. 
Jule est dans une auberge de jeunesse en train de lire l’ami commun de Dickens offert par sa meilleure amie Imogen Sokoloff. 
Je ne peux t’en dire plus sur le pitch sans te relever un indice. 

Peu à peu, chapitre après chapitre, tu vas comprendre l’amitié entre Imogen et Jule. Imogen, riche jeune femme, vit la vie au jour le jour et entraîne Jule dans cette spirale d’insouciance. 
D’abord en vacances dans sa belle villa de Martha’s Vineyard, ensuite Immie (le surnom d’Imogen) décide d’emmener son amie à Porto Rico. 

E. Lockhart va, au fil du temps qui remonte dans le passé, te dévoiler la psychologie des deux héroïnes, le lien qui les unit. 
Il va vraiment m’être difficile de te résumer ce titre et d’en parler comme je le fais d’habitude, car j’ai très peur de trop en dire. L’intrigue tient en peu de choses et c’est sur l’énigme que tu connais dès le départ que tu es entraîné. 

Je ne peux pas dire que le vocabulaire soit facile, j’ai trouvé le vocabulaire assez élaboré pour les jeunes de 13 ans (l’âge recommandé), l’écriture peut te perdre en cours de route, car il n’est pas toujours aisé de te glisser dans la peau de la narratrice Jule. Le procédé stylistique utilisé m’a parfois déstabilisé.

Jule c’est un véritable caméléon, autant psychologiquement que physiquement.
Ce ne sont pas les gens qu’elle rencontre qui s’adaptent à elle, mais elle qui s’adapte à toutes les situations. 
Imogen, elle, ne se sent à sa place nulle part, orpheline adoptée, elle a des parents adoptifs riches et qui l’aiment, mais cela ne lui suffit pas. 
Sait-elle au moins ce que c’est aimer ? Elle utilise ses amis comme des biens de consommation, que cela soit Forrest, Brooke ou Jule, même Scott que tu rencontreras plus tard dans le récit. 
À travers ses deux héroïnes l’auteure aborde ces thèmes : l’identité profonde, celle que tu montres et celle que tu es réellement, l’abandon et le manque d’amour, les traumatismes de l’enfance, le clivage entre les différentes classes sociales. Bon, je ne vais pas te dire qu’elle va les traiter en profondeur non, elle braque ton attention sur ses deux héroïnes. 
Qui sont-elles vraiment ? Imogen est-elle bien Imogen et Jule est-elle bien ce qu’elle prétend être ? 

Je ne peux pas non plus te dire que le rythme est trépidant, mais E. Lockhart en reculant comme ça, en te donnant des miettes te rend accro à ta lecture. Forcément, tu connais le dénouement puisque tu commences par cela, mais le pourquoi, le comment, te reste en tête un bon moment.
Lors d’un chapitre au 3/4, je dirais, tu penses que c’est bon, que tu n’auras plus de rebondissements ; l’auteure n’a pas fini de te surprendre. 
Il n’y a pas énormément de retournements de situation, mais quand il y en a ils te font froid dans le dos. 
C’est assez fou, car je me suis prise d’empathie pour deux personnes pas du tout gentilles. 

Dans sa lettre, E. Lockhart te dit qu’elle veut te rendre complice des crimes de son personnage et c’est vrai, tu réfléchis toi aussi à ce que tu aurais fait à sa place. 
J’ai aimé cette anti-héroïne, vraiment, je ne peux pas dire que ce sera un personnage inoubliable, mais voilà, le livre a fait que j’ai passé un moment... troublant. 
Je ne peux vraiment pas t’en dire plus. 
Je sais que mon avis doit te paraître aussi trouble que son titre, mais si je t’en dis plus je te spoile.

Tu prends des héros de comics, des grands romans de l’époque victorienne, deux jeunes femmes qui ne veulent plus de leur vie actuelle, différentes villes, des établissements chics, d’autres beaucoup moins ; tu mélanges tout et cela te donne «  Troublante vérité ». Un thriller psychologique YA, je trouve que 13 ans c’est un peu jeune sauf si c’est un bon lecteur. 
Il plaira à un large panel de personne, la preuve, j’ai 40 ans encore pour quelques mois et je me suis prise au jeu des matriochkas en ouvrant une, pour en découvrir une autre, et une autre, jusqu’a avoir la dernière, est-ce vraiment la dernière ? 
À toi de le découvrir si le livre te tente


Je lui donne une note de 3,5 pour la psychologie fine des protagonistes, mais ce n’est pas une lecture que je conseillerais à tous. Il y a du bon et du moins bon. Je reste mitigée sur l’ensemble ; plusieurs semaines après l’avoir lu, je ne peux pas te dire que les personnages me soient restés en tête…



Trouble vérité de E. Lockhart - Thriller jeunesse, Young Adult - 304 pages, 15, 50€ - Édition Gallimard jeunesse, en librairie le 12 avril 2018
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