vendredi 23 juin 2017

[avis] Lucia, Lucia de Adriana Trigiani


Comme chaque fois que je lis un roman de Adriana Trigiani je suis ravie, j’adore son écriture, sa narration, la façon qu’elle a de donner vie à ses personnages.

Nous débutons le roman dans un immeuble à appartement de Greenwich Village, Kit y habite, elle aime son quartier, elle est venue à New York afin de réaliser son rêve : qu’une des pièces de théâtre qu’elle a écrite se joue dans la grosse pomme.
Un jour, elle est invitée à prendre le thé chez une vieille dame, elle s’y rend presque à contrecœur et c’est là que le livre prend vie.
En racontant sa vie à Kit, Lucia nous emmène en 1950 dans Commerce Street, là où elle vit avec ses parents et ses 4 frères.

Lucia est une femme indépendante, déterminée, ambitieuse, très en avance sur son temps.
Elle ne rêve pas de se marier et d’avoir des enfants comme toutes ses amies, mais de faire carrière comme couturière au grand magasin de vêtements sur mesure B. Altman, elle rêve même d’avoir son propre commerce.
Malgré son désir d’indépendance elle rencontrera 2 hommes, Dante et John Talbot, tous les 2 opposés, l’un fils de boulanger italien l’autre « homme d’affaires » fortuné.
J’ai aimé les 2, autant pour leurs qualités que leurs défauts, la fin du livre m’a mis un sourire sur le visage.

« Mon plus gros problème en ce qui concerne le sexe opposé est que je n’ai pas besoin d’un homme pour être heureuse. »

L’auteure nous raconte le New York des années 50 surtout dans le quartier de Little Italy, mais aussi de la 5e avenue. 
À travers la voix de Lucie qui est le narrateur, elle nous raconte les bouleversements d’après-guerre, l’arrivée du prêt-à-porter, l’évolution qui est en marche vers « le plus vite tout de suite »
C’est aussi passionnant de lire l’évolution de la femme, même si ce n’est que le début de l’émancipation, les filles vont désormais à l’université et peuvent prétendre à un salaire comme les hommes.

Le personnage principal du livre est également la famille, la famille Sartori avec Antonio et Maria les parents, Antonio tient la plus grande épicerie italienne de Commerce Street, Maria est la vraie mama italienne, elle s’occupe de ses enfants même s’ils sont adultes maintenant : Roberto, Exodus, Angelo et Orlando, les frères de Lucia. 
Cette famille s’aime, se chamaillent, mais ils sont là les uns pour les autres en cas de coup de dur. La vie n’est pas un long fleuve tranquille.
J’ai une affection particulière pour le papa, Antonio, il aime tant ses enfants, même d’il peut se montrer dur, pas de doute cet homme a un cœur en or, profondément amoureux de son épouse jusqu’à leurs derniers jours

Les parties qui se déroulent dans l’atelier de couture sont délicieuses à lire, il y’a de l’humour amené par le personnage de Delmarr, l’amitié profonde et sincère de Ruth pour Lucia, Violet, Helen les autres amies de l’atelier. Par ces « petites mains », nous côtoyons les célébrités et les riches new-yorkais, les ragots, les bals plus beaux les uns que les autres, la mode.
Les couturiers de Paris qui commence à se faire un nom de l’autre côté de l’océan.

Le mois de vacances en Italie est un passage émouvant du livre, Antonio retourne sur la terre de ses parents, Lucia découvre Rome, Venise, le lecteur aussi par la même occasion.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, la narration, les protagonistes. 
Tout. 
L’idée que Lucia âgée raconte sa vie à une jeune femme m’a émue, j’aime la transmission entre générations.
J’ai souri, j’ai été émue. 
C’est l’histoire de toute une famille qui nous est racontée à travers Lucia. Les moments de bonheur comme ceux de malheur.

« Toute vie a ses hauts et ses bas. Impossible d’empêcher les coups durs, quant aux bons moments, je pense que c’est juste une question de chance »


J’adore lire des romans sur les Etats-Unis dans les années 50, ce livre m’a comblé. 

Lucia, Lucia de Adriana Trigiani - Édition Charleston - Roman contemporain - 340 pages, 21€ - Sorti le 7 juin 2017
jeudi 22 juin 2017

[Avis] Les dieux du tango de Carolina de Robertis

*Coup de cœur *

Je referme à regret ce magnifique et bouleversant livre de Carolina de Robertis.
Je vais avoir du mal à mettre des mots sur ma chronique tant ce roman m’a émue, m'a portée, lascivement, langoureusement comme le tango.

Nous suivons Leda, jeune fille de 17 ans, elle s’apprête à embarquer pour Buenos Aires afin de retrouver son mari Dante. Époux qu’elle n’a jamais vu. Quand elle arrive après cet interminable voyage Dante est mort, assassiné par un policer. C’est le début du mouvement anarchiste en Argentine.
Leda n’a plus rien, juste le violon de son père qu’il lui a remis comme cadeau de mariage pour Dante.
Elle qui a toujours rêvé de pouvoir jouer du violon n’en a jamais eu le droit, les femmes, ça coud, ça fait la vaisselle, ça s’occupe de la famille il n’y a pas de place pour les loisirs.
C’est une passion brûlante qui dévore Leda. Elle n’en touchera mot a personne.

Seule dans un pays inconnu elle va devoir faire preuve de courage, elle ne veut pas retourner en Italie, dans son petit village des Pouilles. Leda a soif de liberté.
Liberté oui, mais nous sommes en 1920, les femmes n’ont pas ce droit.
Notre héroïne trouvera un moyen de s’émanciper du joug des hommes.

Ce livre est un hymne à la femme, à travers Leda et ses pérégrinations dans Buenos Aires et ses conventillos, fait entendre la voix, l’histoire de nombreuses femmes.
Fausta, Carmen, Mamicita, Rosa, Francesca, La Strega, Palmira, Alma etc. Leurs espoirs déchus, leurs luttes dans ce pays qui n’est pas le leur.
La misère, tant d’hommes et si peu de femmes, elles ne peuvent pas travailler à l’usine. Il ne leur reste que peu de choix.

C’est aussi un hymne au tango et à la musique, du tout premier tango amené par les esclaves africains avec les percussions jusque dans les années 1950 en pleine ascension avec une femme au chant.
Du tango interdit dans la bonne société et finalement accueilli par le monde entier.

"La musique était une flèche qui transperçait les murs les plus épais. La musique faisait oublier les inégalités. La musique transcendait les siècles. C'était le nectar des démons, l'ambroisie de Dieu"

C’est aussi l’histoire, à travers cette danse, de la transmission entre générations : comment une danse, un instrument, une histoire, une anecdote se transmettent de génération en génération sans tomber dans l’oubli. Ils évoluent, mais ils sont toujours présents.
Carolina de Robertis nous montre aussi ce pan de l’histoire qui m’était complètement inconnu, l’Argentine vue comme la tour de Babel pour tous ces immigrés surtout italiens, mais aussi sud-africains, russe.
Un melting pot de nationalités qui ne parle la même langue, mais qui ils ont tous cet espoir de réussir, si ce n’est pas pour eux c’est pour leurs familles restées au pays
À travers les hommes, elle nous raconte l’immigration massive, le nationalisme qui monte doucement.
La terre promise n’est pas celle qu’ils croyaient, la misère est présente, tous luttent pour conserver leur racine, ils sont nostalgiques de leur Italie, qu’ils soient du nord ou du sud, ici c’est la ville, pas de verdure, mais de la pollution et du bruit tout le temps dans cette métropole qui ne dort jamais.

"L'argentine encourageait l'immigration. Ils voulaient des travailleurs."

C’est aussi un roman bouleversant et très émouvant sur l’amour entre deux femmes. Inimaginable à l’époque. Et même pire, susceptible d’emprisonnement.

Un roman complet, on y parle amour, histoire, musique, on entend l’espagnol, l’italien, on traverse Buenos Aires, l’Uruguay, Naples. Posez vos valises et embarquez dans le livre de Carolina, je ne peux que le conseiller.

Il plaira plus aux femmes qu’aux hommes, mais en tout cas chez moi il m’a complètement emportée.
J’ai eu une chanson de tango dans la tête tout au long de ma lecture. C’est un roman féministe, mais sans être trop revendicateur. Il est beau et juste. Il ouvre les yeux sur la condition de la femme, leurs aspirations devant toujours être tuent, elles ne peuvent se réaliser sans mari, une fois mariée c’est lui qui décide.

La plume de l’auteure est poétique, descriptive vous entendez les notes, les sons ; vous sentez les épices et la saleté régnante dans ces bas quartiers de Buenos Aires. Elle est emplie de respect et tolérance. Elle donne un rythme au récit , chaque personnage que nous croisons est un narrateur qui sonne juste, qu'il ait 80 ans ou 15 ans, Carolina de Robertis vous fait entrer dans leur histoire avec facilité. 

Les personnages sont tous attachants, chacun ayant « voix au chapitre » tour à tour narrateur en plein milieu des chapitres chaque protagoniste nous raconte leur enfance jusqu’à comment et pourquoi ils sont arrivés là, leur vie actuelle et pourtant la lecture est fluide tout au long du livre.
J’ai adoré Santiago, j’ai été bouleversée quand j’ai compris l’histoire de Cora, la cousine de Leda, son âme sœur comme elle le dit. Il y a aussi Nestore, El Loro, Joacquim, Arturo, etc.
Leda, notre héroïne, une femme très en avance sur son temps, depuis toute jeune elle aspire à la liberté, liberté de corps et d’esprit.

"Elle ne voulait pas attendre ; si émigrer était la seule façon de repousser les frontières de son monde, alors elle voulait que ce soit tout de suite. (...) Elle voulait bâtir son destin sur la pierre d'un nouveau pays (...)"

" Disparaître de sa propre vie. Réapparaître dans une autre. Une pensée impossible. Et pourtant , s'il y avait un endroit au monde où c'était possible, c'était les Amériques. La terre d'auto-création. Sans racine. La Nouvelle Babel. Bien sûr Buenos Aires avait ses frontières et ses lois. Mais dans une ville si pleine de bruit et d'anonymes, comptant tant d'immigrés aux si nombreuses cultures et langues, des choses folles pouvaient certainement devenir réelles."

Vraiment, je n’ai aucun reproche à donner à ce livre que j’ai aimé de la première à la dernière page. La fin est belle malgré sa tristesse.


La vie tout entière de Leda vous est racontée de ses 17 ans à sa mort, c’est la tango qu’on apprend à travers elle, mais aussi l’histoire de l’Amérique du Sud, de la Seconde Guerre mondiale qui fait rage en Europe,  de Juan et Evita Perõn, la guérilla révolutionnaire en Uruguay jusqu’au décès de Martin Luther King.

Les dieux du tango de Carolina de Robertis - Editions Le Cherche Midi - roman historique/contemporain - 504 pages, 22€ - Sorti le 18 mai 2017
mercredi 21 juin 2017

[Avis] Deux soeurs de Elizabeth Harrower


Voilà un roman qui est paru une première fois, mais l’auteure née en 1928 est vite retombée dans l’oubli.
Réédité en français cette année (son autre roman « avec un certain monde » a été salué par la critique en 2016) j’ai eu envie de le lire.

Si vous lisez ce roman, il faut que vous vous remettiez dans les mœurs de l’époque où ce roman a été écrit sinon vous ne comprendrez pas les réactions des deux sœurs : Laura, l’aînée et Clare la cadette.

Nous suivons donc Laura et Clare, leur père décédé elles doivent quitter leur école de jeunes filles de bonne famille, elles vont habiter avec leur mère dans la banlieue de Sydney.
Stella Vaizey leur mère est agaçante au plus haut point, elle prend ses filles pour des domestiques, se « venge » de leur déchéance comme si Laura et Clare étaient responsables. Elle ne quitte jamais son canapé ou sa chaise longue, disséminant ses ordres.
Laura comprend que la carrière de médecin à laquelle elle se destinait n’est plus qu’un lointain souvenir, elle entame une école de commerce où elle apprend la sténo-dactylo. 
Son certificat en poche elle se met très vite à travailler, elle n’a pas le choix, la subsistance de sa jeune sœur et de sa mère repose sur ses épaules.
Elle est engagée dans une usine dirigée par Felix Shaw, un homme 20 ans plus âge que Laura mais pas méchant avec ses employés, on peut même dire qu’il est généreux et juste.
Quelques années plus tard, leur mère décide en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale de retourner en Angleterre, après tout ses filles sont grandes et se débrouilleront bien seules.
Félix Shaw propose alors à Laura de l’épouser
Laura ne connaît rien de la vie, elle a quitté son école de jeunes filles pour ensuite travailler à l’usine et chez elle, elle n’a pas de loisirs, pas d’amies, elle ne sort jamais.
Après réflexion elle se dit qu’après tout Félix n’est pas méchant, il a toujours été un patron gentil et il propose de prendre en charge les frais de scolarité de Clare, de quoi les mettre à l’abri.
Laura ne sait pas encore qu’elles les emmènent tout droit dans la gueule du loup.

Très vite le véritable caractère de Félix Shaw se révèle tout autre que ce qu’il avait montré jusqu’à présent.
Il est cruel, violent, rabaissant sans cesse les 2 femmes, il a besoin de son auditoire chaque soir, son harem comme il le dit en rigolant.
Laura la plus sage des 2 sœurs accepte son sort, elle se dit qu’un jour ou l’autre Félix changera, Clare, elle, est différente elle se révolte, elle fait part de ses angoisses à sa sœur, elle aspire à une autre vie mais obéit quand même à sa sœur et Félix.

Ce roman est terrible, à chaque chapitre on plonge de plus en plus dans la psychologie des personnages et des mœurs des années 40-50, il faut vraiment garder ce fait à l’esprit quand vous le lirez, car sinon vous ne comprendrez pas les réactions des personnages et surtout de Laura.
Au fil du roman, Laura est comme aliénée par Félix, vous avez envie de la secouer, qu’elle ouvre les yeux, qu’elle crie ou parte très vite de sa jolie maison, mais où règne l’horreur.

J’ai trouvé quelques longueurs à certains moments, mais sinon c’est un roman remarquable du côté de la psychologie des protagonistes. Une fine analyse de la société, noire, certes, mais juste.

L’auteure joue avec vos nerfs, vous êtes pris d’empathie pour Laura et Clare, vous détestez ce type fou, vous vous demandez comment il va réagir, il rigole et d’un coup sans savoir pourquoi il explose.

Une auteure à découvrir, un roman noir psychologique que vous aimerez si vous vous plongez dans l’époque.

Il m’a révolté, j’ai aussi pensé à toutes ces femmes pour qui ce n’est pas un roman, car oui, on a évolué depuis, mais c’est un sujet qui je trouve est encore tabou, surtout quand on en est victime.

Deux soeurs de Elizabeth Harrower - Édition Rivages - Roman noir, psychologique - 334 pages, 22,50€ - Sorti le 29 avril 2017. 
mardi 20 juin 2017

[Avis] Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard


Attention Page-turner hautement addictif.

Le moins que l’on puisse dire c’est que François-Xavier Dillard vous plonge directement dans l’horreur.
Le premier chapitre commence sur une personne enterrée vivante, elle ne sait plus qui elle est ni où elle est, elle vit 4 jours parmi les cadavres de sa famille.
Ensuite, nous passons à Fanny, Mickael et leurs jumeaux Arno et Victor, Fanny est une fleuriste réputée de Paris et Mickael un peintre renommé.
La cinquantaine entamée ils règlent leur vie autour de leurs enfants maintenant que leurs affaires fonctionnent bien, ils peuvent se permettre de moins travailler.
On ouvre un autre chapitre sur le commissaire Dubois à l’enterrement de sa mère, il reçoit un SMS, un chirurgien plasticien qui opérait les stars a été assassiné avec un acharnement bestial dans son cabinet. Il est rejoint sur la scène du crime par son collègue Michaud.

François-Xavier Dillard délivre au gré de ses chapitres des pièces de puzzle qu’il vous faudra assembler pour comprendre comment toutes ces personnes peuvent être liées.
De Brisbane à Paris l’auteure vous plonge au cœur de l’horreur, vous incitant à toujours lire plus, on veut comprendre.

Les chapitres courts, mais denses en émotion donnent un rythme effréné au récit.

Que dire des personnages, ils sont tous très bien décrits dans leur psychologie, peu à peu on comprend toutes les implications, les relations.
Les secrets de famille inattendus, l’atrocité vient d’un des protagonistes auquel on ne peut pas penser au début, peut-on s’attacher à un monstre... oui, j’ai été prise d’empathie du moins j’ai tenté de comprendre les gestes, même si je ne l’explique et que c’est pour moi inenvisageable, inadmissible pour la maman que je suis. Je peux le comprendre sans l’accepter.

François-Xavier Dillard nous offre un Thriller psychologie, nous sommes plongés dans les syndromes post-traumatiques et tout le chaos, la misère, l’horreur, la noirceur qu’il peut en découler s’il n’est pas soigné mais gardé secret.
Il raconte l’amour maternel, mais dans ce qui a de plus noir.

Il aborde aussi le thème de la gémellité avec Arno et Victor, j’ai aimé la relation de ces enfants même si ce n’est pas dans le sens que vous pensez.

Je ne peux rien révéler, il faut absolument que vous le découvriez vous-même.

Si le début avait débuté sur les chapeaux de roue la fin n’a rien à lui envier, les 30 derniers pages nous plongent dans l’horreur, la peur, l’angoisse.
Et cet épilogue : nickel, un beau twist que je n’ai pas vu arriver.

Sans être un coup de cœur absolu, j’ai adoré ce livre.

Si vous aimez les thrillers psychologiques, lisez-le !

Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard - Édition Belfond - Thriller psychologique - 320 pages, 18,50€ - Sorti le 15 juin 2017. 
lundi 19 juin 2017

[Avis] Dernier été à Tokyo de Cecilia Vinesse



Dernier été à Tokyo nous raconte les 7 derniers de Sophia, sa sœur Allison et leur mère à Tokyo. Elles retournent dans le New Jersey, leur mère ayant terminé sa mission au Japon.
Ces 7 derniers jours, Sophia veut les vivre pleinement, chaque heure, chaque minute, chaque seconde.
Elle ne veut pas quitter ses meilleurs amis de l’école internationale, Mika et David.
Mika est une petite boule d’énergie, David le play-boy de la bande et Sophia la jeune fille sage du trio.
Alors qu’il ne lui reste que ces 7 jours, elle apprend que Jamie revient lui à Tokyo, Jamie qu’elle a tenté d’oublier pendant 3 ans. Jamie le meilleur ami de Mika et dont elle n’a jamais voulu entendre parler.
Ils s’étaient quittés sur une dispute. Il leur reste 7 jours pour tenter de recoller les morceaux.

Cécilia Vinesse vous emmène en voyage, nous sommes dans les rues de Tokyo, au carrefour de Shibuya, déguster des ramen, visiter la tour de Tokyo, se balader autour du sanctuaire de Meiji.
Même si je ne suis jamais allée là-bas j’ai eu l’impression de connaître les lieux, sentir les saveurs des échoppes, entendre le bruit de la circulation.
Elle nous emmène aussi à Paris, c’est là que vit le père de Sophia, ses parents se sont séparés alors qu’elle n’avait que 5 ans, depuis elle passe 1 mois chaque année à Paris. La Tour Eiffel, l’Arc de triomphe, Montmartre.

Ce roman se lit tout seul, destiné à la jeunesse j’y ai trouvé moi aussi mon compte. 
Il parle d’amour, d’amitié, de relation entre sœurs, de relations familiales.
L’endroit où nous préférons être n’est pas toujours un lieu, mais peut être une personne.
Il se lit très vite, il fait à peine 350 pages, à chaque début de chapitre nous avons le jour, l’heure, la minute et les secondes, nous aussi on se bat contre le temps qui passe, c’est une course contre la montre qui s’est enclenchée, on veut savoir comme Sophia et Jamie vont se retrouver et s’ils vont pouvoir se pardonner. Sophia va-t-elle réellement partir de Tokyo ?

Un très beau roman, il m’a manqué d’un peu de magie pour que cela soit un coup de cœur et j’aurais aimé un épilogue pour conclure le roman, là Cécilia Vinesse nous laisse imaginer ce qu’il va se passer après ces 7 jours et le retour (possible) dans le New Jersey.

Quelques citations du livre : 

« C’était la raison pour laquelle j’avais déclenché ce compte à rebours stupide. Parce que je voulais me raccrocher au temps qu’il me restait ici. Parce que je voulais séparer les au revoir de tous les moments, les meilleurs, que j’avais vécu avant ceux-ci. C’était en quelque sorte une expérience scientifique : essayer de retenir une seule seconde alors que mon monde allait s’évanouir autour de moi »

« (...) À vouloir arrêter le temps et revivre cette semaine, encore et encore »


« Tu es terrifiante, comme un roman.juste avant la fin. Tu sais ? Quand tu n’as pas envie que ça s’arrête ? »

Dernier été à Tokyo de Cecilia Vinesse - Édition Pocket Jeunesse, collection territoires - 352 pages, 17,90€ - Roman Jeunesse - Sorti le 1er juin 217

[Avis] Embruns de Louise Mey


J’ai hésité entre 4,5/5 et 5, ce sera un 5, car je me suis fait avoir, je n’ai rien vu venir et pourtant je suis difficile à berner.

Premier chapitre : une jeune femme est enfermée, attachée, un homme lui donne une bassine, elle sait ce qu’il va se passer, nous, lecteurs on s’en doute.
Ensuite nous suivons la famille Moreau, ils partent en vacances le temps d’un week-end de juillet sur une petite île de Bretagne. À peine peuplée.

Béa, Chris et leurs enfants, Bastien et Marion, forment la famille parfaite, les parents s’aiment comme au premier jour, ils réussissent tous deux leurs carrières respectives, architecte pour Bea, rédacteur en chef d’un magasine pour Chris.
Leurs enfants font leur fierté à 22 et 17 ans ils sont bien partis pour suivre l’exemple de leur parent.
Une famille bon chic bon genre, sensible à l’écologie, respectant la chaîne alimentaire bref des gens charmants, bien sous tout rapport.
Ils passent un séjour tranquille, loin du tumulte de leur vie, pas de GSM, il n’y a pas de réseau que l’île, tant mieux ils passeront plus de temps à 4.
S’ils sont sur l’île, c’est aussi pour aider Marion à combattre sa phobie de l’eau.
Dès le premier jour c’est décidé, ballade en famille, promenade sur la plage, bon repas de poissons frais.
Le second jour, le temps se gâte, Chris, Béa et Bastien partent quand même en balade, en rentrant ils ne retrouvent pas Marion censée préparer le dîner pendant leur ballade.
Où est-elle ? Elle si obéissante n’a même pas laissé de mot expliquant à ses parents où elle allait.
Béa n’y croit pas, sa fille n’a pas désobéi, elle est persuadée qu’elle a été enlevée.
La tempête fait rage dehors, la nuit n’est pas encore tombée, mais il fait déjà noir, la pluie, le vent, tous les éléments semblent ligués contre eux.
Ils vont recevoir de l’aide de quelques habitants de l’île, on recherche Marion activement, à l’ancienne car pas de téléphone, plus d’électricité.

Louise Mey vous entraîne dans un huis clos incroyable, vous tournez les pages pour savoir le fin mot de l’histoire.
La jeune fille du début est-ce que c’est Marion ?

La sensation d’angoisse est renforcée par ce temps, la tempête, la vraie, il fait noir tout le temps.

L’alternance des points de vue renforce encore la vitesse de lecture, des chapitres courts donnent au récit un rythme effréné.
Soyez assuré d’avoir quelques heures devant vous avant de le commencer, si vous le lisez au soir (comme moi) la sensation d’oppression est encore plus présente, j’étais complètement dans le roman.
Je ne l’ai pas arrêté, il me fallait avoir le fin mot de l’histoire, qu’était-il arrivé à Marion, cette si gentille jeune fille.
Les Moreau semblent garder tout le temps leur sang-froid, ils vacillent quelque peu quand Marion disparaît, mais très vite ils se ressaisissent. Surtout Béa le pilier de la famille.
Une psychologie bien développée même s’il m’a manqué de petites choses par-ci par-là.

Arrivons à la fin, cette fin, ces 50 dernières pages OMG j’ai relu 2 fois un passage pour être certaine d’avoir bien lu.
L’auteure m’a roulé dans la farine, avec une de ces facilités.
Rien vraiment rien n’aurait pu éveiller un soupçon, j’ai émis trente-six mille hypothèses j’aurais pu encore essayé, si j’ai eu un doute sur un personnage, ce n’était sûrement pas sur le pire.
C’est frustrant quand on lit un tel roman et qu’on ne peut pas en dire plus, mais waouhhh ce twist, ce retournement de situation !!

En résumé à lire si vous aimez les thrillers psychologiques, les huis clos,  les romans mêlant les agneaux et les monstres.

Une auteure à suivre, je n’ai pas encore lu son premier roman : les ravagées, il est dans ma bibliothèque je vais très vite le sortir. Il est sorti en poche chez les éditions Pocket si vous êtes intéressés.




Sans être un coup de cœur pour les quelques explications que j’aurais aimé avoir, et encore je pinaille sur des détails, ce livre est parfait. 

Embruns de Louise Mey - Fleuve Édition - 336 pages, 18,90€ - Thriller psychologique - Sorti le 11 mai 2017
vendredi 16 juin 2017

[avis] Une ombre chacun de Carole Llewellyn


Voici mon avis à chaud comme toujours du premier roman de Carole Llewellyn.

Un avis plutôt mitigé.

Nous suivons donc Claire, parisienne, jeune bourgeoise mariée à Charles. Parallèlement nous suivons Seven, vétéran de l’armée américaine qui n’a clairement pas « 'digéré » son retour d’Irak.
Ce sont 2 êtres brisés par la vie.

Si vous voulez vraiment découvrir ce roman, ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dévoile beaucoup trop à mon goût.

J’ai vraiment apprécié, le prologue qui laissait présager un bon roman malheureusement  le soufflé est vite retombé.

Pourquoi ? Malgré une histoire intéressante et qui s’avérait vraiment prometteuse le soufflé est vite retombé surtout à cause des personnages.
Je ne me suis pris d’empathie pour aucun d’eux, un peu pour Claire quand même, mais j’ai cordialement détesté Charles, l’époux et Seven l’Américain.
Ces 2 hommes bien que différents cumulent à eux 2 tout ce qu’on peut détester chez un homme, en tout cas pour ma part.
Charles est un vantard, il étale ses richesses, sa culture, trompe ouvertement sa femme et reste vraiment passif malgré la disparition de Claire.
Seven, alors lui c’était impossible de m’y attacher, il est sexiste, je n’ai pas vraiment compris son besoin de branlette plusieurs fois par jour, je le signale, car c’est redondant tout au long du livre, je ne vois pas ce que ça apporte à l’histoire.
Oui il est revenu d’Irak avec ses propres démons, mais il est raciste, se croit supérieur à tous, étale sa culture sur les armes... bref, vous l’aurez compris les personnages, surtout masculins, cela ne l’a pas fait du tout.

Concernant l’intrigue en elle-même je n’ai rien à lui reprocher, le suspens reste présent jusqu’au bout du roman, Seven chercher Claire, Claire traverse l’Europe du coup le lecteur aussi.
On attend vraiment la rencontre entre ces 2 personnages principaux.

Le postulat de départ est vraiment bon, malheureusement les répétitions à outrance (Instragram, la mort du chien, Charlie Hebdo, etc.) les noms de marques m’ont un peu gâché ma lecture, je ne pense pas qu’il y avait besoin d’en faire la publicité pour l’intrigue.

Même si j’ai trouvé des défauts je reconnais à l’auteure un travail de recherche pour pouvoir parler des faits qui se sont déroulés ces dernières années. Peut-être parfois évoqué maladroitement ou au mauvais moment.
J’ai lu le livre, j’ai aimé l’histoire, mais sans jamais pouvoir m’immerger complètement dans le roman.

Le dénouement que j’attendais le plus, à savoir : qu’est-il arrivé à Claire alors qu’elle avait 11 ans n’est pas arrivé.

Je crois que j’attendais beaucoup trop de ce roman après avoir vu de nombreuses chroniques élogieuses.


Maintenant c’est un premier roman, je lirai le prochain roman de l’auteure. 

Une ombre chacun de Carole Llewellyn - Edition Belfond - Roman contemporain/ suspens - 304 pages, 17€ - Sorti le 13 avril 2017
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