mercredi 23 août 2017

[avis] Comme de longs échos de Elena Piacentini




Sans être un coup de cœur j’ai adoré cette lecture faire en commun avec Laure du blog boulimie livresque.
Je ne connaissais pas du tout l’écriture d’Elena Piacentini, je ne savais même pas qu’elle avait déjà écrit d’autres romans, je n’ai qu’une envie approfondir ma connaissance de l’auteure originaire de Corse, Lilloise d’adoption.

Dans ce roman noir/polar, nous suivons Mathilde Sénéchal, capitaine de police de Lille, elle travaille sous les ordres de son mentor Albert Lazaret bientôt à la retraite, à leurs côtés il y a aussi la nouvelle recrue Sylvie Muller, les lieutenants Delage et Squalli. Si je prends le temps de vous parler de l’équipe c’est parce que Mathilde Senechal est le nouveau personnage de Elena Paicentini, un protagoniste bien intriguant, une femme qui s’est forgé une carapace, elle a la phobie de la menthe, fait des cauchemars liés à son enfance, mais l’auteure nous laisse avec de nombreuses questions qui, je suppose, seront abordées dans un prochain tome, prochain opus qu’il me tarde déjà d’avoir entre les mains.

L’équipe enquête sur le meurtre de la jeune mère de famille, Chloé Dussart et l’enlèvement de son bébé Quentin âgé de 3 mois dans un quartier de la cité Franchomme à Lille.
Toute la police, les médias sont sur la brèche pour tenter de retrouver vivant l’enfant, le temps joue contre eux.
Premier suspect le mari, Vincent Dussart.

Nous suivons alors l’enquête, tout l’entourage du couple est passé au crible, le suspens est maintenu tout au long du récit, j’ai douté tout au long de ma lecture sans pouvoir mettre de nom sur mes soupçons.

Les chapitres courts font de cette lecture une lecture très addictive, addiction renforcée par quelques chapitres sur Lui et vers la fin sur Elle.
Ces passages, heureusement pas trop longs et nombreux, sont ceux qui m’ont moins plu, le narrateur utilise un phrasé très onirique, Il et Elle expriment leurs pensées qui étaient difficilement compréhensibles pour moi sauf à la fin quand le voile se lève sur le mystère. 
À aucun moment, on ne connaît leur identité, l’auteure utilise juste ces pronoms pour les identifier.

L’écriture de Elena Piacentini m’a particulièrement plu, elle crée des êtres torturés, imparfaits, je l’avoue, j’aime quand un enquêteur n’est pas lisse.
Si j’ai eu du mal au début à m’attacher à Mathilde et Lazaret vers les 3/4 du livre ce n’était plus le cas.

On a une double intrigue, la principale avec le meurtre et l’enlèvement et le mystère qui entoure ce personnage charismatique de Mathilde.
On veut en savoir plus sur elle et sa vie.
Seule lueur dans son quotidien, la seule personne à qui elle sourit c’est à sa petite voisine Marlène, une enfant de 12 ans attachante, futée souvent livrée à elle-même qui s’est fortement attachée à l’inspectrice solitaire.

J’ai aussi grandement apprécié un personnage qui apparaît très tôt dans le roman, un inspecteur de l’Ariège, qui a préféré arrêter sa carrière, mais dont une affaire non résolue le taraude toujours, il s’agit de Pierre Orsalhièr, reconverti depuis en photographe et guide de montagne.
L’affaire de Lille et celle de Toulouse où Pierre enquêtait semble être liée, du moins Pierre le pense. Là aussi une mère avait été assassinée et un nourrisson jamais retrouvé.
Pierre va faire le voyage jusque Lille afin de pouvoir faire un lien éventuel.

Dans ce polar noir, Elena Piacentini nous dépeint le monde tel qu’il est, la misère et les faux-semblants, les déviances et les secrets. Elle n’enjolive rien.
J’ai adoré la mythologie égyptienne qui est liée à l’affaire même si j’aurais voulu une plus longue explication lors du dénouement, le sujet est original, la manière de l’aborder intéressante, mais il m’a manqué de développement pour que je l’apprécie encore plus.
Elle s’est inspirée d’un fait divers survenu dans l’Aveyron « l’affaire Von Matt »

En bref une très bonne lecture s’il n’y avait pas eu ces passages trop subjectifs pour moi, une mythologie intéressante même si pas suffisamment développée à mon goût, une découverte d’une nouvelle auteure dont la plume m’a embarquée et que j’ai hâte de retrouver.

Des personnages bien construits, j’ai aimé leurs failles, leur air rustre, un mystère et un suspens constant, ce roman est très bien même si j’ai l’impression que l’auteure s’est un peu trop attachée à nous présenter ses personnages et leur psychologie au lieu de mieux exploiter son intrigue même si le doute plane jusqu’à la fin du livre.

Comme de longs échos de Elena Piacentini - Polar/roman noir - Fleuve Édition - 288 pages, 19.90€
A paraître le 24 août 2017
mardi 22 août 2017

[Avis] Addie Baum, journal d'une femme moderne de Anita Diamant


Un très beau roman qui m’a fait énormément penser à ma grand-mère, comme si c’est elle qui me racontait le livre.

Ava demande à sa grand-mère de lui raconter comment elle est devenue la femme qu’elle est aujourd’hui en 1985.
Addie va donc raconter à Ava l’histoire de sa famille, de ses ancêtres, de gens qu’elle n’a pas connus.
À travers l’histoire d’Addie c’est l’évolution de la femme américaine que nous suivons, de 1915 jusqu’en 1931. 16 années où tant de choses ont évolué pour Addie et les femmes.

Addie est issue d’une famille d’immigré polonais juif, si elle, elle est née aux États-Unis ses sœurs Betty et Celia sont nées en Pologne.
L’histoire se déroule à Boston, se côtoient quantité d’émigrés (Italiens, Irlandais, etc.) si en général ils restent entre eux Addie va s’ouvrir au monde et à la lecture grâce à une maison de quartier, le foyer de Salen street où a lieu tous les samedis un club de lecture, là où elle va rencontrer des filles qui seront toujours ses fidèles amies, je pense notamment à Helen, Filomena, Gussie.
Grâce à Melle Chevalier, qui comprend très vite qu’Addie est intelligente, elle pourra passer des vacances 1 semaine par an dans une pension de jeune fille à Rockport Lodge.
C’est ce qui changera la vie de Addie, l'accès la culture. 
En tout cas un des premiers changements.

À la maison, ce n’est pas la même chose, la mère d’Addie en veut énormément à son mari d’avoir quitté leur terre natale, elle ne voit rien de bon aux Etas-Unis, elle est extrêmement sévère et méchante avec Addie et Betty, les 2 « révolutionnaires » de la famille tandis que Celia, plus craintive, rentre dans le rang.

À travers ses souvenirs, qu’elle raconte à Ava sa petite fille, Addie Baum raconte la difficulté d’être prise au sérieux par les femmes, la pression de la famille, l’évolution de la société américaine avec les premiers amendements sur le travail des enfants, des rassemblements et conférence sur le lynchage des minorités, les premières femmes à aller à l’université, les ébauches des premiers plannings familiaux, le téléphone, l’électricité et l’eau courante qui arrivent dans tous les foyers, etc. des choses qui nous, nous paraissent banal, mais qui étaient révolutionnaire à l’époque même si souvent au cours de ses souvenirs elle répète à sa petit-fille que : « non, ce n’était pas mieux avant ».

Addie est une enfant puis une jeune femme indépendante, elle ne rêve pas de trouver un mari même si elle ne sait pas trop quel métier exercer elle sait qu’elle ne veut pas finir à l’usine et donc lit tout ce qu’elle peut, étudie, reste des heures à la bibliothèque même si ses parents ne l’appuient pas du tout.
Elle évoque avec sa petite fille les 2 guerres avec surtout les drames qui se sont déroulés ensuite (syndrome de stress post-traumatique, décès, épidémie de grippe).
Les gens qu’elle a aimés et qui sont décédés, les drames de sa vie, ceux qu’elle a seulement compris beaucoup plus tard en les racontant à Ava.

C’est un très beau roman, mais qui reste assez en surface en ce qui concerne le côté historique, malgré tout nous lisons le début du féminisme, avec des noms tels que Margareth Sander, Mary Holland, Bettie Friedan, etc.
C’est l’histoire familiale que Anita Diamant écrit, quelques faits historiques sont effleurés, mais l’auteure ne rentre pas dans les détails, c’est ce qui m’a manqué peut-être un peu manqué à la fin de ma lecture, mais une lecture que j’ai vraiment appréciée, car si j’ai bien un regret c’est de ne jamais avoir osé poser cette question à ma grand-mère qui était mon modèle, quelle femme a-t-elle pu être ?
Je me pose encore plus cette question à la fin de ce roman.

C’est raconté avec beaucoup de tendresse et de pudeur, Addie en vieille dame a beaucoup d’humour, Addie en jeune femme a cet esprit de liberté tout comme ses amies Gussie, Filomena et Helen.
Un livre qui se lit en douceur pour passer un vraiment cocooning, Addie tutoie Ava, c’est comme si c’est à moi qu’elle livrait son histoire.
Je me suis sentie fort proche de l’héroïne et de ses amies.

En bref un roman qui plaira aux lecteurs qui aiment suivre l’évolution de la société, qui aime suivre une famille d’immigrés avec toutes les difficultés qui en découlent.

De l’adoption au pays et aux mœurs face aux poids des coutumes.

Addie Baum, journal d'une femme moderne de Anita Diamant - Roman historique/contemporain - Édition Pocket - 352 pages, 7.40€ - Paru le 24 mai 2017
lundi 21 août 2017

[avis] Hopeless, tome 2.5 : Finding Cinderella de Colleen Hoover


Colleen Hoover réussit à chaque fois à transmettre de beaux sentiments et cette novella ne déroge pas à la règle, en peu de pages l’histoire de Six et Daniel vous emporte dans une très belle romance sans jamais que cela soit niais, les mots, les situations tombent juste.

J’ai adoré suivre les meilleurs amis de Sky et Holder, les héros de Hopeless et Losing Hope, il vaut mieux bien sûr lire Hopeless en premier, mais pour les lecteurs qui voudraient lire celui-ci sans lire hopeless je ne pense pas que cela pose problème.
Bien sûr, vous seriez spolié sur une partie de l’histoire de Sky et Holder, mais très peu, Colleen Hoover les fait intervenir, mais c’est vraiment centré sur la façon dont le meilleur ami de Holder, Daniel va rencontrer Six, la meilleure amie de Sky.
Je les ai vraiment trouvés attachant l’un et l’autre, l’un avec l’autre, j’avais des papillons dans le ventre.
Daniel et Six sont des personnages forts avec beaucoup d’humour et le sens de la répartie.
La manière dont ils se rencontrent la première fois est originale, le développement de leur histoire est beau, la manière dont ils la vivent encore plus avec ce rebondissement inattendu comme l’auteure sait si bien l’écrire.
C’est l’écriture de Colleen Hoover, elle n’en fait ni trop ni pas assez.

Retrouver nos 2 héros Sky et Holder m’a donné envie de relire Hopeless et Losing Hope alors que je les ai encore bien en tête.

Je ne peux pas dévoiler plus mon avis, car l’histoire en elle-même ne fait pas plus de 150 pages.


Une nouvella pour tous les fans de Colleen Hoover ou un bon moyen de la découvrir si ce n’est déjà fait.

Les 2 premiers tomes :




Finding Cinderella de Colleen Hoover - Young Adult - 224 pages, 14,90€ - Édition Pocket Jeunesse - Paru le 17 août 2017
vendredi 18 août 2017

[Avis] Te laisser partir de Clare Mackintosh


*coup de cœur * <3

J’ai rarement lu de thriller qui me scotche autant de par les retournements de situations et les twists inattendus tout au long de ma lecture.
J’ai les nerfs encore à fleur de peau et les larmes aux yeux au moment où je vous écris mon avis.

Jacob un petit garçon de 5 ans se fait écraser par une voiture à Bristol, il est tué sur le coup et le chauffard en fuite.
Nous suivons l’enquête du capitaine Ray et de l’inspectrice Kate pour tenter de retrouver le meurtrier, ils n’ont aucune piste tandis que la mère de Jacob a préféré fuir, les gens n’ont pas été tendres avec elle, l’accusant de négligence.
Dans le même temps, nous suivons Jenna, elle décide de quitter Bristol, de ne laisser surtout aucune trace d’elle, elle veut habiter loin de la ville, loin de toute circulation
Elle trouve un cottage en Cornouailles, au bord de la falaise à Penfach.
Un village côtier très peu habité hormis pendant la saison touristique. 
Cela lui convient, personne ne la connaît, elle peut recommencer sa vie à zéro.
Là, Jenna fait la connaissance de Patrick, vétérinaire et sauveteur en mer et de Betham, la patronne du camping qui la prend un peu sous son aile.
Elle commence tout doucement à se laisser apprivoiser.
Elle ne possède rien hormis ce qu’elle avait dans son sac à son départ, son ordinateur, une boîte avec des souvenirs rien d’autre.

Je ne peux rien vous révéler de plus, car il faut vraiment laisser la surprise au lecteur. 
Ce livre est incroyable, je ne peux même pas vous dire quand j’ai été complètement scotchée la première fois sous peine de vous mettre la puce à l’oreille.

Sachez seulement que le meurtre de Jacob, la vie que Jenna mène quasi comme une ermite, sont liés.

Des personnages superbement construits surtout Jenna, puis Ian, Ray et Kate le sont un peu moins malgré leur forte présence pour l’enquête, on ressent de l’empathie pour eux, mais l’attention du lecteur est vraiment basée sur Jenna.

Clare Mackintosh construit une intrigue forte et ce jusqu’à la dernière ligne du roman.
Une construction pas courante pour un thriller, mais le lecteur se laisse prendre au jeu et la, les surprises, n’en est, n’en sont, que meilleures.

Un rythme qui ne vous laisse aucun indice, vous assistez au début à la reconstruction après un deuil, quel est le deuil le plus difficile à surmonter que celui d’un enfant ?
La seconde partie parle d’un autre thème, une seconde partie très addictive et où mes pulsations cardiaques s’accéléraient.
La peur au ventre j’ai tourné les pages voulant découvrir toute la vérité sans jamais me douter un seul instant du final. Je me suis pris un de ces uppercuts !

L’auteure joue avec vos nerfs, de la tristesse puis une lueur d’espoir pour replonger en horreur de plus en plus avec une lumière au bout du tunnel, mais...

Vraiment, j’ai trop peur de vous en dire trop, il faut lire ce thriller, je suis passée par toutes les émotions, tristesse, révolte, colère, nausée, peur, larmes.


Ce n’est pas un thriller gore, mais psychologique.

Te laisser partir de Clare Mackintosh - Thriller psychologique, littérature américaine - 512 pages, 8.10€ - Édition Pocket - Paru le 22 mars 2017
jeudi 17 août 2017

[avis] Une histoire de loups de Emily Fridlund



Un des titres de la rentrée littéraire qui fera sans nul doute parler de lui, en bien ou en mal. 
Je pense que c’est typiquement le genre de roman qu’on adore ou qu’on déteste. 
Pour ma part, je fais partie de la première catégorie.

Nous suivons Madeline, elle vit avec son père et sa mère dans un chalet à flanc de montagne du Minnesota. 
Ils habitent très reculés, vivants presque en autarcie, Madeline va à l’école, mais est rejetée par ses camarades de jeux, elle passe son temps dans les montagnes avec ses chiens.
Un jour, une nouvelle construction commence sur le terrain à proximité du chalet familial, Madeline sera très intriguée par cette nouvelle famille et passera son temps à les espionner avec ses jumelles jusqu’au moment de pouvoir les rencontrer.
Elle deviendra ensuite la nounou de Paul, 4 ans le fils de Léo et Patra.

Si vous cherchez de l’action ou des rebondissements je peux vous dire que vous serez déçu, l’auteure choisit de nous raconter l’histoire en faisant des bons dans le futur nous préparant donc à ce qui va se passer.
Point de surprise quant aux rebondissements, mais beaucoup de poésie dans les descriptions de ces montagnes du Minnesota en plein hiver ou au cours des différentes saisons.

L’ambiance est pleine de mystère, c’est Madeline la narratrice, mais Emily Fridlund choisit de laisser planer le doute, même si avec ce choix de sauts dans le futur au cours de la narration, on sait plus ou moins ce qu’il va arriver, il reste quand même beaucoup de non-dits.
Choix, qui pour ma part ne m’a pas paru étrange, au contraire j’ai vraiment apprécié cette lecture au cœur même de la nature.

Comme si ces forêts où Madeline aime tant se promener, ce lac où elle aime faire du canoë, les animaux qu’elle connaît par cœur cachaient à eux tous les secrets des habitants de la vallée. 
Secrets que j’avais envie de découvrir. 
Hormis Madeline, Patra, Leo, Paul, d’autres protagonistes interviennent comme Lily, leur professeur d’histoire, les parents de Madeline mais ils ne sont pas travaillés comme les personnages principaux, comme s’ils étaient uniquement présents pour que l’on comprenne Madeline.

Je peux juste vous révéler qu’il est question de secte ou de mouvements sectaires, de courant de pensée, de philosophie avec au milieu de tout cela des drames autour de l’enfance.

Ce roman est avant tout un roman de sensation, basé sur la psychologie de la narratrice, Madeline et sur la nature environnante.
C’est sur cette narration, ce personnage, l’ambiance distillée au cours du roman que les avis pourraient diverger. 
Madeline soit on l’aimera pour son étrangeté ou l’on ne la détestera.
Je ne peux pas dire que j’ai été surprise, j’ai adoré suivre cet étrange personnage que l’on ne rencontre pas souvent dans la littérature et que je n’oublierai pas.

L’écriture de l’auteure m’a fait penser à David Vann que j’adore, uniquement dans sa manière de décrire les lieux, les personnages avec facilité et la poésie dégagée par les mots dans cette atmosphère montagneuse que j’ai vraiment appréciée.


Une histoire des loups de Emily Fridlund - roman noir, nature writing, rentrée littéraire, littérature américaine - 304 pages, 22,40€ - Édition Gallmeister - Sortie le 17 août 2017
mercredi 16 août 2017

[avis] Encore Vivant de Pierre Souchon




Je ne savais pas en commençant ce livre que c’était une autobiographie, comme d’habitude je n’ai pas lu la 4e de couverture en le commençant.

C’est un roman qui m’a beaucoup touché, un homme, Pierre Souchon, journaliste vous raconte sa bipolarité.

Le début du roman commence sur une crise, l’homme voit le mal partout et se réfugie sur une statue.
De là, c’est l’internement.

Il nous raconte avec force, lucidité, parfois avec humour, mais aussi sans mâcher ses mots ce qu’il vit depuis son adolescence.

Il dénonce la médecine à 2 vitesses, la société actuelle tellement individualiste, qui condamne sans chercher à d’abord comprendre l’autre.
Les crises maniaco-dépressives qui lui sont arrivées, la façon dont il a été soigné ou pas soigné du tout.

On lit les dialogues avec son père, dialogues pleins d’amour entre les 2 hommes, il raconte la campagne, son Ardèche natale et les difficultés des exploitants aujourd’hui.
Il raconte les autres malades qu’ils croisent, le regard que porte la société sur ces gens, sur lui.
Les erreurs de diagnostic ou les médecins qui soignent en ayant perdu leur humanité, car c’est ce qu’il réclame lui, de l’humanité, pour lui, pour tous.

Avec beaucoup de force et de courage il se met totalement à nu vous narrant sa dernière descente aux enfers et tout ce qu’il a perdu, son travail, son épouse Garance qu’il aime tellement.
Les traitements qu’il prend et qui lui font perdre ou oublier ce qu’il a pu faire la veille.

Un très beau témoignage à lire, durs à certains moments, on souffre avec cet homme brillant qui a tellement à dire, mais qu’on écoute plus forcément.
On veut aller jusqu’au bout du livre pour comprendre, pour le comprendre, pour les comprendre.

Je ne peux vous en dire plus si ce n’est que dans ce livre vous lirez bien sûr ce que c’est qu’être bipolaire, mais aussi les hôpitaux psychiatriques, ce que c’est d’être rejeté par la société, les différentes phases, les autres malades aussi, tous très touchants.

Beaucoup d’humanité ressort de ce roman. 

Encore vivant car oui je pense qu'il aurait pu mourir plus d'une fois, encore vivant car oui il a toujours droits à la parole, ils ont toujours droit à la parole, c'est ce que moi j'en déduis à la fin de ma lecture.

Un avis plus court mais je peux difficilement vous en dire plus. 

Encore vivant de Pierre Souchon - Autobiographie - Rentrée littéraire - 256 pages, 19.80€ - Édition Du Rouergue - Parution le 16 août 2017 
mardi 15 août 2017

[Avis] Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi



Quels mots sur vais-je bien pouvoir dire ce magnifique roman ?

Je n’ai jamais autant ri et pleuré à la lecture d’un roman et parfois les 2 en même temps.
J’ai les yeux rouges, mais le smile.
J’ai envie de serrer l’auteure dans mes bras pour la remercier d’avoir écrit un récit qui parle si bien de nous les mamans, qui nous rappelle qu’avant d’être maman on a été fille, on est aussi et surtout femme, que vouloir être parfaite c’est bien, mais qu’on passe à côté de beaux moments, que vouloir tout contrôler ce n’est pas mal comme concept pour ne pas souffrir, mais que lâcher prise c’est très bien, c’est très très bien même.
Elle nous rappelle que nos mamans, nos grand-mères ont été elles aussi filles et femmes.
Que de souvenirs sont remontés à la surface à la lecture de ce livre. Un livre qui m’a fait réfléchir sur ma vie.

L’histoire pourrait apparaître comme déjà maintes fois exploitées, dans un sens c’est vrai, l’histoire d’une séparation, mais c’est bien plus profond que cela.

Ben quitte Pauline.
Pauline ne peut l’accepter, elle l’aime, c’est son âme sœur.
Autour de Pauline il y a sa famille, ses parents, son frère, sa sœur, ses grand-mères et son fils bien sûr Jules.
Pauline décide d’écrire un souvenir par jour de leur couple à Ben jusqu’à la fin des vacances, toute la famille de Pauline s’est réunie dans une villa à Arcachon.
À son tour Ben lui aussi lui écrit des souvenirs.
La lecture suit les vacances de la famille et fait connaissance de tout ce petit monde.

C’est le second thème de ce roman, la famille que l’on croit si bien connaître et qu’on finit par (re) découvrir.
Des êtres humains tout simplement avec leurs failles, leurs caractères, les critiques ou regrets que l’on tait pour ne pas blesser et qui font pire que mieux.

Les échanges de Pauline avec Jules sont fabuleux, l’insouciance de l’enfance, les peurs de la maman.
Tout comme les échanges entre Pauline et sa mère qui m’ont vraiment, mais vraiment émue.
Un autre personnage bien atypique que j’ai adoré c’est Colombe, une des 2 grand-mères.
J’ai aimé en fait chacun des protagonistes de ce roman. 
Chacun avec leur caractère bien développé, chacun incroyablement vrai.

Si l’émotion est au rendez-vous l’espoir est ce qui ressort de ce livre, le titre prend vraiment tout son sens à la fin du livre.

Ce qui pourrait passer pour une lecture légère pour l’été est en fait une lecture bien plus profonde que cela, les thèmes abordés avec énormément de justesse et de pudeur sont puissants.
Virginie Grimaldi vous narre en simplicité ce qu’est la vie dans toute sa complexité tout en jouant sur les mots, en apportant beaucoup d’humour, mais aussi énormément d’amour.
J’ai lu le livre d’une femme qui s’adresse à toutes les femmes, à toutes les mères.

Le rythme du récit est haletant on ne peut s’empêcher de tourner les pages, les chapitres courts et les lettres de Pauline à Ben enlèvent toute monotonie, les dialogues succulents, qui m’ont soit fait exploser de rire ou verser les larmes y sont pour beaucoup dans l’attachement que j’ai pour ce roman.
Ce n’est pas donné à tout le monde de raconter la vie avec ses hauts et ses bas, avec justesse, humour et émotion, parfois le tout sur une même page sans jamais tomber dans la surenchère.

Je découvre l’écriture de Virginie Grimaldi avec ce roman je vais m’empresser d’aller chercher ses 2 autres livres.

Si j’avais su que c’était une telle pépite il y aurait longtemps que je l’aurais lu !


L’auteure a trouvé le chemin de mon cœur ce n’est pas donné a beaucoup de monde.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie de Virginie Grimaldi - Roman contemporain - littérature française - 464 pages, 19€ - Edition Fayard, le 3 mai 2017
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...