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mardi 1 mai 2018

Avis : Baby Doll : s'enfuir n'était que le début de Hollie Overton



Me revoici mon cher lecteur, aujourd’hui avec un roman psychologique, un roman qui alterne les voix de plusieurs protagonistes : Lily, Rick, Ève et Abby. 
Un procédé qui va te permettre de comprendre comment chacun d’eux va vivre le drame, mais surtout l’après-drame, car c’est bien de cela qu’il s’agit, comment la, les victimes vont réagir au traumatisme, ce que le coupable ressent. 
Ce sont plusieurs familles qui ont été brisées. 
Chacun des protagonistes gère le choc différemment. 

Lily, comme chaque dimanche, attend d’entendre le verrou de la pièce où elle enfermée avec sa fille de 6 ans, Sky. 
Cette fois, pas de bruit ; rien que le silence. Lily va tenter le tout pour le tout avec la peur au ventre ; s’il s’agissait d’un piège ? 
Après 8 ans de captivité, elle parvient à fuir sa geôle, elle rejoint sa famille qui habite à seulement 9 km de là où elle était retenue captive, mais ça, personne ne pouvait le savoir. 
Lily et Sky arrivent sur le perron de la maison familiale, c’est sa mère, Ève qui lui ouvre, sa sœur jumelle Abby arrivera quelques instants après. 

L’autrice te montre intelligemment comment la fuite de Lily n’est que le début d’un long chemin. 
Elle qui aimait tant courir devra faire de patience pour arriver en bout de piste. 
S'enfuir oui, mais la reconstruction est difficile, longue, pleine d'embûches. 

Tu alternes donc comme je te le disais les voix de 4 protagonistes. 
Lily, la jeune fille enlevée ; devenue mère depuis, elle a subi durant 8 années les viols, la violence mentale, les coups et la torture, Abby sa sœur jumelle qui ne s’est jamais remise de la disparition de sa sœur, Abby qui s’autodétruit à petit feu repoussant tout amour. 
Ève, qui elle, aussi a bien changé depuis, elle noie son chagrin dans l’alcool, essaie d’oublier dans les bras d’hommes inconnus et enfin Rick le responsable de l’enlèvement et de tous les sévices qu’il a fait subir à Lily, c’est aussi le père de Sky si tu en doutes. 
L’alternance des points de vue te permet de comprendre comment chacun d’eux réagit au retour de Lily. 

8 ans ont passé, 8 années à rattraper, tant de choses ont changé. C’est une jeune fille qui a été enlevée ; c’est une femme et une maman qui revient. 
Le traumatisme de Lily est relativement bien décrit, elle a toujours peur qu’il revienne se venger d’avoir désobéi, elle a été dressée, c’est horrible, mais c’est le mot, et toi aussi tu te demandes s’il ne va pas y arriver. 
Psychopathe, pervers narcissique et très intelligent, manipulateur Rick a plus d’un tour dans son sac.
La personne, qui est pour moi, la plus dérangée c’est Abby, je n’ai pas toujours compris ses réactions vis-à-vis de sa grossesse ou de Wes le père de son enfant. 
Une personnalité qui est très borderline. 
Ève, je ne sais trop quoi te dire, si ce n’est que c’est une mère qui cherche à réunir sa famille, à ce que chacun se reconstruit. 

L’écriture est fluide et tu ne ressens aucun temps mort avec ce changement de narrateur pour autant, au final je suis déçue. 
Je m’attendais à un tout autre rebondissement, je m’attendais à ressentir plus de malaise, à douter plus des personnalités or je n’ai ressenti rien de tout cela ou du moins pas assez constamment. 
Rick, oui je m’attendais à ce que l’autrice nous fasse un revirement de situation, vraiment, je m’attendais à une fin tout autre donc côté doute global on peut dire que c’est plutôt réussi puisque je pensais lire autre chose. 
Finalement, le roman est assez pauvre en psychologie, beaucoup d’éléments pas vraiment utiles viennent parasiter le roman, on ne peut pas dire que l’ambiance soit glauque, fragile oui, les personnages ne savent plus comment interagir entre eux. 
Tu lis les personnages face à leur quotidien, les rendez-vous à la clinique, chez le psychiatre, l’emballement médiatique, la crainte de perdre à nouveau de vue sa famille, la victime principale qui tente de se reconstruire, Abby et sa mère qui se sentent coupables de ce jour fatidique il y a de cela 8 ans, les détails de la séquestration que Lily doit raconter au FBI et au procureur. Sky la petite qui n’a jamais vu la lumière du jour ni d’autres personnes que sa mère ou Rick. 
Un papa qu’elle aime. C’est dur pour cette gamine, elle ne comprend pas ce qu’il se passe.
Voilà, je ne peux pas t’en dire plus. Il n’y a pas de climat malsain, le postulat de départ n’est pas mauvais, mais aurait pu être vraiment mieux traité. 

Ce n’est pas une déception totale, je lui ai, quand même, mis 3,5 sur 5, car j’ai été prise dans le roman dès le début avec ce premier chapitre qui là pour le coup m’a fait battre le cœur et m’a entrainée directement dans ma lecture sans que je puisse arrêter. Je voulais savoir ce qu’il allait advenir des 4 personnages, mais comme je le disais je m’attendais à un twist vers la fin qui m’aurait coupé le souffle, mais non. 

La gémellité est bien abordée à mon sens ; toute la difficulté que Lily et Abby ont éprouvée durant leur séparation, ce lien à la fois fort et fragile au retour de Lily. 
Je ne suis pas déçue de l’avoir lu, mais il y a de bien meilleurs romans psychologiques. 
À toi de voir si tu as envie de lire l’inverse de ce que l’on a le plus souvent dans ce genre de roman : la disparition d’un enfant, ici tu lis contraire ; tu lis l’après, le retour et toutes les difficultés qui vont avec, la famille éclatée, la famille de Rick qui ne se doute de rien, il a un double voire une triple personnalité. 
Tous ont besoin d’aide psychologique ; tous sont détruits. 


Finalement, je conclurais en te disant que je n’ai pas ressenti de connexions avec un seul des personnages, peut-être parce que j’ai déjà lu beaucoup de thriller psychologique et que du coup mon degré d’exigence est plus haut. Il plaira, je pense, mais pas à de gros lecteurs comme moi de thriller/roman psychologique. 



Baby Doll : s'enfuir n'était que le début de Hollie Overton - Suspens psychologique - 368 pages-21, 90€- Edition Fayard / Mazarine, en librairie le 2 mai 2018
vendredi 23 mars 2018

[Avis] Les héritiers, tome 3 : la prison dorée de Erin Watt



Attention si tu n’as lu aucun des deux précédents romans je risque de te spoiler et cette fois je ne pourrais autrement, c’est une suite intimement liée au tome 2.


Je le dis et le répète cette saga n’est pas la romance du siècle, elle est pleine de clichés pour autant je suis complètement envoûtée par cette série. Je l’adore. Je ne m’en débarrasserai jamais et j’ai hâte de lire la suite.

Pourquoi tu vas me dire mon cher lecteur, je ne saurais te l’expliquer, depuis la princesse de papier je suis addict à l’écriture, aux personnages. J’aime les Royal, j’adore Ella.
Je comprends vraiment qu’elle ne fasse pas l’unanimité, mais pour moi, cela le fait.
Tu le sais, je le répète, assez souvent ce n’est que mon avis, donc subjectif. 
À toi de te faire ton opinion.

La fin du prince brisé nous avait laissé sur un cliffhanger de dingue (comme la princesse de papier d’ailleurs), mais peut-être encore plus celui-ci, j’étais à la fois très pressée de le lire et j’avais peur d’être déçue par le dénouement des deux intrigues. À savoir et je te l’ai dit plus haut SPOILER DU TOME 2 Steve le père de Ella revient soudainement parmi les vivants en même temps que Reed se fait arrêter pour le meurtre de Brooke la fiancée de son père.

Tu commences donc ce tome juste après, la nuit même. 
Je ne vais pas te résumer ce tome je vais juste te dire que forcément l’attention des deux auteures se sont braquée sur Reed et Steve avec Ella qui doit gérer ces deux réalités.
Ella franchement je ne sais pas comment elle fait pour garder les pieds sur terre, son monde a déjà basculé tant de fois et voilà qu’un nouveau raz de marée balaie la nouvelle vie et famille qu’elle s’est construite.

Tu retrouves hormis les trois personnages que je viens te dire Val, la meilleure amie de Ella, qui pourrait bien être la mienne, Wade un ami des Royal qui a un rôle plus important dans celui-ci, Dinah la mégère épouse de Steve et enfin l’avocat de Callum.
Les autres frères Callum n’ont pas un rôle majeur dans cet opus.
Même si clairement mon attachement va encore et toujours pour Easton c’est mon préféré même avant Reed.

La vie au lycée est difficile, les rumeurs du meurtre circulent vite, Steve va vouloir connaître sa fille bref Ella est à nouveau sous le feu des projecteurs alors qu’elle déteste cela.
La majeure partie du roman qu’on pourrait presque considérer, je dis bien presque de thriller, se concentre sur les choix dont Reed dispose et à sa défense.
Je reproche à ce tome des longueurs, même si j’ai eu des moments d’émotion il a moins de saveur que les autres.
Sûrement parce que les 380 pages se concentrent uniquement sur la culpabilité ou non de Reed et de ce qu’il va lui en coûter à lui, tu as aussi le début de la relation entre Ella avec Steve, mais c’est tout, pas de rebondissement durant le roman sauf le final qui est explosif, MAIS pas du tout surprenant pour moi, j’avais deviné depuis longtemps.

Steve, je l’ai déteste, lui que les Royal ont mis sur un pied d’estale avec moi il est tombé plus bas que terre. J’ai eu en horreur ce personnage du début à la fin.
Il est pathétique, imbu de lui-même, dictateur, sexiste, un homme qui agit comme un ado bref : pas du tout le genre de héros pour lequel j’ai de l’empathie. Je m'attendais à un tout autre homme vu les descriptions qui en étaient faites dans les deux premiers opus mais tu comprends à la fin la raison.

Tu vas me dire que pour l’instant je ne te donne que des défauts oui, ce n’est pas faux, en même temps je suis honnête avec toi, certes j’ai adoré, mais je ne vais pas te mentir.

La relation de Ella et Reed est belle, vraiment. 
Reed évolue encore psychologiquement dans cet opus. 
Il aime Ella d’un amour sincère, il est prêt à se sacrifier pour sa famille et elle. 
Il peut tout accepter sauf que l’on traîne sa mère, Ella, et ses frères dans la boue.
Il est enfermé dans cette horrible enquête, il se rend compte combien sa vie va peut-être sûrement changer. 
Mais, ce n’est pas la prison qui l’inquiète, c’est Ella, il demande d’ailleurs à Easton son frère et à Wade de la protéger l’année prochaine.

J’aimerais pouvoir t’en dire plus, mais si je m’engage dans une voie ou l’autre je risque de te spolier.
Des personnages qui ont été horribles jusqu’à présent vont se révéler sous un autre jour ; la relation entre Ella et Steve, qu’elle n’arrive pas à considérer comme son père est tumultueuse (franchement, je la comprends) en même temps Ella n’a jamais eu de compte à rendre à qui que ce soit avant. Sa mère la considérait comme une amie et c’était plutôt Ella qui jouait le rôle parental ; depuis qu’elle vit au manoir Royal ;Callum est beaucoup trop permissif avec ses fils et Ella.

La fin ne m’a pas saisie si ce n’est pour une seule chose, mais dont je me suis aussi doutée par des indices semés plus tôt dans le récit par les auteures.
On termine une première trilogie à mon avis, les prochains tomes porteront sur d’autres personnages et j’espère que ce sera Easton

L’écriture poursuit le même schéma narratif que les autres opus, une alternance des points de vue de Reed et Ella, c’est fluide et très très addictif, je l’ai dévoré comme les tomes précédents.


Une bonne « conclusion » à l’histoire de Ella et Reed, car j’espère les revoir, c’est un peu trop tiré en longueur, une intrigue trop facile à deviner pour moi, mais encore une fois un très bon moment de lecture.


 Les héritiers, tome 3 : la prison dorée de Erin Watt - traduction de Caroline de Hugo - New adult, new romance - 380 pages, 17€ -Édition Hugo, collection New romance, en librairie le 1 mars 2018
jeudi 22 mars 2018

[Avis] Mille petits riens de Jodi Picoult



Un nouveau roman de Jodi Picoult c’est assurément un livre que je vais lire, car tous ont ce point commun de traiter de thèmes délicats. 
Elle essaie d’éveiller les consciences sur des sujets qui l’ont indigné. Ce livre, mon cher lecteur, est un des plus forts que j’ai pu lire, le plus fort dans le sens où il a bousculé toutes mes certitudes. Il m’a ébranlée et m’a fait réfléchir sur notre société.


Je le dis souvent, je ne suis pas raciste, et c’est vrai, je ne le suis pas, mais jamais je ne me suis interrogée sur certains des points relevés par l’auteure, ce roman m’a vraiment poussé loin dans mes réflexions. 
Pas négativement, du tout, à chaque fois que je le refermais je me disais, mais comment se fait-il que je n’y ai jamais fait attention ?
Tout simplement parce que nous sommes entraînés dès notre plus jeune âge par des images que cela soit dans les albums jeunesse, la télévision, etc.

Je pense que je pourrais écrire des dizaines de pages sur ce roman t’expliquant tout mon cheminement, mais je ne le ferai pas.
Je serais ravie d’en discuter avec d’autres lecteurs et à toi je te le conseille si comme moi tu as en horreur le racisme, si tu as envie de comprendre bien au-delà de la simple apparence, mais pousser la réflexion jusque dans les moindres détails.
Attention Jodi Picoult n’écrit pas du tout un livre moralisateur, il appartiendra à chacun d’en tirer ses propres conclusions.

Tu vas suivre 3 personnages, l’auteure leur donne la voix tour à tour. Tu as Ruth l’infirmière sage-femme, africaine-américaine, ensuite tu as Turk un suprématiste blanc qui s’apprête à devenir père et enfin Kennedy, avocate de La Défense publique.
Kennedy est le personnage auquel je me suis identifiée, c’est elle qui m’a fait le plus réfléchir grâce à Ruth.
Je reviendrai ensuite en détail sur chacun d’eux.

L’histoire de départ est simple et à la fois horrible. Tu te dis que non ça ne peut pas arriver en 2015, date à laquelle le roman a été écrit et pourtant si, cela se passe tous les jours.

Ruth Jefferson prend son service comme chaque jour depuis 20 ans, infirmière dévouée, c’est plus une vocation pour elle qu’un métier. 
Elle sait comment rassurer les futures mamans, choisir les mots qu’il faut pour apaiser les jeunes mères et rassurer les papas.
Une femme totalement dévouée à son métier.
Ce jour d’octobre va complètement changer sa vie. 
Quand elle entre dans la chambre de Turk et Brittainy Bauer pour venir vérifier les constantes du jeune bébé Davies né de la nuit, le père demande à ce qu’elle sorte et fait appeler sa supérieure Marie.
Un post-it sera glissé dans le dossier du bébé indiquant qu’aucune personne africaine-américaine ne doit s’occuper de ni de son fils ni de son épouse.
Pour Ruth, c’est une terrible injustice, ses collègues ne trouvent pas cela si horrible que cela.
Tout s’aggrave quand le bébé a un problème de santé, ce petit bout de quelques jours meurt. Fous de chagrins et de colère Turk et Brittainy accuse Ruth d’avoir tué leur fils par vengeance. Si Ruth pensait être épaulée par l’hôpital qui la connaît depuis 20 ans elle se trompe, elle sera arrêtée de la nuit, emmenée au poste puis en prison en attendant de passer devant le juge pour la lecture des mises en accusation. 
C’est Kennedy McQuarrie qui est chargée de son dossier ce jour-là, elle deviendra par la suite son avocate. 
Ruth est accusée de meurtre avec préméditation. 
Que va devenir Edison son fils de 17 ans, un brillant étudiant promis à un grand avenir ? 
Ruth l’élève seule ; son mari ; soldat est décédé en Afghanistan. 
Elle ne vit que pour son fils, elle a toujours voulu lui donner le meilleur. 
Elle habite un beau quartier, elle met de côté tout ce qu’elle peut pour qu’il puisse aller à l’université.
Elle ne comprend d’ailleurs pas sa sœur Adisa qui elle, au contraire, n’a pas voulu quitter Harlem.

Ruth osera t’elle tout dire à Kennedy, cette jeune blanche comprendra t'elle à quoi ressemble la vie de Ruth et celle de tous les africains-américains ? 
Ruth peut-elle abandonner une partie du contrôle qu’elle a gardé pendant toute sa vie tout en disant ce qu’elle ressent vraiment ? 
Est-ce que Kennedy sera capable de faire face aux choses qu’elle apprend non seulement sur les autres, mais aussi sur elle-même ? 
Ce n’est qu’une partie des questions que tu te poses et que les héroïnes se posent.

Ruth a toujours fait de son mieux pour se « couler » dans la moule quant à Kennedy non, elle ne peut pas avoir de préjugés raciste, elle ne l’imagine même pas.
Deux femmes qui vont, chacune, essayer de comprendre le monde de l’autre.

Comme le procès a un gros tapage médiatique Edison, le fils de Ruth en est affecté, ses amis lui tournent le dos, ce qu’a toujours craint Ruth est en train de se passer. Elle a toujours voulu que Edison se sente normal, pas à part.

Quand j’ai lu la première phrase du point de vue de Turk, je l’ai d’emblée détesté. Je pensais qu’il n’y avait aucun moyen de trouver quoi que ce soit de rédempteur dans ce personnage. 
Tu es confronté à son passé, de la manière dont il a été élevé. 
Comment il en est venu à être aussi impliqué dans « Le Mouvement » et les choses horribles qu’il a faites. 
Tu apprends aussi comment il a rencontré sa femme, Brittainy et la vie qu’ils ont vécue et vivront après le drame.
Le point de vue de Turk est dur à lire et à comprendre. 
Comment peut-on arriver à ce niveau de haine et de cruauté ?
Btittainy n’est pas en reste.

L’écriture comme d’habitude m’a transportée. Tu ne ressens aucune longueur, ton attention est braquée sur les 3 personnages principaux et leurs réactions.
Il est aisé de suivre les points de vue alternés des personnages, les protagonistes, leur psychologie, leur enfance sont superbement développés. Tu les comprends peu à peu.

Comme pour ses autres romans on ne peut nier l’immense travail de recherches qu’a accompli l’auteure.
Jodi Picoult ne cesse de m’étonner de la manière dont elle divertit et éduque si je peux dire.
 Elle te pousse dans tes retranchements, tu te mets toi aussi, et ce plusieurs fois au cours de ta lecture à te demander et si c’était moi, est-ce que j’aurais fait les mêmes choix ?

Il y a tellement plus de choses que je voudrais te développer, mais je vais m’arrêter là en te conseillant mille fois de le lire. 

Vraiment, c’est un roman qui ne peut laisser insensible et qui est actuel, aussi difficile et intolérable par moment, oui tu vas être révolté, mais tu ressentiras énormément d’empathie pour certains des personnages et si tu as déjà lu Jodi Picoult tu sais qu’elle te réserve des retournements de situation complètement inattendus. 
Des fins mémorables. Elle n’écrit jamais un roman au hasard.




Mille petits riens de Jodi Picoult - traduction de Marie Chabin -  roman contemporain - littérature américaine 592 pages, 23.50€ - Éditions Actes-Sud, en librairie le 7 mars 2018
mardi 30 janvier 2018

[Avis] Relentless, tome 1 de Karen Lynch, traduction de Laure Valentin


Mon cher lecteur, voici un livre que la traductrice m’avait envoyé en ebook ; je ne lisais plus sur ma liseuse, j’avais l’impression de lire moins vite même si j’y ai repris goût, tu l’as vu depuis quelque temps.
Ce livre, mes amies m’en ont tellement parlé que je me le suis commandé en papier et je l’ai lu le 20 janvier pour le terminer dans la journée. 
Il y avait longtemps que je n’avais plus lu une saga urban-fantasy/fantastique aussi bonne que celle-ci.
Sans être un coup de cœur énorme, j’ai adoré et il me tarde que la suite soit traduite pour retrouver les personnages.

Tu aimes Shadowhunters (the mortal instrument), tu aimes Vampire academy, ou encore Mercy Thompson tu aimeras cette série, car en plus de ne ressembler à aucune de celles que je te cite elle mixe un peu des trois, apporte de nouvelles créatures jamais vues, revoit les mythes déjà explorés pour en faire une saga unique. 

Si tu en as marre que les histoires d’amour prennent, le pas sur les intrigues et bien, ici, tu n’en auras pas même si tu sens qu’un lien inexplicable unit deux des héros de ce tome.

Depuis quelque temps, je mets sur Instagram, Facebook et Twitter, une fois ma lecture terminée, 3 raisons pour lesquelles lire ou ne pas lire une saga en attendant mon avis. 
Ici, j’ai dit : les créatures magiques, mythologiques, fantastiques ;l’héroïne Sara Grey, badass et mature ; Nikolas le guerrier Mohiri, charismatique.


Passons à l’avis complet

Sara vit chez son oncle à côté de Portland dans le Maine. 
Elle n’a jamais connu sa mère et elle a retrouvé son père assassiné à l’âge de 6 ans. 
À 17 ans, elle n’est pas comme les jeunes filles de son âge, elle est plus tôt garçon manqué, elle passe son temps avec ses deux meilleurs amis Peter et Roland. 
Mais Sara n’est pas non plus une humaine comme les autres, elle possède certains pouvoirs comme celui de guérir les animaux habituels, mais aussi les êtres fantastiques, elle possède bien plus que cela, mais je ne peux pas te le développer. 
Sa vie change du jour au lendemain quand elle fait la connaissance de Eli, le vampire et qu’un mystérieux Mohiri vient la sauver.

Comme je te le disais, cette saga est unique en son genre, car même si tu rencontres des vampires, des loups-garous, un sorcier, des cerbères, Karen Lynch amène pour chacun d’eux une nouvelle mythologie. 
Ensuite, tu as des êtres que tu n’auras jamais croisés : Rémy le troll, un personnage que j’ai adoré, le meilleur ami de Sara depuis qu’il l’a vu sauver un écureuil et qu’il a compris qu’elle n’était pas comme les autres humains ; des boogie ; une Sylphide, Aine, qui fait partie des élémentaires ; les horribles et dégoûtants Crocotta ; les diablotins espiègles et rusés et bien sûr les Mohiri.

Au moment où Sara croise, Nikolas elle sent une attirance immédiate pour lui comme si son cerveau le reconnaissait, il est accompagné de Max. 
Ce sont des guerriers Mohiri une race qui pourchasse les vampires et il y en a justement plein Portland.
Sara n’est pas au bout de ses surprises cette nuit-là, car en plus de voir des loups-garous, des vampires, Chris et Nikolas, les guerriers Mohiri à l’œuvre elle va enfin comprendre en partie d’où lui vient cette présence qu’elle a toujours sentie en elle, mais qu’elle a toujours tenu à garder enfermée dans sa tête.
Si Sara n’est pas étonnée que des êtres autres que les humains se baladent dans les rues c’est qu’elle a toujours su que son père a été assassiné par un vampire, depuis elle passe son temps sur les forums à la recherche d’une piste lui permettant de retrouver le vampire et comprendre pourquoi avoir tué son père.
Quand Peter et Roland lui proposent de sortir voir un concert au Grenier, elle accepte sans leur dire qu’elle a donné rendez-vous à une personne qui a l’air de savoir ce qu’il s’est passé il y a 10 ans, Wulfman. Tout ceci, l’aide qu’elle apporte aux êtres fantastiques, ceux qu’elle connaît et ses recherches sur le meurtre de son père elle ne l’a raconté à personne, ni à Nate, son oncle qui ne croit en rien de surnaturel, ni à ses amis qui seraient furieux qu’elle rencontre une personne inconnue du Net. 
Cette soirée vire au cauchemar ; non seulement le mystérieux inconnu ne se montre pas, mais en plus un vampire semble la vouloir à tout prix, elle voit pour la première fois des loups-garous à l’œuvre et les guerriers Mohiri, immortels. 
Jusque là, elle ne connaissait rien à ce monde, mais elle va devoir très vite se rendre à l’évidence qu’elle est bien plus proche d’eux qu’elle ne le pense. 
De plus, elle n’est pas la seule à avoir menti. 
Cette nuit, sera très riche et dure en révélation, mais qu’importe Sara affronte tout. 
Aussi difficile que cela soit, elle connaît enfin le nom de sa mère Madeline Croix, elle les abandonnés, Sara et son père, depuis l’âge de deux ans.

Tout au long du roman, les explications, les rebondissements et les révélations s’enchaînent. 
Tu fais connaissance du monde créé par l’auteure, elle te révèle les règles qui régissent les créatures que tu rencontres sans que cela soit de trop. 
Tu as juste assez de descriptions pour toi pouvoir appréhender ta lecture et ne pas te perdre.
Tous les personnages sont fantastiques au propre comme au figuré. 
Sara, bien sûr, Nikolas, j’avoue, j’ai un faible pour lui, je soupçonne un cœur tendre sous cette carapace de guerrier implacable et sérieux, Chris, Roland et Peter, Jeffrey, Maxwell, Judith et Brendan, Remy, tous proches de Sara et ils n’ont pas fini de te surprendre.
Sara est une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, elle voue un profond respect aux animaux, elle vient en aide à tous, qu’ils soient naturels ou surnaturels grâce à un pouvoir qu’elle ne sait pas expliquer et qu’elle garde secret.
Quand elle apprend qui elle est en partie, car l’auteure va te faire des révélations jusqu’a la fin de ce premier opus, elle craint que sa part sombre prenne le pas, elle est fidèle envers ses amis et se mettra plus d’une fois en danger soit pour les aider, les protéger ou pour découvrir enfin la vérité sur son passé.
Amoureuse du vieux rock, des livres, absolument pas attirée par la mode, je me suis sentie très proche d’elle. Très mature elle accepte ce qu’elle voit ou apprend tout en se posant les bonnes questions.
Il n’est pas né celui qui décidera à sa place, qui lui dira ce qu’elle doit faire. Elle va en faire voir de toutes les couleurs à Nikolas et Chris depuis qu’ils ont décidé de la tenir à l’œil nuit et jour. Une personne puissante la recherche et met toutes sortes de créatures sur sa piste. Pourquoi la veut-elle ? Pourquoi est-elle si spéciale ? Tu devras lire le roman pour le comprendre.

J’ai fortement apprécié que si Sara est entourée de garçons elle ne tombe pas dans les bras de l’un d’eux pour autant, tu n’auras aucune scène de sexe ou romantiques.
Elle a bien eu des amourettes de son âge, mais pas au moment où tu lis ce livre.
Il ne te faut pas non plus attendre le tiers du livre pour que l’action démarre, dès le premier chapitre ça part sur les chapeaux de roue, l’auteure te plonge immédiatement dans le bain d’une manière très fluide et naturelle.
L’écriture est addictive, simple malgré tous les êtres rencontrés. Simple dans le sens accessible aux jeunes comme au plus vieux. 
Certains romans de fantasy sont parfois difficiles à comprendre, pas celui-ci. 
La quête que mène Sara est juste et malgré les embûches, les décisions difficiles qu’elle va devoir prendre tout est plausible et arrive au bon moment.
Les scènes de bagarres sont intenses ; particulièrement, deux qui m’ont coupé le souffle ; quant à la fin, j’ai été aussi étonnée par la complexité du personnage de notre héroïne à mon avis, elle n’a pas fini de te surprendre par ses choix et sa nature. Choix difficiles, mais nécessaires autant pour elle que pour ses proches.

Tu le vois, tout est réuni pour passer un formidable moment de lecture, tout au long des 340 pages du livre tu vas de surprises en étonnements. 
Tu as le souffle coupé et le cœur serré par les beaux sentiments d’amitié et les êtres que sauvent Sara, les révélations et les rencontres bonnes ou mauvaises ne s’arrêtent pas et te promettent une suite très intrigante. 
Même si l’on apprend quelques explications sur les mohiris on n’a pas toutes les réponses ni sur ce que va faire Sara de tout ce qu’elle a appris au cours du mois qui vient de s’écouler.
Elle qui vivait une vie d’étudiante banale va voir sa vie prendre un rythme effréné. 
Ni toi ni elle, n’aurez le temps de vous reposer. 
Tu te poses les questions en même temps qu’elle et tu as les réponses comme elle.
J’ai vraiment apprécié que la loyauté soit mise en avant à l’heure où certaines personnes considèrent l’amitié comme un produit de consommation.
De très belles valeurs sont véhiculées dans le roman notamment sur l’humanité, l’empathie, le deuil, le handicap, le mensonge parfois nécessaire et parfois qui fait plus de mal que de bien.


Je te conseille vraiment cette saga, elle a un tout petit prix pour te faire vivre un moment de lecture incroyable saisissant, hallucinant, intriguant.
Tu apprendras aussi que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit.
Si tu aimes les romans où se battent le mal et le bien, si tu as envie de lire un roman différent de ce que tu trouves habituellement dans les rayons, fonce ! foi de souris, tu ne seras pas déçu.

Point de vampire scintillant. Point de temps morts, pas de romance chaotique ni de triangle amoureux, tu sais que je déteste cela. Bref, je n’ai que du positif à te dire sur ce premier tome. Vite la suite.





Relentless, tome 1 de Karen Lynch, traduction de Laure Valentin - Urban Fantasy - 358 pages, 11.51€  (ebook à 0€ pour l'instant !!) Éditeur Karen Lynch, 2 septembre 2017
mercredi 24 janvier 2018

[Avis] Trois de tes secrets de Julie Buxbaum



Voilà une sortie que j’attendais depuis l’année passée quand Pauline Mardoc en avait fait un thread sur Twitter. 
Directement, je l’avais précommandé. 
Aussitôt reçu, jeudi matin aussitôt lu.

Il faut que tu saches que j’ai un cœur de guimauve. Une très forte sensibilité, oui hypersensible, mais, que veux-tu, je ne vais pas changer à 40 ans si ?
Si je te le dis, c’est que ce roman va parler différemment aux lecteurs suivant leur vécu ou leur sensibilité justement.


Tu suis Jessie, 16 ans, voilà deux ans que sa mère est décédée et son père lui annonce un soir qu’ils quittent Chicago pour la Californie. 
Il a épousé une femme qu’elle ne connaît pas et celle-ci l’a inscrite dans un collège privé. Le lycée Wood Valley.
Jessie est complètement perdue dans ce nouvel établissement ; elle vient d’un collège public, elle n’a jamais dépensé l’argent à tort et à travers, mais surtout elle se sent terriblement seule ; sa meilleure amie Scarlett lui manque ; sa mère et son père qu’elle n’a plus l’impression de connaître.
Un mystérieux personnage qui se nomme lui-même comme Personne-En-Particulier se propose de devenir son guide spirituel par email pour qu’elle puisse comprendre les codes de la jungle de Wood Valley. 
Avec qui être amis ; quels sont les bons professeurs, les repas à éviter ; ainsi de suite ; tout ce qu’il ne veut pas c’est lui révéler qui il est. 
Il la connaît, mais Jessie n’a absolument aucune idée de qui ça peut être ?
Au fur et à mesure des échanges, l’amitié virtuelle augmente au point qu’ils en viennent chaque matin à se confier 3 faits sur eux et bien moi je vais te donner trois raisons de lire ce roman !

1) Jessie. 
Une héroïne que je considère comme une Book girlfriend. 
Une bonne copine, une petite sœur que j’aurais envie de protéger. 
Elle est forte malgré qu’elle pense le contraire. 
Elle affronte les changements qui vont s’opérer dans sa vie avec beaucoup de maturité. 
Pleine d’humour et d’amour. 
D’amour pour sa mère dont elle parle tellement bien qu’elle m’a serré le cœur. 
La perte d’une mère est toujours, je pense, peu importe l’âge, une étape horrible, Jessie te raconte comment elle avance malgré tout, même si son deuil n’est pas encore fait même si elle compte en mois, jours et heures la disparition de sa maman. 
Obstinée, ce n’est pas la garce de Ruby qui la fera pleurer ou plier l’échine et en plus elle adore lire ; elle va même trouver un petit travail dans une librairie, car elle refuse de vivre aux crochets de Rachel, la nouvelle épouse de son père. 
Un personnage superbement construit. Elle a des réactions et des questions propres à son âge, elle m’a fait rire, elle m’a émue. 
Quand Jessie se perd parmi ses questions, quand elle se débat avec sa tristesse et sa solitude tu ressens tout. 
Elle est sarcastique, elle aime l’humour noir et je valide.
J’ai fortement apprécié que l’auteure fasse de Jessie, un personnage qui ne se résigne pas à ce que tout lui tombe tout cuit dans le bec ; elle aurait pu, largement, profiter de l’argent, du confort qui lui est offert à LA, mais non elle veut pouvoir se débrouiller seule. Par fierté et par maturité, aussi. Qui peut dire que demain elle sera encore à LA ?

2) Le suspens. 
Parfois, dans certains romans, les échanges épistolaires lassent parce qu’ils sont répétitifs, ce n’est pas du tout le cas ici. 
Que cela soit par e-mail ou SMS jamais ils ne se pas toujours disent la même chose. 
Ils ont des échanges profonds sur leur vie et d’autres avec beaucoup d’humour et de jeux de mots. 
Tu te demandes tout du long qui peut bien être ce PEP. 
Tu émets des hypothèses comme Jess. 
Tu te prends à espérer comme elle que cela soit un des garçons rencontrés puis tu doutes ; est-ce que ce ne serait pas un canular monté de toute pièce pour faire marcher la nouvelle ?
L’auteure arrive à te faire douter jusqu’à deux pages avant la fin et cette fin, parlons-en ! 
Mon cerveau a eu un bug, je ne peux pas te dire pourquoi, mais Julie Buxbaum à ce passage est sadique avec son lecteur.

3) Les thèmes abordés. 
C’est avant tout le thème de deux familles qui se reconstruisent après un deuil. 
Jessie et son père ont perdu leurs mère et épouse, Théo et Rachel ont perdu leurs père et époux.
C’est toute la dynamique des deux familles qui est bousculée, ils ne se connaissent pas, ils sont pleins d’a priori, mais au final tu comprends que ces êtres souffrent tous profondément, qu’ils essaient de reconstruire une famille, mais c’est difficile.
Au fur et à mesure, Theo qui m’a paru antipathique change envers Jessie, il m’a fait fondre le cœur ; Rachel est bien plus que cette riche veuve ; le père de Jessie, quand il va se livrer à elle, ce passage est fort, il est pudique, il ne sait pas comment exprimer son amour, il va le faire de la plus jolie des façons. 
Jusque là, ils en étaient arrivés à un point où ils se parlaient par SMS.
Bien d’autres sujets sont traités dans ce roman comme la drogue, le harcèlement scolaire, la maladie, les apparences.

J’ai aimé chacun des personnages. 
Mme Pollak, la prof de littérature ; Ethan , le mystérieux garçon solitaire toujours en train de lire ; Liam, le beau gosse du Lycée et chanteur dans un groupe de rock qui tourne bien ; Scarlett la meilleure amie de Jessie qui continue à lui envoyer des SMS et la soutenir ; Adrianna, la nouvelle amie que Jessie s’est faite.
Tout ce petit monde qui gravite autour de Jessie est intéressant, attachant et mystérieux, car bien sûr toi tu cherches toujours qui est PEP (Personne-En-Particulier) qui semble être au courant des moindres faits et gestes de Jessie, au lycée ou lors d’une fête.

Un livre qui se dévore, une lecture très fluide et moderne, aucune monotonie ni temps mort grâce aux pensées de Jessie, à sa nouvelle vie que tu suis, et bien sûr grâce aux échanges de SMS que cela soit avec PEP, Scarlett ou Adrianna.
Même si cela peut paraître une banale histoire, eh bien non, mon petit cœur de guimauve a eu plusieurs fois les larmes aux yeux, pas au moins de verser de gros sanglots, mais de belles émotions m’ont traversée.




Lis ce livre, je crois, que ce sera une lecture forte pour les ados ou adulte qui vivent un deuil, ou l’ont vécu. 
Pour ceux qui se sentent seuls même s’ils sont entourés, pour ceux qui changent de vie ou de villes.

L’auteure dit une phrase très juste ; pour se sentir chez soi ce n’est pas nécessairement un lieu, une maison, mais, c’est être avec la (les) personne(s) avec qui l’on se sent bien.



Trois de tes secrets de Julie Buxbaum - Traduction de Maud Desurvire - Young Adult - 384 pages, 17.90€ - Édition Pocket Jeunesse, collection Territoires, en librairie le 18 janvier 2018
lundi 22 janvier 2018

[avis] Consolation, tome 1 : Saving Her de Corinne Michaels




Bon OK, après avoir lu Heroes de Battista Tarantini j’ai eu peur de ne pas apprécier ce New adult à sa juste valeur, car Battista avait mis la barre très haute. 
Corinne Michaels vient de me ravager le cœur avec le premier tome de son dyptique Consolation, Saving Her.
Heureusement pour moi que la sortie du deux est prévue pour le 7 février, car la fin est juste horrible.

Nous sommes dans une romance new adult qui se passe sur une base militaire.
C’est le quotidien des épouses de militaires et de leurs maris que tu vas suivre.


Nathalie est enceinte et comme toute jeune femme qui s’apprête à devenir mère elle s’occupe de la chambre de sa future petite fille afin que tout soit prêt le jour de sa naissance.
Un coup de sonnette à la porte va faire basculer sa vie.
Son mari est décédé en mission.
Seule la naissance de Aarabelle va lui permettre de tenir debout et de continuer à vivre.
Si elle continue à vivre, elle enchaîne les journées mécaniquement. Seul compte le bonheur de sa fille, elle n’a pas le temps de s’apitoyer et aucune envie de faire les démarches nécessaire après un décès, car cela ne fera que rendre celui-là plus réel.
Le seul jour où elle s’autorise des larmes c’est lors de l’enterrement.

« Aujourd’hui, c’est la dernière fois que je m’autorise à ressentir du chagrin, le dernier jour où je peux verser des larmes, parce que les larmes ne changent rien. Je dois rassembler les forces qu’il me reste et m’y tenir fort. Je suis maman et j’ai une petite fille qui aura besoin que je sois à la fois son père et sa mère. Un jour, c’est ce qu’on dit, un jour cela ne fera plus mal. C’est faux. Cela fera toujours mal. Je ne serai plus jamais la même. Celle que j’étais est morte à l’instant même où Mark a frappé à la porte. Je ne suis plus qu’une coquille vide. »

Déjà, là, je te narre que quelque pages du roman pour te le résumer et à ce moment-là j’étais déjà convaincue, tu le sais, je ne lis, jamais les résumés avant de commencer ma lecture je ne savais donc vraiment pas à quoi m’attendre ni que j’allais être aussi secouée.

Liam, le meilleur ami de Aaron revient de Californie et décide d’aider Lee (Nathalie), d’abord en l’aidant avec toute la paperasse, mais aussi en lui parlant franchement sans chercher à l’épargner. 
Il fait ce que son meilleur ami aurait voulu : prendre soin de Lee et Aarabelle. Jusqu’ici, personne n’a réussi à faire sourire Nathalie ni à lui faire sortir tout le chagrin accumulé pas même sa meilleure amie Reanell.

« J’esquisse un petit sourire, mais une douleur commence à poindre en moi. Il est trop tôt pour que j’aille bien. Je devrais être triste… »

« Il m’a rendu le sourire, et je m’en suis à peine rendu compte. Sa présence ici a aidé la femme que j’étais à refaire surface. »

Liam sait que, derrière les « tout va bien » de Lee se cache un profond désespoir. Il va tout faire pour l’aider, mais peu à peu l’un comme l’autre sente que leurs sentiments d’amitié évoluent vers autre chose. L’un comme l’autre le refuse, le nie et s’en sent coupable.
Juste, le fait de rire avec Liam la culpabilisait déjà alors, des sentiments amoureux, comment, est-ce possible ?

« Désir et culpabilité se déchirent mon âme, mais mon cœur et mon corps n’attendent que ça. » Lee

« Elle me fait quelque chose, et je suis assis là, à me dire que je dois y aller, alors même que je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure chose. Si elle n’avait pas été la femme d’Aaron, je serais déjà devant sa porte. Je l’aurais déjà mise dans mon lit, dans mes bras, dans mon cœur, mais avec elle il y a un signal d’alarme, que j’ai choisi d’ignorer parce que je ne peux pas. Je suis démuni devant elle et je ne sais pas pourquoi. » Liam

Sont-ils prêts, l’un et l’autre, à s’engager et à faire en sorte d’avancer ?
En plus de cette romance naissante, une seconde intrigue tourne autour de Aaron.
Les circonstances de sa mort, de cette bombe artisanale sont suspectes. Jackson et Mark pour qui travaillait Aaron enquêtent, mais ne dévoilent rien à Nathalie qui pourtant travaille pour eux à présent.
Elle a quitté son job de journaliste pour pouvoir être tous les soirs près de Aarabelle.
Un mystère tourne autour de Aaron.
Nathalie connaissait-elle vraiment son mari ?


Que te dire des personnages si ce n’est que concernant Nathalie j’ai ressenti énormément d’empathie pour elle, dont j’ai compris sa peine, ses doutes, sa colère, son inquiétude face à l’avenir. Une veuve avec un bébé.
Aura t’elle la force d’aimer à nouveau ? Peut-elle faire ça à Aaron ? Le seul et premier amour de sa vie ?
Et alors Liam. Liam est le héros parfait. 
Tendre, patient, attentionné, avec Nathalie et Aarabelle. 
À aucun moment, il ne va forcer Natalie à faire une croix sur son passé ; toujours, il va l’écouter et l’entourer quand le chagrin la submerge. Il est juste là pour les deux, Lee et Aarabelle. 
Que de scènes attendrissantes il y a avec la petite fille ! Ce grand et fort soldat qui fond devant un bébé.
Je défie quiconque de rester insensible à ce valeureux soldat.

Il est parfait avec Lee, mais il est aussi parfait dans son rôle d’ami de Aaron. Il le défend quand il le faut même s’il est en colère, il lui cherche des excuses et rappelle à Nathalie quel homme, quel ami il était.
Il ne va forcer en rien ; ni à prendre la place du père auprès de Aarabelle ni celui de mari auprès de Lee. Il leur laisse de l’espace et verra bien comment les choses évolueront. Il se met complètement de côté pour Lee ; il a beau souffrir, avoir envie de plus ; jamais il ne lui met la moindre pression. C’est une présence rassurante et réconfortante.

Si l’on est ému par ce duo et les embûches qu’ils doivent surmonter sur leur chemin on rit aussi. 
Tous les deux ont beaucoup de répartie et d’humour, la scène des couches entre autres m’a fait beaucoup rire.

Corinne Michaels écrit un new adult passionnant, car au-delà des thèmes du décès, du deuil, et bien d’autres que je ne te révèle pas, elle maintient un suspens tout au long du récit et te surprend plus d’une fois avec les rebondissements qui ont lieu.
J’ai chaque fois été saisie, car si l’on devine aisément et très vite que Liam et Lee éprouvent plus que des sentiments amicaux le reste on ne le voit pas venir.
Même s’ils essaient d’avancer, le passé les rattrape toujours et parfois au pire des moments.

Une lecture qui m’a fait passer par tout un panel d’émotion, du déni à la tristesse, du rire aux larmes, de la colère à l’étonnement. Les deux dernières pages de cet opus sont juste horribles pour notre cœur, je l’ai eu brisé deux fois et je me demande bien que ce que nous réserve l’auteure sur l’avenir de Lee.
Une plume très fluide, addictive, moderne, saisissante. Une auteure que je note, car elle a écrit d’autres sagas parues en anglais jusqu’à présent.
Je ne dirais pas qu’elle surpasse mes auteures préférées, mais elle a énormément de potentiel, à voir avec la suite.


Comme quoi on peut cumuler les coups de cœur, comme quoi toutes les romances ne se ressemblent pas et qu’elles regorgent de leçons de vie.

Je te le conseille à 100 % encore oui, je n’y peux rien si je lis des pépites.
Bon OK si tu n’aimes pas la romance ni le milieu militaire, bien qu’il soit présent, sans l’être de trop alors non ne le lis pas, mais si tu cherches un new adult qui change je te le recommande. 
Si tu veux rencontrer un Book Boyfriend exceptionnel et vivre des montagnes russes émotionnelles alors, fonce !




Consolation, tome 1 : Saving Her de Corinne Michaels - New Adult - Militaire - 256 pages, 15.90€ - Édition Harlequin, collection &H, en librairie le 10 janvier 2018
mardi 2 janvier 2018

[Avis] Les saisons du bonheur de Belva Plain


Mon cher lecteur, suivant l’âge que tu as, tu as connu ou tu découvriras cette grande auteure qu’était Belva Plain. 
Il y a longtemps que je ne l’avais plus lue, je ne me souvenais plus de ce talent incroyable qu’elle a pour te narrer de grandes fresques familiales.

J’ai vécu un moment de lecture inoubliable, chacun des personnages croisés dans ce roman m’a marquée d’une façon ou d’une autre.

100 d’histoire familiale et d’histoire américaine qui m’a emportée dans ce tourbillon qu’est la vie.



« Passons... passons, puisque tout passe... mais retournons-nous souvent » elle se rappellerait toute sa vie qu’il fallait aller de l’avant, toujours, mais aussi savoir se retourner, de temps à autre.

Cette citation, cette pensée d’un des protagonistes de cette grande fresque familiale m’a particulièrement touchée et fait réfléchir. 



Adam, 20 ans, décide de quitter le giron familial, laissant son père épicier de quartier, Simon, sa belle-mère Rachel et ses deux faire Léo et Jon pour voir de ses propres yeux les grands espaces qui l’ont toujours fait rêver, l’Ouest américain. 

Il embarque à bord du train sans destination en tête juste celle d’aller visiter l’Amérique le plus loin possible.
Il s’arrêtera au hasard ; juste parce que le nom de la ville à consonance indienne lui plaît ; ce sera Chattahoochee. 
Adam est ambitieux, mais aussi terriblement généreux ; le fils et frère que tout le monde rêve d’avoir, il veut vivre son rêve oui, mais surtout gagner rapidement de l’argent pour aider son père à financer les études universitaires de son plus jeune frère, Jon. 
Plein d’audace et de témérité, sûrement dû à son jeune âge, il rentre dans un magasin de vêtement, décrépi et propose à la patronne acariâtre ses idées novatrices pour la petite boutique jadis très reconnue. C’est aussi la première fois qu’il verra la toute jeune Emma, nièce de Madame Rothirch, la prunelle de ses yeux.
Adam n’a pas l’amour en tête, mais prend comme un défi de faire renaître la boutique comme le phœnix de ses cendres.
Je ne vous en dis pas plus sur le pitch du livre, car c’est ainsi que tout commence.

Cela serait extrêmement réducteur de dire de ce roman que c’est juste une histoire d’amour, une banale romance. 
Tu te tromperais sur toute la ligne. 
À travers le personnage d’Adam, Belva Plain va te faire traverser l’effervescence de l’Amérique du début du 20e en plein changement avec toutes les inventions ; elle te fera aussi traverser les deux guerres mondiales ; le crash de 29 et tellement de faits historiques, de personnages importants et célèbres. La passionnée d’histoire que je suis a été comblée. 

Belva Plain s’attache à mettre la famille au centre de ce récit. 
Plusieurs familles, celle d’Adam, celle de Emma, celle de Sabine et de tant d’autres. 
Elle s’attache à te montrer les joies, les bonheurs, les non-dits qui peuvent nuire aux relations, les regrets et les remords ; tout cela, sans jamais, une once de trop.
Tout est juste dans ce roman, pas de descriptions inutiles, une galerie de personnages incroyables et tous inoubliables, les bonheurs et les drames de toute une vie, des naissances et des décès, elle te montre le rythme de la vie et sa fragilité, la seule chose sur laquelle personne n’a de prise.

J’ai eu l’impression réelle de plonger en plein début du 20e et de vivre tous ces changements et bouleversements qu’a connus l’Amérique, mais aussi Adam et sa famille.
Tous me restent en tête, Sabine, Blanche, Jon, Reilly, Théo, Léo, Simon, Lawrence, Archer. 
Par le biais de ses protagonistes, elle s’attache aussi à te démontrer qu’on ne connaît vraiment jamais quelqu’un, que les apparences sont trompeuses, que les jugements de physiques, les ragots peuvent faire tellement de mal. 
Parmi tous ces personnages, le fil conducteur du récit magnifiquement maîtrisé et écrit sera les frères Arnring : Adam, Léo et Jon. Un mystère entourant le personnage de Léo ne te sera dévoilé que dans l’épilogue.
Ces trois personnages en plus de leur père Simon sont les héros du livre, leur psychologie est subtilement développée, peu à peu tu auras l’impression de plus les connaître qu’eux-mêmes ne se connaissent.
J’ai bien sûr mes personnages préférés, mais c’est chacun des protagonistes qui cimentent ses pages.
Quel don incroyable qu’a eu l’auteure pour présenter autant de personnages sans que l’on oublie aucun d’eux !

Roman à tendance féministe, tu verras que les femmes même celle du début du siècle ne sont pas des petites demoiselles en détresse, tu liras aussi outre l’évolution commerciale et industrielle celle des mœurs, des suffragettes à la fécondation in vitro et celui de choisir d’avoir un enfant seul ou pas.
Les femmes de ce livre, je les ai adorées, Emma, j’aurais aimé la connaître tout comme sa tante.
La fin du livre avec l’arrière-petite-fille d’Emma est tout simplement une très belle conclusion à l’intrigue et aussi une très belle leçon de vie. Je ne t’en dis pas plus, mais un personnage m’a vraiment titillé tout du long, la résolution de l’énigme de ce personnage m’a très fortement émue.
Oh, mon cher lecteur, je pourrais te parler des heures et des heures de ce livre tant il est riche, passionnant, bouleversant.

J’ai trouvé dans celui-ci tout ce que j’aime, une fresque familiale, avec ses hauts et ses bas, les combats d’une vie, une histoire riche, bouillonnante et tellement d’évolution en 100 années. 100 années d’évolution de la mode avec ses grands noms tels que Lanvain, Chanel, les défilés de Paris et de New York ; des thèmes pertinents, abordés en subtilité et avec justesse comme le déracinement, le racisme, la haine qui peut pourrir le cœur d’un homme, les rêves que l’on pense inatteignables, mais qu’avec un peu de volonté et de travail peuvent se réaliser, la vie de couple, l’abandon, l’adoption, l’amour à sens unique, la rancœur, les apparences trompeuses, la réussite et ce qu’elle engendre, les racines, un des sujets qui marque le plus dans ce roman. Combien elles peuvent être importantes pour un homme ou une femme !

C’est un roman oui ; une fresque familiale oui ; mais surtout, retiens-le, c’est une philosophie de vie que t’offre l’auteure. Je suis certaine que comme moi, si tu le lis, en le refermant toi aussi tu réfléchiras.

Des personnages comme je les aime, avec leur qualité et leur défaut, authentiques et réalistes, une écriture fluide qui t’emmène traverser ce siècle de grands bouleversements, une intrigue au milieu de tout cela, tout est vraiment réuni pour que tu passes un merveilleux moment de lecture si comme moi tu aimes les sujets et thèmes du livre. 
Même si l’auteure n’était plus toute jeune au moment de l’écriture de ce roman elle a une plume très moderne ; cela devait être une féministe, je pense, elle devait être une battante (née en 1915, décédée en 2010) ; ce livre-ci date de 2004. 
Je pense, sans me tromper, que tous ont été édités en français chez Belfond ou tu les trouveras en format poche chez Pocket.

Dernière chose à rajouter, le cercle est une collection qui met les femmes en avant, que cela soit leurs auteures ou les thèmes ; ce roman est pour moi, pour mon humble avis, l’emblème parfait si tu as envie de découvrir ce qu’est cette collection que j’aime tant


Si tu le lis, si tu l’as lu, le 14 janvier se tiendra le book club du cercle Belfond justement sur ce splendide roman ; discussion qui, je pense, s’avérera très riche vu le nombre de thèmes à aborder.


Information du roman : 

Les saisons du bonheur de Belva Plain - Traduction de Evelyne Jouve - roman contemporain, historique - 432 pages, 21.50€ - Édition Belfond, collection Le Cercle, en librairie depuis le 19 octobre 2017
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