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jeudi 29 mars 2018

[Avis] The curse, tome 3 : the kiss de Marie Rutkoski



Mon cher lecteur, je suis triste. Oui, triste de finir cette fantastique trilogie qui m’aura fait passer par tout un panel de sentiments au cours des 3 tomes.

Lire un dernier tome d’une saga est quelque chose que je n’aime pas ; j’ai des attentes sur la conclusion surtout quand les opus précédents ont été des coups de cœur du coup, quand je les lis, c’est avec beaucoup de crainte, rien n’est plus frustrant qu’un tome final loupé. 
Là, je ne suis plus triste ; cette saga se conclut en beauté.
Un troisième tome qui m’aura, encore une fois, emporté. Marie Rutkoski est sadique ; le suspens à certains passages est éprouvant pour les nerfs. 
Qu’importe, je suppose, qu’elle aussi a dû avoir la pression quand elle a écrit The Kiss ; je lui pardonne et la remercie pour ce fabuleux voyage en compagnie de Arin et Kerstel.

The Kiss est la conclusion parfaite, je n’aurais pu imaginer mieux. 
Tout au long des 630 pages tu vas avoir des rebondissements, des retournements de situation et comme je te le disais des moments de suspens et de tensions horribles. 
Mon cœur s’est emballé plus d’une fois, surtout pour Kerstel qu’on laissait dans une position peu enviable à la fin du tome précédent.
Kerstel et Arin ont été finement travaillés. 
Les reproches que j’ai pu faire à l’un ou l’autre dans les opus précédents sur leur psychologie ont été réparés avec cet opus.
Que de chemins parcourus pour ces héros depuis le premier tome !

Kerstel est celle qui m’a marqué le plus, j’ai ressenti énormément d’empathie pour elle, l’épreuve qu’elle va traverser va la changer à tout jamais, c’est toujours là jeune fille que tu as connu dans les tomes précédents, mais aussi tellement différente. 
Par elle, et aussi par Arin, et un autre personnage que je ne cite pas, l’auteure te fait réfléchir sur le poids du pardon, de la culpabilité ; des moments cruciaux où tout a basculé, des remords et des regrets et du manque d’amour ou de reconnaissance.
Si Kerstel a changé psychologiquement, son corps lui, aussi, a été rudement éprouvé, mais elle reste malgré tout la tacticienne, la jeune fille intelligente qu’elle a été. Elle souffre, elle est hantée par le poids du chagrin, mais la cache tout comme Arin lui cache le sien.

J’ai crû à un moment que Marie Rutkoski allait nous écrire un quatrième tome, l’auteure a sorti sa plus grande arme : l’imprévisibilité.
Impossible pour toi d’imaginer ce qu’il va se passer pour nos deux héros.
Jusqu’au bout, tu vas être éprouvé.
Je te rassure pas de quatrième tome, le point est final.

Du côté des personnages, j’ai été très agréablement surprise par Roshar. Le prince de Darca. Il possède un humour décapant, sarcastique, tu ne sais parfois pas s’il est sérieux ou pas. 
Il m’a fait par moment peur, tu ne sais pas si tu peux totalement te fier à lui.
Je n’ose pas trop t’en parler surtout si tu n’as pas lu le deuxième tome, son amitié pour Arin est-elle sincère ou motivée par la stratégie politique ?
Un personnage aux multiples facettes qui aura réussi à me faire monter les larmes aux yeux.

Concernant Arin et Kerstel ; là aussi, je vais t’en dire le moins possible, juste te dire que la tension entre eux est maximale, plusieurs fois tu penses qu’ils vont résoudre leurs problèmes, oser parler de ce qui les inquiète, mais non, à chaque fois que tu penses à un dénouement heureux, paf, tu restes sur ta faim.
Un autre personnage bien que pas présent physiquement dans la majorité du roman laisse planer une rage sur Arin, de la douleur et de la vengeance sur Kerstel et Arin. Une ombre qui les poursuit dans leurs cauchemars et à laquelle ils devront se confronter.

Dans cette saga, les femmes sont fortes ; les hommes comme les femmes sont entraînés à la guerre, tu auras affaire à deux d’entre elles, elles possèdent un pouvoir dangereux, même si elles sont que peu présente elles arrivent à te faire craindre le pire.
En fait, c’est simple, tu ne sais pas sur quel pied danser avec aucun des protagonistes pas mêmes les principaux. 
Leurs intentions sont-elles sincères ou pas ? je me suis posé la question plus d’une fois.

Du côté de l’écriture, tu te doutes bien que si je lis chaque tome c’est que j’adore Marie Rutkoski.
Ce que j’ai le plus aimé ici c’est que les personnages importants apparus dans les opus précédents comme Jess, des faits importants sont rappelés. Pas en longueur juste pour te rafraîchir un peu la mémoire et ne pas les oublier.
Marie Rutkoski ne s’éparpille à aucun moment, les descriptions des lieux, des protagonistes physiques ou psychologiques, les détails sur la stratégie militaire vont à l’essentiel. 
Elle écrit avec justesse, tu ressens fortement les émotions des personnages, peur, détresse, colère. 
Tu visualises parfaitement le langage corporel des personnages au moment des décisions, des choix parfois très difficiles à prendre, mais essentiels.
Dernière précision sur le choix stylistique de Marie Rutkoski si tu n’as pas encore lu la saga. Elle est écrite à la troisième personne, bien souvent je n’aime pas, car je n’arrive pas à m’identifier aux personnages, ici grâce à des dialogues subtilement placés et toujours au bon moment je n’ai ressenti aucune difficulté.

J’ai eu peur ; j’ai frissonnés ; j’ai admiré ; j’ai été en colère ; frustrée de ne rien pouvoir faire ; mais, j’ai aussi ressenti beaucoup d’émotion ; savamment dosée une fois de plus.
Ce qui fait la force de cette trilogie ? 
Tu as à la fois cette intrigue entre les Herannis et les Valoriens, ces derniers ont envahi Heran 11 plus tôt, cette intrigue court sur les 3 tomes, je ne te spoile rien si tu n’as pas encore commencé la saga.
Les Herannis ont été réduits en esclavages, traités moins bien que des animaux. 
Les Valoriens s’appropriant sans aucun scrupule demeures et possession du peuple conquis. 
Et ensuite, tu as cette histoire qui est développée aussi sur les trois tomes entre Kerstel la Valdorienne et Arin le Heranni.
À aucun moment des livres l’un ne prend le pas sur l’autre. 

Les personnages principaux sont eux aussi une intrigue. 
La romance possible ou impossible vu leurs peuples opposés ne prend jamais la place au détriment de la stratégie politique.
C’est une saga qui suit une évolution ascendante avec un final parfait. 
Ce n’est pas une fin ouverte, mais l’auteure te laisse imaginer un possible futur.

Enfin un dernier point que j’ai aimé ce sont les croyances de Arin, différentes de celle de Valoriens et des Darkan. Lui y croit fort, un dieu en particulier le poursuit, lui « parle »
Cette façon de faire, laisse perplexe ses amis, mais ils ne portent aucun jugement, un message de tolérance et de respect envers l’autre ; un message pertinent à aborder au moment où ces valeurs se perdent. Tout comme celui d’écouter l’autre, de ne rien en conclure sans en avoir pu en discuter calmement.

Arin et Kerstel, un duo de héros au départ que j’ai adoré ; leurs différences sont importantes : condition de vie, façon de penser, communication, confiance en soi, colère, incompréhension, ils seront mis une fois de plus à rude épreuve.
Arriveront-ils à comprendre, mais surtout accepter leurs décisions et motivations ? 
Chacun a commis des erreurs. Se les pardonneront-ils ? Tous les deux sont en proie aux doutes et c’est bien normal vu les opus précédents, mais je ne t’en dis pas plus.
Ne te tracasse pas ;tu ne passes pas 600 pages à lire les difficultés morales des héros, la place n’est plus à la plaisanterie, la menace plane sur Heran. Stratégie militaire, manœuvres politiques, batailles sanglantes sont détaillées pourtant encore une fois, tu ne te perds pas en route ; les cartes se déplient devant tes yeux, tu vois les adversaires déplacer leur pion comme un jeu d’échecs. Rien, mais, vraiment rien, n’est possible à deviner à l’avance.

Une super saga YA, chaque tome apporte un développement supplémentaire que cela soit sur la psychologie des personnages comme je te l’ai dit ou sur le destin des deux pays.
Que c’est frustrant de ne pouvoir en dire plus !
Je te laisse Arin et Kerstel entre tes mains, si tu as lu, si tu comptes lire cette saga vient m’en parler en privé. Je t’assure que je ne mords pas. J’adore échanger par e-mail ou message privé avec mes lecteurs. Je suis de nouveau un peu plus active.

« Il nous a changé tous les deux. »
Elle semblait lutter pour les mots . 
« Je pense à toi, à tout ce que tu as perdu, qui tu étais, ce que tu étais obligé d’être et ce que tu aurais pu être, moi je suis devenu ceci, cette personne, incapable de... »
Elle ferma la bouche.
« Kestrel, » dit-il doucement, « j’aime cette personne. »




The curse, tome 3 : the kiss de Marie Rutkoski - traduction de Mathilde Montier - Fantasy, Young Adult - 635 pages, 16€ - Édition Lumen, en librairie le 15 mars 2018
jeudi 21 septembre 2017

[Avis] The curse, tome : The crime de Marie Rutkoski


Le premier tome The curse avait été un coup de cœur, j’étais tellement impatiente de me plonger dans ce tome 2 et en même temps j’avais un peu peur, car, parfois, les tomes 2 sont des tomes de transitions où il ne se passe pas grand-chose, ce n'est absolument pas le cas avec The crime au contraire. 

Même si le livre n’est pas bourré d’action il développe la psychologie de nos 2 héros Arin et Kestrel, on retrouve d’anciens personnages et on en découvre d’autres. 
Un tome où l’on nous raconte l’histoire des pays, s’ils sont dorénavant alliés beaucoup de tensions règnent encore, des alliances se créent, des vérités par toujours belles à entendre se dévoilent, des stratégies se mettent en place, le tout avec beaucoup d’émotion, l’auteure ne ménage pas ses lecteurs !

Marie Rutkoski écrit intelligemment en faisant un rappel en finesse des principaux faits du tome 1, disséminés dans le texte pas forcément au début, mais chaque fois que le lecteur aurait besoin d’une remise en mémoire, je dirais même (et ce serait vraiment dommage de passer à côté) qu’on pourrait lire ce second opus sans avoir lu le précédent (mais ne le faites pas lisez The curse !!)

The curse nous laissait sur un gros cliffhanger, j’avais besoin de retrouver Kestrel et Arin, savoir ce qui allait leur arriver.
Kestrel vit au palais, à Val capitale du royaume, une cage dorée qu’elle s’est choisie, elle est très seule, aucun de ses amis n’est auprès d’elle, son père, le général est toujours en croisade cette fois pour conquérir le royaume oriental afin d’accroître encore les richesses du monarque.
L’empereur est un être détestable, il tient Kestrel à sa botte, surveille ses moindres faits et gestes. C’est un être immoral, il sait qu’il est puissant, il joue un jeu d’échecs avec toutes les personnes qui l’entoure jusqu’à son fils, le prince Verex. 
Qui le contredit, même sans le savoir, le payera très cher.
Enfin, Arin, gouverneur de Heran, depuis l’indépendance octroyée par l’empereur ne décolère pas. 
Il en veut à Kestrel. Il a des réactions qui m’ont déplu dans cet opus, je l’ai compris comme un être qui est obnubilé par sa colère et qui n’arrive plus à voir clair. 
Il faut dire que Kestrel, si elle veut continuer à les protéger lui et son père, doit mener son jeu finement quitte à le blesser quand il vient en visite au palais. Je ne vous en dis pas plus.

Nous sommes dans un monde de fantasy, pas de magie, pas d’êtres étranges, et à la fois un monde qui pourrait le nôtre aux alentours du 18e, à l’époque où les français, anglais, américains, colonisaient de gré ou de force d’autres peuples.
On ne sait pas vraiment situer ni les lieux ni l’époque, mais, peu importe, Marie Rutkoski crée un monde suffisamment riche pour que cela ne nous freine pas.

Guerre, conquête de territoire, meurtres, esclavage c’est le credo des valoriens, dès leur naissance ils sont destinés à se battre, d’ailleurs si a 20 ans ils ne sont pas mariés ils sont envoyés au front. 
Dans ce tome c’est les terres orientales que l’empereur convoite, peu importe le moyen d’y arriver. 
Il tient déjà depuis des années la princesse Nisha en otage au palais. 
Même si l’on parle de bataille et de tactique ce n’est pas uniquement le sujet du livre. 

L’histoire est celle de Arin et Kestrel comment vont-ils réussir tous les 2 à continuer leur vie, ils ont tellement de poids sur leurs épaules.
Un point commun les réunit tous les 2 : ils sont en recherche de marques d’attention, d’amour. 
Arin n’a plus de parents et Kestrel, son père général des troupes valoriennes, place le devoir avant tout. 
Cette jeune file de 17 ans est bien seule, avec ses pensées, mais aussi au palais comme je vous le disais, même si ses meilleurs amis Jess et Ronan vivent à la capitale ils lui en veulent énormément pour ses décisions passées. 
Jess qui était la meilleure amie de Kestrel est vraiment blessante, un passage du livre entre elles deux m’a vraiment émue, Kestrel ne peut rien dévoiler de son jeu hélas, elle en fait les frais.
Elle ne veut que bien agir, mais malheureusement c’est parfois au détriment d’autres personnes et toujours avant ses propres sentiments. 
Comment va-telle pouvoir supporter les décisions prises pour le restant de ses jours ?
Kestrel a un rôle central dans cet opus, elle fait preuve de grande force de caractère pour ne pas s’écrouler, elle doit analyser finement les cartes qu’elles possèdent dans ses mains pour ne pas dévoiler son jeu, et ce à personne, ni à Arin, ni à ses amis et surtout pas à l’empereur et son père.

Arin, lui, autant je l’ai trouvé fort psychologiquement dans le premier opus autant dans celui-ci j’avais envie de le secouer et de lui dire « mais ouvre les yeux bon dieu ». Il a moins de charisme que dans The curse.
Il ne sait plus quoi penser, il doute tout le temps et pour cause. J’étais brisée de ne pas pouvoir crier à nos héros ce qu’ils faisaient l’un pour l’autre ^^ 

Verex le prince m’a bien plu, un personnage qui évolue dans le bon sens, il sera, si pas au début, un précieux soutien pour Kestrel. 
Tensen, ministre de l’agriculture Herrani est un autre de mes personnages préférés, il aide, comme il le ferait avec son petit-fils, Arin, le protégeant des autres, mais aussi de lui-même en lui cachant des informations importantes. 
Roshar ancien esclave qui s’était enfoui, que Arin avait tenté d’aider lui sera d’une aide précieuse, Arin ne pouvait pas se douter de la puissance de celui-ci.

J’ai été émue, j’ai pleuré, j’ai été énervée par certaines réactions. 
Je suis passée par tout un panel d’émotion, je n’ai pas pu déposer le roman sans connaître le dénouement et....Marie Rutkoski m’a encore une fois de plus pousser à bout, la fin de ce second opus est encore plus horrible que dans le premier tome.

Cette fin, mon dieu, j’ai filé sur Goodreads pour voir si le troisième et dernier tome était déjà sorti aux US et oui donc plus qu’à attendre la version française et je peux vous dire que je suis encore plus impatiente que pour le deuxième. 
C’est très frustrant de ne pas pouvoir vous raconter, je ne veux pas spoiler les futurs lecteurs de cette saga.


Tout ce que je peux vous dire c’est que Kestrel et Arin devront, l’un comme l’autre, passer au-dessus de leur bonheur pour leur peuple respectif, ils devront mettre leur sentiment de côté s’ils veulent pouvoir épargner leurs proches, ils vont devoir lutter contre leurs propres désirs pour continuer à avancer, oublier leurs espoirs déçus pour pouvoir espérer continuer leurs vies.

Une saga que je vous recommande absolument ! 

The curse, tome  : The crime de Marie Rutkoski - Fantasy jeunesse/ Young Adult -534 pages, 15€ - Édition Lumen, en libraire le 21 septembre 2017 
vendredi 2 juin 2017

[Chronique] The curse, tome 1 de Marie Rutkoski


Un très bon premier tome pour cette nouvelle saga Young Adult. 


J'ai adoré les personnages principaux , Krestel et Arin ainsi que les secondaires (Jess, Ronan, Enaï, etc.)



Un livre intelligemment écrit, une conquête d'un pays qui réduit son peuple en esclavage, un jeu de stratégie qui s'installe entre les héros, j'ai eu l'impression d'assister à une partie de poker : qui bluffe, qui dit la vérité. 



Arin, l'esclave et Krestel la fille du générale, m'ont émus, leur valeur, leur doute sur les décisions prises. 



Un véritable page Turner, si on a s'attend à certains événements d'autres sont complètement inattendus et nous pousse à lire de plus en plus vite. 



Deux jeunes gens en proie à la stratégie politique, parfois et même souvent au détriment de leur sentiment ou du jugement de leur semblable.


 
Un roman qui rappelle que dans toutes les conquêtes il y a toujours un envahisseur et un envahi, est-ce que l'amitié et plus peut être possible entre 2 peuples ennemis ? 


Un livre qui peut ouvrir le débat et qui amène la réflexion. 



Un Young Adult Fantasy qui plaira autant aux garçons qu'aux filles. 


J'attends la suite avec impatience car la fin nous laisse présager encore d'autres rebondissements. 


À lire tout en sachant qu'on est bien dans un roman jeunesse. 


The curse, tome 1 de Marie Rutkoski - Dystopie, Young Adult - Edition Lumen - 464 pages, 15€ - Sorti le 16 février 2017
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