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jeudi 3 août 2017

[avis] Ne pars pas sans moi de Gilly MacMillan


C’est le 2e livre de Gilly MacMillan que je lis, le premier « Une fille idéale » m’avait bien plu, mais sans être parfait pour ma part, ici ce roman est un bijou de thriller/polar psychologique.

Bristol, 21 octobre 2012 Ben disparaît lors d’une ballade en forêt avec sa mère Rachel. Rachel, on peut le comprendre est hystérique. Très vite, les inspecteurs prennent la disparition au sérieux. Pendant 600 pages l’auteure ne vous donnera pas la moindre piste sur le dénouement, elle sème le doute ça oui, on ne sait plus à qui se fier, mais elle ne laisse rien transparaître d’autre.

Un livre très bien écrit, le suspens est renforcé par le décompte des jours depuis la disparition de Ben. On alterne les chapitres selon les points de vue des principaux protagonistes : Rachel, la maman et Jim l’inspecteur principal. À travers eux, toutes les pistes pour retrouver l’enfant disparu nous sont racontées.
Par les chapitres consacrés à Rachel, on ressent l’angoisse, l’amertume, la méfiance vis-à-vis de tout son entourage.
Du côté de Jim, nous suivons l’enquête à proprement parler, les pistes explorées, la liste des suspects, ses collègues penchés sur l’affaire et toujours ce sentiment d’urgence plus les jours passent.
Une tension rendue encore plus palpable que le livre est parsemé d’articles de journaux, de blogs qui parlent de l’affaire, souvent très critiques envers Rachel qui a eu le malheur de ne pas se contrôler lors de la conférence de presse, des emails d’experts-psychologues, des lettres de menaces, des messages trouvés sur le net, tout ceci contribue à ce que le livre ne soit pas du tout monotone, vous êtes plongés au cœur de l’affaire comme si vous la suiviez à la télévision.

Le roman est aussi documenté par le site qui existe réellement : www.missingkids.com un fait qui renforce cette impression de réalité, mais ce qui m’a le plus rapproché de la détresse de la maman c’est que Rachel lors du premier chapitre vous parle de ce qu’il s’est passé un an après la date fatidique, elle tutoie le lecteur, vous êtes vraiment mis dans une relation de proximité, inclus dans l’enquête. À plusieurs chapitres ça revient, elle vous tutoie, impossible de se détacher du livre.

Les personnages ont tous une psychologie bien fouillée, que cela soit nos principaux protagonistes, Rachel pas toujours stable, Jim qui voit un psychologue depuis l’affaire et pour une raison que l’on ignore, John, ce père chirurgien pédiatrique, divorcé qui semble soit détaché soit complètement hystérique.
Les personnages secondaires pareils : Emma, l’agent de liaison avec la famille, Katrina la belle-mère de Ben, Ruth la grand-mère dépressive depuis toujours, Nicki, la sœur de Rachel qui a l’air de tout diriger et de se contrôler cache plusieurs secrets, l’assistant maternel louche, l’institutrice de Ben qui condamne un peu trop vite Rachel, la directrice de police, Fraser, froide, voulant résoudre l’affaire, mais qui doute de plus en plus d’une issue favorable, Laura, la meilleure amie de Rachel, les journalistes agglutinés devant la maison familiale. Chaque personnage a ses failles, chacun deviendra dans votre tête suspect.

Je voulais absolument connaître le dénouement, je me suis attachée à ce petit garçon que l’auteure rend très réel grâce aux descriptions qu’elle fait de lui.
Quand le dénouement arrive, le suspens monte crescendo même si j’aurais aimé qu’il soit un peu plus développé. L’épilogue conclut parfaitement le roman avec le thème de la reconstruction.


Un très beau thriller polar/psychologique à lire, pour le côté suspens, mais aussi pour les questions que l’auteure soulève : les médias ne font-ils pas du tort aux victimes, ne sont-ils pas trop intrusifs à la recherche du scoop au détriment des véritables faits ? Pourquoi une mère de famille sera considérée plus vite comme le suspect idéal ? Peut-on connaître réellement quelqu’un même quand il s’agit de sa famille ?

Ne pars pas sans moi de Gilly MacMillan - Thriller/polar psychologique - édition Pocket ( paru auparavant chez Les Escales) - 608 pages, 8.50€ - Sorti le 8 juin 2017
mardi 23 mai 2017

[Chronique] La fille idéale de Gilly MacMillan


Ce ne sera pas un coup de cœur, mais j’ai tout de même adoré la fille idéale, pour moi il s’agit plus d’un roman noir psychologique qu’un véritable thriller.

Zoé a commis une grosse bêtise alors qu’elle avait 14 ans, ensuite, sa mère et elle se reconstruisent une vie parfaite ailleurs, nouvelle maison, nouveau mari, un demi-frère et une nouvelle petite sœur.
Le livre débute sur l’affiche d’un récital de piano donné par Zoé et son demi-frère Lucas. Lors de ce récital, la vie parfaite vole en éclat. Pourquoi je vous laisse lire le livre.

Un très bon roman psychologique, un véritable page turner, les 450 pages ont été lues en un rien de temps.
J’ai adoré l’écriture de l’auteure, on alterne les chapitres (courts) à travers les personnages : Zoé, Tessa, Sam, Richard, etc, racontés à la première personne du singulier, leur psychologie s’affine au fur et à mesure, ils sont tour à tour suspects.

Le suspens dure tout le long du livre même si pour l’un des rebondissements je l’avais vu venir.
J’ai aimé aussi la construction, Lucas le demi-frère est passionné de cinéma, ici l’écriture est semblable à un travelling arrière.
On se retrouve presque en huit-clos pour ne pas dire exclusivement.
La première partie se passe dans « la maison de la seconde chance », dans la cuisine, la tension est malsaine ensuite dans la seconde partie dans la salle à manger de Tessa, la tante de Zoé.
Un peu moins malsain, mais j’ai pris peur plus d’une fois.
Une chose est certaine je ne savais pas où l’auteure allait m’emmener.
L’auteure aborde des thématiques importantes comme le harcèlement scolaire, les secrets de famille, l’adultère, la maladie, la violence conjugale, les failles de la justice,l’alcoolisme à travers l’un ou l’autre personnage. Chacun d’eux à leur faille. Leur secret.

L'auteure nous décrit des êtres imparfaits qui essaie de paraître irréprochables ou pour certains d'entre eux de part leur profession ils devraient l'être et ils ne le sont pas. 
C'est le personnage de Jason qui m'a le plus étonné dans ce sens. La petite Grace j'avais envie de la protéger, le seul personnage complètement innocent puisqu'il s'agit d'un bébé. 


On plonge dans la tête des personnages, on voit à travers les yeux ce qui se déroule, on se met dans leur peau et cette sensation est encore renforcée grâce à l’écriture à la première personne.

Ne vous attendez pas à des rebondissements incroyables, du sang à gogo non ici il s’agit vraiment d’un roman psychologique, très bon même.

Je pourrais reprocher à l’auteure quelques ficelles un peu trop détectables, mais sinon j’ai adoré ma lecture.

Dans la même veine qu’« Une fille parfaite » de Mary Kubica (le top du top pour moi), de « Hortense » de Jacques Expert, de « La fille du train » de Paula hawkins.


J’ai du coup envie de lire le premier roman de l’auteure, « Ne pars pas sans moi » publié lui aussi chez les éditions les Escales en 2016 et qui sort en poche chez les éditions Pocket le 8 juin 2017

La fille idéale, Éditions Les Escales, Thriller psychologoique, 450 pages, 21,90€. Sorti le 4 mai 2017
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