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mardi 13 mars 2018

[avis] Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard




Mon cher lecteur, aujourd’hui je vais te parler d’un roman d’une auteure que j’aime et que j’admire, une auteure qui, je le sais, à chaque roman va m’embarquer dans un secret de famille. 
Avec Clarisse, je sais d’avance que je vais vivre un moment hors du temps, bien confortable dans ma bulle de lecture.
3e roman de l’auteure, 3e roman coup de cœur.
Clarisse Sabard est en train de devenir la reine des secrets de famille. 
Il n’est pas aisé de faire voyager un lecteur d’une époque à une autre, chacune avec ses secrets et de garder l’attention sur les deux, de ne pas perdre le lecteur en route. 
Pari réussi !!
Que cela soit Faustine à notre époque ou Agathe à la belle époque. 
Un roman qui te narre la destinée de femmes hors normes. 
Il n’y a pas que Faustine et Agathe, ce livre est un roman magnifique sur les femmes, un très bel hommage qu’elle soit mère, célibataire, en couple, mariée ou non.
Je m’arrête et je te parle du roman, désolée tu vas encore avoir droit à une longue chronique.

2014, Faustine se voit confier un article pour le journal pour lequel elle travaille en free-lance un dossier sur la Côte d’Azur de la Belle époque afin de dénicher des anecdotes hors du commun. 
Pour cela, elle va loger chez sa grand-tante Caroline.
Elle ne sait même plus pourquoi elle a accepté si ce n’est la promesse d’un CDI à la clé de la clôture de l’article. 
Elle imagine déjà des thés dansants en compagnie de nonagénaire, et ce village Caussières perché dans la montagne ; que va t’elle y faire ? Son meilleur ami Ismaël a beau la rassurer c’est pleine de préjugés qu’elle embarque à bord du train.
Son arrivée est loin de passer inaperçue, à peine sortie de la gare, Sébastien manque de la renverser et Gaby, l’amie de Caroline, sa grand-tante a l’air d’avoir oublié de venir la chercher. 
C’est dégoulinante de sueur qu’elle arrive à la rue des chats dans la maison familiale et c’est de cette maison que l’idée de l’article va germer.

1906 Agathe; fille de l’hôtelier du village, passe l’été en compagnie de Simon, son meilleur ami, Jeanne et Pierre. Très souvent, ils pénètrent dans la vieille propriété de Gustave d’Aumart, un riche industriel qui a fait construire cette magnifique maison et son jardin arboré pour y séjourner entre octobre et mai. 
Cette villa avec vue sur mer inhabitée pendant l’été où les propriétaires préfèrent partir à Deauville est l’endroit rêvé pour les jeunes gens ; ils sont à l’abri des regards, le concierge dans la confidence les laisse profiter de l’étang où ils y passent des heures de liberté loin des corvées inhérentes à leur condition. 
Justement, cette condition de fille d’hôtelier Agathe n’en veut plus, elle rêve de s’élever dans la société, élève modèle, elle adorait se réfugier dans les romans notamment, de George Sand. 
Quand, un jour, le fils des d’Aumart, Alfred, 15 ans, les surprend sur les terres de ses parents et leur parle de la célèbre Caroline Otero, Agathe n’y tient plus elle doit demander conseil à cette femme qui a su s’émanciper et devenir riche.

Comme tu le vois les deux héroïnes principales du roman sont Faustine et Agathe, mais Clarisse Sabard va te décrire une panoplie de personnages formidables, j’ai aimé chacun d’eux. 
Si j’ai préféré les protagonistes de notre époque, j’ai été passionné par la vie d’Agathe et de ses pairs.

J’ai une tendresse particulière pour Gaby et Caroline, les deux vieilles dames chez qui Faustine va habiter quelque temps. Pleines d’énergie, de repartie, elles sont bien loin de l’image que Faustine s’en faisait. La pétillante coiffeuse Margaux avec qui Faustine va se lier d’amitié, Mamé, Sébastien, Camille, Hammad et ses frères.
Clarice Sabard à travers sa galerie de protagonistes aborde des thèmes et des sujets de société que je ne vais pas te dévoiler.
Faustine et son humour imparable m’ont fait éclater de rire autant en lisant ses réflexions que devant ses gaffes.
Certains d’entre eux m’ont émue.
Ce sont, tous, des personnages, hauts en couleur ; une écrivaine locale de polar ; une blogueuse avec des folloeuses, je te garantis que tu vas avoir Happy de Farrel Williams en tête tout comme la bande-son de Dirty Dancing ; rappelle-toi « on ne laisse pas bébé dans un coin ». (Merci, Clarisse d’être de ma génération)

C’est une des forces des romans de Clarice, tu oscilles entre rire et larmes, mais en plus tu as un suspens constant. 
Faustine en enquêtant sur Caroline Otero va déterrer des secrets de famille, les deux époques sont liées, des ancêtres sont communs, on dirait que le temps agit en miroir ; un éternel recommencement. Qui arrivera à réparer les erreurs du passé ?

"Je ne crois pas que les secrets révélés fassent du mal (...) c'est ce qu'on enfait qui leur donne toute leur intensité. Ce sont les leçons qu'on en tire qui peuvent nous libérer."

Pour ce qui est de la Belle époque et ses courtisanes, les « cocottes », elle m’a passionnée, la vie des gens du village, l’insouciance d’avant la Première Guerre mondiale, Nice et Monte-Carlo destination préférées des riches, Caroline Otero qui s’en fichait des convenances, même si sa réputation était entachée elle est restée dans la mémoire des gens, même aujourd’hui, l’après-guerre Paris et sa Closerie des Lilas, Modigliani, Colette, Picasso.

Agathe va réussir à atteindre le but qu’elle rêvait d’atteindre, mais en sera t’ elle pour autant plus heureuse ? 
Même si c’est une femme en avance sur son temps, qui écrit sous un pseudonyme la flamme de son regard s’éteint peu à peu. Simon, son meilleur ami, peintre doué, a su le capter, détresse d’une jeune fille, d’une jeune femme qui ne sera pas épargnée par la vie, mais qui prendra le taureau par les cornes.
Agathe est un personnage charismatique, attachant qui va te faire vivre le début du 20e et les années 20 que j’aime tant.
N’oublie pas que durant la guerre les femmes ont dû remplacer les hommes partis à la guerre. Beaucoup se sont émancipées même si les mœurs ne sont pas encore celles d’aujourd’hui et sûrement pas dans un petit village de 1089 habitants.

Que te dire de l’écriture de Clarisse Sabard, si ce n’est qu’elle m’a embarqué sans peine dans cette quête des racines de Caroline en 2016 et sur les secrets que renferme la propriété des d’Aumart.
Addictive et fluide, tu tournes les pages cherchant à comprendre comment les deux époques sont liées. 
Quels sont ces secrets oubliés ? Comment les découvrir ? Il n’y a plus de témoins.
Si l’auteure te décrit admirablement ses personnages, il en est de même pour les descriptions des paysages. Embarquement immédiat pour l’arrière-pays niçois, ses sentiers de randonnée, sa faune et sa flore.

Je pense que j’ai un faible pour ce troisième livre de l’auteure et pour les femmes qu’elle a décrites. 
Même si c’est dur, car les lettres de Rose et la plage de la mariée m’avaient déjà tous deux convaincu. Celui-ci est un peu différent ; l’héroïne de départ ne part pas à la recherche de ses origines comme pour les deux autres romans.
Malgré tout, Clarisse est une auteure très douée pour les secrets de famille, les non-dits qui ont encore des retentissements dans le présent.
Deux intrigues, un rythme qui ne se relâche pas, des moments de douceur comme cette réconciliation entre sœur, des moments d’émotion, mais que je tais volontairement. L’humour et la légèreté côtoient des sujets plus graves et douloureux.
J’ai tellement envie que tu découvres par toi-même cette pépite et ces thèmes que je vais arrêter là.




Je te prête les clés du jardin de l’oubli ; quand tu l’auras fini, rends-les-moi ou transmets-les à d’autres lecteurs qui auraient besoin de venir se poser dans ce coin de verdure et réfléchir à leur vie, à des lecteurs qui ont besoin d’une bulle des plus confortables pour quelques heures, les pieds trempés dans l’étang, écoutant la nature te révéler tous ses secrets, témoins vivants du passé.




"Il faut savoir s'émerveiller de ce qui nous entoure : le calme d'une forêt, le chant d'un merle. Le bruissement d'un ruisseau qui coule paisiblement. Quand on sait faire ça, les problèmes trouvent toujours une solution"


Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard - roman contemporain - Belle époque - 432 pages, 19€ - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie le 13 février 2018
jeudi 15 février 2018

Stand out, tome 1 de Jane Devreaux


Où quand le Bronx rencontre Manhattan
Quand un match de rugby change ta vie
Quand tu te perds dans un seul regard et que ton cœur sait avant toi que c’est lui, c’est elle

Des 4 Hugo lus ce mois-ci Stand out est sans aucun doute celui qui m’a le plus émue, quel magnifique et incroyable roman. 
Jane Devreaux a un talent dingue. 
Grâce à son stylo magique, elle va te faire vivre avec ses deux personnages, Mila et Boby des montagnes russes d’émotions.
Mon cher lecteur, des romances tu le sais, j’en lis, beaucoup, mais tu sais aussi que celles qui me touchent le plus profondément sont celles qui savent exprimer en mot les émotions. 
J’aime que tout ne soit pas facile, j’aime voir des héros se battre, j’aime que des thèmes forts se mêlent à la romance ; tout cela, et bien plus encore, tu vas le retrouver dans ce roman.
J’ai adoré son miracle espagnol et son héros Boby.
Avec Stand out Jane si tu me lis c’est une standing ovation que je te fais.

Est-ce que je m’attendais à avoir un coup de foudre littéraire en commençant le livre ? Non. 
Est-ce qu’après 40 pages j’étais déjà raide dingue de Boby ? Oui !! 
Je ne te parle pas du beau gosse ici (même s’il est au top de mes BBF depuis le 1er janvier ^^), mais de l’âme de cet être de papier qui m’a complètement chamboulée.
Si Boby m’a convaincu d’emblée le thème principal abordé à travers Mila m’a encore fait plus aimer encore ce roman.
Des sujets importants Jane Devreaux va en aborder plus d’un, mais par Mila elle va te montrer ce que c’est que la vie dans la rue. 
Ce que c’est que vivre dans la clandestinité quand on n’a pas de papier et qu’il n’y a que la débrouille pour espérer manger un repas, que c’est la loi du plus fort que tes faiblesses jamais tu ne les montreras.

Tu entres dans le roman pendant un match de rugby New York contre Las Vegas ; au moment du coup d’envoi, une horde de motards envahit le stade et provoque la panique. 
Mila est sur une de ces motos, au moment de fuir quand la police arrive elle croise le regard de Boby, un des meilleurs joueurs de l’équipe, tu peux même dire qu’ils se voient au même moment. 
Boby décide, sans rien savoir de Mila, de la protéger et empêcher qu’elle soit embarquée. 
À la sortie du stade le vigile demande les papiers de Mila et là Boby ne pourra rien faire, Mila ne possède aucune pièce d’identité.
Même s’ils n’ont passé que 5 minutes ensemble, s’ils n’ont échangé maximum 3 phrases, Boby ne peut s’empêcher de vouloir sauver son miracle espagnol. 
En se rendant au poste, on lui fait comprendre qu’il n’a qu’une solution s’il veut qu’elle sorte avec un nom. 
Aussi fou que cela puisse paraître, Boby ne va pas hésiter longtemps et arrivera à sauver Mila.

Mila et Boby ; deux héros extraordinaires par leur caractère, mais ordinaires, car ils peuvent très bien exister. Elle, dans le Bronx et lui, à Manhattan.
Tu n’oublieras ni l’un ni l’autre, car si Boby m’a chamboulée Mila m’a dévastée, dans le bon sens du terme : sa vie ; son amour pour les autres, son altruisme et cette immense et épaisse carapace en béton armé autour de son cœur m’ont fait que l’aimer de plus en plus fort au fur et à mesure que je comprenais toute l’ampleur de sa vie, son ampleur et tout ce vide.

Tu te prends quand même une sacrée claque quand tu lis que des gens en 2018 n’ont pas l’électricité ou l’eau chaude, n’ont jamais regardé la télévision ou n’ont jamais eu un toit pire Mila n' a aucune existence, elle ne connaît même pas sa date de naissance. 
Si elle est en vie, c’est grâce à Rosa. 
Je ne veux pas tout te dévoiler sur elle alors je me restreins même si c’est super-frustrant, car je suis tellement enthousiaste que je pourrais te parler des heures de ce roman.
Boby ne pourrait pas être plus opposé que Mila. Lui habite Manhattan, il vient d’une famille aisée, il a son équipe de rugby, des amis ; il n’a pas à s’inquiéter de ce que demain sera fait ou du temps dehors, il n’a jamais été empêché de dormir par la faim ou le froid.
Boby est un homme, un vrai, non, je ne te parle pas de ses muscles, mais de son caractère : il est patient, tendre, il comprend très vite que s’il bouscule Mila ça ne fonctionnera pas. 
Il doit l’apprivoiser et y aller doucement. 
Même s’il a des milliers de questions Mila n' est pas prête à se livrer.

C’est un fossé qu’il y a entre eux. 
Chacun de leur côté, ils vont bâtir un pont pour relier leurs deux univers, la construction va s’avérer plus difficile que prévu et ils vont devoir se battre pour qu’elle résiste à toutes les intempéries de la vie.
Boby est tout en muscle, mais la vraie force c’est Mila qui la détient. 
Ce petit bout de femme va t’épater
Elle va avancer et aider ses proches Rosa, Maria, Alex et Gaby, elle va aussi protéger Boby d’un danger tellement proche de lui qu’il n’en a même pas conscience.
Rien à faire Mila se met des barrières, elle a tellement peur d’un retour en arrière. 
Alex, Rosa, Georges, John et Taylor ; ses patrons ; ils vont tous lui dire qu’elle aussi elle a le droit d’être heureuse, mais elle s’y refuse, elle est forte oui, elle se bat pour s’en sortir, mais elle est terrifiée par ce qu’elle ressent pour Boby.

Je vais m’arrêter là avec les deux personnages principaux et te parler des autres protagonistes. Si l’auteure m’a convaincue avec Mila et Boby les autres protagonistes ne sont pas en reste. Georges, le substitut de père de Boby, John et Laurel ; le beau-frère et la sœur de Boby, la mère de Boby, Rosa celle qui est quasi une mère pour baby white comme l’appelle Alec ; Alec, son meilleur ami avec sa mère Maria et la petite Gaby, une enfant de 7 ans pétillante qui m’a complètement fait craquer. 
Tous, je les ai aimés, grâce à plusieurs d’entre eux Jane Devreaux va aborder des thèmes pertinents qui, tous, ont pour moi une réelle importance de nos jours.
Des sujets comme l’alcoolisme, la prison, la corruption, OK je te l’accorde, ils n’ont rien de nouveau, mais ils sont traités de manière tout à fait originale et belle, belle par les mots utilisés, car si jusque-là je ne t’ai pas encore parlé de l’écriture j’y viens

Jane Devreaux possède un talent d’écriture incroyable. 
Brut et poétique, oui comme ses héros, c’est opposé, mais c’est que j’ai ressenti à la lecture.
Elle manie à merveille les mots pour t’ensorceler, une fois le livre ouvert, tu ne le fermeras plus avant de l’avoir terminé. 
Des moments de douceur et de magie côtoient des moments de frayeur et de malheur.

Elle va réussir à complètement t’immerger dans la psychologie des personnages en alternant les chapitres, tu te sens encore plus proche d’eux, car ils parlent à la première personne.
J’ai endossé le fardeau de Boby, je me suis glissée dans la peau tatouée de Mila et j’ai vécu avec elle chaque étape. De la plus heureuse à la plus douloureuse.
Je me suis pris leurs émotions de plein fouet, je les vivais ces personnages.
J’ai vu le monde en noir et blanc et puis il m’a explosé pleins de couleur grâce aux graffs et aux tatouages de Mila, mais aussi grâce à leurs sourires. Quand Boby et Mila sourient c’est un magnifique soleil, quand les larmes coulent c’est de la boue qui devient arc-en-ciel.

Une écriture cinématographique et sensorielle. 
Tu percevras les bruits de la rue, des matches, du démographe. 
Tu frissonneras de peur, de colère. 
Tu te réchaufferas devant cet amour qui naît devant tes yeux. 
Tu goûteras toi aussi au bonheur. 
Tu verras à travers les yeux de Boby et Mila ce que c’est qu’aimer sans avoir besoin de parler. 
Tu toucheras du bout du doigt cette bulle d’amour de 308 pages
Le chemin qui mène au bonheur ne possède pas de panneau pour t’indiquer où te rendre, comment t’y prendre, mais Jane Devreaux va te faire lire tout au long de la route la vraie définition de ce mot
Elle te narre aussi une vision de la famille. Je dois dire que ce point m’a d’autant plus touchée que je le dis souvent : la vraie famille est celle que l’on construit.
Elle va te dire que, oui des barrières vont se mettre sur ton chemin, oui tu vas tomber, mais tu t’en relèveras que plus fort.
Oui, je te l’ai dit elle a une écriture vraiment belle et puissante. Elle m’a fait vibrer tout au long de lecture, je n’étais plus couchée dans mon canapé, mais j’arpentais les rues de New York à la recherche des tags de Mila et Alec, essayant d’entrevoir le 4x4 noir de Boby.

Je vais m’arrêter là et te conseiller, mais vivement, de lire cette magnifique romance, ce merveilleux roman. Tu comprendras à quel point une carte verte peut être importante et qu’un seul regard veut dire tant de choses tues.

Un roman qui touche bien des valeurs, des phrases qui te feront réfléchir au sens de la vie.
Je n’ai rien de plus à ajouter si ce n’est vivement la suite et merci à nos auteures françaises de nous écrire de telles pépites.

Est-ce que vous mesurez combien vous pouvez toucher le cœur de vos lecteurs ? Combien un livre peut apporter dans une vie de lectrice ? 
J’espère un jour te rencontrer (tout comme Fleur Hana, Battista Tarantini, Morgan Moncomble et Tara Jones) pour te dire tout cela de vive voix quoique je pense qu’à l’oral j’aurais du mal ^^ 
/!\ Si tu veux tenter ta chance un concours pour gagner ce livre sera mis en ligne fin de matinée sur mon compte Instagram : http://instagram.com/unesourisetdeslivres
Stand out, tome 1 de Jane Devreaux - New adult, New romance - 360 pages, 17€ - Édition Hugo Roman, en librairie le 8 février 2018
jeudi 18 janvier 2018

[avis] Honorables intentions de Fabiola Chenet



Bonjour, mon cher lecteur, aujourd’hui, je te propose donc une romance historique.


Une romance historique se passant en Angleterre à la fin du 19e, écrite par une auteure française que je ne connaissais pas encore, je me suis lancée, sans avoir d’attente particulière et au final j’ai adoré ma lecture.

On commence le roman avec Charlotte. 
Elle va faire sa première saison à Londres ; le souci, elle a déjà un jeune homme en vue, Arthur Northey. 
De plus, si sa sœur aînée Kate ne se marie pas avant elle, une règle établie par la matriarche de la famille, Charlotte ne pourra pas épouser Arthur. 
Est-ce que le conte Northey voudra bien l’attendre ? Un beau parti comme lui ? 
Celui-ci ; très épris de Charlotte, demande à son cousin John de demander Kate en mariage, une dette d’honneur que l’homme ne se voit pas refuser. C’est ainsi que le vilain petit canard de la famille Houtton rencontrera John.

Kate nous est présentée comme : laide, rousse, portant des lunettes tout le temps, une jeune fille qui n’aurait rien pour elle, oui c’est choquant, mais c’est écrit comme cela. 
Ses parents ne l’aiment pas, ils donnent tout à leur fille cadette, Kate est insignifiante pour eux, leur seule crainte : la grand-mère qui protège Kate et détient les cordons de la bourse.
Ils sont loin d’imaginer que Kate est une jeune femme en avance sur son temps. 
Elle profite que ses parents la délaissent pour fuir la maison familiale et se promener seule dans les rues de Londres. 
Elle s’intéresse à un tas de choses, elle lit le journal, elle aime la politique, elle s’intéresse aux nouvelles révolutions industrielles, tout ce qui, normalement, est interdit aux femmes ; elle s’en passionne

John lui est bien décidé à rester célibataire et même si ce mariage de convenance a lieu chacun sera libre de faire ce qu’il a envie. Ils en ont convenu tous les deux. Une sorte de contrat tacite.

Même si j’aurais aimé un peu plus de pages et que j’ai trouvé une scène finale un peu facile j’ai adoré ce couple et surtout l’héroïne qui est telle que je les aime. Elle n’a pas froid aux yeux. Elle est moderne et féministe
Le roman m’a fait penser à Les fantômes de Maiden Lane de Elizabeth Hoyt , une de mes sagas historiques préférées, pour des missions que Kate réalise en cachette, mais que je te laisse découvrir par toi-même
Une très belle découverte autant pour l’histoire que pour l’écriture, fluide, addictive
Une caricature de la noblesse anglaise avec ses us et coutumes qui sont bien loin de rendre les gens heureux avec les mariages de convenance.

Si l’auteure ne révolutionne par le genre elle nous offre une romance historique pleine de fraîcheur, de rebondissements inattendus, l’auteure nous réserve bien des surprises au cours de notre lecture. Elle nous fait passer ces messages : l’amour n’est pas toujours là où on l’attend, et vaut-il mieux avoir une tête bien pleine qu’une tête bien faite ? John, justement, passera outre les jolies têtes pour s’intéresser à l’énigmatique Kate.

Une lecture qui vous fera passer un très bon moment, sans fioriture ni temps mort, une jolie et belle romance. 
J’aurais toutefois préféré une fin un peu plus développée, on quitte nos héros un peu trop brutalement, j’aurais aimé encore les suivre, lire quelques chapitres supplémentaires ou pourquoi pas une suite ?.

Le point fort du roman ? L’auteure traite de la place de la femme à cette époque, Kate est une femme impliquée, qui ne se résigne pas au rôle que la société lui donne. J’ai aussi beaucoup aimé l’humour de Kate. Une héroïne complète et comme je les aime ! 


Un roman pour tous les amateurs de romans historiques ou qui voudrait justement découvrir la romance historique. Fabiolo Chenet m'a convaincue. 



Honorables intentions de Fabiola Chenet - romance historique, 19e - Angleterre - 304 pages, 7.99€ - Édition Charleston, collection Diva poche, en librairie le 9 janvier 2018
mercredi 13 septembre 2017

[avis] Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier



J’ai apprécié ce premier livre d’Emmanuelle Favier, je ne connaissais pas du tout cette coutume de
 « vierge jurée » ou plus précisément vierge sous serment. 
Une tradition ancestrale qui existe encore de nos jours dans le nord de l’Albanie c’est ce que nous relate en partie l’auteure.

Si j’ai aimé ce livre, plusieurs faits m’ont empêché d’être complètement immergée dans le récit.
Je regrette que l’auteure choisisse une voix différente de celle du début pour continuer son roman, un choix qui est pourtant intéressant, mais qui m’a détournée du thème principal des vierges jurées ».
Je ne peux vous révéler cette autre direction sans vous spolier le livre

La lecture démarre dans un petit village de montagne, un inconnu se présente à la porte de Manusche, il cherche le chef du village pour lui demander hospitalité, autre coutume qui a lieu dans ces contrées celui de demander le droit de rester et de s’établir.
Très vite Adrian, beau et charismatique, conquit le village en entier et surtout Manusche, elle est respectée par tout le village, elle y vit depuis des années.
C’est une vierge jurée depuis qu’elle a refusé le mariage prévu par sa famille, oui les mariages arrangés ont toujours lieu dans cette partie du monde.
Manusche a donc prêté serment, elle vit, s’habille comme un homme ce qui ne l’a jamais gênée jusqu’à l’arrivée du bel Adrian.
Il perturbe tout ce en quoi elle croyait et respectait, elle se sent de nouveau femme, elle comprend qu’elle a encore le droit d’aimer, mais cet homme l’aimera-t-il ?
Adrian cache de lourds secrets que l’on découvre au fil de la lecture, l’auteure oriente d’ailleurs beaucoup plus son récit sur le passé d’Adrian et ce qui l’a mené jusque dans ces montagnes.

L’écriture de Emmanuelle Favier est poétique, la comparaison qu’elle fait des rivières aux femmes m’a plu, du moins j’ai compris le titre comme cela.
Les femmes comme les rivières suivent une vie, semée d’embûches de courant, bon ou mauvais, les choix de route, de vie peuvent s’avérer désastreux et dangereux, il leur faut du courage pour mener leur existence comme elles l’entendent. 
Il faut le dire même si notre société a évolué on reste dans une société patriarcale, combien de pays dans le monde ignore l’avis des femmes ?

Ce qui est arrivé à Adrian, les pas qui l’ont mené jusque chez Manusche m’ont fortement émue, je ne m’attendais pas du tout à ce rebondissement.
La cruauté de l’être humain ne devrait plus m’étonner, mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut rejeter des personnes qui mènent des vies différentes des nôtres.

Même si l’écriture est belle, très (trop) lyrique j’ai trouvé que certains détails, sans importance, dans l’intrigue prenaient beaucoup trop de place, un roman qui est beau, mais justement à vouloir écrire des phrases très poétiques l’auteure casse le rythme qui en devient lassant, choix que je trouve dommageable, car je me suis perdue en cours de lecture, j’ai perdu en émotion pour des sujets pourtant très sensibles et d’actualité.

C’est l’histoire de personnes brisées, prises en étau par le poids des traditions que j’ai trouvé cruel à certains passages.
C’est une belle histoire d’amour, absolument pas classique (dans le sens d’un autre âge) comme on pourrait le croire. Une histoire de vie(s).

Un livre qui fera hurler les féministes tant cette coutume paraît archaïque et pourtant elle existe encore.


Vous l’avez compris j’ai aimé ce roman, mais j’ai été chagrinée par trop de petites choses qui ont perturbé ma lecture et pourtant je le recommande, car il est très intéressant, à lire si le style de l’auteure ne vous rebute pas et en ayant bien conscience que le thème annoncé en 4e de couverture n’est pas le sujet principal, mais un fil conducteur.

Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier - roman contemporain - Littérature française - 224 pages, 17€ - Édition Albin Michel- En librairie le 23 août 2017
mercredi 23 août 2017

[avis] Comme de longs échos de Elena Piacentini




Sans être un coup de cœur j’ai adoré cette lecture faire en commun avec Laure du blog boulimie livresque.
Je ne connaissais pas du tout l’écriture d’Elena Piacentini, je ne savais même pas qu’elle avait déjà écrit d’autres romans, je n’ai qu’une envie approfondir ma connaissance de l’auteure originaire de Corse, Lilloise d’adoption.

Dans ce roman noir/polar, nous suivons Mathilde Sénéchal, capitaine de police de Lille, elle travaille sous les ordres de son mentor Albert Lazaret bientôt à la retraite, à leurs côtés il y a aussi la nouvelle recrue Sylvie Muller, les lieutenants Delage et Squalli. Si je prends le temps de vous parler de l’équipe c’est parce que Mathilde Senechal est le nouveau personnage de Elena Paicentini, un protagoniste bien intriguant, une femme qui s’est forgé une carapace, elle a la phobie de la menthe, fait des cauchemars liés à son enfance, mais l’auteure nous laisse avec de nombreuses questions qui, je suppose, seront abordées dans un prochain tome, prochain opus qu’il me tarde déjà d’avoir entre les mains.

L’équipe enquête sur le meurtre de la jeune mère de famille, Chloé Dussart et l’enlèvement de son bébé Quentin âgé de 3 mois dans un quartier de la cité Franchomme à Lille.
Toute la police, les médias sont sur la brèche pour tenter de retrouver vivant l’enfant, le temps joue contre eux.
Premier suspect le mari, Vincent Dussart.

Nous suivons alors l’enquête, tout l’entourage du couple est passé au crible, le suspens est maintenu tout au long du récit, j’ai douté tout au long de ma lecture sans pouvoir mettre de nom sur mes soupçons.

Les chapitres courts font de cette lecture une lecture très addictive, addiction renforcée par quelques chapitres sur Lui et vers la fin sur Elle.
Ces passages, heureusement pas trop longs et nombreux, sont ceux qui m’ont moins plu, le narrateur utilise un phrasé très onirique, Il et Elle expriment leurs pensées qui étaient difficilement compréhensibles pour moi sauf à la fin quand le voile se lève sur le mystère. 
À aucun moment, on ne connaît leur identité, l’auteure utilise juste ces pronoms pour les identifier.

L’écriture de Elena Piacentini m’a particulièrement plu, elle crée des êtres torturés, imparfaits, je l’avoue, j’aime quand un enquêteur n’est pas lisse.
Si j’ai eu du mal au début à m’attacher à Mathilde et Lazaret vers les 3/4 du livre ce n’était plus le cas.

On a une double intrigue, la principale avec le meurtre et l’enlèvement et le mystère qui entoure ce personnage charismatique de Mathilde.
On veut en savoir plus sur elle et sa vie.
Seule lueur dans son quotidien, la seule personne à qui elle sourit c’est à sa petite voisine Marlène, une enfant de 12 ans attachante, futée souvent livrée à elle-même qui s’est fortement attachée à l’inspectrice solitaire.

J’ai aussi grandement apprécié un personnage qui apparaît très tôt dans le roman, un inspecteur de l’Ariège, qui a préféré arrêter sa carrière, mais dont une affaire non résolue le taraude toujours, il s’agit de Pierre Orsalhièr, reconverti depuis en photographe et guide de montagne.
L’affaire de Lille et celle de Toulouse où Pierre enquêtait semble être liée, du moins Pierre le pense. Là aussi une mère avait été assassinée et un nourrisson jamais retrouvé.
Pierre va faire le voyage jusque Lille afin de pouvoir faire un lien éventuel.

Dans ce polar noir, Elena Piacentini nous dépeint le monde tel qu’il est, la misère et les faux-semblants, les déviances et les secrets. Elle n’enjolive rien.
J’ai adoré la mythologie égyptienne qui est liée à l’affaire même si j’aurais voulu une plus longue explication lors du dénouement, le sujet est original, la manière de l’aborder intéressante, mais il m’a manqué de développement pour que je l’apprécie encore plus.
Elle s’est inspirée d’un fait divers survenu dans l’Aveyron « l’affaire Von Matt »

En bref une très bonne lecture s’il n’y avait pas eu ces passages trop subjectifs pour moi, une mythologie intéressante même si pas suffisamment développée à mon goût, une découverte d’une nouvelle auteure dont la plume m’a embarquée et que j’ai hâte de retrouver.

Des personnages bien construits, j’ai aimé leurs failles, leur air rustre, un mystère et un suspens constant, ce roman est très bien même si j’ai l’impression que l’auteure s’est un peu trop attachée à nous présenter ses personnages et leur psychologie au lieu de mieux exploiter son intrigue même si le doute plane jusqu’à la fin du livre.

Comme de longs échos de Elena Piacentini - Polar/roman noir - Fleuve Édition - 288 pages, 19.90€
A paraître le 24 août 2017
mercredi 16 août 2017

[avis] Encore Vivant de Pierre Souchon




Je ne savais pas en commençant ce livre que c’était une autobiographie, comme d’habitude je n’ai pas lu la 4e de couverture en le commençant.

C’est un roman qui m’a beaucoup touché, un homme, Pierre Souchon, journaliste vous raconte sa bipolarité.

Le début du roman commence sur une crise, l’homme voit le mal partout et se réfugie sur une statue.
De là, c’est l’internement.

Il nous raconte avec force, lucidité, parfois avec humour, mais aussi sans mâcher ses mots ce qu’il vit depuis son adolescence.

Il dénonce la médecine à 2 vitesses, la société actuelle tellement individualiste, qui condamne sans chercher à d’abord comprendre l’autre.
Les crises maniaco-dépressives qui lui sont arrivées, la façon dont il a été soigné ou pas soigné du tout.

On lit les dialogues avec son père, dialogues pleins d’amour entre les 2 hommes, il raconte la campagne, son Ardèche natale et les difficultés des exploitants aujourd’hui.
Il raconte les autres malades qu’ils croisent, le regard que porte la société sur ces gens, sur lui.
Les erreurs de diagnostic ou les médecins qui soignent en ayant perdu leur humanité, car c’est ce qu’il réclame lui, de l’humanité, pour lui, pour tous.

Avec beaucoup de force et de courage il se met totalement à nu vous narrant sa dernière descente aux enfers et tout ce qu’il a perdu, son travail, son épouse Garance qu’il aime tellement.
Les traitements qu’il prend et qui lui font perdre ou oublier ce qu’il a pu faire la veille.

Un très beau témoignage à lire, durs à certains moments, on souffre avec cet homme brillant qui a tellement à dire, mais qu’on écoute plus forcément.
On veut aller jusqu’au bout du livre pour comprendre, pour le comprendre, pour les comprendre.

Je ne peux vous en dire plus si ce n’est que dans ce livre vous lirez bien sûr ce que c’est qu’être bipolaire, mais aussi les hôpitaux psychiatriques, ce que c’est d’être rejeté par la société, les différentes phases, les autres malades aussi, tous très touchants.

Beaucoup d’humanité ressort de ce roman. 

Encore vivant car oui je pense qu'il aurait pu mourir plus d'une fois, encore vivant car oui il a toujours droits à la parole, ils ont toujours droit à la parole, c'est ce que moi j'en déduis à la fin de ma lecture.

Un avis plus court mais je peux difficilement vous en dire plus. 

Encore vivant de Pierre Souchon - Autobiographie - Rentrée littéraire - 256 pages, 19.80€ - Édition Du Rouergue - Parution le 16 août 2017 
vendredi 11 août 2017

[Avis] La plage de la mariée de Clarisse Sabard


Clarisse je l’ai d’abord connue comme blogueuse, une femme que j’adore, une battante, j’ai terminé la plage de la mariée Zoé m’a fait penser à toi, sa force de caractère, son humour et son amour pour les robes des années 50.

La vie de Zoé bascule du jour au lendemain quand ses parents décèdent tous les 2 lors d’un accident de moto, sur son lit de mort la mère de Zoé lui révèle que celui qu’elle a toujours appelé papa n’est en réalité pas son père biologique, sa mère lui demande de le retrouver, le seul indice dont dispose Zoé c’est « la plage de la mariée ».
Zoé décide alors de prendre sa vie en main, elle quitte Nice et ses meilleurs amis, Maxime et Elsa, pour se rendre à Saoz.
À peine arrivée, un peu par hasard, elle entre dans une cupcakerie où Alice, la patronne, lui propose sur un malentendu de l’engager pour l’aider à servir les clients.
Contre toute attente, Zoé accepte après tout elle est là pour retrouver la trace de son père biologique, elle a besoin de travailler et de trouver un logement pour le temps des recherches sur ses racines.

Autant le dire de suite tout le petit monde qui fréquente la cupackerie d’Alice m’a charmée, ils me manquent tous, j’ai l’impression de laisser des amis en refermant le roman.
Gérard, Alice, Betty, Capucine, Gael, Quentin, Evan, Nicolas, Georges, Jérémie, Anita, Mavrick, Mous, Hamza, Hubert.
Clarisse prend le temps de dérouler le mystère qui entoure les racines de Zoé autour de cette cupcakerie, Zoé en débarquant à Plougarmor est loin de se douter qu’elle va se construire une famille non pas de sang, mais une belle et grande famille d’amis, des amitiés sincères et fortes.
Le début du roman a une petite touche fantastique avec cette légende de « la plage de la mariée » ensuite l’auteure vous emmène dans son intrigue, Zoé cherche son père, elle retrouve des amis de se mère et même plus, on l’accompagne de découverte en découverte, le suspens est maintenu tout au long du roman. Un véritable page-Turner, un roman feeling-good comme je les aime.
À côté de cette quête d’identité, il y a tout le petit monde qui entoure Zoé, chacun avec ses failles, ses espoirs et ses attentes.
Clarisse Sabard développe toute une série de sujets, tous intéressants autour de notre héroïne. Une héroïne qui m’a fait penser à Bridget Jones, et ce n’est absolument pas péjoratif, son humour, ses doutes quant à l’amour à son âge, ses troubles devant le beau Nicholas, son envie d’aider les autres quitte à se mêler de leur vie.
J’ai adoré le duo père et fille que forme Gael et Capucine, j’ai adoré l’humour pince-sans-rire de Gégé, Gérard, l’espièglerie de Betty, le bon cœur de Mous et Hamza, Jérémie et Anita, etc.
L’auteure nous parle de l’amour filial, mais aussi de l’amour entre hommes et femmes, de la seconde chance, de l’homosexualité, le deuil, le poids des secrets et des mensonges même s’ils ont été commis pour protéger quelqu’un, nous montre de ne pas se fier à la première apparence, des accidents de la vie, des regrets ou des remords.
Zoé est à la fois forte, elle affronte les soucis et secrets de famille à bras le corps et est une incorrigible romantique même si elle s’en défend.
En plus de l’intrigue j’ai adoré découvrir la Bretagne grâce aux descriptions des paysages et des plats typiques (j’ai eu l’eau à la bouche plusieurs fois), j’ai entendu les vagues s’éclater contre les rochers, j’avais l’impression de voir ces petites maisons de pêcheurs toutes colorées, de sentir les embruns, de voir la marrée montante.

J’ai vraiment adoré chaque moment passé dans la cupcakerie ou dans les bruyères ou encore à la plage, des sujets forts traités avec justesse, délicatesse et en même temps avec beaucoup de fraîcheur et d’humour par le biais de cette galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres.

La plume de l’auteure est maîtrisée, belle, rafraîchissante, j’ai adoré lire les pensées de Zoé mise en italique, j’ai ri à plusieurs moments. Tout comme j’ai énormément ri à cette partie de Loto.

J’ai été émue quand Zoé apprend toute la vérité, je m’étais doutée d’une chose, mais pas de l’entièreté. 
On élabore quantité de scénarios, on doute de chacun des habitants surtout que plusieurs d’entre eux ont l’air d’en savoir beaucoup plus qu’ils ne veulent le prétendre, j’ai été bluffée, car Clarisse m’a mené sur plusieurs mauvaises pistes, à chaque fois je me disais ça y est on va savoir eh bien non, il vous faudra attendre la fin du livre pour avoir enfin toute la vérité, le mystère et le suspens sont constants.

L’épilogue 2 ans après est parfait. J’ai adoré, j’aimerais tant retrouver les protagonistes dans un second tome.
Clarisse, tu as même réussi à m’émouvoir dans tes remerciements.
Il y avait longtemps que je voulais te lire, je l’avoue j’ai peur quand c’est quelqu’un que je connais même si ce n’est que virtuel jusqu’à présent, peur de ne pas aimer et de le dire, car tu le sais je suis toujours honnête dans mes avis, mais là c’est bon, tu m’as complètement charmée.


Saoz et ses habitants vont beaucoup me manquer, je les quitte avec un pincement au cœur. 
Je me console en me disant que j’ai ton premier livre à lire, celui par qui tout a commencé : Les lettres de Rose que je lirai très vite, car j’ai hâte de retrouver ta plume de conteuse, ton écriture toute en finesse cette faculté de traiter de sujets forts en y apportant ta fraîcheur. C’est toi, vraiment.

La plage de la mariée de Clarisse Sabard - roman contemporain, romance - littérature française - 448 pages, 19€ - Édition Charleston - Publié le 17 mars 2017
mardi 20 juin 2017

[Avis] Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard


Attention Page-turner hautement addictif.

Le moins que l’on puisse dire c’est que François-Xavier Dillard vous plonge directement dans l’horreur.
Le premier chapitre commence sur une personne enterrée vivante, elle ne sait plus qui elle est ni où elle est, elle vit 4 jours parmi les cadavres de sa famille.
Ensuite, nous passons à Fanny, Mickael et leurs jumeaux Arno et Victor, Fanny est une fleuriste réputée de Paris et Mickael un peintre renommé.
La cinquantaine entamée ils règlent leur vie autour de leurs enfants maintenant que leurs affaires fonctionnent bien, ils peuvent se permettre de moins travailler.
On ouvre un autre chapitre sur le commissaire Dubois à l’enterrement de sa mère, il reçoit un SMS, un chirurgien plasticien qui opérait les stars a été assassiné avec un acharnement bestial dans son cabinet. Il est rejoint sur la scène du crime par son collègue Michaud.

François-Xavier Dillard délivre au gré de ses chapitres des pièces de puzzle qu’il vous faudra assembler pour comprendre comment toutes ces personnes peuvent être liées.
De Brisbane à Paris l’auteure vous plonge au cœur de l’horreur, vous incitant à toujours lire plus, on veut comprendre.

Les chapitres courts, mais denses en émotion donnent un rythme effréné au récit.

Que dire des personnages, ils sont tous très bien décrits dans leur psychologie, peu à peu on comprend toutes les implications, les relations.
Les secrets de famille inattendus, l’atrocité vient d’un des protagonistes auquel on ne peut pas penser au début, peut-on s’attacher à un monstre... oui, j’ai été prise d’empathie du moins j’ai tenté de comprendre les gestes, même si je ne l’explique et que c’est pour moi inenvisageable, inadmissible pour la maman que je suis. Je peux le comprendre sans l’accepter.

François-Xavier Dillard nous offre un Thriller psychologie, nous sommes plongés dans les syndromes post-traumatiques et tout le chaos, la misère, l’horreur, la noirceur qu’il peut en découler s’il n’est pas soigné mais gardé secret.
Il raconte l’amour maternel, mais dans ce qui a de plus noir.

Il aborde aussi le thème de la gémellité avec Arno et Victor, j’ai aimé la relation de ces enfants même si ce n’est pas dans le sens que vous pensez.

Je ne peux rien révéler, il faut absolument que vous le découvriez vous-même.

Si le début avait débuté sur les chapeaux de roue la fin n’a rien à lui envier, les 30 derniers pages nous plongent dans l’horreur, la peur, l’angoisse.
Et cet épilogue : nickel, un beau twist que je n’ai pas vu arriver.

Sans être un coup de cœur absolu, j’ai adoré ce livre.

Si vous aimez les thrillers psychologiques, lisez-le !

Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard - Édition Belfond - Thriller psychologique - 320 pages, 18,50€ - Sorti le 15 juin 2017. 
lundi 19 juin 2017

[Avis] Embruns de Louise Mey


J’ai hésité entre 4,5/5 et 5, ce sera un 5, car je me suis fait avoir, je n’ai rien vu venir et pourtant je suis difficile à berner.

Premier chapitre : une jeune femme est enfermée, attachée, un homme lui donne une bassine, elle sait ce qu’il va se passer, nous, lecteurs on s’en doute.
Ensuite nous suivons la famille Moreau, ils partent en vacances le temps d’un week-end de juillet sur une petite île de Bretagne. À peine peuplée.

Béa, Chris et leurs enfants, Bastien et Marion, forment la famille parfaite, les parents s’aiment comme au premier jour, ils réussissent tous deux leurs carrières respectives, architecte pour Bea, rédacteur en chef d’un magasine pour Chris.
Leurs enfants font leur fierté à 22 et 17 ans ils sont bien partis pour suivre l’exemple de leur parent.
Une famille bon chic bon genre, sensible à l’écologie, respectant la chaîne alimentaire bref des gens charmants, bien sous tout rapport.
Ils passent un séjour tranquille, loin du tumulte de leur vie, pas de GSM, il n’y a pas de réseau que l’île, tant mieux ils passeront plus de temps à 4.
S’ils sont sur l’île, c’est aussi pour aider Marion à combattre sa phobie de l’eau.
Dès le premier jour c’est décidé, ballade en famille, promenade sur la plage, bon repas de poissons frais.
Le second jour, le temps se gâte, Chris, Béa et Bastien partent quand même en balade, en rentrant ils ne retrouvent pas Marion censée préparer le dîner pendant leur ballade.
Où est-elle ? Elle si obéissante n’a même pas laissé de mot expliquant à ses parents où elle allait.
Béa n’y croit pas, sa fille n’a pas désobéi, elle est persuadée qu’elle a été enlevée.
La tempête fait rage dehors, la nuit n’est pas encore tombée, mais il fait déjà noir, la pluie, le vent, tous les éléments semblent ligués contre eux.
Ils vont recevoir de l’aide de quelques habitants de l’île, on recherche Marion activement, à l’ancienne car pas de téléphone, plus d’électricité.

Louise Mey vous entraîne dans un huis clos incroyable, vous tournez les pages pour savoir le fin mot de l’histoire.
La jeune fille du début est-ce que c’est Marion ?

La sensation d’angoisse est renforcée par ce temps, la tempête, la vraie, il fait noir tout le temps.

L’alternance des points de vue renforce encore la vitesse de lecture, des chapitres courts donnent au récit un rythme effréné.
Soyez assuré d’avoir quelques heures devant vous avant de le commencer, si vous le lisez au soir (comme moi) la sensation d’oppression est encore plus présente, j’étais complètement dans le roman.
Je ne l’ai pas arrêté, il me fallait avoir le fin mot de l’histoire, qu’était-il arrivé à Marion, cette si gentille jeune fille.
Les Moreau semblent garder tout le temps leur sang-froid, ils vacillent quelque peu quand Marion disparaît, mais très vite ils se ressaisissent. Surtout Béa le pilier de la famille.
Une psychologie bien développée même s’il m’a manqué de petites choses par-ci par-là.

Arrivons à la fin, cette fin, ces 50 dernières pages OMG j’ai relu 2 fois un passage pour être certaine d’avoir bien lu.
L’auteure m’a roulé dans la farine, avec une de ces facilités.
Rien vraiment rien n’aurait pu éveiller un soupçon, j’ai émis trente-six mille hypothèses j’aurais pu encore essayé, si j’ai eu un doute sur un personnage, ce n’était sûrement pas sur le pire.
C’est frustrant quand on lit un tel roman et qu’on ne peut pas en dire plus, mais waouhhh ce twist, ce retournement de situation !!

En résumé à lire si vous aimez les thrillers psychologiques, les huis clos,  les romans mêlant les agneaux et les monstres.

Une auteure à suivre, je n’ai pas encore lu son premier roman : les ravagées, il est dans ma bibliothèque je vais très vite le sortir. Il est sorti en poche chez les éditions Pocket si vous êtes intéressés.




Sans être un coup de cœur pour les quelques explications que j’aurais aimé avoir, et encore je pinaille sur des détails, ce livre est parfait. 

Embruns de Louise Mey - Fleuve Édition - 336 pages, 18,90€ - Thriller psychologique - Sorti le 11 mai 2017
lundi 29 mai 2017

[Chronique] La tresse de Laetitia Colombani


Le destin de 3 femmes d’origines différentes, Smita l’Indienne, Giulia la Sicilienne, Sarah la Canadienne.

Toutes 3 sont prisonnières de leur culture ou de leurs responsabilités, elles refusent de se laisser stigmatiser, elles ne veulent pas de la discrimination ni des barreaux de prison de leur cage dorée.
Elles sont toutes 3 soumises à leurs conditions de femmes, certes de façon différente, la société n’est pas la même en Inde qu’au Canada.

Trois femmes fortes qui veulent vaincre le sort. Elles se révoltent contre leur sort, leur destin 
elles veulent être maîtresse de leurs choix : reléguées au ban de la société pour Smita, sauver l’entreprise familiale pour Guilia, ne pas perdre son poste d’avocat associé pour Sarah.

Elles refusent de renoncer face à la fatalité ; elles ont une confiance en la vie qui l’a remplissent d’énergie. 
Elles sont prêtent à gravir des montagnes, au sens comme au sens figuré pour leur famille.
Elles luttent contre les traductions, convenances, leurs conditions.

Toutes 3 sont liées, comme une tresse. Pourquoi ? Je vous laisse lire le roman.

L’écriture de l’auteure est fluide, simple, mais dans le bon sens. 
Nous changeons de narrateur chapitre après chapitre prenant la voix de Smita, Giulia et Sarah.

L’auteure ménage le suspens, il faut attendre la fin pour comprendre comment ces 3 femmes qui ne se sont jamais rencontrées vont être liées, et c’est beau. Oui très beau.

J’ai aimé aussi le parti pris de l’auteure pour choisir 3 femmes de confession religieuse différente : l’Hindouisme, la chrétienté et le judaïsme. 
Attention l’auteure ne fait que souligner leurs religions, l’intrigue ne porte pas du tout sur de sujet.
Un court roman, 226 pages, qui se dévorent.

Il sent le curry, on entend les « mamas » on écoute la neige tomber. 
Un roman empreint d’humanité.
Un message passe par ce livre : 
tous autant que nous sommes, nous sommes avant tout humain peu importe l’endroit d’où l’on vient, notre religion ou notre nationalité.

Quelques citations pour vous montrer la beauté de ce roman :

"Ta volonté est grande. Je crois en ta force, en tes capacités. Tu dois persévérer. La vie a prévu de grandes choses pour toi. Un bruit aigu retentit."

"Depuis quelque temps, elle ne reconnaît plus sa fille. Giulia d’ordinaire si sage, si posée, si docile, se montre étonnamment obstinée. Une détermination nouvelle s’est emparée d’elle. Dans son combat pour sauver l’atelier, elle a refusé d’abdiquer."

"Sarah contemple son reflet. Ce qu’elle avait perdu, il lui semble alors que cette chevelure le lui rend. Sa force, sa dignité, sa volonté, tout ce qui fait qu’elle est elle, Sarah, forte, fière. Et belle.

Elle ne sera plus jamais Sarah Cohen, cette femme puissante et sûre d’elle que beaucoup admiraient. Elle ne sera plus jamais invincible, plus jamais une super-héroïne. Elle sera elle, Sarah, une femme que la vie a malmenée, entamée, mais elle sera là, avec ses cicatrices, ses failles et ses blessures." 

La Tresse de Laetitia Colombani - Edition Grasset - Littérature Française - Roman Contemporain - 224 pages, 18€ - Sorti le 10 mai 2017.
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