Affichage des articles dont le libellé est Philip Pullman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philip Pullman. Afficher tous les articles
lundi 20 novembre 2017

[Avis] La belle sauvage, tome 1 de ¨Philip Pullman


Cher lecteur, je suppose que tu connais la trilogie de Philip Pullman ? Si ce n’est pas le cas, tu as mon avis sur le premier tome ici.
Quel bonheur de retrouver tant d’années après l’univers de l’auteur !

La belle sauvage est le premier tome d’une nouvelle trilogie qui se passe avant "La croisée des mondes".
J’avais un peu peur ; une prequelle tant d’années après, est-ce que j’allais être autant embarquée ?
Est-ce que cela n’allait pas être le livre de trop ?
La barre était haute avec sa première saga. 
Eh bien non, cher lecteur, toutes mes craintes ont été apaisées. 
J’ai passé un merveilleux moment de lecture, j’ai déjà hâte d’avoir le deuxième opus entre mes mains.

Dans ce tome, Lyra n’a que 6 mois, ce livre nous raconte la genèse de sa naissance, pourquoi tant de monde la recherche ; pourquoi Lord Asriel n’a pu s’en occuper ; les griefs de Madame Coulter en son encontre ; la prophétie qui a été faite par les sorcières.
Bref, tout un tas d’explications que nous n’avions pas eu dans les livres précédents ou alors des renseignements qui avaient été juste effleurés.

Clairement, si vous n’avez pas lu "La croisée des mondes", vous pouvez lire ce premier opus sans être perdu et si vous l’avez lu vous apprendrez de nouvelles informations.

Ce livre est un tome un, on a beaucoup de nouveaux personnages, d’autres que l’on connaît.
Malcolm Posthead, jeune garçon de 11 ans, vit et travaille à l’auberge de ses parents « La truite ». Poli et travailleur, avide de savoir, il aime débarrasser les tables de la salle et discuter avec les érudits. Le cœur sur la main il va aussi, très souvent, aider les sœurs du Prieuré de Sainte Rosamund situé de l’autre côté du fleuve, il le traverse grâce à sa barque surnommée « la belle sauvage ».
C’est ainsi qu’il va entrer dans la toute jeune vie de Lyra et de son fidèle Daemon Pantalaimon. En effet, les sœurs ont recueilli Lyra et la protègent, personne ne doit savoir qu’elle se trouve là.
Bien malgré lui il sera aussi amené à espionner les agents à la solde de l’église catholique en pleine inquisition, il ramènera tout ce qu’il entendra à l’auberge auprès de Hannah, une érudite qui travaille sur les significations de l’aléthiomètre, et qui, sous ses airs timides, a été aussi réquisitionnée par l’Oxford Street. 
Une organisation composée de personnes haut placées qui essaient de remettre en place une démocratie juste et honnête.
Lyra est liée à tout ceci, mais je n’en dirai pas plus si ce n’est que Malcolm et l’aide-cuisinière de l’auberge, Alice, 13 ans je dirais, auront un rôle très important à jouer pour sauver Lyra du danger qui la menace, des dangers même. 
Vous apprendrez comment et pourquoi Lyra est arrivée à Jordan Collège.

Comme dans la précédente trilogie, l’univers créé est riche et les thèmes abordés importants ainsi nous avons la critique de la toute-puissance de l’église, que l’on peut juxtaposer à toutes les religions et tous les pays sous dictatures.
Un climat de délation règne, sournois, les prêtres engagent des enfants qui eux pensent agir pour le bien en dénonçant ceux qui ne suivent pas leurs préceptes, ils appellent cette organisation « la Ligue de Saint-Alexandre ».
Ce que j’ai préféré dans ce tome c’est son héros, Malcom, jeune et pourtant réfléchi, dès qu’il rencontre Lyra un lien les unit et il fera tout ce qu’il peut pour la protéger.

Malgré tous ces points positifs, c’est un premier tome, l’univers se met lentement en place, Philip Pullman assied le monde qu’il a créé, je pense surtout pour ceux qui ne l’auraient jamais lu
Malgré tout, le suspens est maintenu tout au long et surtout dans la deuxième partie qui se passe en grande partie à bord de la belle sauvage.
Vous comprendrez la relation unique qui existe entre le Daemon et son « humain » l’attachement et le lien entre Pan et Lyra est beau et attendrissant à lire.
On en apprend davantage sur l’aléthiomètre, le magisterium qui a la science et la connaissance en horreur, ils veulent l’éradiquer et aussi sur cette étrange poussière, ce dernier fait n’est qu’effleuré dans ce premier opus ; j’ai vu que le tome 2 et 3 se passaient 10 ans après la première trilogie ; Lyra a 20 ans et je suppose donc que ce sera dans la suite que la poussière sera pleinement développée.

Relire Philip Pullman c’est passer un moment de lecture doudou, même si clairement il manque de tempo, que les tenants et aboutissants se mettent lentement en place, que les personnages sont nombreux, mais auront soit une grande importance dans la trilogie déjà sortie ou dans celle-ci comme Malcolm.

Voilà cher lecteur, non seulement j'ai retrouvé avec tellement de bonheur l'auteur mais c'est aussi ma première chronique en tant que chroniqueuse Gallimard jeunesse,  j'en suis tellement contente. 
Je te retrouve demain mais cette fois avec un polar et bien sûr le Top Ten Tuesday 

La belle sauvage, tome 1 de Philip Pullman - Traduction de Jean Esch et  Illustrations de Chris Wormell - roman ado, jeunesse à partir de 10 ans, fantastique, aventures - 544 pages, 22€ - 
Édition Gallimard Jeunesse, On Lit plus fort, en librairie le 16 novembre 2017
mardi 12 septembre 2017

[Avis] A la croisée des mondes, tome 1 : les royaumes du nord de Philip Pullman



On parle souvent sur les blogs de la saga Harry Potter et même si celle-ci sera toujours, je pense, la plus importante dans mon cœur, « La croisée des mondes » est aussi une saga merveilleuse que j’ai pris plaisir à relire.
En novembre sortira la nouvelle trilogie de Philip Pullman, c’était l’occasion de relire cette saga afin de me replonger dans l’écriture de l’auteur. 
Je vous donne mon avis cette semaine sur le tome 1 : les royaumes du Nord
(le tome 2 est « La tour des anges », le 3 « Le miroir d’ambre »)

Ce premier opus se déroule dans un monde proche du nôtre, Oxford, Londres, l’Allemagne, la Laponie ou l’Afrique existent, mais Philip Pullman y apporte une touche de fantastique avec les daemons (je vous explique juste après), les sorcières, les ours en armures qui communiquent comme les humains, mais aussi une petite dose de steampunk à l’image des dirigeables et des différents outils de navigations rencontrés dans le roman
Nous suivons Lyra, elle vit à Oxford au Jordan College en compagnie des Érudits, ses parents étant décédés elle n’a plus que son oncle, Lord Asriel, celui-ci est un scientifique qui n’a que peu de temps à lui consacrer entre ses différentes expéditions. 

Lyra, notre héroïne est espiègle, elle a un côté garçon manqué, elle joue des tours aux érudits, elle se bat contre les gitans ou les élèves des autres collèges, elle fouille les endroits interdits du collège toujours en compagnie de son meilleur ami Roger. 
La vie de Lyra, jusqu’à présent faite de jeux et de bêtises, prend un tour beaucoup plus grave quand elle apprend que des enfants disparaissent et surtout quand c’est le tour de son meilleur ami Roger.
Nul ne sait qui l’a emmené ni où il peut se trouver.
Ces mystérieux ravisseurs portent le nom d’enfourneurs.
Sa vie au collège aussi se termine, il est temps pour elle d’aller à l’école, Madame Coulter se propose de l’accueillir, de la prendre comme assistante dans ses recherches. 
Au cours d’un dîner chez sa mystérieuse bienfaitrice elle apprend en écoutant partout, comme elle a l’habitude le faire, que son oncle est retenu prisonnier en Laponie ; plus inquiétant encore, elle comprend que Madame Coulter est la dirigeante du Conseil d’oblation mieux connu sous nom des enfourneurs. 
Lyra ne peut pas rester dans cette maison, elle n’a pas peur pour elle, mais elle doit sauver Roger et libérer son oncle. 

Toutes ces révélations vont la mener dans une grande aventure vers les royaumes du Nord, elle devra faire confiance à des gens qu’elle a toujours méprisés : les gitans ; à des êtres qu’elle ne connaît pas : les sorcières, combattre des ours en armures toute seule, enfin presque, car Philip Pullman crée une mythologie que j’adore : chaque enfant et adulte ont un daemon (à prononcer comme démon), mais ce n’est pas du tout des êtres maléfiques, au contraire. Ils sont intimement liés à l’être humain, à la fois ange gardien et âme (je l’interprète comme cela), ils prennent la forme d’animaux variés, ils peuvent changer de forme jusqu’à la puberté de l’enfant.
À ce moment, le daemon prend sa forme définitive qui se rapproche souvent du caractère de l’humain auquel il est lié. 
Le daemon de Lyra est Pantalaimon ou Pan.
Je me suis fortement attachée à Lyra et Pan, même si Lyra a ce côté, par moment, insupportable, en se vantant de tout savoir, elle est dotée de beaucoup de qualité : elle est loyale, obstinée, intelligente, rusée, elle place l’amitié avant tout, elle est têtue ce qui peut parfois lui jouer des tours, elle fonce sans penser au danger, souvent téméraire bravant sa peur pour sauver les êtres qu’elle aime.
Oui, il y a Roger et son oncle, mais elle rencontrera pendant sa quête John Faa, le roi des gitans, Fader Coram un des gitans les plus âgés, qui prendra un peu le rôle de tuteur et grand-père de Lyra, Iorek Burnyson, un ours en armure rejeté par les autres de son espèce, Serafina la sorcière, Scoresby l’aéronaute.
La petite fille s’attachera au fur et à mesure à chacun d’entre eux se sentant responsable de leur sort.

Lyra, depuis sa fuite, est recherchée par tout un tas de personnes, des humains aux êtres fantastiques, elle ne le sait pas, mais elle est très célèbre, elle doit accomplir sa destinée sans recevoir de l’aide.
Sur ses épaules repose la vie ou la mort du monde, seul son outil, que le maître des érudits lui a donné avant son départ du Jordan Collège, l’alethiomètre peut l’aider. C’est une sorte de boussole gravée de symboles à qui elle peut poser des questions en pensée et qui lui répond avec des aiguilles. 

C’est dans une grande épopée que l’auteur nous emmène, le premier tome est découpé en 3 parties, chacune ayant de gros rebondissements, des mensonges révélés, des vérités qui éclatent.
Les certitudes de Lyra volent en éclat, tout ce qu’elle pensait de sa vie n’est que mensonge, ce qui la conforte encore plus dans ce sentiment d’urgence à sauver Roger et son oncle, les seuls sur qui elle pense pouvoir compter. 

Plusieurs révélations m’ont étonnée, mais je ne peux vous en parler. Ces rebondissements poussent le lecteur à vouloir avancer dans le roman pour comprendre les tenants et aboutissants.
On craint pour Lyra à laquelle on s’y attache de plus en plus tout comme Pan qui est autant en danger qu’elle puisqu’ils sont liés. 

Au-delà de l’univers riche construit par l’auteur et les personnages charismatiques rencontrés, ce que j’aime le plus dans cette saga, c’est les notions, les leçons, que Philip Pullman donne à ses jeunes lecteurs, ses romans sont quand même destinés à la jeunesse, je trouve important que ces choses soient dites même si j’y ai plus prêté attention à ma deuxième lecture et avec mon regard d’adulte. 
Les notions dont Philip Pullman parle sont celle de l’entraide, que la force ne fait pas tout, mais qu’il faut faire preuve d’intelligence, qu’il est inutile de se battre ou se disputer pour une insulte, que s’expliquer vaut mieux, que la nature est belle et a besoin d’être préservée, que l’entente entre peuples différents est importante pour s’en sortir, qu’il ne faut pas juger sur l’apparence à l’image des daemon ou même des ours.
C’est utile à rappeler aux enfants, aux ados, mais aussi aux adultes. D’ailleurs, Philip Pullman ne les oublie pas, il dénonce la toute-puissance de l’église, à certaines époques de l’histoire, comment elle pouvait agir en despote, mais aussi la corruption de la politique. 
Chaque lecteur trouvera écho dans ce roman.

Un autre aspect qui m’a passionné c’est sa façon de mêler la science et le fantastique, il prend des éléments que nous connaissons, les particules élémentaires apprises à l’école en la mélangeant à cette étrange Poussière dont l’église a si peur.
Qu’est cette Poussière il vous faudra lire le livre. 

Une des plus grandes forces de Philip Pullman est son écriture, c’est un virtuose des mots, il vous entraîne sans aucune difficulté dans son monde, il vous fait côtoyer des personnages que vous avez l’impression de connaître, des protagonistes à la psychologie très développée, le physique moins et c’est bien aussi ça que j’aime, n’a-t-il pas l’air de faire comprendre à ses lecteurs que ce n’est pas l’apparence qui compte, mais ce que vous êtes à l’intérieur ?
Même si les descriptions physiques ne sont pas omniprésentes il y en a assez pour vous imaginer les protagonistes.

Une plume vive, précise, riche, un monde et des objets qui se dressent devant vos yeux, vous sentez le froid de la Laponie, la peur des daemon, leur amour aussi et même leur désespoir. Si au début du roman la lecture peut paraître ardue avec ces détails scientifiques on passe bien vite au-dessus, Lyra évolue elle aussi, dans la première partie elle agit comme une enfant gâtée qui n’en fait qu’à sa tête pour devenir une fillette intelligente qui brave sa peur, surmonte ses angoisses.

J’ai énormément aimé l’ours Iorek et Fader Corman, même si j’ai aimé tous les principaux protagonistes, ceux-ci restent mes préférés. 
J’ai aimé la façon de l’auteur d’opposer les théories scientifiques aux dogmes religieux, des sujets et des thèmes variés et tous intéressants, des objets inventés originaux, un monde proche du notre sans l’être tout à fait, du suspens, de l’émotion, tout est réuni dans ce fantastique roman d’aventure initiatique, soyez juste assurés de posséder la suite dans votre bibliothèque, car ce premier opus se termine sur un gros cliffhanger

À lire de 10 à 80 ans, l’adulte que je suis a oublié son quotidien le temps de quelques heures si riche en aventures, j’étais aux côtés de Lyra et de Pan, d’ailleurs j’aimerais bien avoir un daemon moi aussi et devinez lequel il serait... une souris.


A la croisée des mondes, tome 1 : les royaumes du nord de Philip Pullman - Roman jeunesse, aventure, fantastique, steampunk - 282 pages, 8.90€ - Première édition en 2007 (pour mon intégrale) réédition en poche le 1 juin 2017 - Édition Gallimard jeunesse
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...