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mardi 10 avril 2018

[avis] Trouble vérité de E. Lockhart



En voilà un livre saisissant, un thriller YA pas exceptionnel, mais qui a le mérite de te tenir en haleine. 
Je ne pourrais te dire s’il est très différent de « Nous les menteurs », il est dans ma pal, mais je ne l’ai pas encore lu. 
Je te raconte tout cela dans un instant, mon cher lecteur.

Déjà, tu pourrais être déstabilisé par le procédé d’écriture, il est écrit à l’envers. Par des flash-back, parfois de 1 semaine, parfois de plusieurs mois, tu assembles peu à peu les pièces du puzzle que E. Lockhart t’a données. 

Tu rencontres dès le départ Jule en juin 2017 dans un hôtel chic du Mexique, alors qu’elle fait sa séance de sport quotidienne une femme l’aborde et engage directement la conversation, sur des sujets que Jule connaît. 
Le chapitre suivant se passe 7 semaines plus tôt à Londres. 
Jule est dans une auberge de jeunesse en train de lire l’ami commun de Dickens offert par sa meilleure amie Imogen Sokoloff. 
Je ne peux t’en dire plus sur le pitch sans te relever un indice. 

Peu à peu, chapitre après chapitre, tu vas comprendre l’amitié entre Imogen et Jule. Imogen, riche jeune femme, vit la vie au jour le jour et entraîne Jule dans cette spirale d’insouciance. 
D’abord en vacances dans sa belle villa de Martha’s Vineyard, ensuite Immie (le surnom d’Imogen) décide d’emmener son amie à Porto Rico. 

E. Lockhart va, au fil du temps qui remonte dans le passé, te dévoiler la psychologie des deux héroïnes, le lien qui les unit. 
Il va vraiment m’être difficile de te résumer ce titre et d’en parler comme je le fais d’habitude, car j’ai très peur de trop en dire. L’intrigue tient en peu de choses et c’est sur l’énigme que tu connais dès le départ que tu es entraîné. 

Je ne peux pas dire que le vocabulaire soit facile, j’ai trouvé le vocabulaire assez élaboré pour les jeunes de 13 ans (l’âge recommandé), l’écriture peut te perdre en cours de route, car il n’est pas toujours aisé de te glisser dans la peau de la narratrice Jule. Le procédé stylistique utilisé m’a parfois déstabilisé.

Jule c’est un véritable caméléon, autant psychologiquement que physiquement.
Ce ne sont pas les gens qu’elle rencontre qui s’adaptent à elle, mais elle qui s’adapte à toutes les situations. 
Imogen, elle, ne se sent à sa place nulle part, orpheline adoptée, elle a des parents adoptifs riches et qui l’aiment, mais cela ne lui suffit pas. 
Sait-elle au moins ce que c’est aimer ? Elle utilise ses amis comme des biens de consommation, que cela soit Forrest, Brooke ou Jule, même Scott que tu rencontreras plus tard dans le récit. 
À travers ses deux héroïnes l’auteure aborde ces thèmes : l’identité profonde, celle que tu montres et celle que tu es réellement, l’abandon et le manque d’amour, les traumatismes de l’enfance, le clivage entre les différentes classes sociales. Bon, je ne vais pas te dire qu’elle va les traiter en profondeur non, elle braque ton attention sur ses deux héroïnes. 
Qui sont-elles vraiment ? Imogen est-elle bien Imogen et Jule est-elle bien ce qu’elle prétend être ? 

Je ne peux pas non plus te dire que le rythme est trépidant, mais E. Lockhart en reculant comme ça, en te donnant des miettes te rend accro à ta lecture. Forcément, tu connais le dénouement puisque tu commences par cela, mais le pourquoi, le comment, te reste en tête un bon moment.
Lors d’un chapitre au 3/4, je dirais, tu penses que c’est bon, que tu n’auras plus de rebondissements ; l’auteure n’a pas fini de te surprendre. 
Il n’y a pas énormément de retournements de situation, mais quand il y en a ils te font froid dans le dos. 
C’est assez fou, car je me suis prise d’empathie pour deux personnes pas du tout gentilles. 

Dans sa lettre, E. Lockhart te dit qu’elle veut te rendre complice des crimes de son personnage et c’est vrai, tu réfléchis toi aussi à ce que tu aurais fait à sa place. 
J’ai aimé cette anti-héroïne, vraiment, je ne peux pas dire que ce sera un personnage inoubliable, mais voilà, le livre a fait que j’ai passé un moment... troublant. 
Je ne peux vraiment pas t’en dire plus. 
Je sais que mon avis doit te paraître aussi trouble que son titre, mais si je t’en dis plus je te spoile.

Tu prends des héros de comics, des grands romans de l’époque victorienne, deux jeunes femmes qui ne veulent plus de leur vie actuelle, différentes villes, des établissements chics, d’autres beaucoup moins ; tu mélanges tout et cela te donne «  Troublante vérité ». Un thriller psychologique YA, je trouve que 13 ans c’est un peu jeune sauf si c’est un bon lecteur. 
Il plaira à un large panel de personne, la preuve, j’ai 40 ans encore pour quelques mois et je me suis prise au jeu des matriochkas en ouvrant une, pour en découvrir une autre, et une autre, jusqu’a avoir la dernière, est-ce vraiment la dernière ? 
À toi de le découvrir si le livre te tente


Je lui donne une note de 3,5 pour la psychologie fine des protagonistes, mais ce n’est pas une lecture que je conseillerais à tous. Il y a du bon et du moins bon. Je reste mitigée sur l’ensemble ; plusieurs semaines après l’avoir lu, je ne peux pas te dire que les personnages me soient restés en tête…



Trouble vérité de E. Lockhart - Thriller jeunesse, Young Adult - 304 pages, 15, 50€ - Édition Gallimard jeunesse, en librairie le 12 avril 2018
lundi 29 janvier 2018

[Tag] Tag PKJ : 12 livres à lire en 2018

Aujourd'hui je vous propose un tag, je ferai bientôt le tag portrait chinois (lundi prochain) mais en attendant voici un Tag sur 12 livres à lire en 2018 proposé par Pocket Jeunesse


1) Le livre le plus attendu de l'année.
Question hyper difficile car j'en attends plusieurs j'en donne 3 (oui je triche) 
Tous les 3 pré-commandés, Le nouveau roman de Fleur Hana, Le gang des prodiges de Marissa Meyer ( parce que c'est Marissa Meyer) et le tome 2 de Un palais d'epines et de ronces de Sarah K. Mass 
Je suis sage parce que les livres que j'attends vont jusqu'en juin et je ne t'en ai mis que 3 ^^



2) Un livre PKJ.
Facile il est aussi pré commandé (merci mon mari)
Les derniers battements du coeur de Kelley York et Rowan Altwood, comment résister à Kelley York (même si je sais que je vais pleurer)


3) Une série que vous aimeriez terminer.
c'est une honte je les ai dans ma pal depuis la sortie et toujours pas lu, cette fois les copines Olivia et Carole m'ont mis au défi alors oui il sera lu, du moins, le tome 1 cette année ^^

4) Un livre d'un auteur que vous aimeriez découvrir.
Je n'ai jamais lu Michel Bussi,on en parle beaucoup et moi j'ai peur d'être déçue donc jamais acheté ni lu

5) Un livre que vous vouliez lire en 2017 mais dont vous avez repoussé la lecture.
Je ne veux pas le lire tant que la suite ne sera pas sortie mais pourtant acheté aussi à la sortie car je suis fan de la saga

6) Un livre qui traite de sujets d'actualité.
Je t'en parle cette semaine, il est magnifique il parle de la guerre en Irak et des réfugies en Europe, il sera en librairie jeudi : Ce soir, on regardera les étoiles de Ali Ehsani 

7) Le nouveau livre d'un auteur dont vous avez lu tous les livres (ou presque).
ICe sera Jay Crownover, j'ai lu tout ceux sortis en français mais il y a aussi le nouveau roman de Clarisse Sabar, de Amélie Antoine et de Agnès Martin-Lugand

8) Un livre dans votre genre de prédilection.
La couleur du mensonge de Erin Beaty le 22 février chez Lumen (et le tome 3 de The curse et le tome 2 de Shades of magic ben quoi je ne mets pas la photo ^^)


9) Un livre qu'on vous a conseillé.
Wonder de J. Palacio ( toujours pas lu pardon)


10) Un livre dont vous ne savez pas grand chose.
Je le remets, je ne sais pas si je peux, j'ai volontairement omis de lire les avis et le thread proposé sur Twitter par PKJ, je fonctionne en général comme cela je lis au feeling, ici c'est pour le nom de l'auteure sinon je ne connais rien de l'histoire
Le gang des prodiges de Marissa Meyer ( euh tu sais à quel point je suis fan où je dois te le répéter ^^)

11) Un livre écrit par un auteur de votre nationalité.
La lune est à nous de Cindy Van Wilder, belge et en plus voisine, on s'est souvent vue en salon ^^
j'aurais aussi pu dire Barbara Abel mais je ne l'ai jamais rencontrée.

12) Un livre que vous avez déjà lu en 2018 (bien joué!).
Je triche encore je t'en mets deux, je te les conseille (et aussi Elia, passeuse d'âme tome 2 de Marie Vareille)
Trois de tes secrets de Julie Buxbaum et Warcross de Marie Lu 

Et toi qu'aurais-tu répondu ? des livres en commun ?


jeudi 28 décembre 2017

[Top 2017] Partie 4 : les romans jeunesse


Comme promis aujourd'hui je vais te parler de mes romans jeunesses préférés de cette année, ils sont moins nombreux, mais tellement beaux, je n'ai eu que des coups de coeur dans les livres que tu verras ci-dessous en image. 
Un m'a marqué, mais tu le seras la semaine prochaine quand je ferai mon bilan de 2017

c'est parti, tous sont chroniqués sur le blog si tu veux en savoir plus mais crois-moi, mon cher lecteur, ce sont des pépites de la littérature jeunesse 

Des thèmes différents, des genres différents mais tous magnifiques








lundi 20 novembre 2017

[Avis] La belle sauvage, tome 1 de ¨Philip Pullman


Cher lecteur, je suppose que tu connais la trilogie de Philip Pullman ? Si ce n’est pas le cas, tu as mon avis sur le premier tome ici.
Quel bonheur de retrouver tant d’années après l’univers de l’auteur !

La belle sauvage est le premier tome d’une nouvelle trilogie qui se passe avant "La croisée des mondes".
J’avais un peu peur ; une prequelle tant d’années après, est-ce que j’allais être autant embarquée ?
Est-ce que cela n’allait pas être le livre de trop ?
La barre était haute avec sa première saga. 
Eh bien non, cher lecteur, toutes mes craintes ont été apaisées. 
J’ai passé un merveilleux moment de lecture, j’ai déjà hâte d’avoir le deuxième opus entre mes mains.

Dans ce tome, Lyra n’a que 6 mois, ce livre nous raconte la genèse de sa naissance, pourquoi tant de monde la recherche ; pourquoi Lord Asriel n’a pu s’en occuper ; les griefs de Madame Coulter en son encontre ; la prophétie qui a été faite par les sorcières.
Bref, tout un tas d’explications que nous n’avions pas eu dans les livres précédents ou alors des renseignements qui avaient été juste effleurés.

Clairement, si vous n’avez pas lu "La croisée des mondes", vous pouvez lire ce premier opus sans être perdu et si vous l’avez lu vous apprendrez de nouvelles informations.

Ce livre est un tome un, on a beaucoup de nouveaux personnages, d’autres que l’on connaît.
Malcolm Posthead, jeune garçon de 11 ans, vit et travaille à l’auberge de ses parents « La truite ». Poli et travailleur, avide de savoir, il aime débarrasser les tables de la salle et discuter avec les érudits. Le cœur sur la main il va aussi, très souvent, aider les sœurs du Prieuré de Sainte Rosamund situé de l’autre côté du fleuve, il le traverse grâce à sa barque surnommée « la belle sauvage ».
C’est ainsi qu’il va entrer dans la toute jeune vie de Lyra et de son fidèle Daemon Pantalaimon. En effet, les sœurs ont recueilli Lyra et la protègent, personne ne doit savoir qu’elle se trouve là.
Bien malgré lui il sera aussi amené à espionner les agents à la solde de l’église catholique en pleine inquisition, il ramènera tout ce qu’il entendra à l’auberge auprès de Hannah, une érudite qui travaille sur les significations de l’aléthiomètre, et qui, sous ses airs timides, a été aussi réquisitionnée par l’Oxford Street. 
Une organisation composée de personnes haut placées qui essaient de remettre en place une démocratie juste et honnête.
Lyra est liée à tout ceci, mais je n’en dirai pas plus si ce n’est que Malcolm et l’aide-cuisinière de l’auberge, Alice, 13 ans je dirais, auront un rôle très important à jouer pour sauver Lyra du danger qui la menace, des dangers même. 
Vous apprendrez comment et pourquoi Lyra est arrivée à Jordan Collège.

Comme dans la précédente trilogie, l’univers créé est riche et les thèmes abordés importants ainsi nous avons la critique de la toute-puissance de l’église, que l’on peut juxtaposer à toutes les religions et tous les pays sous dictatures.
Un climat de délation règne, sournois, les prêtres engagent des enfants qui eux pensent agir pour le bien en dénonçant ceux qui ne suivent pas leurs préceptes, ils appellent cette organisation « la Ligue de Saint-Alexandre ».
Ce que j’ai préféré dans ce tome c’est son héros, Malcom, jeune et pourtant réfléchi, dès qu’il rencontre Lyra un lien les unit et il fera tout ce qu’il peut pour la protéger.

Malgré tous ces points positifs, c’est un premier tome, l’univers se met lentement en place, Philip Pullman assied le monde qu’il a créé, je pense surtout pour ceux qui ne l’auraient jamais lu
Malgré tout, le suspens est maintenu tout au long et surtout dans la deuxième partie qui se passe en grande partie à bord de la belle sauvage.
Vous comprendrez la relation unique qui existe entre le Daemon et son « humain » l’attachement et le lien entre Pan et Lyra est beau et attendrissant à lire.
On en apprend davantage sur l’aléthiomètre, le magisterium qui a la science et la connaissance en horreur, ils veulent l’éradiquer et aussi sur cette étrange poussière, ce dernier fait n’est qu’effleuré dans ce premier opus ; j’ai vu que le tome 2 et 3 se passaient 10 ans après la première trilogie ; Lyra a 20 ans et je suppose donc que ce sera dans la suite que la poussière sera pleinement développée.

Relire Philip Pullman c’est passer un moment de lecture doudou, même si clairement il manque de tempo, que les tenants et aboutissants se mettent lentement en place, que les personnages sont nombreux, mais auront soit une grande importance dans la trilogie déjà sortie ou dans celle-ci comme Malcolm.

Voilà cher lecteur, non seulement j'ai retrouvé avec tellement de bonheur l'auteur mais c'est aussi ma première chronique en tant que chroniqueuse Gallimard jeunesse,  j'en suis tellement contente. 
Je te retrouve demain mais cette fois avec un polar et bien sûr le Top Ten Tuesday 

La belle sauvage, tome 1 de Philip Pullman - Traduction de Jean Esch et  Illustrations de Chris Wormell - roman ado, jeunesse à partir de 10 ans, fantastique, aventures - 544 pages, 22€ - 
Édition Gallimard Jeunesse, On Lit plus fort, en librairie le 16 novembre 2017
mardi 12 septembre 2017

[Avis] A la croisée des mondes, tome 1 : les royaumes du nord de Philip Pullman



On parle souvent sur les blogs de la saga Harry Potter et même si celle-ci sera toujours, je pense, la plus importante dans mon cœur, « La croisée des mondes » est aussi une saga merveilleuse que j’ai pris plaisir à relire.
En novembre sortira la nouvelle trilogie de Philip Pullman, c’était l’occasion de relire cette saga afin de me replonger dans l’écriture de l’auteur. 
Je vous donne mon avis cette semaine sur le tome 1 : les royaumes du Nord
(le tome 2 est « La tour des anges », le 3 « Le miroir d’ambre »)

Ce premier opus se déroule dans un monde proche du nôtre, Oxford, Londres, l’Allemagne, la Laponie ou l’Afrique existent, mais Philip Pullman y apporte une touche de fantastique avec les daemons (je vous explique juste après), les sorcières, les ours en armures qui communiquent comme les humains, mais aussi une petite dose de steampunk à l’image des dirigeables et des différents outils de navigations rencontrés dans le roman
Nous suivons Lyra, elle vit à Oxford au Jordan College en compagnie des Érudits, ses parents étant décédés elle n’a plus que son oncle, Lord Asriel, celui-ci est un scientifique qui n’a que peu de temps à lui consacrer entre ses différentes expéditions. 

Lyra, notre héroïne est espiègle, elle a un côté garçon manqué, elle joue des tours aux érudits, elle se bat contre les gitans ou les élèves des autres collèges, elle fouille les endroits interdits du collège toujours en compagnie de son meilleur ami Roger. 
La vie de Lyra, jusqu’à présent faite de jeux et de bêtises, prend un tour beaucoup plus grave quand elle apprend que des enfants disparaissent et surtout quand c’est le tour de son meilleur ami Roger.
Nul ne sait qui l’a emmené ni où il peut se trouver.
Ces mystérieux ravisseurs portent le nom d’enfourneurs.
Sa vie au collège aussi se termine, il est temps pour elle d’aller à l’école, Madame Coulter se propose de l’accueillir, de la prendre comme assistante dans ses recherches. 
Au cours d’un dîner chez sa mystérieuse bienfaitrice elle apprend en écoutant partout, comme elle a l’habitude le faire, que son oncle est retenu prisonnier en Laponie ; plus inquiétant encore, elle comprend que Madame Coulter est la dirigeante du Conseil d’oblation mieux connu sous nom des enfourneurs. 
Lyra ne peut pas rester dans cette maison, elle n’a pas peur pour elle, mais elle doit sauver Roger et libérer son oncle. 

Toutes ces révélations vont la mener dans une grande aventure vers les royaumes du Nord, elle devra faire confiance à des gens qu’elle a toujours méprisés : les gitans ; à des êtres qu’elle ne connaît pas : les sorcières, combattre des ours en armures toute seule, enfin presque, car Philip Pullman crée une mythologie que j’adore : chaque enfant et adulte ont un daemon (à prononcer comme démon), mais ce n’est pas du tout des êtres maléfiques, au contraire. Ils sont intimement liés à l’être humain, à la fois ange gardien et âme (je l’interprète comme cela), ils prennent la forme d’animaux variés, ils peuvent changer de forme jusqu’à la puberté de l’enfant.
À ce moment, le daemon prend sa forme définitive qui se rapproche souvent du caractère de l’humain auquel il est lié. 
Le daemon de Lyra est Pantalaimon ou Pan.
Je me suis fortement attachée à Lyra et Pan, même si Lyra a ce côté, par moment, insupportable, en se vantant de tout savoir, elle est dotée de beaucoup de qualité : elle est loyale, obstinée, intelligente, rusée, elle place l’amitié avant tout, elle est têtue ce qui peut parfois lui jouer des tours, elle fonce sans penser au danger, souvent téméraire bravant sa peur pour sauver les êtres qu’elle aime.
Oui, il y a Roger et son oncle, mais elle rencontrera pendant sa quête John Faa, le roi des gitans, Fader Coram un des gitans les plus âgés, qui prendra un peu le rôle de tuteur et grand-père de Lyra, Iorek Burnyson, un ours en armure rejeté par les autres de son espèce, Serafina la sorcière, Scoresby l’aéronaute.
La petite fille s’attachera au fur et à mesure à chacun d’entre eux se sentant responsable de leur sort.

Lyra, depuis sa fuite, est recherchée par tout un tas de personnes, des humains aux êtres fantastiques, elle ne le sait pas, mais elle est très célèbre, elle doit accomplir sa destinée sans recevoir de l’aide.
Sur ses épaules repose la vie ou la mort du monde, seul son outil, que le maître des érudits lui a donné avant son départ du Jordan Collège, l’alethiomètre peut l’aider. C’est une sorte de boussole gravée de symboles à qui elle peut poser des questions en pensée et qui lui répond avec des aiguilles. 

C’est dans une grande épopée que l’auteur nous emmène, le premier tome est découpé en 3 parties, chacune ayant de gros rebondissements, des mensonges révélés, des vérités qui éclatent.
Les certitudes de Lyra volent en éclat, tout ce qu’elle pensait de sa vie n’est que mensonge, ce qui la conforte encore plus dans ce sentiment d’urgence à sauver Roger et son oncle, les seuls sur qui elle pense pouvoir compter. 

Plusieurs révélations m’ont étonnée, mais je ne peux vous en parler. Ces rebondissements poussent le lecteur à vouloir avancer dans le roman pour comprendre les tenants et aboutissants.
On craint pour Lyra à laquelle on s’y attache de plus en plus tout comme Pan qui est autant en danger qu’elle puisqu’ils sont liés. 

Au-delà de l’univers riche construit par l’auteur et les personnages charismatiques rencontrés, ce que j’aime le plus dans cette saga, c’est les notions, les leçons, que Philip Pullman donne à ses jeunes lecteurs, ses romans sont quand même destinés à la jeunesse, je trouve important que ces choses soient dites même si j’y ai plus prêté attention à ma deuxième lecture et avec mon regard d’adulte. 
Les notions dont Philip Pullman parle sont celle de l’entraide, que la force ne fait pas tout, mais qu’il faut faire preuve d’intelligence, qu’il est inutile de se battre ou se disputer pour une insulte, que s’expliquer vaut mieux, que la nature est belle et a besoin d’être préservée, que l’entente entre peuples différents est importante pour s’en sortir, qu’il ne faut pas juger sur l’apparence à l’image des daemon ou même des ours.
C’est utile à rappeler aux enfants, aux ados, mais aussi aux adultes. D’ailleurs, Philip Pullman ne les oublie pas, il dénonce la toute-puissance de l’église, à certaines époques de l’histoire, comment elle pouvait agir en despote, mais aussi la corruption de la politique. 
Chaque lecteur trouvera écho dans ce roman.

Un autre aspect qui m’a passionné c’est sa façon de mêler la science et le fantastique, il prend des éléments que nous connaissons, les particules élémentaires apprises à l’école en la mélangeant à cette étrange Poussière dont l’église a si peur.
Qu’est cette Poussière il vous faudra lire le livre. 

Une des plus grandes forces de Philip Pullman est son écriture, c’est un virtuose des mots, il vous entraîne sans aucune difficulté dans son monde, il vous fait côtoyer des personnages que vous avez l’impression de connaître, des protagonistes à la psychologie très développée, le physique moins et c’est bien aussi ça que j’aime, n’a-t-il pas l’air de faire comprendre à ses lecteurs que ce n’est pas l’apparence qui compte, mais ce que vous êtes à l’intérieur ?
Même si les descriptions physiques ne sont pas omniprésentes il y en a assez pour vous imaginer les protagonistes.

Une plume vive, précise, riche, un monde et des objets qui se dressent devant vos yeux, vous sentez le froid de la Laponie, la peur des daemon, leur amour aussi et même leur désespoir. Si au début du roman la lecture peut paraître ardue avec ces détails scientifiques on passe bien vite au-dessus, Lyra évolue elle aussi, dans la première partie elle agit comme une enfant gâtée qui n’en fait qu’à sa tête pour devenir une fillette intelligente qui brave sa peur, surmonte ses angoisses.

J’ai énormément aimé l’ours Iorek et Fader Corman, même si j’ai aimé tous les principaux protagonistes, ceux-ci restent mes préférés. 
J’ai aimé la façon de l’auteur d’opposer les théories scientifiques aux dogmes religieux, des sujets et des thèmes variés et tous intéressants, des objets inventés originaux, un monde proche du notre sans l’être tout à fait, du suspens, de l’émotion, tout est réuni dans ce fantastique roman d’aventure initiatique, soyez juste assurés de posséder la suite dans votre bibliothèque, car ce premier opus se termine sur un gros cliffhanger

À lire de 10 à 80 ans, l’adulte que je suis a oublié son quotidien le temps de quelques heures si riche en aventures, j’étais aux côtés de Lyra et de Pan, d’ailleurs j’aimerais bien avoir un daemon moi aussi et devinez lequel il serait... une souris.


A la croisée des mondes, tome 1 : les royaumes du nord de Philip Pullman - Roman jeunesse, aventure, fantastique, steampunk - 282 pages, 8.90€ - Première édition en 2007 (pour mon intégrale) réédition en poche le 1 juin 2017 - Édition Gallimard jeunesse
mardi 25 février 2014

Animale de Victor Dixen



Animale 
de
Victor Dixen
400 pages, 17.90€
Young Adult
Edition Gallimard Jeunesse, 22 août 2013

1832. Blonde, 17 ans, orpheline, vit depuis toujours dans un couvent, entourée de mystères. Pourquoi les soeurs l obligent-elles à cacher sa beauté troublante ? Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé ? Blonde est différente et rêve de se mettre en quête de vérité : il y a au coeur de son histoire un terrible secret.

Et si le conte le plus innocent dissimulait l histoire d amour la plus terrifiante ?



Me revoilà avec la chronique d’« Animale » de Victor Dixen, c’est le premier roman que je lis de l’auteur, je rêve de lire sa saga « Jack Spark », mais en grand format on ne trouve plus tous les tomes et en poche je n’ai que le tome 1 et 2, j’attends depuis longtemps la sortie des 2 autres tomes, mais bref passons.

Vous le savez peut-être, ces prochains mois (années) je compte lire un maximum de réécritures de contes, c’est un sujet qui me passionne. 

Quand Animale est sorti, je l’ai directement acheté, mais vous le savez comme moi, il y a toujours un livre à lire avant (vive les PAL immenses).
J’avais prévu de le lire coûte que coûte cette année ; quand mon bouchon d’amour s’est proposée pour en faire une lecture commune j’ai dit oui immédiatement !

Je peux déjà vous dire que j’ai eu un coup de cœur pour ce livre, pour l’écriture que j‘ai adorée, pour l’intrigue, pour les histoires de Gaspard et Renée et celle de Gabrielle et Sven, si vous voulez savoir de qui il s‘agit, il vous faudra lire le livre.

Dès les premières pages, j’ai été happée dans l’histoire de Belle, cette jeune fille de 17 ans enfermée au couvent de Saint-Ursule, les sœurs l’empêchent de voir la lumière du soleil et même de sortir comme ses autres camarades. Elle et en proie à des moments de torpeurs, des absences qu’elle ne peut expliquer et qui font partie de sa vie depuis ses 4 ans. 
On l’oblige à porter des lunettes teintées et à cacher sa magnifique chevelure blonde. 
Un soir, un inconnu vient toquer à la vitre de sa chambre et lui remet une enveloppe mystérieuse.
 À partir de ce jour-là, la vie de Belle, tout ce qu’elle pensait connaître va totalement changer, je ne vous en dirai pas plus, je ne veux surtout pas vous spolier.

La plume de Victor Dixen est pour beaucoup dans l’attachement que j‘ai eu pour ce conte ; il utilise des procédés très intelligents qui vous pousse à poursuivre votre lecture pour vous emmener au cœur de l’intrigue, le passé de belle et son futur.
Il entremêle plusieurs récits, nous suivons la vie de Belle, mais aussi celle de Gabrielle de Brances grâce au dossier qui lui a été remis. Par quelques sauts dans le passé grâce à l’un ou l’autre des protagonistes, en suivant d’autres personnages que Belle, il nous fait comprendre tout l’enjeu de ce mystère qui s’épaissit de plus en plus tout en nous laissant quelques indices.

Le roman est découpé en 4 parties, chacune est importante, maîtrisée, fouillée et complète. Elles ont toutes leurs importances et apportent son lot de réponses ou de questions. Vous trouverez, au début des parties, des passages du conte original. J’ai envie de vous développer les 4 parties, mais ce serait vous gâcher les belles découvertes qu’il y a à faire.

J’ai adoré qu’il y ait une véritable progression dans ce roman, aussi bien du côté fantastique que du côté des personnages. 
On commence par faire la connaissance de Belle au couvent, un endroit sombre, froid et lugubre, puis au fur et à mesure des pages qui défilent nous voyageons afin de découvrir comme Belle quelle est cette mystérieuse malédiction qui semble planer autour d’elle. 
Nous partons ainsi à travers les Vosges, la Moselle, en passant par Rome et la bibliothèque bien gardée du Vatican, jusqu’au Danemark.

Le récit est complet. Tout est retranscrit à merveille, que ce soit la vie au couvent, le contexte politique de l’époque avec les campagnes napoléoniennes et la fuite des aristocrates (le roman se situe en 1832).
 Rien n’est laissé au hasard, pour que le lecteur appréhende complètement le roman
L’auteur explique tout, mais toujours de manière fluide, c’est un roman passionnant et intéressant.

Les actions et rebondissements sont présents du début à la fin, on ne peut s’ennuyer une seule seconde, Victor Dixen sème les indices, il sait titiller notre curiosité, car il faudra attendre la toute fin du livre pour comprendre tous les enjeux dont il a été question tout au long du roman
On comprend au final que nous sommes au milieu d’une « toile d’araignée » ou chaque révélation, chaque personnage, chaque notion (qu’elles soient politiques, religieuses, surnaturelles, et même mythologiques), chaque lieu, sont des fils qui ont leur importance.

Vraiment, l’auteur n’a rien laissé au hasard, on sent le travail de recherches qu’il a effectué, le travail d’écriture pour que tout s’emboîte et soit clair.

J’ai aussi apprécié la romance, je devrai même dire les romances, qu’il y a dans le roman, je ne vous dirai pas lesquelles, mais ces 2 belles histoires m’ont passionnée. Des émotions justes, fortes, que l’on ressent vivement, mais qui ne prennent pas le pas sur l’intrigue, à travers ces romances l’auteur nous montre que les barrières parfois insurmontables ne le sont pas tant que ça (enfin, je pense, ce n’est que mon interprétation) et que l’amour est bien plus fort que tout.

Je pourrai vous parler des heures de ce roman, tant il y a matière à en dire, un roman vraiment complet où l’on trouve des notions et des valeurs fortes telles que l’amour, la liberté, la quête d’identité, les apparences qui ne sont pas toujours celles que l’on croit et l’on en vient à se demander qui est le véritable animal. L’homme ne serait-il pas le plus cruel des animaux ?

Des passages cruels, tragiques et durs, d’autres emprunts de poésie et de douceurs, des éléments fantastiques, des éléments surnaturels, des personnages tous très bien construits avec une psychologie qui leur est propre, on peut très facilement se les imaginer, que ce soit les « bons » comme les « méchants ».

Victor Dixen réinvente le conte de Boucle d’or et des trois ours avec une totale maîtrise, presque comme si vous lisiez les archives de l’origine de ce conte, je peux dire que je me suis prise au jeu. J’ai découvert, en lisant le roman, que le conte ne vient pas des frères Grimm comme il est courant de l’entendre (et comme je le pensais), mais la toute première version vient de Robert Southey, il a d’ailleurs sa place à un moment donné du roman.
Une réécriture de conte merveilleuse, Boucle d’or et les trois ours, pour moi, n’aura plus ma même signification.

En résumé ; un récit initiatique sur la quête d’identité et de vérité, une intrigue originale passionnante et bien ficelée, des détails soignés, une écriture qui, pour moi, m’a envoûtée et est parfaite, des personnages variés et complexes, une époque et des lieux parfaitement retranscrits, une ascension dans le roman sans temps mort, un contexte historique intéressant, des lieux magnifiques (depuis j’ai envie moi aussi de découvrir Épinal et sa région).
C’est l’ensemble qui fait la beauté de ce livre. 
Un roman addictif à lire !!

Un roman que je vous conseille absolument si vous êtes comme moi friand des contes et de leurs réécritures ou juste pour découvrir la plume et le talent de l’auteur.

La chronique de mon bouchon d'amour (click click sur la bannière)



Pour en savoir plus

J’ai voulu en savoir plus sur ce conte et l’auteur m’a gentiment répondu
Si vous êtes curieux comme moi :

Un lien en anglais que l’auteur m’a donné qui explique l'évolution de Blonde 
Et un autre très très intéressant que Victor Dixen m’a aussi donné qui reprend les différentes interprétations du conte

Concernant l’auteur :



Victor Dixen est né d’un père danois et d’une mère française. Enfant, il échappe à la surveillance de ses parents et s’embarque dans les montagnes russes du plus vieux parc d’attractions du monde, le Tivoli de Copenhague. Souffrant depuis cet incident d’insomnies tenaces, il consacre l’essentiel de ses nuits à l’écriture de son premier roman Le Cas Jack Spark (Grand Prix de l’Imaginaire 2010, catégorie jeunesse), d’abord publié aux éditions Gawsewitch, puis en Pôle fiction chez Gallimard Jeunesse.

Été mutant, Automne traqué, Hiver nucléaire et Printemps humain relatent les aventures d’un adolescent insomniaque qui découvre sa nature mutante lors d’un camp de rééducation. Sur ce camp qui ressemble à s’y méprendre à une prison, le mystérieux docteur Krampus règne en maître absolu, appliquant d’effroyables méthodes de rééducation qui laissent les pensionnaires plus morts que vifs... Comment un frêle garçon comme Jack parviendra-t-il à survivre à cet enfer ? Quel est le sens des terribles cauchemars qui s’intensifient depuis son arrivée à Redrock ? Le fait que la racine de ses cheveux ait subitement viré au bleu constitue-t-il un nouveau symptôme de son étrange maladie ? Autant de questions qui taraudent Jack. Homme ou monstre, il devra faire face à la dualité qui l’anime et assumer son nouveau rôle. La guerre est déclarée, et elle est historique.

En 2013, Victor publie un nouveau roman, Animale (Gallimard), dont il a fait l'annonce en avant-première aux Imaginales... (Source le site des imaginales click click)


Si vous vous rendez aux Imaginales (bande de petits veinards) Victor Dixen est l’invité coup de cœur de cette édition et sera bien entendu présent et c’est là que je déteste vivre en Belgique ^^


Animale est aussi en lice pour le grand prix de l’imaginaire dans la section roman Jeunesse francophone
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