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mardi 1 mai 2018

Avis : Baby Doll : s'enfuir n'était que le début de Hollie Overton



Me revoici mon cher lecteur, aujourd’hui avec un roman psychologique, un roman qui alterne les voix de plusieurs protagonistes : Lily, Rick, Ève et Abby. 
Un procédé qui va te permettre de comprendre comment chacun d’eux va vivre le drame, mais surtout l’après-drame, car c’est bien de cela qu’il s’agit, comment la, les victimes vont réagir au traumatisme, ce que le coupable ressent. 
Ce sont plusieurs familles qui ont été brisées. 
Chacun des protagonistes gère le choc différemment. 

Lily, comme chaque dimanche, attend d’entendre le verrou de la pièce où elle enfermée avec sa fille de 6 ans, Sky. 
Cette fois, pas de bruit ; rien que le silence. Lily va tenter le tout pour le tout avec la peur au ventre ; s’il s’agissait d’un piège ? 
Après 8 ans de captivité, elle parvient à fuir sa geôle, elle rejoint sa famille qui habite à seulement 9 km de là où elle était retenue captive, mais ça, personne ne pouvait le savoir. 
Lily et Sky arrivent sur le perron de la maison familiale, c’est sa mère, Ève qui lui ouvre, sa sœur jumelle Abby arrivera quelques instants après. 

L’autrice te montre intelligemment comment la fuite de Lily n’est que le début d’un long chemin. 
Elle qui aimait tant courir devra faire de patience pour arriver en bout de piste. 
S'enfuir oui, mais la reconstruction est difficile, longue, pleine d'embûches. 

Tu alternes donc comme je te le disais les voix de 4 protagonistes. 
Lily, la jeune fille enlevée ; devenue mère depuis, elle a subi durant 8 années les viols, la violence mentale, les coups et la torture, Abby sa sœur jumelle qui ne s’est jamais remise de la disparition de sa sœur, Abby qui s’autodétruit à petit feu repoussant tout amour. 
Ève, qui elle, aussi a bien changé depuis, elle noie son chagrin dans l’alcool, essaie d’oublier dans les bras d’hommes inconnus et enfin Rick le responsable de l’enlèvement et de tous les sévices qu’il a fait subir à Lily, c’est aussi le père de Sky si tu en doutes. 
L’alternance des points de vue te permet de comprendre comment chacun d’eux réagit au retour de Lily. 

8 ans ont passé, 8 années à rattraper, tant de choses ont changé. C’est une jeune fille qui a été enlevée ; c’est une femme et une maman qui revient. 
Le traumatisme de Lily est relativement bien décrit, elle a toujours peur qu’il revienne se venger d’avoir désobéi, elle a été dressée, c’est horrible, mais c’est le mot, et toi aussi tu te demandes s’il ne va pas y arriver. 
Psychopathe, pervers narcissique et très intelligent, manipulateur Rick a plus d’un tour dans son sac.
La personne, qui est pour moi, la plus dérangée c’est Abby, je n’ai pas toujours compris ses réactions vis-à-vis de sa grossesse ou de Wes le père de son enfant. 
Une personnalité qui est très borderline. 
Ève, je ne sais trop quoi te dire, si ce n’est que c’est une mère qui cherche à réunir sa famille, à ce que chacun se reconstruit. 

L’écriture est fluide et tu ne ressens aucun temps mort avec ce changement de narrateur pour autant, au final je suis déçue. 
Je m’attendais à un tout autre rebondissement, je m’attendais à ressentir plus de malaise, à douter plus des personnalités or je n’ai ressenti rien de tout cela ou du moins pas assez constamment. 
Rick, oui je m’attendais à ce que l’autrice nous fasse un revirement de situation, vraiment, je m’attendais à une fin tout autre donc côté doute global on peut dire que c’est plutôt réussi puisque je pensais lire autre chose. 
Finalement, le roman est assez pauvre en psychologie, beaucoup d’éléments pas vraiment utiles viennent parasiter le roman, on ne peut pas dire que l’ambiance soit glauque, fragile oui, les personnages ne savent plus comment interagir entre eux. 
Tu lis les personnages face à leur quotidien, les rendez-vous à la clinique, chez le psychiatre, l’emballement médiatique, la crainte de perdre à nouveau de vue sa famille, la victime principale qui tente de se reconstruire, Abby et sa mère qui se sentent coupables de ce jour fatidique il y a de cela 8 ans, les détails de la séquestration que Lily doit raconter au FBI et au procureur. Sky la petite qui n’a jamais vu la lumière du jour ni d’autres personnes que sa mère ou Rick. 
Un papa qu’elle aime. C’est dur pour cette gamine, elle ne comprend pas ce qu’il se passe.
Voilà, je ne peux pas t’en dire plus. Il n’y a pas de climat malsain, le postulat de départ n’est pas mauvais, mais aurait pu être vraiment mieux traité. 

Ce n’est pas une déception totale, je lui ai, quand même, mis 3,5 sur 5, car j’ai été prise dans le roman dès le début avec ce premier chapitre qui là pour le coup m’a fait battre le cœur et m’a entrainée directement dans ma lecture sans que je puisse arrêter. Je voulais savoir ce qu’il allait advenir des 4 personnages, mais comme je le disais je m’attendais à un twist vers la fin qui m’aurait coupé le souffle, mais non. 

La gémellité est bien abordée à mon sens ; toute la difficulté que Lily et Abby ont éprouvée durant leur séparation, ce lien à la fois fort et fragile au retour de Lily. 
Je ne suis pas déçue de l’avoir lu, mais il y a de bien meilleurs romans psychologiques
À toi de voir si tu as envie de lire l’inverse de ce que l’on a le plus souvent dans ce genre de roman : la disparition d’un enfant, ici tu lis contraire ; tu lis l’après, le retour et toutes les difficultés qui vont avec, la famille éclatée, la famille de Rick qui ne se doute de rien, il a un double voire une triple personnalité. 
Tous ont besoin d’aide psychologique ; tous sont détruits. 


Finalement, je conclurais en te disant que je n’ai pas ressenti de connexions avec un seul des personnages, peut-être parce que j’ai déjà lu beaucoup de thriller psychologique et que du coup mon degré d’exigence est plus haut. Il plaira, je pense, mais pas à de gros lecteurs comme moi de thriller/roman psychologique. 



Baby Doll : s'enfuir n'était que le début de Hollie Overton - Suspens psychologique - 368 pages-21, 90€- Edition Fayard / Mazarine, en librairie le 2 mai 2018
mardi 10 avril 2018

[avis] Trouble vérité de E. Lockhart



En voilà un livre saisissant, un thriller YA pas exceptionnel, mais qui a le mérite de te tenir en haleine. 
Je ne pourrais te dire s’il est très différent de « Nous les menteurs », il est dans ma pal, mais je ne l’ai pas encore lu. 
Je te raconte tout cela dans un instant, mon cher lecteur.

Déjà, tu pourrais être déstabilisé par le procédé d’écriture, il est écrit à l’envers. Par des flash-back, parfois de 1 semaine, parfois de plusieurs mois, tu assembles peu à peu les pièces du puzzle que E. Lockhart t’a données. 

Tu rencontres dès le départ Jule en juin 2017 dans un hôtel chic du Mexique, alors qu’elle fait sa séance de sport quotidienne une femme l’aborde et engage directement la conversation, sur des sujets que Jule connaît. 
Le chapitre suivant se passe 7 semaines plus tôt à Londres. 
Jule est dans une auberge de jeunesse en train de lire l’ami commun de Dickens offert par sa meilleure amie Imogen Sokoloff. 
Je ne peux t’en dire plus sur le pitch sans te relever un indice. 

Peu à peu, chapitre après chapitre, tu vas comprendre l’amitié entre Imogen et Jule. Imogen, riche jeune femme, vit la vie au jour le jour et entraîne Jule dans cette spirale d’insouciance. 
D’abord en vacances dans sa belle villa de Martha’s Vineyard, ensuite Immie (le surnom d’Imogen) décide d’emmener son amie à Porto Rico. 

E. Lockhart va, au fil du temps qui remonte dans le passé, te dévoiler la psychologie des deux héroïnes, le lien qui les unit. 
Il va vraiment m’être difficile de te résumer ce titre et d’en parler comme je le fais d’habitude, car j’ai très peur de trop en dire. L’intrigue tient en peu de choses et c’est sur l’énigme que tu connais dès le départ que tu es entraîné. 

Je ne peux pas dire que le vocabulaire soit facile, j’ai trouvé le vocabulaire assez élaboré pour les jeunes de 13 ans (l’âge recommandé), l’écriture peut te perdre en cours de route, car il n’est pas toujours aisé de te glisser dans la peau de la narratrice Jule. Le procédé stylistique utilisé m’a parfois déstabilisé.

Jule c’est un véritable caméléon, autant psychologiquement que physiquement.
Ce ne sont pas les gens qu’elle rencontre qui s’adaptent à elle, mais elle qui s’adapte à toutes les situations. 
Imogen, elle, ne se sent à sa place nulle part, orpheline adoptée, elle a des parents adoptifs riches et qui l’aiment, mais cela ne lui suffit pas. 
Sait-elle au moins ce que c’est aimer ? Elle utilise ses amis comme des biens de consommation, que cela soit Forrest, Brooke ou Jule, même Scott que tu rencontreras plus tard dans le récit. 
À travers ses deux héroïnes l’auteure aborde ces thèmes : l’identité profonde, celle que tu montres et celle que tu es réellement, l’abandon et le manque d’amour, les traumatismes de l’enfance, le clivage entre les différentes classes sociales. Bon, je ne vais pas te dire qu’elle va les traiter en profondeur non, elle braque ton attention sur ses deux héroïnes. 
Qui sont-elles vraiment ? Imogen est-elle bien Imogen et Jule est-elle bien ce qu’elle prétend être ? 

Je ne peux pas non plus te dire que le rythme est trépidant, mais E. Lockhart en reculant comme ça, en te donnant des miettes te rend accro à ta lecture. Forcément, tu connais le dénouement puisque tu commences par cela, mais le pourquoi, le comment, te reste en tête un bon moment.
Lors d’un chapitre au 3/4, je dirais, tu penses que c’est bon, que tu n’auras plus de rebondissements ; l’auteure n’a pas fini de te surprendre. 
Il n’y a pas énormément de retournements de situation, mais quand il y en a ils te font froid dans le dos. 
C’est assez fou, car je me suis prise d’empathie pour deux personnes pas du tout gentilles. 

Dans sa lettre, E. Lockhart te dit qu’elle veut te rendre complice des crimes de son personnage et c’est vrai, tu réfléchis toi aussi à ce que tu aurais fait à sa place. 
J’ai aimé cette anti-héroïne, vraiment, je ne peux pas dire que ce sera un personnage inoubliable, mais voilà, le livre a fait que j’ai passé un moment... troublant. 
Je ne peux vraiment pas t’en dire plus. 
Je sais que mon avis doit te paraître aussi trouble que son titre, mais si je t’en dis plus je te spoile.

Tu prends des héros de comics, des grands romans de l’époque victorienne, deux jeunes femmes qui ne veulent plus de leur vie actuelle, différentes villes, des établissements chics, d’autres beaucoup moins ; tu mélanges tout et cela te donne «  Troublante vérité ». Un thriller psychologique YA, je trouve que 13 ans c’est un peu jeune sauf si c’est un bon lecteur. 
Il plaira à un large panel de personne, la preuve, j’ai 40 ans encore pour quelques mois et je me suis prise au jeu des matriochkas en ouvrant une, pour en découvrir une autre, et une autre, jusqu’a avoir la dernière, est-ce vraiment la dernière ? 
À toi de le découvrir si le livre te tente


Je lui donne une note de 3,5 pour la psychologie fine des protagonistes, mais ce n’est pas une lecture que je conseillerais à tous. Il y a du bon et du moins bon. Je reste mitigée sur l’ensemble ; plusieurs semaines après l’avoir lu, je ne peux pas te dire que les personnages me soient restés en tête…



Trouble vérité de E. Lockhart - Thriller jeunesse, Young Adult - 304 pages, 15, 50€ - Édition Gallimard jeunesse, en librairie le 12 avril 2018
mercredi 7 mars 2018

[Avis] Juste avant la nuit de Isabelle Ashdown



Cher lecteur on se retrouve avec mon avis sur un roman lu dans le cadre de la Team thriller du cherche-midi.
Cette fois avec un suspens psychologique quasiment à huit clos. Un des meilleurs que j'ai lu depuis que je suis dans la team thriller. 


Isabel Ashdown ne fait pas dans la dentelle ; dès le prologue, tu sais ce qu’il va se passer, non pas le dénouement ; non non ; elle te plonge direct dans l’intrigue. 
Ces 3 pages m’ont glacée d’effroi. 
C’est fort non ? 3 pages et te voilà embarquée.
Tu ne sais pas qui te narre cet épisode, mais tu sais, en le lisant du moins tu espères, que le roman va continuer sur cette lancée.
Une entrée en matière fracassante.

Même si le thème de la disparition d’enfant a été maintes fois écrit j’ai adoré ce que l’auteure a démontré par son roman, les thèmes qu’elle aborde, la fine psychologie des personnages et surtout tu vas douter de tous à un moment donné. 

Le suspens est constant et même si j’avais deviné une ou deux choses la fin est juste parfaite. L’auteure mène le lecteur en bateau tout autour de l’île où se déroule son intrigue, elle va te faire balancer de gauche à droite, tu vas te prendre les vagues, les unes après les autres, pour terminer avec le souffle coupé avec ce vent froid de janvier.

Le pitch de départ est « simple » Jess garde sa nièce, Daisy, un bébé de un an alors que sa sœur Emily et son mari James sont de sorties pour le Nouvel An. Quand ils rentrent, Jess est retrouvée inconsciente et Daisy a disparu.
Voilà l’intrigue.
La course contre la montre est engagée, il faut retrouver le bébé et vite, les inspecteurs de police ne prennent pas cette affaire à la légère.
Toi, lecteur, tu vas vivre de l’intérieur de la maison le désespoir de la famille inquiète, se rongeant les sangs pour que l’enquête avance, tu vas apprendre à les connaître l’un après l’autre. Tu vas tressaillir avec eux lorsque le téléphone va sonner, tu vas être agacé par les journalistes agglutinés devant la porte se repaissant du malheur d’autrui.

Tu vas surtout vouloir comprendre pourquoi Emily et Jess ne se sont pas vues depuis 16 ans.
Du jour au lendemain, lors des funérailles de leur mère, elles vont se reparler et Jess va venir habiter avec eux, se chargeant de la maison, de garder Daisy et veiller sur Chloé, 15 ans, la demi-sœur, la première fille de James qu’il a eue avec sa défunte épouse.
Comme je te le disais, tu vas douter de tous à un moment donné, pour changer d’avis et revenir sur tes choix.
Grâce à ces flash-back disséminés dans les chapitres tu vas comprendre le passé ou le présent des deux sœurs, les personnages principaux du roman, celles qui attirent les regards : Jess et Emily.
Peu à peu, Isabelle Ashdown te donne les codes pour déchiffrer la psychologie complexe de ces deux femmes. 
Ce qu’elles pensent et ce qu’elles montrent, c’est un monde de différence. James et Chloé aussi, mais, dans une moindre importance.

Il y a aussi ces deux parties ; la première se termine sur un rebondissement inattendu et qui change la donne. 
La seconde partie je ne peux pas t’en parler si ce n’est te dire que le rythme est de plus en plus haletant et que c’est impossible d’arrêter de lire

L’inspecteur Jacobs avance dans son enquête (même si elle, pour le coup, n’a pas vraiment de rôle ni de présence du moins pas aussi forte que les autres protagonistes)
Tu veux voir la petite Daisy regagner son foyer en bonne santé, tu veux aussi comprendre Emily et Jess, je ne saurais te dire laquelle m’a le plus saisie, si l’une, je l’ai cernée assez vite l’autre est plus secrète.
 L’une est le dominant du duo l’autre est trop gentille, elle ne pense que depuis son jeune âge à défendre sa sœur, à la protéger du monde entier.
Si l’une, je m’attendais à certaines réactions ; l’autre m’a fait douter tout au long de ma lecture.
Comme ça avec le recul quelques semaines après avoir lu le roman je dirais que c’est Jess pour qui j’ai le plus d’empathie.
Que c’est frustrant de devoir taire certains passages qui sont glaçants !
Je te rassure, il n’y a rien de violent, point de sang, mais, le suspens est tel, que tu sens que cela peut basculer à un moment ou l’autre, que tu sens l’urgence pour Daisy cette petite fille innocente qui est bien loin de savoir que tous les êtres qu’elle aime tous ont des secrets. Du plus banal au plus grave. Du plus récent à celui de toute une vie.

Tu vas alterner les chapitres avec les points de vue d’Emily et Jess écrit à la troisième personne pour l’une et à la première pour l’autre tu vas disséquer les informations et leur caractère à la loupe. Tu vas tenter de le comprendre.
Dans la deuxième partie, une troisième voix intervient ; je ne peux rien te dire sur elle, mais elle va te glacer d’effroi. 
Non pas qu’elle est méchante ou vindicative comme l’est l’un des personnages, mais tu plonges dans les méandres d’un cerveau malade.

Je ne me suis pas identifiée aux narrateurs même si étant maman la disparition d’un enfant est un thème qui me touche toujours.
Par contre ; j’ai adoré lire la psychologie des personnages et à travers eux, les thèmes que l’auteure va traiter comme la rivalité fraternelle, le deuil, la maladie physique et mentale, les blessures psychologiques jamais guéries, les traumatismes de l’adolescence, cette période difficile où l’on est contre ses parents, où l’on tait certains faits, les mensonges et secrets voir plus grave encore.
Tu vas te retrouver au milieu de cette famille dysfonctionnelle.
Cette famille allait bien, parfaite en tout point, des parents qui s’aiment, qui travaillent et ont bien réussi dans la vie. Un veuf qui a refait sa vie et une belle-mère qui a accepté sa belle-fille, des retrouvailles de sœurs perdues de vue depuis des années et qui reprennent leur relation comme si elles s’étaient quittées la veille, elles n’ont qu’une année de différence et s’entendent comme larron en foire jusqu’à la nuit de ce 1 janvier où cette bulle fragile, ce bonheur apparent va éclater et avec lui les masques vont tomber.

Si au début ils se serrent les coudes, les tensions, rivalités, mensonges, trahisons vont mettre de plus en plus à mal cet équilibre fragile.
Se connaissent-ils vraiment ? Est-ce que tout n’est qu’apparence ?
Lequel est vraiment digne de confiance ?

D’autres protagonistes interviennent dans le roman étayant encore plus finement la psychologie en mettant en lumière des faits du passé ou du présent.
je pense notamment à Becca et Samie

C’est un très bon suspens psychologie que je te recommande. 
L’ambiance est admirablement retranscrite ;
tu sens le vent de la côte de l’île de Wigh transpercer tes os, les rebondissements et secrets ; les souvenirs teintés d’amertume ont souvent lieu la nuit te plongeant dans un climat sombre et pesant.

La fin est juste comme il fallait ; pas totalement ouverte, pas totalement fermée ; tu as des réponses, tu peux facilement imaginer le reste.

La plume de l’auteur est simple, mais subtile ; le temps, le climat, l’ambiance, les twists et rebondissements, les sauts dans le passé et les explications du présent sont menés de main de maître. C’est terriblement addictif, un roman que l’on dévore et même si comme je te le disais j’ai deviné quelques énigmes Isabelle Ashdown a quand même réussit à me retourner le cerveau et me faire poser mille et une questions, elle m’a donné la dernière pièce me permettant de réunir les pièces du puzzle qu’a la fin lors de l’épilogue.


Sans être un coup de cœur c’est un roman 5 étoiles que nous offre le Cherche Midi éditeur.




Juste avant la nuit de Isabelle Ashdown - traduction Florence Vidal - Thriller psychologique - 368 pages, 21€ - Cherche Midi Éditeur, en librairie le 1 mars 2018
lundi 5 mars 2018

[Chronique] Clara Vine, tome 4 : Foi et beauté de Jane Thynne


4e livre de la saga de l’auteure Britannique Jane Thynne, c’est avec énormément de plaisir que j’ai retrouvé son héroïne Clara Vine
Tu le sais, je suis passionnée par les romans sur la Seconde Guerre mondiale, je cherche à comprendre l’impensable. 
Tu as déjà vu sur le blog plusieurs romans sur le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale ou sur les camps de concentration ici avec Jane Thynne c’est à Berlin même que je t’emmène avant que le pacte germano-soviétique ne soit signé le 29 août 1939 ; après la nuit de Crystal ou des milliers de juifs ont été arrêtés, déportés ou, pour les plus chanceux, leurs logements et propriétés saisis.
Clara est une espionne anglaise qui justement va chercher à savoir si cette rumeur d’un rapprochement entre Staline et Hitler, aussi invraisemblable soit-elle, existe vraiment et si c’est le cas prévenir au plus vite les instances du secret service, car cela voudrait dire le déclenchement de la guerre.

Mon cher lecteur, je te conseille vivement les romans de Jane Thynne déjà parce qu’ils combinent histoire, espionnage, suspens, avec en pointillé une histoire d’amour, mais qui ne prend pas le pas sur l’intrigue. 
Elle est là pour apporter de la légèreté au récit. 
De plus, tu peux totalement lire les tomes indépendamment, oui plusieurs personnages sont récurrents comme notre héroïne, mais les dates et les enjeux ne sont pas les mêmes. Tous s’appuient sur des faits historiques, tu vas rencontrer des personnages célèbres, mais à des époques différentes, tous ont en commun la montée du nazisme.
(Les roses noires, tome 1 (1933) - Le jardin d'hiver, tome 2 (1937)  et La guerre des fleurs, tome 3 (1938)).

Dans cet opus, tu commences le récit en avril 1939 et tu le termines avant la signature du pacte germano-soviétique.
Deux intrigues se détachent des autres, car, crois-moi, Jane Thynne veut savoir si son lectorat a le cœur bien accroché en te faisant mêler et entremêler plusieurs intrigues et rebondissements.

La première intrigue est celle de la mission de Clara et de son amant Léo, espion lui aussi, qui a disparu.
Clara est actrice au studio de l’UFA, le studio d’enregistrement validé par Goebbels, ministre de la propagande nazie. Elle est connue pour ses talents, mais aussi grâce au nom de son père, grand sympathisant du régime nazi en Angleterre. 
Tu vas me dire que fait une Anglaise à Berlin à cette époque ? 
C’est un concours de circonstances et en même temps si elle peut y être c’est grâce à la nationalité allemande de sa mère, même si les papiers de Clara sont falsifiés. 
À cette époque de pureté raciale tous les membres de la Chambre de la culture allemande doivent pouvoir prouver que leur nationalité est dite « pure » sur deux générations avec la deutsche Reich kennkarte et le Ariernachweis, des papiers obligatoires pour pouvoir travailler hors Clara a du sang juif. 
Tu imagines le danger qu’elle encourt, elle représentante de la Chambre de la culture du Reich, espionne pour l’Angleterre fréquentant tous les plus grands dirigeants du parti, Hitler parfois lui-même.
De la première à la dernière page Clara, va te faire suer de peur par les périls qu'elle encourt et les risques qu’elle prend.

La seconde intrigue est l’assassinat de Lotti Francke, une des jeunes filles faisant partie de "Foi et beauté", l'équivalent des jeunesses hitlériennes pour garçons. Les filles y apprennent à comment être de bonnes épouses des officiers SS, chaque fille ayant les bons traits (cheveux blonds, yeux bleus) peut faire la demande pour en faire partie. Pour Lotti et Hedwig, l’organisation est pour elles un passeport pour une vie meilleure, venant toutes deux de quartiers défavorisés.

Lotti croisera à un moment le chemin de Clara, car la jeune fille travaille comme costumière aux studios de l’UFA. Passionnée par la mode et le cinéma ce travail lui permet entre autres d’approcher les grandes vedettes et se nourrir des potins des célébrités. Douée et jolie, elle ne passait pas inaperçue.
Au fur et à mesure que le livre progresse, les deux lignes de l’intrigue convergent.

« Les circonstances avaient réuni les deux femmes, mais le destin avaient entrelacé leurs existences »

La vie de Clara est aussi rythmée qu’inattendue. 
Elle travaille au studio bien sûr, sort en compagnie de son amie journaliste Mary, est invitée aux réceptions des dignitaires du parti, Goebbels, Goering, Himmler, les époux Von Ribbentrop. Etc.
Elle sera même réclamée par la talentueuse et célèbre réalisatrice Leni Riefenstahl qu’Hitler adule pour tourner Germania, un film censé montrer la genèse de l’Allemagne. 
Clara ne manque pas, d’aider et de prendre des nouvelles de, son amie Steffi, ancienne costumière des studios ne pouvant travailler que dans la clandestinité étant juive ni de rendre visite aux parents de Lotti et de leur promettre de les informer si elle apprend quelque chose au sujet du meurtre de leur fille.
Elle oublie encore moins ; son filleul Enrich avec qui elle essaie de passer le plus de samedis possible même si celui-ci à 16 ans est farci de l’idéologie nazie.
Tout cela avec un aller-retour à Paris pour faire des photos pour le magazine Vogue en réalité bien plus, mais ça je ne te le dis pas. 
Elle ira une fois en Angleterre dans une des branches de l’intelligence secret service.
Clara sait qu’elle doit se méfier de tout et de tout le monde, elle sort toujours avec une oreille attentive et des yeux partout. Épiant le moindre mouvement suspect, repérant un bruit de pas inconnu.
Sa méfiance la poussera à éviter Conrad Adler, un homme qui se trouve souvent sur son chemin depuis qu’elle l’a croisé lors d’une sortie avec ses amis journalistes Hugh Lindsey, Charles Cavendish et Mary Harker.

Jochen le petit ami de Hedwig et la jeune fille elle-même lance une autre intrigue que je ne te dévoile pas. 
Des chapitres sur ce jeune couple d’amoureux se glissent entre les chapitres consacrés à Clara.

Jeanne Thynne embarque son lectorat dans un Berlin sous haute tension, on vient de fêter les 50 ans du führer. 
Tous les dirigeants sont à couteaux tirés. 
Ils se livrent à une guerre sans merci de celui qui aura la plus belle réception, celui qui se fera remarquer par Hitler. 
Tous se livrent à un véritable pillage des richesses (tableaux, bijoux, etc.) des musées ou ayant appartenus aux juifs.
Un Berlin où le peuple se prépare à la guerre avec la construction des abris antiaériens, les longues files d’attente devant les commerces pour se procurer le minimum vital. La guerre n’a pas encore commencé, mais tout le pays travaille pour l’effort de guerre.

Lire la radicalisation des Allemands qui adulent Hitler, lui qui a su relancer l’économie, construire des autoroutes il ne peut qu’être un homme intelligent. C’est ce que pense le peuple. Tous sont rodés au salut hitlérien ; tous ont chez eux un autel à la gloire de l’homme et de son idéologie.
La peur domine chez tous, la Gestapo rode, la moindre incartade au code de conduite vaut une arrestation. C’est dans ce climat de peur, d’incertitudes et d’idéologie nazie que notre héroïne et les autres protagonistes naviguent.
La propagande abonde, de nombreux Allemands, juifs ou non, vivent dans un état de peur constant.

La recherche minutieuse et détaillée de Jane Thynne sur le parti nazi pendant cette période rend le livre absolument fascinant. J’ai été captivé par les descriptions des différents chefs de parti, y compris Goebbels, Goring, Himmler et leurs conjoints, et la quantité de dissensions qui existaient entre les différents dirigeants. Son écriture me donnait l’impression d’être transportée à Berlin et à Paris avec Clara.
La confiance d’Hitler dans sa suprématie n’a apparemment pas connu de limites. Tu vas rencontrer beaucoup d’autres personnages historiques de cette période, ceux qui étaient encore admis ou tolérés soit ceux qui étaient considérés comme des artistes dégénérés comme Picasso, Freud, Marlène Dietrich, le ministre Chamberlain.

Une grande partie du roman te fait naviguer dans les différents arts. Le cinéma, la mode, la peinture, la photographie et tu vois à quel point ils avaient tout planifié ;se rendant même dans les pays avant la guerre pour y recenser les tableaux par exemple au Louvre à Paris.
Tu es imprégnée de la culture allemande, sur ce que le Reich et donc Hitler aimait ou pas.
J’ai été étonné de découvrir son amour pour le 7e art. Pas que cela soit important pour ce qui suivra dans les 5 prochaines années, mais, lire que cet homme se détendait en regardant Mickey Mouse à quelque chose d’assez hallucinant surtout que c’était avant ou après avoir pris des décisions qui nous entraîneront dans ce que l’on connaît aujourd’hui.
Un monde où tous les journaux sont contrôlés, la moindre information filtrée. Journalistes allemands, comme étrangers, sont sur écoute.

Comme je te le disais tu peux vraiment lire cet opus indépendamment, l’auteure a fait un très bon travail d’écriture non seulement pour aider le lecteur à naviguer dans les événements des tomes précédents, mais aussi pour que tu ne sois pas perdu dans tous les faits, personnages qui se mêlent et s’entremêlent.
C’est fluide, haletant, c’est la peur au ventre que j’ai suivi Clara dans ses déplacements. L’intrigue principale est l’espionnage, le meurtre de Lotti se met en place plus lentement, mais les deux sont combinés de manière adéquate. 
Ton intérêt pour les deux est constant. 
Les chapitres, où Edwig, la meilleure amie de Lotti, a la parole sont très intéressants à lire, les remises en question que se fait ce personnage endoctriné, mais qui, malgré tout, se posera de plus en plus de questions sur ce qu’on lui enseigne.

Clara est l’héroïne et mon personnage préféré. Je dois dire que Conrad Adler m’a aussi fait peur qu’il m’a intéressée. Naviguer parmi toutes ces personnes cruelles me donnaient à la fois des frissons, mais m’a aussi fortement intriguée. 
On a plus l’habitude, de lire leurs faits et atrocités commises pendant la guerre plutôt que de les voir évoluer comme ça avant la déclaration de la guerre ; ils sont insouciants, fêtards même s’ils font déjà froid dans le dos.
Cela reste une fiction, mais remarquablement documentée.
Le rythme est soutenu, la fluidité est de mise malgré toutes les informations, un vrai tour de force de la part de l’auteure de tenir son lecteur en haleine comme cela.
Le suspens est constant, j’ai pris peur plus d’une fois, Clara se met dans des positions délicates. Un seul moment m’a fait dire que les ficelles pour s’en sortir étaient un peu trop grosses. 

J’ai été complètement immergée dans cette Allemagne où la montée du nazisme est à son apogée ; où tous les pays limitrophes ou pas, retiennent leur souffle. Une ville où des espions de plusieurs nationalités se croisent, mais au quel faire confiance ?

Il plaira à tous les amateurs de suspens et à tous les amoureux de l’histoire. 
Une saga que je conseille vivement pour le point de vue différent, ici tu es en Allemagne aux côtés des dirigeants tristement célèbres.

Clara Vine, tome 4 : Foi et beauté de Jane Thynne -traduction de Philippe Bonnet - Espionnage, historique, suspens, romance - 380 pages, 22€ - Edition JC Lattès, en librairie le 7 février 2018
jeudi 22 février 2018

[Avis] Une proie si facile de Laura Marshall



Mon cher lecteur tu es adepte des suspens psychologiques ? Alors, reste, cette chronique va te plaire.
Tu le sais, je suis une lectrice éclectique et dans les genres aussi je veux dire par là que j’aime les thrillers très gore, les polars et comme ici les suspens psychologiques.
Pour un premier roman, Laura Marshall mène bien sa barque et entraîne son lecteur dans les méandres de son intrigue.
Louise est une mère célibataire qui mène sa carrière et sa vie de mère de front. 
Elle forme un duo avec son fils Henry, âgé de 4 ans. 
Depuis sa séparation il y a deux ans ils sont fusionnels. Tout va plus ou moins bien pour elle jusqu’au jour où elle reçoit une invitation sur Facebook. 
Une invitation d’une jeune fille disparue il y a 25 ans lors du bal du Lycée, Maria Weston.
Jusque là, tout le monde la croyait morte.
Cette invitation refait surgir son passé, pas si enfoui que ça. 
Sa culpabilité est énorme depuis cette fameuse nuit. 
Notre héroïne perd peu à peu pied, elle a toujours un regard par-dessus son épaule, car Maria a l’air de tout savoir d’elle.

Si j’ai vraiment aimé le suspens qui est constant, du début à la fin du roman ; j’apprécie encore plus que Laura Marshall aborde de nombreux thèmes peu exploités, je trouve, dans les suspens psychologiques ou du moins pas de cette manière.
Tu as déjà le thème du rôle de mère célibataire
Une mère qui travaille et culpabilise de laisser son fils à la crèche. Un amour maternel puissant et beau à lire.
Tu as les dérives d’internet et des réseaux sociaux, tout le monde peut s’inventer une identité ou une vie.
Et enfin et surtout le harcèlement scolaire durant l’adolescence, cette époque si fragile et difficile pour nombre d’entre nous.
Je ne sais pas toi, mais, pour ma part, je n’étais pas populaire, mes premières années ont vraiment été difficiles à vivre. 

Ici, c’est Maria qui éprouve des difficultés. 
Elle a quitté son ancien lycée pour une histoire similaire, mais qu’elle préfère taire et se retrouve à nouveau dans la même situation.
 Louise était son amie, mais pour rester proche des filles populaires et surtout de Sophie, Louise laisse tomber Maria.
L’auteure te montre combien on peut se laisser manipuler ; combien nous sommes prêts à tout faire pour être acceptés dans le groupe qu’il faut !
Louise s’est complètement laissé abuser par Sophie, elle a laissé tomber d’abord Esther puis Maria. Pourquoi ? Ces deux jeunes filles n’étaient juste pas dans la norme établies par les meneuses, que cela soit vestimentaire comme Esther ou en parole comme Maria qui ne veut plus se laisser faire.

Tu peux tout à faire lire ce roman si tu n’aimes pas les thrillers, il se lit en grande partie sur le harcèlement et la culpabilité de Louise qui ne s’est jamais remise de la disparition de Maria, elle n’a jamais pu oublier ce qu’elle lui avait fait.
C’est un livre écrit intelligemment. 
Les sujets ne sont pas survolés, mais bien exploités et je me suis vraiment retrouvée dans certaines des situations décrites.
De plus, les bons dans le passé disséminés tout au long des 380 pages te permettent de plus ou moins comprendre ce qu’il se jouerait en 1989. Plus ou moins, car tu devras attendre la fin et ses nombreux rebondissements pour tout comprendre.
En plus de cette alternance de temps entre 1989 et 2016 des textes en italiques, comme des lettres écrites, par un homme on le devine, te mettent encore plus dans le suspens, car tu ne sais pas de quelle femme du roman il parle. Esther ? Louise ? Sophie ? Maria ? Polly ?

Tu vas douter de chacun des protagonistes. 
Tim, le frère de Maria cherche-t-il à venger sa sœur ? Pete, cet homme que Sophie vient de rencontrer n’a-t-il pas un comportement bizarre ? Ou encore Matt qui veut que Louise se taise.
Le suspens est encore renforcé par les messages que Louise reçoit, des messages avec des menaces voilées. Jamais rien de franc, mais tu sens que le danger guette Louise et tu prends peur toi aussi.
Avec un rythme haletant grâce au rebondissement qui vont te surprendre la lecture est très addictive. Tu veux comprendre toi aussi si Maria est toujours vivante et si oui pourquoi a-t-elle attendu 25 ans pour refaire surface.
J’ai envie de te dire de qui j’ai douté et pourquoi, mais j’ai peur de te mettre sur la piste en te relatant trop les personnages du roman.

Sache que tous les personnages sont très bien construits. 
Chacun d’eux sont complexe et possède une psychologie dense, cela ne fait que rendre le suspens plus intense.
Je ne peux pas dire que j’ai ressenti une empathie particulière pour l’un d’eux, mais je les ai tous aimés ou pour un ou deux je les ai détestés.
Louise et Maria, je ne me suis pas identifiée à elles, même si elles ont vécu des choses dramatiques, je ne suis pas parvenue à complètement m’immerger dans leur psychologie. 
D’habitude, cela me dérange, mais ici le suspens et le sujet sont tellement intéressants et bien amenés que cela n’a pas été un frein à ma lecture.

Le twist final m’a vraiment surprise. D’abord, tu penses que l’auteure te donne les clés qui vont te permettre de résoudre l’intrigue, mais en fait elle t’endort pour mieux t’assommer (c’est imagé, rassure-toi tu ne sauras pas dormir au contraire !!) et ne rien voir de ce qui se profile.

Vraiment pour un premier roman c’est une belle réussite, tout concorde, les pièces de puzzles se mettent peu à peu en place et rien n’est trop facile.
C’est un roman qui pourra convenir à beaucoup d’entrevous, vu le thème central. 
En plus pour les non initiés ce n’est pas du tout gore ni traumatisant. 
Oui, tu as peur, tu doutes, tu crains de découvrir la vérité, mais c’est ce qui fait à mon sens qu’un suspens psychologique est réussi ou pas. Si l’auteure arrive à te retourner le cerveau, à douter de tes propres certitudes, c’est gagné et c’est le cas avec ce livre.

Je te le recommande chaudement même si cela n’a pas été un immense coup de cœur. 
Il vaut, vraiment, la peine d’être lu et l’auteure d’être connue. 
Je vais d’ailleurs guetter ses prochains écrits.

Une plume simple, mais addictive ; pas de longueurs ni de monotonie ; vraiment un roman réussi pour Laura Marshall.


Une proie si facile de Laura Marshall - Traduction de Zilke Zimmerman - suspens psychologique, harcèlement scolaire - 384 pages, 19.90 - Édition Fleuve, collection Fleuve Noir, en librairie le 8 février 2018
jeudi 8 février 2018

[Avis] Fille de bohème de Vania Prates


Mon cher lecteur, voici un livre qui va t’emmener du Paris de Louis XIII à notre époque. 
Une histoire passionnante, une quête d’identité et une très belle romance.

Meli (Mellissandre) est une jeune femme accomplie. 
Elle a acheté un appartement dans le 16e ; elle est fiancée à Sébastien et elle grimpe les échelons à son travail. 
Lors d’une soirée d’enterrement de vie de jeune fille, elle se fait hypnotiser, ce qui au départ est un défi, car elle n’y croit absolument va complètement bousculer sa vie. 
Depuis elle, rêve chaque nuit d’Éveline, une jeune voleuse vivant à la Cour des Miracles au 17e, amoureuse de Cam (Camelien) le futur roi de la Cour des Miracles quand son père lui passera la main. Meli est troublée par ses rêves, elle en vient à avoir peur de s’endormir. 
Qui était Éveline ? À-t’elle existé ? Que lui a fait cette hypnotiseuse ? Comment retrouver une vie normale ?

L’incursion dans la Cour des Miracles à travers le personnage d’Éveline m’a passionnée.
Un monde que j’adore retrouver en littérature.
Les rêves que fait Melissandre sur Éveline nous racontent la vie d’Éveline, son quotidien à elle, mais aussi des autres habitants de la cour.
L’alternance de temps avec le présent de Meli est parfaitement gérée. 
Tu as envie de lire ce qu’il va se passer pour les deux héroïnes et comprendre pourquoi Meli rêve de Evy. 

Tu n’as aucune difficulté à passer d’une narratrice à l’autre, tout est fluide, bien orchestré et suffisamment décrit pour que la Cour des Miracles et Montmartre lèvent le voile devant tes yeux.
Une écriture immersive qui te plonge dans les lieux et les époques.

Vania Prates crée une histoire fantastique, elle te dresse une galerie de personnages tous réussis et attachants, que ce soit à n’importe laquelle des époques. 
J’ai été embarquée dans le roman dès les premiers chapitres.
Si au départ je n’aimais pas le caractère de Meli, une bourgeoise typique, j’aimais encore moins Sébastien et Laura, celle-ci grâce à ses rêves qu’elle fait sur Evy va remettre toute sa vie en question. Evy est altruiste, aimante, se satisfait de ce qu’elle a tout le contraire de Meli.
Elle rêve, mais ses songes vont la réveiller et lui permettre de mettre sa vie en perspective. Est-elle vraiment heureuse avec la vie qu’elle mène ?

"Plusieurs à marcher dans Paris, et je me sentais toujours aussi mal, écœurée par ce que j'avais découvert sur moi. Avais-je toujours été comme ça ? ambitieuse, insensible et égocentrique ?"

"J'avais tout ce que j'avais toujours voulu. Tout, sans exception. Mais avais-je vraiment ce dont j'avais besoin ? Avais-je l'essentiel ? Et qu'est ce que c'était exactement l'essentiel" 

Au fur et à mesure du récit, je me suis attachée à Meli. 
Elle va repartir de zéro et affronter seule sa vie sans avoir peur du qu’en dira-t'on. 
Le studio qu’elle loue dans un immeuble de Montmartre est un microcosme de la Cour des Miracles. Comme si les deux époques étaient calquées l’une sur l’autre.
Meli va apprendre avec les habitants ce qu’est l’entraide, l'amitié, la solidarité et les véritables fêtes.
Les protagonistes de notre siècle sont tous captivants, que cela soit Blandine, Ed, Ric, le vieux Robert, Diana, Lucas et Barnabé, tous forment une famille.
Ric va l’aider à comprendre ses rêves en lui donnant l’adresse de Mandino, un vieil homme, sage qui m’a beaucoup ému.
Sage dans sa manière de travailler l’hypnose et les plantes, mais aussi par les paroles qu’il dit à Meli. Il a un regard sur le monde d’aujourd’hui que j’ai grandement apprécié, car je partage sa philosophie.

Je me suis plus fortement identifiée à Evy. Son amour, pour Cam, est beau ; la romance est présente sans l’être de trop ; ce sont les héroïnes qui sont mises à l’avant
Si Meli n’est plus prête à tout faire pour un homme ; Evy si elle devient la compagne du futur roi de la cour elle ne pourra plus voler et sortir au gré de ses envies. 
Aura-t-elle la force de renoncer à sa liberté par amour ?
La quête qu’elle va mener pour Madame de La Chapelle est passionnante et émouvante. Tu as envie de la voir mener à bien la mission qu’elle s’est donnée en échange que cette dame de la noblesse lui apprenne à lire.

Comme je te le disais grâce à ses personnages Vania Prates t’immerge parfaitement dans le Paris des deux époques. 
Évoluer parmi les habitants de la Cour des Miracles m’a complément dépaysée, enthousiasmée. Les protagonistes secondaires sont habilement construits : Antoine, Gaspard, Rony, La petite Clémence, Julie, même le grand Coestre, roi de la cour.
J’ai adoré évoluer parmi eux ; je me suis glissée dans la peau de Evy. Les rêves de Meli sont imbriqués à Evy.

La grande force du roman est que tout est lié.
Les deux vies se mêlent et s’entremêlent sans que tu sois perdu. 
Tu as autant hâte de retrouver l’une que l’autre. 
Ce roman habilement construit allie la romance, le suspens, une enquête, une prise de conscience de ce l’on attend de la vie, une leçon, un message que fait passer l’auteure surtout par Meli et un peu par Evy qui va être elle aussi confronté à des choix de vie épineux.

En bref à lire si tu aimes le Paris, historique et contemporain. Si tu aimes les femmes fortes qui n’ont pas peur de se mettre en danger et qui gardent leur conviction.
Si tu aimes les quêtes identitaires et les enquêtes.


Sans être un coup de cœur, j’ai adoré ma lecture. Je l’ai dévoré, impossible de le poser une fois commencé. Encore un très bon roman Charleston.
Fille de bohème de Vania Prates - Romance, suspens, alternance d'époque historique et contemporaine - 392 pages, 18€ - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie le 16 janvier 2018
vendredi 2 février 2018

[Avis] L'autre soeur de Cylin Busby



Mon cher lecteur ce livre est parfait si tu as envie de commencer à lire un suspens psychologique ou ceux qui comme moi adore les retournements de situations. 
C’est un super suspens psychologique pour ado, il m’a fait penser à deux livres même si l’histoire n’a rien à voir : Les apparences de Gillian Flynn et la fille parfaite de Mary Kubica.(roman adulte tous les deux)

Sarah a disparu depuis 4 ans. 
Nico, sa plus jeune sœur, 11 ans à l’époque des faits subit la famille dysfonctionnelle qu’ils forment maintenant tous les trois.
Sa mère est inquiète à la moindre minute de retard de Nico, elle passe son temps à enquêter sur la disparition de Sarah et son père s’est renfermé. P
lus Nico grandit, plus elle ressemble à Sarah. 
Au moment où tu lis le roman, elle a le même âge que quand Sarah est partie.
Au collège, elle est la sœur de la disparue, sa seule amie qui n’habitait pas la ville au moment du drame est Tessa.
La seule qui prend Nico pour ce qu’elle est. Si sa mère semble croire que sa fille est toujours en vie, Nico n’y croit plus.
Combien de fausses joies ils ont eues, combien d’identifications de cadavres alors que ce n’est pas Sarah.
Elle travaille comme bénévole à un service d’écoute téléphonique pour ado, si elle peut aider un autre ado, elle espère aussi que peut-être un jour c’est Sarah qui appellera.
Nico n’est pas trop bien dans sa peau ; ses parents sont toujours sur le qui-vive attendant qu’elle aussi devienne une ado difficile ; pourtant Nico est l’opposé de sa sœur elle fait, en tout cas, tout ce qu’elle peut pour aider ses parents, les laissant même fouiller son téléphone.
Un jour, un appel de Floride semble cette fois le bon. Sarah a été retrouvée, mais est amnésique ; elle se souvient de bribes de son passé, mais c’est comme si son cerveau pour la protéger avait effacé les traumatismes de sa mémoire.
Nico est à la fois heureuse et inquiète de retrouver sa sœur. 
Sa sœur qui était égoïste, garce, blessante, avec elle. 
Comment sera-t-elle maintenant ?
Et justement, la Sarah d’autrefois n’est plus la même, bien sûr les blessures et les violences qu’elle a subies ces 4 dernières années ont altéré sa personnalité, elle est devenue craintive, elle fait des cauchemars.
Le plus saisissant pour ses parents et Nico c’est sa bonté. Mais après tout, elle a 19 ans maintenant, c’est presque une adulte.
Chacun peine à retrouver ses marques, les parents, mais aussi Nico et Sarah.

Ce livre est brillamment construit. Nico est la narratrice, elle te raconte l’avant et l’après-disparition de Sarah. 
Comment elle le vivait à ce moment-là et ce qu’elle ressent maintenant.
C’est un personnage crucial du roman et très attachant. 
Tu ressens combien elle a souffert toutes ces années, avant et après la disparition de Sarah, mais aussi maintenant qu’elle est revenue, elle est de nouveau la sœur de la revenante.

Cylin Busby t’embrouille le cerveau et te rend complètement accro à ta lecture en parsemant de temps en temps des pages consacrées à Sarah lors de sa détention et ce qu’elle a vécu. Des passages douloureux à lire surtout que ton cerveau imagine encore pires.

Le mystère autour de Sarah est constant, jusqu’à la fin l’auteure te tient en haleine.
Une psychologie des deux sœurs superbement construite, un suspens maintenu, tu crois deviner certaines choses, tu tiques sur certains points puis au chapitre suivant tes doutes sont balayés par de nouvelles informations.

Le livre se déroule comme un huit clos, même si les personnages ne restent pas au même endroit, ton attention est vraiment braquée sur la famille.
Tu es comme Nico, heureuse de retrouver sa sœur, mais en plus une vraie sœur. 
Un lien fort les unit. 

Mais qui est vraiment Sarah c’est la question que tu vas te poser jusqu’à la fin.
Tu auras des indices bien avant, mais ça, je te les laisse découvrir par toi-même, ces indices, ces éclaircissements ne te pousseront qu’à une seule chose : terminer au plus vite ta lecture pour tout comprendre.

J’ai adoré ce suspens psychologique pour YA

L'autre soeur de Cylin Busby - traduction de Sarah Dali - Jeunesse à partir de 13 ans, suspens psychologique - 288 pages, 14.90€ - Édition Mila, en librairie le 24 janvier 2018
vendredi 26 janvier 2018

[Avis] Nos interdits, tome 1 : l'étincelle de Roxane Maffre



Tu vas être étonné moi qui te rabâche les oreilles en te disant que je déteste les triangles amoureux et pourtant ce livre d’après son résumé en est un, mais j’ai eu envie de tenter. Oui moi.
J’ai bien fait, car même si oui notre héroïne hésite entre deux garçons ce roman est bien plus qu’une simple romance, une seconde intrigue pointe le bout de son nez, elle rend la lecture très addictive, le suspens te maintient en haleine bref même si je n’ai pas eu de coup de cœur, ni mis 5 étoiles ; j’ai passé un bon moment de lecture


Anna est une étudiante des plus tranquille, elle n’est pas du tout fêtarde, elle aime rester chez elle et mener son petit train-train tranquille. 
Tu commences le roman le jour de l’anniversaire de Anna. Si la journée est dédiée à passer du temps avec sa maman à se goinfrer devant des comédies romantiques ; sa meilleure amie Allison se charge chaque année de la soirée.
Cette année, elle emmène Anna à une fête qui se passe chez Stan, un garçon sur lequel Allie (Allison) a des vues, mais celle-ci va vite déchanter, car il a l’air bien plus attiré par Anna qui pourtant ne fait rien pour se faire remarquer.

Stan est le Bad Boy par excellence, mystérieux, insaisissable, fêtard ; populaire ;tout ce que Anna n’est pas, mais sans qu’elle sache l’expliquer elle est attirée par lu. 
Il lui fait autant peur qu’il l’attire, comme deux aimants. Ils se repoussent et pourtant n’arrive pas à se séparer.
Quelque temps après, elle fait la connaissance de Léo serveur dans un salon de Thé ; lui est plus son genre, tendre, beau aux yeux bleus, d’apparence sage. 
Au fur et à mesure, elle ne peut s’empêcher de retourner voir Léo sur son lieu de travail et se rend compte qu’elle aime les deux garçons. Deux opposés. 
Comment peut-elle aimer deux garçons et surtout être attirée par Stan ?
Elle ne se comprend plus et est complètement perdue.

Heureusement pour moi, et pour toi si comme moi les romances à 3 tu n’aimes pas ça, une intrigue très intéressante vient se mêler à l’histoire. 
Une intrigue pour laquelle tu es prêt à lire le roman de suite et à ne pas t’arrêter.
Quasi un suspens psychologique, car l’auteure présente et travaille très bien la psychologie de ses protagonistes.
Le rythme de la lecture est effréné et rendu addictif par cette intrigue, de plus tu comprends les enjeux des personnages, leurs pensées, leurs espoirs, leurs craintes, car même si c’est Anna la principale narratrice l’auteur donne la voix à l’un ou l’autre de ses héros.
Je n’avais absolument pas deviné le mystère que l’auteure laisse planer, j’étais même carrément à côté de la plaque.

Là où j’ai eu le plus de mal et la raison pour laquelle mon engouement pour ce livre retombe, ce sont les personnages, Anna en particulier. 
Elle m’a fait lever de nombreuses fois les yeux au ciel, je l’ai trouvée par moment immature pour ses 19 ans. Ses réactions n’étaient pas toujours cohérentes ni avec la situation précédente ni avec son âge. Hormis elle j’ai vraiment aimé Allie qui est plein de vie, rigolote, et elle, pour le coup, fait bien son âge. Du côté des héros masculins je n’ai pas du tout apprécié Léo, ne me demande pas pourquoi je ne saurais te l’expliquer, j’ai eu une aversion quasi immédiate pour lui.
Stan quant à lui je ne le rangerai pas dans les Book Boyfriends même si j’aime les garçons torturés, les Bad Boys, mais qui cache bien plus que ce qu’il laisse paraître. Plus j’ai appris à le connaître au cours de ma lecture, plus je me suis attachée à lui et plus tu avances dans le roman, plus tu comprends pourquoi il est ce qu’il est. Ses réactions, sa façon de vivre te sembleront alors « normales ».

Je reproche aussi quelques longueurs surtout vers la fin du livre, je pense, vraiment que l’auteure aurait pu enlever une centaine de pages sans perdre en qualité. 
(Le roman fait quand même 520 pages.)

Malgré son jeune âge l’auteure écrit un livre qui tient la route, elle ne tombe pas dans la surenchère d’émotion avec ce triangle amoureux, l’intrigue est saisissante et de plus elle fait passer de bons messages entre autres faut-il vraiment toujours se fier aux apparences ?
La fin se termine sur un gros cliffhanger vivement le tome deux (et final) que je lirai à coup sûr.

Bref, tu l’as compris sans être un 5 étoiles, je lui ai mis 16/20




Il plaira aux amateurs de romance, aux lecteurs qui aiment que tout ne tombe pas tout cuit dans la bouche, que la romance est là oui, le triangle amoureux aussi oui, mais pour autant Anna même si elle hésite ne se jette pas dans leurs bras pour autant.



Nos interdits, tome 1 : l'étincelle de Roxane Maffre - romance- Young Adulr - 520pages, 18€ - Édition Hachette, collection Bloom, en librairie le 3 janvier 2018
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