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mardi 1 mai 2018

Avis : Baby Doll : s'enfuir n'était que le début de Hollie Overton



Me revoici mon cher lecteur, aujourd’hui avec un roman psychologique, un roman qui alterne les voix de plusieurs protagonistes : Lily, Rick, Ève et Abby. 
Un procédé qui va te permettre de comprendre comment chacun d’eux va vivre le drame, mais surtout l’après-drame, car c’est bien de cela qu’il s’agit, comment la, les victimes vont réagir au traumatisme, ce que le coupable ressent. 
Ce sont plusieurs familles qui ont été brisées. 
Chacun des protagonistes gère le choc différemment. 

Lily, comme chaque dimanche, attend d’entendre le verrou de la pièce où elle enfermée avec sa fille de 6 ans, Sky. 
Cette fois, pas de bruit ; rien que le silence. Lily va tenter le tout pour le tout avec la peur au ventre ; s’il s’agissait d’un piège ? 
Après 8 ans de captivité, elle parvient à fuir sa geôle, elle rejoint sa famille qui habite à seulement 9 km de là où elle était retenue captive, mais ça, personne ne pouvait le savoir. 
Lily et Sky arrivent sur le perron de la maison familiale, c’est sa mère, Ève qui lui ouvre, sa sœur jumelle Abby arrivera quelques instants après. 

L’autrice te montre intelligemment comment la fuite de Lily n’est que le début d’un long chemin. 
Elle qui aimait tant courir devra faire de patience pour arriver en bout de piste. 
S'enfuir oui, mais la reconstruction est difficile, longue, pleine d'embûches. 

Tu alternes donc comme je te le disais les voix de 4 protagonistes. 
Lily, la jeune fille enlevée ; devenue mère depuis, elle a subi durant 8 années les viols, la violence mentale, les coups et la torture, Abby sa sœur jumelle qui ne s’est jamais remise de la disparition de sa sœur, Abby qui s’autodétruit à petit feu repoussant tout amour. 
Ève, qui elle, aussi a bien changé depuis, elle noie son chagrin dans l’alcool, essaie d’oublier dans les bras d’hommes inconnus et enfin Rick le responsable de l’enlèvement et de tous les sévices qu’il a fait subir à Lily, c’est aussi le père de Sky si tu en doutes. 
L’alternance des points de vue te permet de comprendre comment chacun d’eux réagit au retour de Lily. 

8 ans ont passé, 8 années à rattraper, tant de choses ont changé. C’est une jeune fille qui a été enlevée ; c’est une femme et une maman qui revient. 
Le traumatisme de Lily est relativement bien décrit, elle a toujours peur qu’il revienne se venger d’avoir désobéi, elle a été dressée, c’est horrible, mais c’est le mot, et toi aussi tu te demandes s’il ne va pas y arriver. 
Psychopathe, pervers narcissique et très intelligent, manipulateur Rick a plus d’un tour dans son sac.
La personne, qui est pour moi, la plus dérangée c’est Abby, je n’ai pas toujours compris ses réactions vis-à-vis de sa grossesse ou de Wes le père de son enfant. 
Une personnalité qui est très borderline. 
Ève, je ne sais trop quoi te dire, si ce n’est que c’est une mère qui cherche à réunir sa famille, à ce que chacun se reconstruit. 

L’écriture est fluide et tu ne ressens aucun temps mort avec ce changement de narrateur pour autant, au final je suis déçue. 
Je m’attendais à un tout autre rebondissement, je m’attendais à ressentir plus de malaise, à douter plus des personnalités or je n’ai ressenti rien de tout cela ou du moins pas assez constamment. 
Rick, oui je m’attendais à ce que l’autrice nous fasse un revirement de situation, vraiment, je m’attendais à une fin tout autre donc côté doute global on peut dire que c’est plutôt réussi puisque je pensais lire autre chose. 
Finalement, le roman est assez pauvre en psychologie, beaucoup d’éléments pas vraiment utiles viennent parasiter le roman, on ne peut pas dire que l’ambiance soit glauque, fragile oui, les personnages ne savent plus comment interagir entre eux. 
Tu lis les personnages face à leur quotidien, les rendez-vous à la clinique, chez le psychiatre, l’emballement médiatique, la crainte de perdre à nouveau de vue sa famille, la victime principale qui tente de se reconstruire, Abby et sa mère qui se sentent coupables de ce jour fatidique il y a de cela 8 ans, les détails de la séquestration que Lily doit raconter au FBI et au procureur. Sky la petite qui n’a jamais vu la lumière du jour ni d’autres personnes que sa mère ou Rick. 
Un papa qu’elle aime. C’est dur pour cette gamine, elle ne comprend pas ce qu’il se passe.
Voilà, je ne peux pas t’en dire plus. Il n’y a pas de climat malsain, le postulat de départ n’est pas mauvais, mais aurait pu être vraiment mieux traité. 

Ce n’est pas une déception totale, je lui ai, quand même, mis 3,5 sur 5, car j’ai été prise dans le roman dès le début avec ce premier chapitre qui là pour le coup m’a fait battre le cœur et m’a entrainée directement dans ma lecture sans que je puisse arrêter. Je voulais savoir ce qu’il allait advenir des 4 personnages, mais comme je le disais je m’attendais à un twist vers la fin qui m’aurait coupé le souffle, mais non. 

La gémellité est bien abordée à mon sens ; toute la difficulté que Lily et Abby ont éprouvée durant leur séparation, ce lien à la fois fort et fragile au retour de Lily. 
Je ne suis pas déçue de l’avoir lu, mais il y a de bien meilleurs romans psychologiques
À toi de voir si tu as envie de lire l’inverse de ce que l’on a le plus souvent dans ce genre de roman : la disparition d’un enfant, ici tu lis contraire ; tu lis l’après, le retour et toutes les difficultés qui vont avec, la famille éclatée, la famille de Rick qui ne se doute de rien, il a un double voire une triple personnalité. 
Tous ont besoin d’aide psychologique ; tous sont détruits. 


Finalement, je conclurais en te disant que je n’ai pas ressenti de connexions avec un seul des personnages, peut-être parce que j’ai déjà lu beaucoup de thriller psychologique et que du coup mon degré d’exigence est plus haut. Il plaira, je pense, mais pas à de gros lecteurs comme moi de thriller/roman psychologique. 



Baby Doll : s'enfuir n'était que le début de Hollie Overton - Suspens psychologique - 368 pages-21, 90€- Edition Fayard / Mazarine, en librairie le 2 mai 2018
mardi 10 avril 2018

[avis] Trouble vérité de E. Lockhart



En voilà un livre saisissant, un thriller YA pas exceptionnel, mais qui a le mérite de te tenir en haleine. 
Je ne pourrais te dire s’il est très différent de « Nous les menteurs », il est dans ma pal, mais je ne l’ai pas encore lu. 
Je te raconte tout cela dans un instant, mon cher lecteur.

Déjà, tu pourrais être déstabilisé par le procédé d’écriture, il est écrit à l’envers. Par des flash-back, parfois de 1 semaine, parfois de plusieurs mois, tu assembles peu à peu les pièces du puzzle que E. Lockhart t’a données. 

Tu rencontres dès le départ Jule en juin 2017 dans un hôtel chic du Mexique, alors qu’elle fait sa séance de sport quotidienne une femme l’aborde et engage directement la conversation, sur des sujets que Jule connaît. 
Le chapitre suivant se passe 7 semaines plus tôt à Londres. 
Jule est dans une auberge de jeunesse en train de lire l’ami commun de Dickens offert par sa meilleure amie Imogen Sokoloff. 
Je ne peux t’en dire plus sur le pitch sans te relever un indice. 

Peu à peu, chapitre après chapitre, tu vas comprendre l’amitié entre Imogen et Jule. Imogen, riche jeune femme, vit la vie au jour le jour et entraîne Jule dans cette spirale d’insouciance. 
D’abord en vacances dans sa belle villa de Martha’s Vineyard, ensuite Immie (le surnom d’Imogen) décide d’emmener son amie à Porto Rico. 

E. Lockhart va, au fil du temps qui remonte dans le passé, te dévoiler la psychologie des deux héroïnes, le lien qui les unit. 
Il va vraiment m’être difficile de te résumer ce titre et d’en parler comme je le fais d’habitude, car j’ai très peur de trop en dire. L’intrigue tient en peu de choses et c’est sur l’énigme que tu connais dès le départ que tu es entraîné. 

Je ne peux pas dire que le vocabulaire soit facile, j’ai trouvé le vocabulaire assez élaboré pour les jeunes de 13 ans (l’âge recommandé), l’écriture peut te perdre en cours de route, car il n’est pas toujours aisé de te glisser dans la peau de la narratrice Jule. Le procédé stylistique utilisé m’a parfois déstabilisé.

Jule c’est un véritable caméléon, autant psychologiquement que physiquement.
Ce ne sont pas les gens qu’elle rencontre qui s’adaptent à elle, mais elle qui s’adapte à toutes les situations. 
Imogen, elle, ne se sent à sa place nulle part, orpheline adoptée, elle a des parents adoptifs riches et qui l’aiment, mais cela ne lui suffit pas. 
Sait-elle au moins ce que c’est aimer ? Elle utilise ses amis comme des biens de consommation, que cela soit Forrest, Brooke ou Jule, même Scott que tu rencontreras plus tard dans le récit. 
À travers ses deux héroïnes l’auteure aborde ces thèmes : l’identité profonde, celle que tu montres et celle que tu es réellement, l’abandon et le manque d’amour, les traumatismes de l’enfance, le clivage entre les différentes classes sociales. Bon, je ne vais pas te dire qu’elle va les traiter en profondeur non, elle braque ton attention sur ses deux héroïnes. 
Qui sont-elles vraiment ? Imogen est-elle bien Imogen et Jule est-elle bien ce qu’elle prétend être ? 

Je ne peux pas non plus te dire que le rythme est trépidant, mais E. Lockhart en reculant comme ça, en te donnant des miettes te rend accro à ta lecture. Forcément, tu connais le dénouement puisque tu commences par cela, mais le pourquoi, le comment, te reste en tête un bon moment.
Lors d’un chapitre au 3/4, je dirais, tu penses que c’est bon, que tu n’auras plus de rebondissements ; l’auteure n’a pas fini de te surprendre. 
Il n’y a pas énormément de retournements de situation, mais quand il y en a ils te font froid dans le dos. 
C’est assez fou, car je me suis prise d’empathie pour deux personnes pas du tout gentilles. 

Dans sa lettre, E. Lockhart te dit qu’elle veut te rendre complice des crimes de son personnage et c’est vrai, tu réfléchis toi aussi à ce que tu aurais fait à sa place. 
J’ai aimé cette anti-héroïne, vraiment, je ne peux pas dire que ce sera un personnage inoubliable, mais voilà, le livre a fait que j’ai passé un moment... troublant. 
Je ne peux vraiment pas t’en dire plus. 
Je sais que mon avis doit te paraître aussi trouble que son titre, mais si je t’en dis plus je te spoile.

Tu prends des héros de comics, des grands romans de l’époque victorienne, deux jeunes femmes qui ne veulent plus de leur vie actuelle, différentes villes, des établissements chics, d’autres beaucoup moins ; tu mélanges tout et cela te donne «  Troublante vérité ». Un thriller psychologique YA, je trouve que 13 ans c’est un peu jeune sauf si c’est un bon lecteur. 
Il plaira à un large panel de personne, la preuve, j’ai 40 ans encore pour quelques mois et je me suis prise au jeu des matriochkas en ouvrant une, pour en découvrir une autre, et une autre, jusqu’a avoir la dernière, est-ce vraiment la dernière ? 
À toi de le découvrir si le livre te tente


Je lui donne une note de 3,5 pour la psychologie fine des protagonistes, mais ce n’est pas une lecture que je conseillerais à tous. Il y a du bon et du moins bon. Je reste mitigée sur l’ensemble ; plusieurs semaines après l’avoir lu, je ne peux pas te dire que les personnages me soient restés en tête…



Trouble vérité de E. Lockhart - Thriller jeunesse, Young Adult - 304 pages, 15, 50€ - Édition Gallimard jeunesse, en librairie le 12 avril 2018
jeudi 22 février 2018

[Avis] Une proie si facile de Laura Marshall



Mon cher lecteur tu es adepte des suspens psychologiques ? Alors, reste, cette chronique va te plaire.
Tu le sais, je suis une lectrice éclectique et dans les genres aussi je veux dire par là que j’aime les thrillers très gore, les polars et comme ici les suspens psychologiques.
Pour un premier roman, Laura Marshall mène bien sa barque et entraîne son lecteur dans les méandres de son intrigue.
Louise est une mère célibataire qui mène sa carrière et sa vie de mère de front. 
Elle forme un duo avec son fils Henry, âgé de 4 ans. 
Depuis sa séparation il y a deux ans ils sont fusionnels. Tout va plus ou moins bien pour elle jusqu’au jour où elle reçoit une invitation sur Facebook. 
Une invitation d’une jeune fille disparue il y a 25 ans lors du bal du Lycée, Maria Weston.
Jusque là, tout le monde la croyait morte.
Cette invitation refait surgir son passé, pas si enfoui que ça. 
Sa culpabilité est énorme depuis cette fameuse nuit. 
Notre héroïne perd peu à peu pied, elle a toujours un regard par-dessus son épaule, car Maria a l’air de tout savoir d’elle.

Si j’ai vraiment aimé le suspens qui est constant, du début à la fin du roman ; j’apprécie encore plus que Laura Marshall aborde de nombreux thèmes peu exploités, je trouve, dans les suspens psychologiques ou du moins pas de cette manière.
Tu as déjà le thème du rôle de mère célibataire
Une mère qui travaille et culpabilise de laisser son fils à la crèche. Un amour maternel puissant et beau à lire.
Tu as les dérives d’internet et des réseaux sociaux, tout le monde peut s’inventer une identité ou une vie.
Et enfin et surtout le harcèlement scolaire durant l’adolescence, cette époque si fragile et difficile pour nombre d’entre nous.
Je ne sais pas toi, mais, pour ma part, je n’étais pas populaire, mes premières années ont vraiment été difficiles à vivre. 

Ici, c’est Maria qui éprouve des difficultés. 
Elle a quitté son ancien lycée pour une histoire similaire, mais qu’elle préfère taire et se retrouve à nouveau dans la même situation.
 Louise était son amie, mais pour rester proche des filles populaires et surtout de Sophie, Louise laisse tomber Maria.
L’auteure te montre combien on peut se laisser manipuler ; combien nous sommes prêts à tout faire pour être acceptés dans le groupe qu’il faut !
Louise s’est complètement laissé abuser par Sophie, elle a laissé tomber d’abord Esther puis Maria. Pourquoi ? Ces deux jeunes filles n’étaient juste pas dans la norme établies par les meneuses, que cela soit vestimentaire comme Esther ou en parole comme Maria qui ne veut plus se laisser faire.

Tu peux tout à faire lire ce roman si tu n’aimes pas les thrillers, il se lit en grande partie sur le harcèlement et la culpabilité de Louise qui ne s’est jamais remise de la disparition de Maria, elle n’a jamais pu oublier ce qu’elle lui avait fait.
C’est un livre écrit intelligemment. 
Les sujets ne sont pas survolés, mais bien exploités et je me suis vraiment retrouvée dans certaines des situations décrites.
De plus, les bons dans le passé disséminés tout au long des 380 pages te permettent de plus ou moins comprendre ce qu’il se jouerait en 1989. Plus ou moins, car tu devras attendre la fin et ses nombreux rebondissements pour tout comprendre.
En plus de cette alternance de temps entre 1989 et 2016 des textes en italiques, comme des lettres écrites, par un homme on le devine, te mettent encore plus dans le suspens, car tu ne sais pas de quelle femme du roman il parle. Esther ? Louise ? Sophie ? Maria ? Polly ?

Tu vas douter de chacun des protagonistes. 
Tim, le frère de Maria cherche-t-il à venger sa sœur ? Pete, cet homme que Sophie vient de rencontrer n’a-t-il pas un comportement bizarre ? Ou encore Matt qui veut que Louise se taise.
Le suspens est encore renforcé par les messages que Louise reçoit, des messages avec des menaces voilées. Jamais rien de franc, mais tu sens que le danger guette Louise et tu prends peur toi aussi.
Avec un rythme haletant grâce au rebondissement qui vont te surprendre la lecture est très addictive. Tu veux comprendre toi aussi si Maria est toujours vivante et si oui pourquoi a-t-elle attendu 25 ans pour refaire surface.
J’ai envie de te dire de qui j’ai douté et pourquoi, mais j’ai peur de te mettre sur la piste en te relatant trop les personnages du roman.

Sache que tous les personnages sont très bien construits. 
Chacun d’eux sont complexe et possède une psychologie dense, cela ne fait que rendre le suspens plus intense.
Je ne peux pas dire que j’ai ressenti une empathie particulière pour l’un d’eux, mais je les ai tous aimés ou pour un ou deux je les ai détestés.
Louise et Maria, je ne me suis pas identifiée à elles, même si elles ont vécu des choses dramatiques, je ne suis pas parvenue à complètement m’immerger dans leur psychologie. 
D’habitude, cela me dérange, mais ici le suspens et le sujet sont tellement intéressants et bien amenés que cela n’a pas été un frein à ma lecture.

Le twist final m’a vraiment surprise. D’abord, tu penses que l’auteure te donne les clés qui vont te permettre de résoudre l’intrigue, mais en fait elle t’endort pour mieux t’assommer (c’est imagé, rassure-toi tu ne sauras pas dormir au contraire !!) et ne rien voir de ce qui se profile.

Vraiment pour un premier roman c’est une belle réussite, tout concorde, les pièces de puzzles se mettent peu à peu en place et rien n’est trop facile.
C’est un roman qui pourra convenir à beaucoup d’entrevous, vu le thème central. 
En plus pour les non initiés ce n’est pas du tout gore ni traumatisant. 
Oui, tu as peur, tu doutes, tu crains de découvrir la vérité, mais c’est ce qui fait à mon sens qu’un suspens psychologique est réussi ou pas. Si l’auteure arrive à te retourner le cerveau, à douter de tes propres certitudes, c’est gagné et c’est le cas avec ce livre.

Je te le recommande chaudement même si cela n’a pas été un immense coup de cœur. 
Il vaut, vraiment, la peine d’être lu et l’auteure d’être connue. 
Je vais d’ailleurs guetter ses prochains écrits.

Une plume simple, mais addictive ; pas de longueurs ni de monotonie ; vraiment un roman réussi pour Laura Marshall.


Une proie si facile de Laura Marshall - Traduction de Zilke Zimmerman - suspens psychologique, harcèlement scolaire - 384 pages, 19.90 - Édition Fleuve, collection Fleuve Noir, en librairie le 8 février 2018
vendredi 2 février 2018

[Avis] L'autre soeur de Cylin Busby



Mon cher lecteur ce livre est parfait si tu as envie de commencer à lire un suspens psychologique ou ceux qui comme moi adore les retournements de situations. 
C’est un super suspens psychologique pour ado, il m’a fait penser à deux livres même si l’histoire n’a rien à voir : Les apparences de Gillian Flynn et la fille parfaite de Mary Kubica.(roman adulte tous les deux)

Sarah a disparu depuis 4 ans. 
Nico, sa plus jeune sœur, 11 ans à l’époque des faits subit la famille dysfonctionnelle qu’ils forment maintenant tous les trois.
Sa mère est inquiète à la moindre minute de retard de Nico, elle passe son temps à enquêter sur la disparition de Sarah et son père s’est renfermé. P
lus Nico grandit, plus elle ressemble à Sarah. 
Au moment où tu lis le roman, elle a le même âge que quand Sarah est partie.
Au collège, elle est la sœur de la disparue, sa seule amie qui n’habitait pas la ville au moment du drame est Tessa.
La seule qui prend Nico pour ce qu’elle est. Si sa mère semble croire que sa fille est toujours en vie, Nico n’y croit plus.
Combien de fausses joies ils ont eues, combien d’identifications de cadavres alors que ce n’est pas Sarah.
Elle travaille comme bénévole à un service d’écoute téléphonique pour ado, si elle peut aider un autre ado, elle espère aussi que peut-être un jour c’est Sarah qui appellera.
Nico n’est pas trop bien dans sa peau ; ses parents sont toujours sur le qui-vive attendant qu’elle aussi devienne une ado difficile ; pourtant Nico est l’opposé de sa sœur elle fait, en tout cas, tout ce qu’elle peut pour aider ses parents, les laissant même fouiller son téléphone.
Un jour, un appel de Floride semble cette fois le bon. Sarah a été retrouvée, mais est amnésique ; elle se souvient de bribes de son passé, mais c’est comme si son cerveau pour la protéger avait effacé les traumatismes de sa mémoire.
Nico est à la fois heureuse et inquiète de retrouver sa sœur. 
Sa sœur qui était égoïste, garce, blessante, avec elle. 
Comment sera-t-elle maintenant ?
Et justement, la Sarah d’autrefois n’est plus la même, bien sûr les blessures et les violences qu’elle a subies ces 4 dernières années ont altéré sa personnalité, elle est devenue craintive, elle fait des cauchemars.
Le plus saisissant pour ses parents et Nico c’est sa bonté. Mais après tout, elle a 19 ans maintenant, c’est presque une adulte.
Chacun peine à retrouver ses marques, les parents, mais aussi Nico et Sarah.

Ce livre est brillamment construit. Nico est la narratrice, elle te raconte l’avant et l’après-disparition de Sarah. 
Comment elle le vivait à ce moment-là et ce qu’elle ressent maintenant.
C’est un personnage crucial du roman et très attachant. 
Tu ressens combien elle a souffert toutes ces années, avant et après la disparition de Sarah, mais aussi maintenant qu’elle est revenue, elle est de nouveau la sœur de la revenante.

Cylin Busby t’embrouille le cerveau et te rend complètement accro à ta lecture en parsemant de temps en temps des pages consacrées à Sarah lors de sa détention et ce qu’elle a vécu. Des passages douloureux à lire surtout que ton cerveau imagine encore pires.

Le mystère autour de Sarah est constant, jusqu’à la fin l’auteure te tient en haleine.
Une psychologie des deux sœurs superbement construite, un suspens maintenu, tu crois deviner certaines choses, tu tiques sur certains points puis au chapitre suivant tes doutes sont balayés par de nouvelles informations.

Le livre se déroule comme un huit clos, même si les personnages ne restent pas au même endroit, ton attention est vraiment braquée sur la famille.
Tu es comme Nico, heureuse de retrouver sa sœur, mais en plus une vraie sœur. 
Un lien fort les unit. 

Mais qui est vraiment Sarah c’est la question que tu vas te poser jusqu’à la fin.
Tu auras des indices bien avant, mais ça, je te les laisse découvrir par toi-même, ces indices, ces éclaircissements ne te pousseront qu’à une seule chose : terminer au plus vite ta lecture pour tout comprendre.

J’ai adoré ce suspens psychologique pour YA

L'autre soeur de Cylin Busby - traduction de Sarah Dali - Jeunesse à partir de 13 ans, suspens psychologique - 288 pages, 14.90€ - Édition Mila, en librairie le 24 janvier 2018
mercredi 5 juillet 2017

[Avis] Les jumelles d'Arrowood de Laura McHugh


Arden hérite du manoir de son grand-père au décès de son père, elle décide de retrouver en Iowa dans la demeure familiale située à Keokuk, une ville au bord du Mississippi.
Elle ne s’est jamais sentie chez elle ailleurs que dans ce manoir d’Arowood. 
Il faut dire que c’est là que ses petites sœurs jumelles ont disparu.
Arden avait 8 ans à l’époque elle ne se souvient que d’une voiture dorée s’éloignant de la maison avec ses sœurs à son bord.
Josh un jeune homme passionné par les disparitions non résolues la contacte, il désire rouvrir l’affaire, blanchir un homme et aider Arden.

Même si l’idée de départ, le suspens m’a bien plus je n’ai pas réussi à complètement rentrer dans le roman, beaucoup trop de descriptions pour moi, pas utiles à l’histoire viennent polluer l’intrigue.
L’auteure a habité cette ville, est-ce pour ça qu’elle nous décrit toute l’architecture des différents quartiers ou des maisons ?
Non pas que ce n’était pas intéressant, mais pas dans un « thriller » psychologique.

Le suspens est maintenu même si j’avais deviné bien avant la fin le coupable. J’ai hésité à certains rebondissements, mais mon instinct était le bon.
Les personnages à part celui d’Arden ne ne m’ont pas plus marqué que cela. Ils sont sympathiques, mais pas un ne sort du lot.

Entre secret de familles, mensonges, liaison, adultère, jalousie, dépression, amour de jeunesse, patrimoine historique, Laura McHugh nous entraîne sur les traces de la disparition de Violet et Thabita. 
Ces 2 bébés de 21 mois qui ont disparu subitement.
Le lecteur veut savoir, en cela le livre remplit parfaitement son rôle.
Quant au final ce n’est pas tout à fait concret, l’auteure nous laisse faire notre propre avis.


Un roman à suspens, oui il y a un côté psychologique pour moi pas suffisamment développé, mais ce n’est pas le meilleur que j’ai pu lire


Les jumelles d'Arrowood de Laura McHugh - Edition Calmann-Levy - Roman psychologique/suspens - 288 pages, 19,90€ - Sorti le 31 mai 2017
mercredi 21 juin 2017

[Avis] Deux soeurs de Elizabeth Harrower


Voilà un roman qui est paru une première fois, mais l’auteure née en 1928 est vite retombée dans l’oubli.
Réédité en français cette année (son autre roman « avec un certain monde » a été salué par la critique en 2016) j’ai eu envie de le lire.

Si vous lisez ce roman, il faut que vous vous remettiez dans les mœurs de l’époque où ce roman a été écrit sinon vous ne comprendrez pas les réactions des deux sœurs : Laura, l’aînée et Clare la cadette.

Nous suivons donc Laura et Clare, leur père décédé elles doivent quitter leur école de jeunes filles de bonne famille, elles vont habiter avec leur mère dans la banlieue de Sydney.
Stella Vaizey leur mère est agaçante au plus haut point, elle prend ses filles pour des domestiques, se « venge » de leur déchéance comme si Laura et Clare étaient responsables. Elle ne quitte jamais son canapé ou sa chaise longue, disséminant ses ordres.
Laura comprend que la carrière de médecin à laquelle elle se destinait n’est plus qu’un lointain souvenir, elle entame une école de commerce où elle apprend la sténo-dactylo. 
Son certificat en poche elle se met très vite à travailler, elle n’a pas le choix, la subsistance de sa jeune sœur et de sa mère repose sur ses épaules.
Elle est engagée dans une usine dirigée par Felix Shaw, un homme 20 ans plus âge que Laura mais pas méchant avec ses employés, on peut même dire qu’il est généreux et juste.
Quelques années plus tard, leur mère décide en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale de retourner en Angleterre, après tout ses filles sont grandes et se débrouilleront bien seules.
Félix Shaw propose alors à Laura de l’épouser
Laura ne connaît rien de la vie, elle a quitté son école de jeunes filles pour ensuite travailler à l’usine et chez elle, elle n’a pas de loisirs, pas d’amies, elle ne sort jamais.
Après réflexion elle se dit qu’après tout Félix n’est pas méchant, il a toujours été un patron gentil et il propose de prendre en charge les frais de scolarité de Clare, de quoi les mettre à l’abri.
Laura ne sait pas encore qu’elles les emmènent tout droit dans la gueule du loup.

Très vite le véritable caractère de Félix Shaw se révèle tout autre que ce qu’il avait montré jusqu’à présent.
Il est cruel, violent, rabaissant sans cesse les 2 femmes, il a besoin de son auditoire chaque soir, son harem comme il le dit en rigolant.
Laura la plus sage des 2 sœurs accepte son sort, elle se dit qu’un jour ou l’autre Félix changera, Clare, elle, est différente elle se révolte, elle fait part de ses angoisses à sa sœur, elle aspire à une autre vie mais obéit quand même à sa sœur et Félix.

Ce roman est terrible, à chaque chapitre on plonge de plus en plus dans la psychologie des personnages et des mœurs des années 40-50, il faut vraiment garder ce fait à l’esprit quand vous le lirez, car sinon vous ne comprendrez pas les réactions des personnages et surtout de Laura.
Au fil du roman, Laura est comme aliénée par Félix, vous avez envie de la secouer, qu’elle ouvre les yeux, qu’elle crie ou parte très vite de sa jolie maison, mais où règne l’horreur.

J’ai trouvé quelques longueurs à certains moments, mais sinon c’est un roman remarquable du côté de la psychologie des protagonistes. Une fine analyse de la société, noire, certes, mais juste.

L’auteure joue avec vos nerfs, vous êtes pris d’empathie pour Laura et Clare, vous détestez ce type fou, vous vous demandez comment il va réagir, il rigole et d’un coup sans savoir pourquoi il explose.

Une auteure à découvrir, un roman noir psychologique que vous aimerez si vous vous plongez dans l’époque.

Il m’a révolté, j’ai aussi pensé à toutes ces femmes pour qui ce n’est pas un roman, car oui, on a évolué depuis, mais c’est un sujet qui je trouve est encore tabou, surtout quand on en est victime.

Deux soeurs de Elizabeth Harrower - Édition Rivages - Roman noir, psychologique - 334 pages, 22,50€ - Sorti le 29 avril 2017. 
mardi 20 juin 2017

[Avis] Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard


Attention Page-turner hautement addictif.

Le moins que l’on puisse dire c’est que François-Xavier Dillard vous plonge directement dans l’horreur.
Le premier chapitre commence sur une personne enterrée vivante, elle ne sait plus qui elle est ni où elle est, elle vit 4 jours parmi les cadavres de sa famille.
Ensuite, nous passons à Fanny, Mickael et leurs jumeaux Arno et Victor, Fanny est une fleuriste réputée de Paris et Mickael un peintre renommé.
La cinquantaine entamée ils règlent leur vie autour de leurs enfants maintenant que leurs affaires fonctionnent bien, ils peuvent se permettre de moins travailler.
On ouvre un autre chapitre sur le commissaire Dubois à l’enterrement de sa mère, il reçoit un SMS, un chirurgien plasticien qui opérait les stars a été assassiné avec un acharnement bestial dans son cabinet. Il est rejoint sur la scène du crime par son collègue Michaud.

François-Xavier Dillard délivre au gré de ses chapitres des pièces de puzzle qu’il vous faudra assembler pour comprendre comment toutes ces personnes peuvent être liées.
De Brisbane à Paris l’auteure vous plonge au cœur de l’horreur, vous incitant à toujours lire plus, on veut comprendre.

Les chapitres courts, mais denses en émotion donnent un rythme effréné au récit.

Que dire des personnages, ils sont tous très bien décrits dans leur psychologie, peu à peu on comprend toutes les implications, les relations.
Les secrets de famille inattendus, l’atrocité vient d’un des protagonistes auquel on ne peut pas penser au début, peut-on s’attacher à un monstre... oui, j’ai été prise d’empathie du moins j’ai tenté de comprendre les gestes, même si je ne l’explique et que c’est pour moi inenvisageable, inadmissible pour la maman que je suis. Je peux le comprendre sans l’accepter.

François-Xavier Dillard nous offre un Thriller psychologie, nous sommes plongés dans les syndromes post-traumatiques et tout le chaos, la misère, l’horreur, la noirceur qu’il peut en découler s’il n’est pas soigné mais gardé secret.
Il raconte l’amour maternel, mais dans ce qui a de plus noir.

Il aborde aussi le thème de la gémellité avec Arno et Victor, j’ai aimé la relation de ces enfants même si ce n’est pas dans le sens que vous pensez.

Je ne peux rien révéler, il faut absolument que vous le découvriez vous-même.

Si le début avait débuté sur les chapeaux de roue la fin n’a rien à lui envier, les 30 derniers pages nous plongent dans l’horreur, la peur, l’angoisse.
Et cet épilogue : nickel, un beau twist que je n’ai pas vu arriver.

Sans être un coup de cœur absolu, j’ai adoré ce livre.

Si vous aimez les thrillers psychologiques, lisez-le !

Ne dis rien à papa de François-Xavier Dillard - Édition Belfond - Thriller psychologique - 320 pages, 18,50€ - Sorti le 15 juin 2017. 
lundi 19 juin 2017

[Avis] Embruns de Louise Mey


J’ai hésité entre 4,5/5 et 5, ce sera un 5, car je me suis fait avoir, je n’ai rien vu venir et pourtant je suis difficile à berner.

Premier chapitre : une jeune femme est enfermée, attachée, un homme lui donne une bassine, elle sait ce qu’il va se passer, nous, lecteurs on s’en doute.
Ensuite nous suivons la famille Moreau, ils partent en vacances le temps d’un week-end de juillet sur une petite île de Bretagne. À peine peuplée.

Béa, Chris et leurs enfants, Bastien et Marion, forment la famille parfaite, les parents s’aiment comme au premier jour, ils réussissent tous deux leurs carrières respectives, architecte pour Bea, rédacteur en chef d’un magasine pour Chris.
Leurs enfants font leur fierté à 22 et 17 ans ils sont bien partis pour suivre l’exemple de leur parent.
Une famille bon chic bon genre, sensible à l’écologie, respectant la chaîne alimentaire bref des gens charmants, bien sous tout rapport.
Ils passent un séjour tranquille, loin du tumulte de leur vie, pas de GSM, il n’y a pas de réseau que l’île, tant mieux ils passeront plus de temps à 4.
S’ils sont sur l’île, c’est aussi pour aider Marion à combattre sa phobie de l’eau.
Dès le premier jour c’est décidé, ballade en famille, promenade sur la plage, bon repas de poissons frais.
Le second jour, le temps se gâte, Chris, Béa et Bastien partent quand même en balade, en rentrant ils ne retrouvent pas Marion censée préparer le dîner pendant leur ballade.
Où est-elle ? Elle si obéissante n’a même pas laissé de mot expliquant à ses parents où elle allait.
Béa n’y croit pas, sa fille n’a pas désobéi, elle est persuadée qu’elle a été enlevée.
La tempête fait rage dehors, la nuit n’est pas encore tombée, mais il fait déjà noir, la pluie, le vent, tous les éléments semblent ligués contre eux.
Ils vont recevoir de l’aide de quelques habitants de l’île, on recherche Marion activement, à l’ancienne car pas de téléphone, plus d’électricité.

Louise Mey vous entraîne dans un huis clos incroyable, vous tournez les pages pour savoir le fin mot de l’histoire.
La jeune fille du début est-ce que c’est Marion ?

La sensation d’angoisse est renforcée par ce temps, la tempête, la vraie, il fait noir tout le temps.

L’alternance des points de vue renforce encore la vitesse de lecture, des chapitres courts donnent au récit un rythme effréné.
Soyez assuré d’avoir quelques heures devant vous avant de le commencer, si vous le lisez au soir (comme moi) la sensation d’oppression est encore plus présente, j’étais complètement dans le roman.
Je ne l’ai pas arrêté, il me fallait avoir le fin mot de l’histoire, qu’était-il arrivé à Marion, cette si gentille jeune fille.
Les Moreau semblent garder tout le temps leur sang-froid, ils vacillent quelque peu quand Marion disparaît, mais très vite ils se ressaisissent. Surtout Béa le pilier de la famille.
Une psychologie bien développée même s’il m’a manqué de petites choses par-ci par-là.

Arrivons à la fin, cette fin, ces 50 dernières pages OMG j’ai relu 2 fois un passage pour être certaine d’avoir bien lu.
L’auteure m’a roulé dans la farine, avec une de ces facilités.
Rien vraiment rien n’aurait pu éveiller un soupçon, j’ai émis trente-six mille hypothèses j’aurais pu encore essayé, si j’ai eu un doute sur un personnage, ce n’était sûrement pas sur le pire.
C’est frustrant quand on lit un tel roman et qu’on ne peut pas en dire plus, mais waouhhh ce twist, ce retournement de situation !!

En résumé à lire si vous aimez les thrillers psychologiques, les huis clos,  les romans mêlant les agneaux et les monstres.

Une auteure à suivre, je n’ai pas encore lu son premier roman : les ravagées, il est dans ma bibliothèque je vais très vite le sortir. Il est sorti en poche chez les éditions Pocket si vous êtes intéressés.




Sans être un coup de cœur pour les quelques explications que j’aurais aimé avoir, et encore je pinaille sur des détails, ce livre est parfait. 

Embruns de Louise Mey - Fleuve Édition - 336 pages, 18,90€ - Thriller psychologique - Sorti le 11 mai 2017
vendredi 9 juin 2017

[Avis] De l'autre côté de la nuit de Sarah Hilary


De l’autre côté de la nuit est le deuxième roman de Sarah Hilary. 
Un très bon thriller psychologique.

Je n’ai pas lu le premier, c’est une histoire indépendante, mais on retrouve les deux inspecteurs de police : Marnie et Noah déjà présents dans le premier opus.

2 personnages complexes, je pense que je les aurais mieux compris en lisant le premier tome. 
Tous les 2 ont un lourd passé, tous deux ont aussi des soucis psychologiques antérieurs, pas forcément eux-mêmes, mais aussi leur proche.

Le livre commence sur la découverte de cadavres de 2 petits garçons dans un bunker, ils sont là depuis au moins 5 ans. Qui les a enfermés là ? Pourquoi ?
Marnie et Noah enquêtent sur ce meurtre, mais les preuves sont insuffisantes.

La première partie du roman se concentre sur l’enquête avec de temps en temps un chapitre dans un hôpital psychiatrique sur 2 femmes mystérieuses : Alison et Esther.
Qui sont-elles ? Alison ne veut pas sortir de l’hôpital, elle estime qu’elles n’ont pas le droit après ce qu’elles ont fait. Quoi ? Quels sont les crimes si atroces dont elle parle ?

J’ai trouvé quelques longueurs dans la première partie, l’action peine à démarrer malgré tout, je voulais savoir ce qui était arrivé à Fred et Archie (les 2 petits garçons retrouvés momifiés).

Je reproche aussi à l’auteure les répétitions : je n’ai pas compté, mais la phrase : "je vous sers un thé" revient à de (trop) multiples reprises. (Est-ce que parce que l’histoire se déroule à Londres ?)

Arrive la seconde partie, là nous sommes dans le thriller psychologique, l’auteure vous mène en bateau, les révélations et les retournements de situations se succèdent ne nous laissant aucun répit.
L’auteure traite d’un sujet très délicat et peu abordé même dans la vie réelle : la psychose post-partum.
Mais elle ne s’arrête pas à cet unique sujet.

Les personnages se complexifient, on ne sait plus à qui on a affaire. 
Matt le père des 2 enfants, Terry le père de famille qui a trouvé les corps, Clancy l’ado perturbé, Adam le journaliste. Merrick Homes le prometteur obnubilé par la sécurité.
Tous les personnages ont une connexion avec l’affaire, tout est relié. 
Quand les masques tombent, le lecteur reste ébahi.

J’avais deviné une partie avant la fin, mais sûrement pas au cours de la première partie du roman. Avec la découverte de si jeunes corps on s’attend à suivre l’œuvre d’un psychopathe, d’un pédophile, mais.... je vous laisse lire le roman pour le savoir.

L’auteure développe parfaitement la souffrance et l’empathie de ses personnages. 
Elle joue avec nos nerfs. Les bourreaux deviennent victimes et inversement.
Les lieux, souvent dans les sous-sols, renforcent cette sensation d’angoisse qui plane surtout dans la seconde partie du livre.

Un très bon thriller psychologique. 
Si vous aimez basculer doucement dans la folie des hommes, ou des femmes, ce livre est fait pour vous.

Je ne lui mets pas 5 étoiles à cause de petites choses qui m’ont dérangée, mais rien de très grave.


À lire et je lirai avec plaisir le premier tome ainsi que le prochain, car je pense que Marnie et Noah ont encore beaucoup de facettes à nous révéler. 

De l'autre côté de la nuit de Sarah Hilary - Edition JC Lattès - 380 pages, 20.90€ - Sorti le 31 mai 2017 - Thriller psychologique.


mardi 23 mai 2017

[Chronique] La fille idéale de Gilly MacMillan


Ce ne sera pas un coup de cœur, mais j’ai tout de même adoré la fille idéale, pour moi il s’agit plus d’un roman noir psychologique qu’un véritable thriller.

Zoé a commis une grosse bêtise alors qu’elle avait 14 ans, ensuite, sa mère et elle se reconstruisent une vie parfaite ailleurs, nouvelle maison, nouveau mari, un demi-frère et une nouvelle petite sœur.
Le livre débute sur l’affiche d’un récital de piano donné par Zoé et son demi-frère Lucas. Lors de ce récital, la vie parfaite vole en éclat. Pourquoi je vous laisse lire le livre.

Un très bon roman psychologique, un véritable page turner, les 450 pages ont été lues en un rien de temps.
J’ai adoré l’écriture de l’auteure, on alterne les chapitres (courts) à travers les personnages : Zoé, Tessa, Sam, Richard, etc, racontés à la première personne du singulier, leur psychologie s’affine au fur et à mesure, ils sont tour à tour suspects.

Le suspens dure tout le long du livre même si pour l’un des rebondissements je l’avais vu venir.
J’ai aimé aussi la construction, Lucas le demi-frère est passionné de cinéma, ici l’écriture est semblable à un travelling arrière.
On se retrouve presque en huit-clos pour ne pas dire exclusivement.
La première partie se passe dans « la maison de la seconde chance », dans la cuisine, la tension est malsaine ensuite dans la seconde partie dans la salle à manger de Tessa, la tante de Zoé.
Un peu moins malsain, mais j’ai pris peur plus d’une fois.
Une chose est certaine je ne savais pas où l’auteure allait m’emmener.
L’auteure aborde des thématiques importantes comme le harcèlement scolaire, les secrets de famille, l’adultère, la maladie, la violence conjugale, les failles de la justice,l’alcoolisme à travers l’un ou l’autre personnage. Chacun d’eux à leur faille. Leur secret.

L'auteure nous décrit des êtres imparfaits qui essaie de paraître irréprochables ou pour certains d'entre eux de part leur profession ils devraient l'être et ils ne le sont pas. 
C'est le personnage de Jason qui m'a le plus étonné dans ce sens. La petite Grace j'avais envie de la protéger, le seul personnage complètement innocent puisqu'il s'agit d'un bébé. 


On plonge dans la tête des personnages, on voit à travers les yeux ce qui se déroule, on se met dans leur peau et cette sensation est encore renforcée grâce à l’écriture à la première personne.

Ne vous attendez pas à des rebondissements incroyables, du sang à gogo non ici il s’agit vraiment d’un roman psychologique, très bon même.

Je pourrais reprocher à l’auteure quelques ficelles un peu trop détectables, mais sinon j’ai adoré ma lecture.

Dans la même veine qu’« Une fille parfaite » de Mary Kubica (le top du top pour moi), de « Hortense » de Jacques Expert, de « La fille du train » de Paula hawkins.


J’ai du coup envie de lire le premier roman de l’auteure, « Ne pars pas sans moi » publié lui aussi chez les éditions les Escales en 2016 et qui sort en poche chez les éditions Pocket le 8 juin 2017

La fille idéale, Éditions Les Escales, Thriller psychologoique, 450 pages, 21,90€. Sorti le 4 mai 2017
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