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mardi 27 mars 2018

[Avis] Les ombres de Julia, tome 1 : la fille de la noyée de Catherine Egan


À nouveau, aujourd’hui, mon cher lecteur, je t’embarque dans un nouveau genre, direction Spyra, pénètre avec moi dans cet univers fantasy.

Difficile de te faire un résumé sans te spolier. 
Oublie tout ce que tu connais : lieux ; personnages ; les êtres qui peuplent ce monde créé par Catherine Egan sont inédits, un roman innovant et qui ne ressemble à aucun livre que j’ai pu lire.

Ce ne sera pas un coup de cœur ni une lecture 5 étoiles à cause d’un début assez lent et des informations parfois trop denses pour bien te situer ou comprendre.

En même temps, c’est un premier tome ; il fallait bien expliquer sa mythologie et les êtres qu’elle a créés. 
Je te l’ai dit ; les êtres surnaturels sont pour la plupart, totalement nouveaux ;certain, tu les auras croisés dans d’autres livres, mais sous d’autres noms ou d’autres formes. Seul l’homme-loup peut, peut-être, et encore, ressembler aux loups-garous que tu connais.

Julia, l’héroïne du roman et que tu vas accompagner tout au long de premier opus est un escroc, elle gagne sa vie en volant ou en accomplissant des missions
Elle vit avec son frère Dek, Grégoire et Priscilla, Wyn sous le toit d’Emée
Emée a recueilli toutes ces personnes sous son toit, ils vivent de menus larcins, de vols plus importants. 
Cette fois, dès le début du roman, ils ont été engagés pour une somme rondelette afin d’espionner Mme Och. C’est Julia qui y est envoyée, elle se cache sous le nom de Ella, engagée comme domestique. 
Si c’est elle qui a été envoyée, c’est que Julia dispose d’un don très pratique pour cette mission. 
Elle peut se rendre invisible quand elle le veut, elle perçoit tout, mais les gens normaux non.
La mère de Julia et Dek était une sorcière, noyée alors que celle-ci n’avait que 7 ans. 
Emée les a pris sous son aile après le conseil de la vieille dame Claude.
Dans le monde de l’auteure, il ne fait pas bon d’être sorcière, elles sont pourchassées, la seule façon de les tuer étant de les noyer. 
Le roi Zey appelle cela la purification, même si le pays a l’air surtout dirigé par l’ignoble Agoston Horthy.
Qui est cette cliente prête à payer une grosse pour rapporter tout ce qu’il se passe dans cette demeure bourgeoise ? 
Pourquoi veut-elle savoir les allées et venues de la maison, que lisent-ils, où vont-ils ?
Ce qui te semble une histoire bien banale va s’avérer tout le contraire. Cette maison cache bien des secrets, Julia est amenée bien malgré elle dans une des missions les plus dangereuses qu’elle n’a jamais accomplies. Ne risque t’elle pas d’y perdre son âme ?

Julia n’a que 16 ans, mais a déjà un goût amer de la vie, la façon dont sa mère a été tuée, son père qui les a abandonnés pour l’opium. Elle possède beaucoup d’intelligence, un esprit vif, cinglant, son regard recèle une noirceur qui ne s’illumine qu’en présence de Dek qu’elle protège et chérit plus que tout, même si c’est lui l’aîné une épidémie qui a touché le pays des années plus tôt l’a laissé vivant, mais handicapé puis il y a cette étincelle que provoque Wyn. Elle en est amoureuse depuis ses 8 ans, si elle fait confiance à peu de personnes, à eux deux oui.

Les autres protagonistes que tu vas rencontrer sont les autres domestiques les sœurs Chloé et Flavie ; Frédéric l’élève du professeur Baranyi ; Mr Darius ; Bianka et son adorable bébé, Theo ; la cuisinière Mme Francis ; pour les habitants de la maison que Julia espionne. 
Plus tard dans le récit tu rencontreras l’étrange, énigmatique et très dangereuse Pia, Gennadion, Cazmir et l’insondable Madame Claude, on ne sait jamais ce qu’elle est, mais est au courant des plus grands mystères du monde ; une dame, toujours là, pour Julia et ses questions de plus en plus nombreuses au fil de ses découvertes.
Tu rencontreras aussi le Goulpard, une créature qui te fera froid dans le dos, trois immortels, la puissante et vieille sorcière Shaye.
Tous ne sont pas développés dans ce premier opus, certains ont encore beaucoup de choses à nous dévoiler, l’auteure nous laisse avec des questions sur certains d’entre eux, elle lèvera sans doute le voile dans les prochains opus, mais crois-moi les informations sont déjà nombreuses dans ce premier tome et même si tu n’as pas toutes les clés en main pour crocheter les serrures comme Julia tu sauras entrebâiller suffisamment les portes pour comprendre l’essentiel.

Je te disais que le début est long, mais une fois que l’action commence, tout s’enchaîne, plus de temps mort, tu n’as plus aucun répit comme notre héroïne qui ne sait plus à quel dieu se vouer.
Julia fera des découvertes qui lui blesseront le cœur, l’amour qu’elle ressent pour Wyn n’est sans doute pas aussi fort qu’elle le pensait, son pouvoir est aussi une malédiction. 
À un moment elle apprend tellement de choses qu’elle n’a plus personne à qui se confier, leur révéler les mettrait en danger et elle les aime suffisamment pour taire toutes ses craintes et angoisses.
Un personnage vraiment remarquable qui va se rendre compte que tout l’or du monde ne vaut pas n’importe quelle mission. 
Elle qui pensait ne pas avoir de conscience quand il s’agissait de gagner de l’argent à l’idée qu’on la pense malfaisante va la faire réfléchir, elle va vouloir réparer ses erreurs.

Je me suis vraiment pris d’empathie pour cette jeune fille téméraire, qui sous un aspect extérieur froid, qui sait voir derrière cette barricade trouvera un cœur tendre, une enfant qui ne s’est jamais remise de la mort de sa mère.

L’autre personnage ; le plus intrigant est la dame qu’elle espionne ; cette dame de la haute société cache bien des choses, Julia et toi, lecteur, tu n’as pas fini d’être saisi, voire ahuri devant certaines révélations.
Une protagoniste que j’ai vraiment aussi appréciée tout comme Frederic, Bianka et alors Theo, oh, ce petit bébé, un garnement tellement attachant, il m’a fait fondre le cœur.

La bande de hors-la-loi m’a fait quelque peu penser à Six of Crows de Leigh Bardugo.
C’est la seule similitude avec un autre roman que j’ai pu trouver.
Tu vas côtoyer la magie, bonne et mauvaise, tu vas voyager dans Spyra, apprendre à connaître le pourtour, le Dédale et la Scola, des quartiers où Julia va évoluer.

Catherine Egan aborde de nombreux thèmes notamment l’amour maternel et fraternel. Les luttes morales sont des réflexions sous-jacentes que Julia va se poser au fur et à mesure de son enquête.
Des questions comme : 
Quelqu’un peut-il naître naturellement méchant ? 
Jusqu’où peut-elle aller pour de l’argent avant d’avoir franchi la ligne qui la changera à jamais, est-ce acceptable de commettre des crimes pour survivre ? 
Les criminels et méritent-ils le pardon ? 
Les personnes qu’elle a dupées lui accorderont-ils ?
Le passé devrait-il être enterré au nom du progrès ? 
Avant, la sorcellerie n’était pas interdite, est-ce mieux ? 
Naît-on sorcière et à quel moment faisons-nous le choix du bien ou du mal ?

Julia, tu le vois malgré son jeune âge, est mature. Ses réflexions prouvent qu’elle n’est pas la personne mauvaise qu’elle pense être.
Comme dans la majorité des romans du genre il y a une quête importante, ici la quête du pouvoir absolu, 3 objets réunis permettront à celui qui les rassemble de dominer le monde magique. Julia sera un obstacle dans cette quête et se mettra en danger de nombreuses fois.

Je ne peux pas dire que l’écriture soit fluide, car il te faudra du temps pour pouvoir te situer autant dans les lieux que parmi les protagonistes, mais une écriture immersive, j’ai été, une fois les explications assimilées, au côté de Julia, voulant moi aussi connaître un dénouement heureux.

Certains passages sont en italique ; tu comprends que l’on torture quelqu’un, mais, dans quel but, ça, tu ne le sais pas, tu as aussi ces meurtres qui n’ont pas l’air d’avoir un lien entre eux sauf celle d’avoir croisé la même femme.

Une lecture avec une mythologie inédite, Catherine Egan reprend des éléments que tu connais en ajoutant sa propre sauce comme, par exemple, les sorcières n’utilisent pas de baguettes magiques, elles ont juste besoin d’un stylo, une craie ou un crayon, un bout de papier ou un autre support pour écrire leur sort.


Entre corruptions ; magie ; sortilèges ; déceptions ; rebondissements ; mystère ; faux-semblant et mensonges ; bêtes horribles, araignées protectrices pour celui qui les détient, mais mortelles pour les autres. 
Venins ; poisons ; qu’est-ce qui est inventé pour les fables enfantines et qu’est-ce qui est réel, tu n’as pas le temps de t’ennuyer. 
Vivement la suite. 
L’auteure ne te laisse pas sur un cliffhanger, mais avec suffisamment de questions et de non-dits pour te titiller et te donner envie de lire la suite


Les ombres de Julia, tome 1 : la fille de la noyée de Catherine Egan - traduction de Jacqueline Odin - roman Young Adult, jeunesse, fantasy - 384 pages, 16.90€ - Édition Milan, le 7 mars 2018
jeudi 11 janvier 2018

[Avis] Quand vient la vague de Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier


Quand vient la vague

Et qu’elle emporte tout sur son passage.

Mon cher lecteur, la vague Manon Fargetton et la houle de Jean-Christophe Tixier m’a emporté au plus profond de mon cœur, j’ai échoué, emportée par un rouleau atterrissant à plat ventre sans souffle, les muscles noués sur la plage abandonnée de mes émotions.

Tu l’as compris j’ai ADORÉ ce roman. 
Coup de cœur pour ce splendide roman jeunesse.

Le roman commence sur un prologue, « aujourd’hui, j’ai 17 ans, et je ne sais pas encore si ma vie s’arrête, ou bien si tout commence. Peut-être les deux à la fois ? » Ces mots sont ceux de Nina.
10 mois plus tard le livre commence sur Clément, son frère ; il a noyé la disparition de sa sœur dans l’écume des vagues. 
Jusqu’à présent, il a laissé ses parents et la police chercher Nina, lui n’a pas voulu trop s’en mêler. 
Son meilleur ami lui dit que lui, son frère, ne l’a jamais cherchée. 
Cette phrase est un électrochoc pour Clément, il doit la retrouver et vite, car dans deux mois Nina aura 18 ans et qu’avec sa majorité, elle sera libre de ne plus jamais donner de nouvelle, les effectifs de recherche diminueront, car cela deviendra une disparition volontaire
Clément en est persuadé elle est vivante. 
À partir de ce déclic, il va prendre le dossier que sa mère a constitué avec toutes les auditions, chercher la moindre trace que sa sœur a pu laisser et surtout réfléchir au sens de la lettre que Nina lui a envoyée à lui, lui seul, quelques jours après son départ.
Quand vient la vague raconte comment le destin d’une famille unie a basculé du jour au lendemain. Une mère bibliothécaire, un père représentant d’une marque de vêtement de surf, un fils passionné et doué pour le surf et Nina une adolescente normale qui aime ses parents et mène sa vie de lycéenne avant de partir à l’université.
Tu as le pitch et l’essentiel de l’intrigue je ne veux en aucun cas te spolier.

Le duo d’auteurs fonctionne parfaitement ; je ne connais pas leur méthode de travail, mais tout le roman est fluide, rythmé au gré des recherches de Clément et de l’explication du présumé départ de Nina.
C’est intelligemment construit, car on alterne les narrateurs, cette alternance te permet de comprendre que si la vague a emporté la famille de Clément elle a aussi démoli le château de sable de Nina
Les flash-back concernant la cause du départ de Nina et le présent avec les investigations de Clément permettent d’appréhender et de comprendre toutes les implications dans leurs vies.
Plus on avance dans le roman, plus la psychologie des personnages s’affine. 
Si avant cette date fatidique où Nina n’a plus fait partie de la famille ils ne s’entendaient pas ; on comprend et on lit le profond amour fraternel qui les unit. 
Par pudeur ou par habitude, ils ne se le disent tout simplement pas. 
Nina charrie son petit frère sur son amour pour le surf et lui sur son ami imaginaire, son carnet dans lequel Nina écrit chaque jour trois mots.

"Qu'est-ce que c'est,une soeur ? 
Quelqu'un qui a plus ou moins les mêmes gènes que vous ? 
Quelqu'un qui a plus ou moins les mêmes gènes que vous ? 
Quelqu'un qui a les mêmes parents ? 
Un même parent ? 
Quelqu'un qui a été élevé par les mêmes personnes ? 
Quelqu'un qui a grandi avec vous ? 
Quelqu'un qui partage les mêmes valeurs ? 
Quelqu'un sur qui on pourra toujours compter ? 
Il ne peut plus compter sur Nina. Est-elle encore une soeur ?"

Parlons-en des mots, quelle écriture ! J’ai été complètement emportée dans le récit. (Si tu veux une preuve que j’ai aimé un livre, il suffit de regarder le nombre de post-its que j’ai mis. Bon OK je les ai enlevés pour faire la photo, mais il y en avait beaucoup !)
Je te mets quelques phrases et réflexions qui ont particulièrement touché mon cœur de lectrice, mais aussi d’adulte, car si l’intrigue principale est la disparition et la recherche de Nina, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier abordent quantité de thèmes et de réflexions, mettent l'accent sur des valeurs, ô combien nécessaire à notre époque. 
Parmi lesquels : l’homophobie et la stigmatisation des gens, le rejet de l’autre parce qu’il est différent, le droit à réfléchir à ce que l’on veut dans la vie, qu’il faut apprendre à se connaître soi-même pour avancer, la vie et le temps qui passe sans que l’on s’en rende compte englué que nous sommes dans les routines, que l’on peut vivre sa jeunesse sans se poser de question ni remettre en cause quoi que ce soit puisque tout va bien, connaît-on vraiment les personnes avec lesquels nous vivons ? 
Que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et qu’une simple averse peut provoquer une inondation, un raz de marée dans ta vie que tu pensais si bien contrôler.

"Le monde dans lequel on vit est complètement dingue. 
Au nom d'une norme sociale acceptée par tous, je ne lui ai pas parlé, alors que je suis sûre que cela lui aurait fait plus plaisir que ces pièces. 
Échanger quelques mots. 
D'être humain à être humain. 
Et refuser ce merdier ambiant où chacun calcule sa petite existence dans son coin et en arrive à avoir peur d'afficher ses sentiments. 
Les gens avancent masqués. 
La vie ne me semble être qu'un vaste et ideux carnaval dont j'aimerais sortir. 
N'y a-t-il pas moyen de vivre autrement ? 
Hors du mensonge ?
 Hors du qu'en dira-t-on ? 
Hors de la peur permanente du regard et du jugement des autres ? 
Hors de l'hypocrisie qui nous amène à exister les uns à côté des autres, sans jamais nous connaître vraiment ?"

Les auteurs mettent l’accent sur l’homosexualité à travers un personnage que j’ai adoré, Jules, il sera la bouée de sauvetage de Nina. Intelligemment abordé et parfaitement intégré dans le texte sans que cela fasse moralisateur, mais des mots, des phrases qui te permettent de réfléchir.
L’autre grand thème de ce livre c’est le poids du mensonge. Je ne peux pas trop te développer ce thème-ci, mais Manon et Jean-Christophe vont te montrer à quel point celui-ci peut être dévastateur.
Ils vont aussi te dire que tout n’est pas blanc ou noir, mais qu’il faut aussi savoir jongler avec les nuances de gris.
Ils explorent les relations humaines, dans la famille, mais aussi dans les lieux où se déroule l’intrigue : Lacanau, Bordeaux et Paris. Des lieux, des villes, des plages touristiques où l’on se croise, mais on ne se regarde pas, on n’est plus attentif à l’autre
Un regard porté sur la ville et sur toutes les formes d’art qui s’y exprime notamment avec les graphes, les tags, le street art qui fascine Nina.
J’ai particulièrement aimé celui des deux personnages ailés ; mi-anges, mi-gargouille et le sens qu’il prendra lors du dénouement.

"Ces lieux me semblent familiers, pourtant rien ne me semble plus pareil. 
Je suis étrangement détachée, comme si tout ceci ne faisait plus partie de ma vie. 
Jules occupe mon esprit jour et nuit. 
J'ai l'impression d'avoir rencontré mon double. 
Mais un double qui m'ouvre les yeux sur la vie et le monde qui nous entoure et nous étouffe.
 Avec lui, la pensée n'est jamais immobile. 
Questionnements et doutes se mêlent, se confrontent et s'attisent. 
Je me rends compte que j'ai vécu jusque-là comme un automate. 
Comme tout ceux qui ont accepté le modèle qu'on nous propose. 
Courir après le temps, enchaîner les activités, consommer, me désintéresser de l'état du monde, ou tout du moins devenir presque indifférente. 
Me suis-je jamais réellement interrogée sur ce que veulent dire aimer et vivre ? "

Pour ce qui est des protagonistes tous m’ont convaincue que cela soit Noah, Élise, Jules, Olivia, Maximilien, Alex, Romane la meilleure amie de Nina. Tous apportent quelque chose à la trame du roman. Ils tissent eux aussi l’histoire de Clément et Nina. 
Ils fournissent des touches d’humour, de légèreté et du poids au contexte, grâce à eux les auteurs peuvent aborder les sujets dont je t’ai parlé plus haut. 
Ils apportent de la densité au texte.
Mes préférés sont bien sûr Nina et Clément, mais aussi Romane et Jules dont la sensibilité, sa manière de voir et observer la vie m’a beaucoup ému.
Qu’est-il arrivé à Nina ? 
Est-elle vivante ou décédée ? 
Et si elle est en vie pourquoi est-elle partie ? 
Est-ce qu’elle va bien ? 
C’est toutes ces réponses que tu auras en lisant ce roman que je te conseille à mille %. 
Fonce les yeux fermés ! 
Il s’adresse à tout public, jeune ou vieux, adolescent ou quarantenaire. (tu vois de qui je parle là lol)

"Un jour, en grandissant, j'ai cessé de croire que je pouvais stopper les vagues et la montée des eaux. 
Ce que j'ai fini par comprendre pour le sable, j'ai mis plus de temps à le saisir concernant la vie."

Un roman qui m’a tenu en haleine du début à la fin, j’ai eu les larmes aux yeux plus d’une fois, j’ai ressenti très fort les sentiments de détresse, de colère, d’incompréhension des personnages. Ce sentiment de ne plus savoir où se trouve réellement sa place dans le monde.
 Un monde vaste, mais si petit aussi.

J’ai fini, je te l’avoue, avec les larmes qui coulaient toutes seules. 
Une fin que je trouve parfaitement adéquate même si je n’aurais pas dit non à un second tome.

Nina, Jules, Clément et cie vont me manquer.



Quand vient la vague de Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier - roman jeunesse - 288 pages, 15.90€ - Edition Rageot, en librairie le 16 janvier 2018

lundi 8 janvier 2018

[Avis] Simon Thorn, tome 1 : Simon Thorn et le sceptre du Roi animal de Aimée Carter


Voilà une excellente saga jeunesse qui a tout pour me plaire. 
Simon a tout ce que j’aime chez les personnages principaux et en plus son ami est une souris : Félix, tu vois un peu pourquoi je me suis tellement attachée à ce garçon de 12 ans ?
Ce n’est pas la seule raison, le monde crée par Aimée Carter est fantastique, addictif, une excellente saga pour les jeunes lecteurs, mais que j’ai pris plaisir à lire alors que tu le sais j’ai 40 ans.

L’intrigue démarre assez vite. 
Simon vit à New York, à proximité de Central Park en compagnie de son oncle Darryl. Il n’a jamais connu son père et sa mère est tout le temps en déplacement en tant que zoologiste.
C’est le jour de la rentrée après les vacances, Simon n’a aucune envie de retourner en classe, il est la tête de Turc de l’école, il se fait harceler. Il n’en parle pas à son oncle uniquement à Félix la souris son ami qui vit avec lui depuis 8 mois et aux pigeons qui viennent lui rendre visite le matin.
Ce jour de rentrée est, non seulement pénible, car la petite brute s’en prend directement à lui ; qu’il a perdu son meilleur ami Colin qui a préféré suivre la masse, mais en plus il s’est battu et a séché la dernière heure de cours. En rentrant chez lui alors qu’il pense tomber sur son oncle furieux c’est sa mère qui l’accueille.
La vie de Simon va alors prendre un tour tout à fait inattendu. Je ne t’en dis pas plus. Sache, mon cher lecteur, que l’auteure va te révéler au fur et à mesure de ta lecture le monde qu’elle a créé, mais qu’elle va aussi te tenir en haleine avec les multiples rebondissements et révélations que notre jeune héros va faire sur lui, sur sa famille, sur ses racines.

L’écriture d’aimée Carter est simple, fluide, addictive et pleinement accessible aux jeunes lecteurs, même si les informations et les révélations sont nombreuses autant sur les personnages principaux que sur le monde créé elle prend le temps de tout expliquer sans trop détailler. Impossible de te lasser.
Tu aimes les animaux comme moi ? Alors ce livre est pour toi.
Dans le monde d’Aimée Carter, il y a le monde des humains et celui des humains qui ont la capacité de se transformer en animal : les animalgame. 
Il existe 5 royaumes parmi eux : le royaume des cieux avec à sa tête un aigle royal (les oiseaux), le royaume des mammifères dont les gardiens sont les loups avec à sa tête un alpha ; le royaume sous-marin, celui des insectes et des reptiles.
Dans le zoo de Central Park se cache une école un peu spéciale : le repaire, une école interespèce. On y enseigne à des élèves venant de tous les royaumes sauf celui des oiseaux. Pourquoi ? Ça, tu devras lire le livre.
Sache aussi, que Orion, l’aigle royal, chef des oiseaux et l’alpha, reine des mammifères, se livrent une bataille sans répit depuis plus de douze ans. L’un comme l’autre veut retrouver le sceptre du Roi animal ; grâce à cette relique, ils pourraient régner sur les 5 royaumes. Simon ; Isabel sa mère et Darryl sont liés à tout cela, surtout Simon. Il va devoir faire preuve de bravoure face à tout ce qu’il va apprendre.

Les personnages sont très attachants Simon en particulier. Il est empathique, il a le cœur sur la main, même si on le blesse il est prêt à pardonner, un peu tête brûlée et tétu, parfois capricieux (ces traits de caractère en font un personnage tout à fait crédible), il est loyal envers sa famille et ceux qu’il aime ; protecteur avec Félix la souris, mais aussi avec Ariana, Benjamin ou Jam, deux nouveaux amis.
Tu feras aussi la connaissance de Winter, de Nolan, Garrett et tant d’autres, mais ceux que tu te rappelleras sont bien les trois premiers. 
Ils véhiculent des valeurs que j’aime. 
L’auteure montre au lecteur qu’on n’a pas besoin d’être fort pour se faire respecter, qu’il ne faut pas avoir peur de la différence, qu’il faut accepter l’autre tel qu’il est.

Le rythme tout comme les révélations sont parfaitement maîtrisés et doses. Le suspens est constant. La fin ne nous donne qu’une envie : plonger sur la suite. On a des révélations, mais aussi des questions qui restent. 
J’ai eu le cœur serré, j’ai souri, j’ai été attendrie, j’ai été émue et étonnée par Simon. 
Ce jeune antihéros est incroyablement bien construit ; il est terriblement attachant, il me tarde de retrouver lui et sa souris Félix. 
Qui sait peut-être que je ne te le dis pas, mais que je suis moi aussi un animalgame xD

Je te le conseille, si tu adulte comme moi et que tu cherches un roman d’aventures pour t’évader ; ou je le conseille aux parents de jeunes enfants, je dirais 8 ans si c’est déjà un grand lecteur ou à partir de 10 ans.


P.-S. j’ai la phobie des araignées et pas qu’un peu tu me crois si je te dis que je me suis prise de tendresse pour une veuve noire ?

Simon Thorn, tome 1 : Simon Thorn et le sceptre du Roi animal de Aimée Carter - traduction de Cyril Laumonier - roman jeunesse- aventure - fantastique - 330 pages, 14.95€ - Édition Michel Lafon, en librairie le 10 janvier 2017
lundi 11 décembre 2017

[Avis] Le plus beau des voeux de Alyson Noel


Quand j’ai vu la couverture, j’ai directement craqué, je crois que tu l’as compris si tu passes sur mon compte Instagram que j’adore cette période de Noël et ce livre me paraissait parfait pour la période.
Malheureusement, cela ne l’a pas trop fait entre lui et moi.
Non pas que l’histoire n’est pas belle, mais trop jeunesse pour moi ; c’est rare, mais ça arrive.

Je vais t’en parler comme pour toutes mes lectures, tu commences à me connaître ; j’essaie toujours d’être objective, si une lecture ne m’a pas plu je développe quand même mon ressenti, toi, peut être, que tu l’aimeras ?


Le résumé me paraissait idéal à lire en cette période de fête et de vœux de Noël.

Nick et ses amis ne font pas partie des gens populaires du lycée, ils sont plutôt les élèves que l’on pointe du doigt. Nick en a marre ; il rêve de célébrité, que surtout La fille de ses rêves le remarque.
C’est le dernier jour des cours avant les vacances de Noël et pour l’occasion le lycée organise un concours de chant avec comme membre du jury un ancien élève devenu star et son manager.
Nick tente sa chance, si la rock star très connue a fait ses premiers pas dans le même lycée que lui, pourquoi ce ne serait pas son tour ? 
Pourquoi n’aurait-il pas lui aussi son heure de gloire ? 
S’en serait fini des moqueries, il ne serait plus à la table des loosers.
Bien sûr, cela ne se passe pas comme prévu, une de ses amies, Plum, lui offre son cadeau d’anniversaire, essayant de lui remonter le moral, son anniversaire étant le 25 ; elle lui donne sa surprise en avance.
Dépité, en attendant le bus, Nick ouvre son présent. 
C’est un cupcake d’anniversaire avec une seule bougie, il décide de souffler sur la bougie en pensant à un vœu.
À partir de ce moment-là, la vie de Nick bascule.

Si je reconnais que le message que Alyson Noel essaie de faire passer est très bon au moment où tous ces jeunes ados rêvent d’être propulsés star du web, je trouve qu’elle a manqué de subtilité.
Tout se devine très vite et je n’ai pas du tout adhéré au héros du livre ni avant le vœu, ni pendant le vœu, ni pour le dénouement.
Je l’ai trouvé injuste et égoïste avec ses deux seuls amis, Dougal et Plum.
J’ai trouvé ses remarques très blessantes, mais bon, passons ; le manager de la rock star puis de Nick m’est sorti par les trous de nez.
Je l’ai trouvé agaçant, hautain ; alors, oui, c’est sûrement voulu de la part de l’auteure, de représenter le milieu comme cela, mais moi, ce que j’aurais voulu trouver dans le roman, c’est cette magie de Noël, cette magie qui me fait rêver et croire à l’impossible.
Oui, le thème est là, mais la magie très peu exploitée ou survolée.
Tout est prévisible, on voit les événements arriver de loin même le dénouement.

Nick devient celui qu’il a toujours voulu être, mais, est-ce que les strass et les paillettes, la fortune valent vraiment la peine ? Est-on plus heureux pour ça ? 
C’est ce que Alyson Noel va te démontrer.
Les personnages secondaires sont trop caricaturaux, c’est un roman typiquement américain dans ce que je n’aime pas. (Le beau gosse, la belle blonde, le joueur de foot musclé, la rock star, même le chien est caricatural du milieu.)

Malgré tout, je ne peux nier que l’on retrouve les aspects que j’aime lire à cette période, de la légèreté, la famille au centre du roman, l’ambiance des fêtes, la décoration du sapin, les biscuits qui cuisent. 
Cela aurait pu être une lecture doudou ; pas prise de tête comme j’aime en lire à cette période, elle n’est pas prise de tête, mais elle ne m’a pas apporté le rêve que j’attendais.
Je reconnais vraiment les leçons intéressantes que l’auteure essaie de faire passer, mais pour moi c’est traité avec beaucoup trop de facilité, de superficialité pour que j’y croie ou adhère.




Ce roman te plaira si tu as envie d’une lecture facile, que tu as envie de lire un peu de magie de Noël, mais ce roman s’adresse à mon sens à un lectorat très jeune, je dirais 10-12 ans
Je l’ai d’ailleurs conseillé à ma plus jeune des filles qui a 12 ans ; elle, je pense que l’histoire la fera rêver avec moi, cela n’a pas marché.

Si elle le lit, je viendrais vous donner son avis.



Le plus beau des voeux de Alyson Noel - traduction de Geraldine Toussaint - roman jeunesse - 303 pages, 14.95€ - Édition Michel Lafon, en librairie le 23 novembre 2017
mercredi 15 novembre 2017

[avis] Marche à l'étoile de Hélène Montardre




Au mois d’août j’avais eu un gros coup de cœur pour Underground Railroad de Colson Whitehead, Marche à l’étoile est un roman jeunesse traitant du même sujet, certes différemment, mais avec autant d’émotion.

Cher lecteur ; que tu lises des romans jeunesse ou des romans adultes, que tu t’intéresses à la cause esclavagiste, à tous ces gens qui ont œuvré dans le plus secret au péril de leur vie pour sauver des esclaves en fuite avant la guerre de Sécession, il te faut lire ces livres.

J’ai dévoré ce roman jeunesse ; passionnée autant par l’histoire de Billy en 1854 que celle du deuxième personnage qui apparaît à la moitié du livre, Jasper en 2013.

Billy a 15 ans quand celle qu’il considère comme sa grand-mère dans la plantation d’East Mill en Géorgie lui confie un secret, un nom français et un paquet contenant une seule boucle d’oreille, une étoile sertie d’or. 
Un jour quand le maître l’appelle dans la grande maison il sort son trésor, directement il est accusé de vol. Un esclave ne possède rien et sûrement pas un objet de valeur.
Il n’a d’autre choix que de fuir et de suivre l’étoile que les vieux de la plantation racontait aux enfants comme une fable, suit l’étoile elle te mènera toujours au nord.
C’est ce que Billy va entreprendre, une marche à l’étoile.
Sur sa route, il croisera bon nombre de gens travaillant pour l’Underground Railroad et fuira le chasseur d’esclaves en fuite Kingsburry qui a toujours l’air de savoir où il se trouve. 
Son but rejoindre le Canada.

« Marche à l’étoile, Billy. Marche à l’étoile, même si elle est très haute ! L’Étoile du Nord mène à la liberté… » La liberté… le mot lui donna le vertige.

2013 ; état du Maine, Jasper vient d’enterrer son grand-père. 
Il range les affaires de son aïeul et tombe sur un vieux cahier relatant le périple d’un esclave qui porte le même nom de famille que lui. 
Pour Jasper sa vie bascule, il ne s’était jamais interrogé jusqu’alors à ses origines.
 Il était américain voilà tout, mais cette découverte remet toutes ses certitudes en branle. 
Ce cahier l’obsède, il veut partir en quête de ses racines. 
Nulle part, il n’existe de registres, ni même un musée sur la traite des esclaves et des bateaux négriers. 
Ces gens étaient arrachés à leur tribu, leur famille parfois (souvent) séparée de leurs enfants, affublés d’un nom chrétien à leur arrivée dans l’une des plantations du sud. 
Des musées sur l’immigration des Russes, des Européens qui voyait dans les États-Unis une terre de promesse, de liberté et de travail au début du 20e ça oui ça existe.
Tout ce qui a été l’exploitation des esclaves c’est comme si le pays voulait gommer ce pan de leur histoire et pourtant bon nombre d’Américains sont des descendants de ces esclaves.
Jasper est loin de deviner le pays où va le mener sa quête identité ni la superbe histoire qu’il va mettre au jour.

Si j’ai préféré la partie se déroulant lors la fuite de Billy où l’on traverse plein d’états ; Hélène Montardre décrit à merveille les paysages tout comme le véritable enjeu de l’Underground Railroad.
Jasper m’a aussi ému dans sa quête d’identité alors que Billy lui était en quête de liberté.
Deux personnages admirablement construits.
Des personnages qui pourraient avoir existés, leur histoire peut être celle de milliers d’entre nous.
Combien d’entre nous connaissent réellement les branches éloignées de leur arbre généalogique ?

Un roman jeunesse très bien écrit sur la cause esclavagiste, il en existe très peu, je pense même que c’est le premier que je lis, il plaira aux jeunes, mais aussi aux adultes.

C’est fort en émotion, on craint tout du long pour Billy, c’est poétique, une écriture belle, fluide, immersive et cinématographique tellement les lieux sont admirablement décrits tout comme les protagonistes rencontrés. 
Vous aurez le cœur serré plus d’une fois et c’est en apnée que vous lirez la fuite de Billy.
L’intrigue du bijou et ce nom français renforcent encore le suspens, il vous faudra faire preuve de patience, car l’auteure ne vous délivrera pas vite le mystère.
Une histoire qui finit dramatiquement, mais qui n’en est pas moins belle.

L’histoire de Jasper est tout aussi émouvante, la quête des racines, l’importance du nom, les secrets de famille. 
Ce jeune homme est bouleversant dans sa démarche de rendre justice à cet homme qu’il n’a pas connu et n’a jamais entendu parler.

Le lien entre Billy et Jasper, le dénouement est très bien amené, le fil rouge qui les unit traverse le temps et les épreuves.
Un final très émouvant et fort en image.

Les mots sont justes, l’Undergrond Railroad bien raconté sans trop de détails atroces qui pourraient rebuter les lecteurs, les croyances des quakers bien racontées, une histoire de valeur, de justice, de l’importance du nom et de l’équivalence de l’homme qu’il soit blanc ou noir c’est un être humain.

« Jamais Billy n’avait rencontré un Blanc comme lui. Un blanc pour qui la couleur de peau ne comptait pas »

Je ne connaissais pas encore l’auteure, mais il me tarde de lire d’autres de ses romans.
Je ne peux que le conseiller à tous ; lecteurs, professeurs, élèves, bibliothécaires, à l’heure actuelle où le racisme est toujours d’actualité ; il me semble important de donner de tels livres à lire aux plus jeunes générations.


« Je suis cette montagne de pierre qui se dresse, non loin d’Atlanta, en Géorgie. Je suis le vent qui souffle sur les forêts des Appalaches. Je suis la douceur qui règne dans la clairière de la Swann Cabin, là-bas en Caroline du Nord. Je suis les ruisseaux, les torrents, les rivières et les fleuves qui coulent inlassablement vers l’océan. Je suis le marais secret de l’embouchure de la James River, en Virginie. Je suis les neiges du Vermont. Je suis aussi New York, cette ville où j’ai bâti mon foyer (…), mais je ne suis pas que cela. Je viens d’ailleurs, et une partie de moi est aussi cet ailleurs. Je suis l’Amérique, et je suis aussi deux autres pays. »

Marche à l'étoile de Hélène Montardre- Roman jeunesse, historique, esclavagisme - 448 pages, 14.90€ - Edition Rageot, en librairie depuis le 13 septembre 2017
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