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mercredi 7 mars 2018
[Avis] Juste avant la nuit de Isabelle Ashdown
Cher lecteur on se retrouve avec mon avis sur un roman lu dans le cadre de la Team thriller du cherche-midi.
Cette fois avec un suspens psychologique quasiment à huit clos. Un des meilleurs que j'ai lu depuis que je suis dans la team thriller.
Isabel Ashdown ne fait pas dans la dentelle ; dès le prologue, tu sais ce qu’il va se passer, non pas le dénouement ; non non ; elle te plonge direct dans l’intrigue.
Ces 3 pages m’ont glacée d’effroi.
C’est fort non ? 3 pages et te voilà embarquée.
Tu ne sais pas qui te narre cet épisode, mais tu sais, en le lisant du moins tu espères, que le roman va continuer sur cette lancée.
Une entrée en matière fracassante.
Même si le thème de la disparition d’enfant a été maintes fois écrit j’ai adoré ce que l’auteure a démontré par son roman, les thèmes qu’elle aborde, la fine psychologie des personnages et surtout tu vas douter de tous à un moment donné.
Le suspens est constant et même si j’avais deviné une ou deux choses la fin est juste parfaite. L’auteure mène le lecteur en bateau tout autour de l’île où se déroule son intrigue, elle va te faire balancer de gauche à droite, tu vas te prendre les vagues, les unes après les autres, pour terminer avec le souffle coupé avec ce vent froid de janvier.
Le pitch de départ est « simple » Jess garde sa nièce, Daisy, un bébé de un an alors que sa sœur Emily et son mari James sont de sorties pour le Nouvel An. Quand ils rentrent, Jess est retrouvée inconsciente et Daisy a disparu.
Voilà l’intrigue.
La course contre la montre est engagée, il faut retrouver le bébé et vite, les inspecteurs de police ne prennent pas cette affaire à la légère.
Toi, lecteur, tu vas vivre de l’intérieur de la maison le désespoir de la famille inquiète, se rongeant les sangs pour que l’enquête avance, tu vas apprendre à les connaître l’un après l’autre. Tu vas tressaillir avec eux lorsque le téléphone va sonner, tu vas être agacé par les journalistes agglutinés devant la porte se repaissant du malheur d’autrui.
Tu vas surtout vouloir comprendre pourquoi Emily et Jess ne se sont pas vues depuis 16 ans.
Du jour au lendemain, lors des funérailles de leur mère, elles vont se reparler et Jess va venir habiter avec eux, se chargeant de la maison, de garder Daisy et veiller sur Chloé, 15 ans, la demi-sœur, la première fille de James qu’il a eue avec sa défunte épouse.
Comme je te le disais, tu vas douter de tous à un moment donné, pour changer d’avis et revenir sur tes choix.
Grâce à ces flash-back disséminés dans les chapitres tu vas comprendre le passé ou le présent des deux sœurs, les personnages principaux du roman, celles qui attirent les regards : Jess et Emily.
Peu à peu, Isabelle Ashdown te donne les codes pour déchiffrer la psychologie complexe de ces deux femmes.
Ce qu’elles pensent et ce qu’elles montrent, c’est un monde de différence. James et Chloé aussi, mais, dans une moindre importance.
Il y a aussi ces deux parties ; la première se termine sur un rebondissement inattendu et qui change la donne.
La seconde partie je ne peux pas t’en parler si ce n’est te dire que le rythme est de plus en plus haletant et que c’est impossible d’arrêter de lire
L’inspecteur Jacobs avance dans son enquête (même si elle, pour le coup, n’a pas vraiment de rôle ni de présence du moins pas aussi forte que les autres protagonistes)
Tu veux voir la petite Daisy regagner son foyer en bonne santé, tu veux aussi comprendre Emily et Jess, je ne saurais te dire laquelle m’a le plus saisie, si l’une, je l’ai cernée assez vite l’autre est plus secrète.
L’une est le dominant du duo l’autre est trop gentille, elle ne pense que depuis son jeune âge à défendre sa sœur, à la protéger du monde entier.
Si l’une, je m’attendais à certaines réactions ; l’autre m’a fait douter tout au long de ma lecture.
Comme ça avec le recul quelques semaines après avoir lu le roman je dirais que c’est Jess pour qui j’ai le plus d’empathie.
Que c’est frustrant de devoir taire certains passages qui sont glaçants !
Je te rassure, il n’y a rien de violent, point de sang, mais, le suspens est tel, que tu sens que cela peut basculer à un moment ou l’autre, que tu sens l’urgence pour Daisy cette petite fille innocente qui est bien loin de savoir que tous les êtres qu’elle aime tous ont des secrets. Du plus banal au plus grave. Du plus récent à celui de toute une vie.
Tu vas alterner les chapitres avec les points de vue d’Emily et Jess écrit à la troisième personne pour l’une et à la première pour l’autre tu vas disséquer les informations et leur caractère à la loupe. Tu vas tenter de le comprendre.
Dans la deuxième partie, une troisième voix intervient ; je ne peux rien te dire sur elle, mais elle va te glacer d’effroi.
Non pas qu’elle est méchante ou vindicative comme l’est l’un des personnages, mais tu plonges dans les méandres d’un cerveau malade.
Je ne me suis pas identifiée aux narrateurs même si étant maman la disparition d’un enfant est un thème qui me touche toujours.
Par contre ; j’ai adoré lire la psychologie des personnages et à travers eux, les thèmes que l’auteure va traiter comme la rivalité fraternelle, le deuil, la maladie physique et mentale, les blessures psychologiques jamais guéries, les traumatismes de l’adolescence, cette période difficile où l’on est contre ses parents, où l’on tait certains faits, les mensonges et secrets voir plus grave encore.
Tu vas te retrouver au milieu de cette famille dysfonctionnelle.
Cette famille allait bien, parfaite en tout point, des parents qui s’aiment, qui travaillent et ont bien réussi dans la vie. Un veuf qui a refait sa vie et une belle-mère qui a accepté sa belle-fille, des retrouvailles de sœurs perdues de vue depuis des années et qui reprennent leur relation comme si elles s’étaient quittées la veille, elles n’ont qu’une année de différence et s’entendent comme larron en foire jusqu’à la nuit de ce 1 janvier où cette bulle fragile, ce bonheur apparent va éclater et avec lui les masques vont tomber.
Si au début ils se serrent les coudes, les tensions, rivalités, mensonges, trahisons vont mettre de plus en plus à mal cet équilibre fragile.
Se connaissent-ils vraiment ? Est-ce que tout n’est qu’apparence ?
Lequel est vraiment digne de confiance ?
D’autres protagonistes interviennent dans le roman étayant encore plus finement la psychologie en mettant en lumière des faits du passé ou du présent.
je pense notamment à Becca et Samie
C’est un très bon suspens psychologie que je te recommande.
L’ambiance est admirablement retranscrite ;
tu sens le vent de la côte de l’île de Wigh transpercer tes os, les rebondissements et secrets ; les souvenirs teintés d’amertume ont souvent lieu la nuit te plongeant dans un climat sombre et pesant.
La fin est juste comme il fallait ; pas totalement ouverte, pas totalement fermée ; tu as des réponses, tu peux facilement imaginer le reste.
La plume de l’auteur est simple, mais subtile ; le temps, le climat, l’ambiance, les twists et rebondissements, les sauts dans le passé et les explications du présent sont menés de main de maître. C’est terriblement addictif, un roman que l’on dévore et même si comme je te le disais j’ai deviné quelques énigmes Isabelle Ashdown a quand même réussit à me retourner le cerveau et me faire poser mille et une questions, elle m’a donné la dernière pièce me permettant de réunir les pièces du puzzle qu’a la fin lors de l’épilogue.
Sans être un coup de cœur c’est un roman 5 étoiles que nous offre le Cherche Midi éditeur.
Juste avant la nuit de Isabelle Ashdown - traduction Florence Vidal - Thriller psychologique - 368 pages, 21€ - Cherche Midi Éditeur, en librairie le 1 mars 2018
jeudi 22 février 2018
[Avis] Une proie si facile de Laura Marshall
Mon cher lecteur tu es adepte des suspens psychologiques ? Alors, reste, cette chronique va te plaire.
Tu le sais, je suis une lectrice éclectique et dans les genres aussi je veux dire par là que j’aime les thrillers très gore, les polars et comme ici les suspens psychologiques.
Pour un premier roman, Laura Marshall mène bien sa barque et entraîne son lecteur dans les méandres de son intrigue.
Louise est une mère célibataire qui mène sa carrière et sa vie de mère de front.
Elle forme un duo avec son fils Henry, âgé de 4 ans.
Depuis sa séparation il y a deux ans ils sont fusionnels. Tout va plus ou moins bien pour elle jusqu’au jour où elle reçoit une invitation sur Facebook.
Une invitation d’une jeune fille disparue il y a 25 ans lors du bal du Lycée, Maria Weston.
Jusque là, tout le monde la croyait morte.
Cette invitation refait surgir son passé, pas si enfoui que ça.
Sa culpabilité est énorme depuis cette fameuse nuit.
Notre héroïne perd peu à peu pied, elle a toujours un regard par-dessus son épaule, car Maria a l’air de tout savoir d’elle.
Si j’ai vraiment aimé le suspens qui est constant, du début à la fin du roman ; j’apprécie encore plus que Laura Marshall aborde de nombreux thèmes peu exploités, je trouve, dans les suspens psychologiques ou du moins pas de cette manière.
Tu as déjà le thème du rôle de mère célibataire.
Une mère qui travaille et culpabilise de laisser son fils à la crèche. Un amour maternel puissant et beau à lire.
Tu as les dérives d’internet et des réseaux sociaux, tout le monde peut s’inventer une identité ou une vie.
Et enfin et surtout le harcèlement scolaire durant l’adolescence, cette époque si fragile et difficile pour nombre d’entre nous.
Je ne sais pas toi, mais, pour ma part, je n’étais pas populaire, mes premières années ont vraiment été difficiles à vivre.
Ici, c’est Maria qui éprouve des difficultés.
Elle a quitté son ancien lycée pour une histoire similaire, mais qu’elle préfère taire et se retrouve à nouveau dans la même situation.
Louise était son amie, mais pour rester proche des filles populaires et surtout de Sophie, Louise laisse tomber Maria.
L’auteure te montre combien on peut se laisser manipuler ; combien nous sommes prêts à tout faire pour être acceptés dans le groupe qu’il faut !
Louise s’est complètement laissé abuser par Sophie, elle a laissé tomber d’abord Esther puis Maria. Pourquoi ? Ces deux jeunes filles n’étaient juste pas dans la norme établies par les meneuses, que cela soit vestimentaire comme Esther ou en parole comme Maria qui ne veut plus se laisser faire.
Tu peux tout à faire lire ce roman si tu n’aimes pas les thrillers, il se lit en grande partie sur le harcèlement et la culpabilité de Louise qui ne s’est jamais remise de la disparition de Maria, elle n’a jamais pu oublier ce qu’elle lui avait fait.
C’est un livre écrit intelligemment.
Les sujets ne sont pas survolés, mais bien exploités et je me suis vraiment retrouvée dans certaines des situations décrites.
De plus, les bons dans le passé disséminés tout au long des 380 pages te permettent de plus ou moins comprendre ce qu’il se jouerait en 1989. Plus ou moins, car tu devras attendre la fin et ses nombreux rebondissements pour tout comprendre.
En plus de cette alternance de temps entre 1989 et 2016 des textes en italiques, comme des lettres écrites, par un homme on le devine, te mettent encore plus dans le suspens, car tu ne sais pas de quelle femme du roman il parle. Esther ? Louise ? Sophie ? Maria ? Polly ?
Tu vas douter de chacun des protagonistes.
Tim, le frère de Maria cherche-t-il à venger sa sœur ? Pete, cet homme que Sophie vient de rencontrer n’a-t-il pas un comportement bizarre ? Ou encore Matt qui veut que Louise se taise.
Le suspens est encore renforcé par les messages que Louise reçoit, des messages avec des menaces voilées. Jamais rien de franc, mais tu sens que le danger guette Louise et tu prends peur toi aussi.
Avec un rythme haletant grâce au rebondissement qui vont te surprendre la lecture est très addictive. Tu veux comprendre toi aussi si Maria est toujours vivante et si oui pourquoi a-t-elle attendu 25 ans pour refaire surface.
J’ai envie de te dire de qui j’ai douté et pourquoi, mais j’ai peur de te mettre sur la piste en te relatant trop les personnages du roman.
Sache que tous les personnages sont très bien construits.
Chacun d’eux sont complexe et possède une psychologie dense, cela ne fait que rendre le suspens plus intense.
Je ne peux pas dire que j’ai ressenti une empathie particulière pour l’un d’eux, mais je les ai tous aimés ou pour un ou deux je les ai détestés.
Louise et Maria, je ne me suis pas identifiée à elles, même si elles ont vécu des choses dramatiques, je ne suis pas parvenue à complètement m’immerger dans leur psychologie.
D’habitude, cela me dérange, mais ici le suspens et le sujet sont tellement intéressants et bien amenés que cela n’a pas été un frein à ma lecture.
Le twist final m’a vraiment surprise. D’abord, tu penses que l’auteure te donne les clés qui vont te permettre de résoudre l’intrigue, mais en fait elle t’endort pour mieux t’assommer (c’est imagé, rassure-toi tu ne sauras pas dormir au contraire !!) et ne rien voir de ce qui se profile.
Vraiment pour un premier roman c’est une belle réussite, tout concorde, les pièces de puzzles se mettent peu à peu en place et rien n’est trop facile.
C’est un roman qui pourra convenir à beaucoup d’entrevous, vu le thème central.
En plus pour les non initiés ce n’est pas du tout gore ni traumatisant.
Oui, tu as peur, tu doutes, tu crains de découvrir la vérité, mais c’est ce qui fait à mon sens qu’un suspens psychologique est réussi ou pas. Si l’auteure arrive à te retourner le cerveau, à douter de tes propres certitudes, c’est gagné et c’est le cas avec ce livre.
Je te le recommande chaudement même si cela n’a pas été un immense coup de cœur.
Il vaut, vraiment, la peine d’être lu et l’auteure d’être connue.
Je vais d’ailleurs guetter ses prochains écrits.
Une plume simple, mais addictive ; pas de longueurs ni de monotonie ; vraiment un roman réussi pour Laura Marshall.
Une proie si facile de Laura Marshall - Traduction de Zilke Zimmerman - suspens psychologique, harcèlement scolaire - 384 pages, 19.90 - Édition Fleuve, collection Fleuve Noir, en librairie le 8 février 2018
vendredi 12 janvier 2018
[Avis] La disparue de la cabine n°10 de Ruth Ware
Bonjour, mon cher lecteur, me voici avec un thriller psychologique qui est sorti hier, j’en ai lu trois autres dont tu auras les chroniques bientôt.
Celui-ci est plutôt pour moi un bon suspens psychologique, je l’ai bien aimé, l’ambiance glauque est au rendez-vous.
Un navire de croisière au milieu de l’océan le cadre idéal pour un huit-clos. Je pouvais sentir le flux et le reflux des vagues, la panique et la peur d’être prise au piège sur un bateau au milieu de nulle part, sans aucun lien avec la terre. Effrayant non ? Et bien, c’est dans cette ambiance que Ruth Ware t’emmène.
Lo est journaliste dans une revue touristique, elle doit embarquer bientôt à bord de l’Aurora pour voyager cinq jours vers la Suède pour observer les aurores boréales.
À quelques jours du départ, elle subit quelque chose (dont je ne peux pas te parler) qui va lui laisser des séquelles post-traumatiques.
Elle n’arrive plus à dormir, elle boit et s’abrutit d’antidépresseurs.
Hors de question pour elle de se faire remplacer pour le voyage à bord du yacht, c’est l’occasion pour elle de montrer sa valeur et de gravir les échelons.
C’est une jeune femme très énervée, inquiète et triste qui monte à bord avec 8 autres passagers.
La veille du départ, elle s’est disputée violemment avec Judah son compagnon et elle revoit sans cesse les images de ce qui lui est arrivé.
Lo s’attend à tout sur l’Aurora sauf à un yacht si petit, ce n’est pas du tout le paquebot comme elle le pensait, prise dans ses tourments elle n’a pas lu le communiqué de presse.
Petit oui, mais très très luxueux. 2 suites, 8 grandes cabines, jacuzzi, spa, lustres en Swarovski tout est neuf et clinquant.
C’est la première sortie du bateau afin de montrer à la presse et aux futurs investisseurs ce que peut offrir ce yacht de luxe pour visiter les aurores boréales.
Le premier soir, Lo boit plus que de raison, champagne, vin, shot, elle vide même son mini bar jusqu’a ce qu’elle s’abrutisse de sommeil.
Elle est réveillée par un cri et un bruit, un corps a été jeté à la mer depuis la suite numéro 10, suite voisine de la sienne, on lui a octroyé la 9.
Aussitôt, elle alerte le capitaine de bord, elle a vu une jeune femme brune avant la soirée d’inauguration dans cette suite, elle y avait été demander du mascara à prêter ; or, quand le capitaine de bord lui fait visiter la suite en question plus un vêtement ne traîne, ni maquillage, aucune trace d’occupation. Il lui dit que la cabine n’a jamais été occupée.
Lo est certaine de ce qu’elle a vu et entendu, elle n’a pas inventé cette femme ni ce bruit ni le sang aperçu sur la terrasse voisine.
Que s’est-il passé à bord du bateau ? Qui était cette femme non enregistrée comme passagère ? Qui est le coupable ? Le seul qui la croit un peu c’est Ben ; journaliste lui aussi et ex petit ami.
Personne d’autre ne la croit vu la quantité d’alcool avalée, vu les médicaments et son syndrome de stress post-traumatique, sa seule preuve un tube de mascara, mais qui a lui aussi disparu de sa propre cabine. Elle n’a plus rien pour prouver ce qu’elle avance.
Je ne peux plus rien et dire à partir d’ici.
Ruth Ware va jouer avec tes nerfs et t’emmène dans un huit-clos très angoissant, le suspens monte crescendo et la sensation d’enfermement que Lo ressent en pleine mer sur ce yacht aux couloirs étroits tu la ressens aussi. Tous les passagers te paraissaient coupables. J’ai échafaudé mille hypothèses, je me suis dit que l’héroïne fabulait, il faut dire qu’elle est vraiment sur la corde raide, tout le temps sur le point de craquer nerveusement, tu ressens extrêmement fort ses angoisses, sa détresse et son anxiété, puis je non ce n'était pas possible mais qui alors ?
Même si je ne me suis pas attachée totalement à elle l’ambiance est admirablement retranscrite pour te donner peur sans qu’il se passe vraiment grand-chose.
Est-ce que c’est Lo qui devient folle ou cherche-t-on à lui faire peur pour qu’elle se taise ?
Le personnel naviguant se serre les coudes, si cette disparition étrange d’une personne non enregistrée venait à se savoir ils perdraient tous leur travail.
Tout est finement calculé pour que tu viennes à douter de chacun des protagonistes comme si tu jouais à une partie de Cluedo.
Le rythme est rapide même si j’ai eu du mal à rentrer dans l’intrigue au début, l’écriture fluide et les chapitres courts donnent un rythme haletant au récit.
De plus des e-mails de Judah, le compagnon de Lo ; de sa patronne et de sa mère parsèment le récit ; ils sont sans nouvelles d’elle ; il n’y pas internet sur le bateau et pas de réseau téléphonique, ils sont tous piégés en mer jusqu’a la première escale.
Découpé en 7 parties chacune se termine par un rebondissement qui te pousse à continuer à lire.
La résolution de l’intrigue je n’avais rien vu venir, mais alors pas du tout, c’est machiavélique, attention je te fais un jeu de mots grandiose : l’auteure a réussi à me mener en bateau sur un bateau hum hum
Je reproche à la fin un dénouement un peu trop rapide. Trop de facilités, dommage, car le reste du livre était vraiment à la hauteur. Je ne peux pas dire que je sois déçue, j’ai été surprise, j‘ai eu peur, j’ai ressenti l’angoisse, la claustrophobie monter, les vagues me balancer et me retourner l’estomac, le vent glacial pénétrer mes os. Les doutes me gagner de plus en plus.
Un 16/20 pour ce suspens psychologique, pour tous les amateurs de huit-clos et ceux qui aiment les ambiances pesantes, lourdes, sombres et froides.
La disparue de la cabine n°10 de Ruth Ware - Traduction de Héloïse Esquié - thriller psychologique, suspens, huit-clos - 429 pages, 20€ - Fleuve Éditions, 11 janvier 2018
lundi 18 décembre 2017
[Avis] La disparue de Noël de Rachel Abbott
Bonjour, mon cher lecteur, les fêtes approchent, Noël approche et cela tombe bien puisque je te parle aujourd’hui de La disparue de Noël de Rachel Abbott.
Si quelques petites choses m’ont dérangée et que j’ai assez vite deviné certains rebondissements ou implications, j’ai quand même passé un excellent moment de lecture avec ce thriller psychologique.
Je ne le savais pas, cela n’a aucunement nui à ma lecture, Rachel Abbott a écrit d’autres romans où intervient l’inspecteur Tom Douglas que l’on va aussi retrouver dans cet opus.
[Édit] hier avait lieu le book club du cercle Belfond en compagnie de l’auteure, elle nous a précisé que oui son personnage était récurrent, mais que les tomes peuvent se lire dans le désordre. Au moins te voilà prévenu, mon cher lecteur. Mon avis était écrit, mais là j’ai eu la confirmation de l’auteure.
Ce roman commence sur un prologue très angoissant.
Caroline revient avec Natasha de chez ses parents où elle est allée fêter Noël ; elle est sur le retour vers chez elle ; paniquée de devoir conduire la nuit sur cette route sombre, en colère contre David, son mari, qui n’a pas pu l’accompagner.
C’est l’hiver les routes sont gelées, elle n’a envie que d’une chose, retrouver sa maison de campagne et être bien au chaud avec Natasha et David.
Elle reçoit un coup de téléphone sur son portable. Numéro inconnu.
Elle ne décroche pas. Plus tard, c’est l’accident, Caroline sera retrouvée morte et Natasha disparue.
Où est la petite Tasha ? À t-elle fuit les lieux de l’accident ? S’est-elle cachée dans les bois environnants ? Une battue est menée, mais nulle trace de l’enfant de 6 ans.
6 ans plus tard, Tom Douglas est appelé sur une scène de crime. Le corps d’une adolescente est retrouvé.
Dans le même temps, quelques heures après une gamine blonde pénètre chez David, remarié depuis avec Emma. Ils ont eu ensemble un bébé, Ollie.
Qui est cette fille dans leur maison ? Comment est-elle entrée ?
Je ne t’en dis pas plus, mon cher lecteur, tu as ici le début du livre.
Quand j’ai lu le roman, je n’ai pas relu la quatrième de couverture ni le communiqué de presse ; si tu le lis, je t’encourage à faire de même, le suspens ne sera que plus grand.
Tu as donc les personnages principaux : Emma, David, Tasha, Ollie et Tom, l’inspecteur. D’autres protagonistes se joindront à l’enquête, mais leur rôle est moindre.
Je ne peux pas trop t’en dévoiler, je ne le veux pas, l’idéal étant de te plonger dans ce roman sans trop en savoir.
Rachel Abbott va t’entraîner sur une double enquête même triple ; celle de la disparition de Natasha bien sûre, où a-t-elle bien pu passer ? Celle sur le corps retrouvé de la jeune inconnue ; la troisième je préfère ne rien t’en dire.
Je vais te dévoiler quelque chose, sans te spolier, cela se trouve en quatrième de couverture, la fille qui pénètre dans la cuisine de Emma et David n’est autre que Tasha.
Mais une Tasha silencieuse, en colère. Qu’a-t-il bien pu lui arriver ces 6 dernières années ? Pourquoi est-elle si en colère contre son père ? Comment a-t-elle retrouvé le chemin de sa maison ? Et pourquoi ne veut-elle pas qu’on prévienne la police de son retour ?
Rachel Abbott va t’entraîner dans les profondeurs de l’âme humaine, la psychologie de ses personnages se dévoile au fur et à mesure de la lecture.
C’est le point que j’ai le plus aimé même si j’ai aussi adoré l’ambiance pesante, oppressante et glauque que l’on ressent en lisant le livre.
Je pourrais lui reprocher quelques facilités, des événements qui arrivent et que j’avais devinés, des implications des protagonistes que j’avais aussi vus arriver, mais pour autant j’ai dévoré ma lecture.
Je lis beaucoup de thriller et de polar, sans doute est-ce à cause de cela que j’avais deviné certaines choses, mais je pense que ce ne sera pas le cas de tous les lecteurs.
Des moments de tensions ponctuent le récit ; des rebondissements te serrent le cœur ou te mettront en colère.
Point positif supplémentaire, dans ce roman, ce sont les femmes qui sont fortes, je ne suis pas une féministe dans l’âme, mais ça change de lire un thriller où ce sont les hommes qui sont faibles (voire lâche, mais chut, je ne te dis rien de plus)
Comme je te le disais, ce sont les femmes qui sont fortes, Emma et Natasha sont les personnages que j’ai préférés même si j’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Tom Douglas.
Un inspecteur qui a ses failles et ses blessures, un être imparfait.
Pour ce qui est du suspens, il est maîtrisé de bout en bout ; c’est un véritable page turner ; on a envie de comprendre tous les tenants et aboutissants, tous les protagonistes du présent et même du passé se retrouvent impliqués à un moment ou l’autre de l’intrigue.
On pourrait reprocher à ce roman de ne pas être très original, les disparitions d’enfants sont un thème assez courant, mais l’écriture fluide et rythmée, les révélations qui se font peu à peu et surtout la psychologie des personnages en font un bon roman, pas le meilleur thriller, ni celui qui te fera trembler de peur même si j’ai eu le palpitant à plusieurs passages.
Il plaira aux amateurs de polar/romans psychologiques
Une grosse part de l’intrigue est aussi dédiée aux hackers, même si le sujet n’a pas été traité comme je l’aurais voulu (un peu trop fouillis) il apporte un suspens supplémentaire à l’intrigue principale.
Pour ma part, j’ai passé un bon moment, si la psychologie avait été moins développée j’aurais eu plus de mal à ne pas faire attention aux détails qui m’ont gênée, mais avec ce final haut en tension et cette ascendance dans le caractère de Tasha et Emma je lui donnerais la note finale de 15/20
Je sais que mon avis n’est pas très long, mais j’ai vraiment envie que le lecteur découvre par lui même.
Rachel Abbott te montre qu’il ne faut jamais se fier aux premières impressions et que les apparences sont souvent trompeuses.
La disparue de Noël de Rachel Abbott - traduction de Murielle Levet - Thriller, polar psychologique - 460 pages, 21.90€ -Édition Belfond, collection Le Cercle, en librairie le 2 novembre 2017
lundi 16 octobre 2017
[Avis] Girlhood de Cat Clarke
Cat Clarke est une auteure young adult que j’adore, en tout
cas chacun des livres que j’ai lus n’ont peut-être pas été un coup de cœur,
comme celui-ci d’ailleurs, mais sa façon d’écrire et de traiter de thématiques
fortes font que je l’apprécie beaucoup.
Dans Girlhood nous suivons Harper. Elle a demandé à ses parents d’aller dans le pensionnat « Drungraggan
Castle » en Écosse afin de faire table rase de son passé.
Là-bas, elle se lie d’amitié avec Rowan, Lily et Ama.
Ces
quatre filles sont inséparables, elles se retrouvent souvent le soir pour refaire
le monde et s’amuser autour d’une bouteille de whisky.
Tout fonctionne à merveille pour notre héroïne, ses amies
sont au courant, en partie, de son secret, elle se plaît beaucoup dans ce vieux
manoir loin de tout.
Elle a enfin des amies, elle qui était très solitaire dans
son ancien lycée. La vie tranquille qu’elle mène commence à basculer à l’arrivée
d’une nouvelle élève, Kristy.
Kristy a de nombreux points communs avec Harper ; peut-être
même un peu de trop ; nous lecteur, nous sentons qu’il se passe quelque
chose d’anormal avec cette fille, mais quoi ?
Cat Clarke nous emmène presque dans un huit-clos, tout se déroule
au pensionnat, la proximité des élèves, le fait de vivre 24 h/24 avec les
mêmes personnes exacerbent les tensions même au sein du groupe qui est pourtant
bien soudé, encore plus quand quelqu’un joue avec les points faibles et secrets
des 4 filles.
En effet, il n’y a pas que Harper qui n’a pas tout confié à ses
amies.
La tension monte de page en page, on sent que le noyau va
voler en éclat et que Kristy est malsaine sans pouvoir dire pourquoi ni
vraiment l’accuser de quelque chose, tout est sournois, c’est suggéré, mais
aucune preuve ne vient étayer notre ressenti.
J’ai aimé chacun des personnages même si j’ai éprouvé
beaucoup plus d’empathie pour Rowan, la coloc de Harper.
Chacune des filles
présentes dans le roman est bien fouillée, chacune à son caractère, sa façon d’être.
Cat Clarke aime traiter des sujets qui touche l’adolescence,
ce livre n’y échappe pas, autant de thèmes simples comme l’amitié, la trahison et
les secrets, la richesse et ses privilèges, mais aussi des thèmes beaucoup plus
graves comme le suicide, la mort, le décès et comment se reconstruire après,
les combats intérieurs que se livrent les protagonistes, la sexualité, la
culpabilité et l’homosexualité.
Chaque sujet est abordé sans que l’intrigue y
perde en angoisse ou en rythme.
C’est une lecture facile et fluide, en quelques heures le
livre est lu.
Elle met principalement l’accent sur l’amitié et la famille,
ce sont ces 2 thèmes qui sont centraux au roman.
Peu à peu, on comprend tout ce
qui se joue dans ce manoir écossais, mais on est loin de tout résoudre.
Une nouvelle réussite pour l’auteure, sans être un coup de cœur,
j’aime qu’elle traite de sujets importants, que chaque adolescent qui lira un
de ses livres se retrouvera dans l’un ou l’autre protagoniste. Garçon ou fille.
Suspens ; angoisse ; mensonges ; dès la
première page, vous être entraînés dans le roman, car tout commence par un
bizutage ; rien de bien méchant, mais par lequel tout va basculer pour le
quatuor.
Un thriller psychologique pour les adolescents bien mené
jusqu’à la dernière page, émotion et rire sont au rendez-vous, angoisses, peur
et suspens ne vous lâcheront pas.
Girlhood de Cat Clarke - Thriller psychologique - Young Adult - 360 pages, 17.90€ - Édition Robert Laffont, collection R, en librairie le 5octobre 2017
mardi 3 octobre 2017
[Avis] A good Girl de Amanda K. Morgan
Sans être un coup de cœur,
j’ai adoré ma lecture.
C’est un véritable page turner, assurez-vous d’avoir le
temps de lire devant vous sous peine de grande frustration au moment de le déposer
ou soyez assuré de passer une nuit blanche si vous le commencer le soir.
Nous
suivons Riley Stone.
Riley est en classe de
terminale, elle est parfaite en tout point, élève modèle, acceptée dans
plusieurs universités prestigieuses, elle finira certainement major de sa
promotion ; capitaine des pompons girl ; bénévole dans de nombreuses
associations ; elle ne boit pas ; elle ne sort pas et n’a pas de
petit ami.
Autour d’elle gravitent ses 2 meilleures amies :
Kolbie et Neta.
Riley se
sent seule dans sa famille, son père et sa mère ont l’air de plus s’intéresser
à son frère aîné : Ethan.
Si Riley n’a
jusqu’à présent laissé aucun garçon perturber ses études, un jour, son frère
lui fait remarquer qu’elle devrait penser à s’amuser, à ne pas toujours vouloir
être parfaite, qu’elle passe à côté de sa jeunesse. C’est donc son conseil que
Riley va suivre sans pour cela aller trop loin...du moins pas immédiatement.
Un prof fait craquer toutes les
filles du lycée, Mr Belrose, le prof de français de Riley, peu à peu, Riley
voit son professeur d’un autre œil. Et
s’il s’intéressait à elle finalement, surtout qu’avant d’être son professeur c’était
Alex, l’ami d’Ethan.
Je ne vous
dirai rien de plus, croyez-moi quand vous l’aurez lu, vous aurez envie d’en
discuter avec quelqu’un immédiatement.
Sachez simplement que non ce n'est pas du tout une banale amourette entre un professeur et son élève.
Tout au
long du livre, on sent que quelque chose ne tourne pas rond sans pouvoir poser
le doigt dessus.
Ça a l’air d’une
histoire banale, on suit 3 adolescentes avec leur joie, les peines de leur âge ;
les sorties que ses amies font et lui racontent ; les repas de Riley avec
sa famille ou tout simplement en cours ; ses discussions avec ses amies ;
ses profs qui ne tarissent pas d’éloge sur elle.
Quel professeur ne voudrait
pas avoir dans sa classe une fille comme elle ?
On tourne et tourne
les pages voulant en savoir plus sur Riley ; on s’y attache, à certains
moments on la plaint ; on craint même pour elle, ne sachant vraiment à
aucun moment où l’auteure va nous emmener.
Par moment,
entre les chapitres, dont le titre est soit un état d’âme, un verbe, un lieu, un
défaut ou une qualité, sont disséminées des listes intitulées « Ce qu’il
faut savoir sur Riley ». Ces listes nous narrent point par point la vie de
Riley avant le lycée, ce qui va vous permettre de porter un tout autre regard
sur l’héroïne sans toutefois comprendre l’intrigue qui se joue devant vos yeux.
Vous savez bien que Riley, étant la narratrice, elle a des pensées pas toujours
honorables sur ses proches, mais sans exactement pouvoir avoir un avis
définitif sur elle.
La fin est un gros,
mais gros uppercut en plein visage. Cette fin !!!!
À la lecture de l’épilogue
et de la dernière liste concernant Riley je me suis dit : non, ce n’est
pas possible, non et non. Je n’ai rien vu.
La qualité
du roman se résume à cela la force de l’auteur de vous faire sentir qu’il y a
un malaise, mais en vous faisant douter de plusieurs protagonistes à l’origine
de cette étrange angoisse que vous ressentez, on sent que quelque chose de
grave va arriver, mais sans jamais savoir qui, quand ni quoi.
Riley est
elle manipulée, elle est tellement parfaite même en tant qu’amie qu’on ne se
jouerait pas d’elle ? Ou est-ce que Ryley sous cette couche de perfection
cache t’elle un secret ?
Est-ce que la perfection a un prix ?
N’est-ce
pas trop de pression que de devoir être première partout tout le temps pour
être certaine d’accéder aux universités rêvées ?
C’est
impossible de rester insensible à la fin du livre, un page turner qui va vous
mettre sous tension, et ce jusqu’à la dernière ligne.
Avec très
peu d’intervenants et une vie de lycée à l’apparence banale l’auteure se joue
de vous et j’adore ça.
Des doutes j’en ai eu, mais pas au point de m’imaginer
le dénouement.
Cela aurait
été un coup de cœur si Riley avait encore été là narrateur dans l’épilogue, si j’avais
pu avoir un peu plus de développement au final, mais malgré tout Amanda K.
Morgan clôt son roman parfaitement, les explications, certes courtes, sont suffisantes.
Ce livre m’a fait
penser à un autre livre au titre quasi similaire : une fille parfaite de
Mary Kubica que j’avais aussi adoré pour les mêmes raisons que celui-ci. (Chronique de 2015 ici : http://luciebook.blogspot.be/2015/04/chronique-une-fille-parfaite-de-mary.html)
A good girl de Amanda K. Morgan - Young Adult - Thriller - 372 pages, 15€ - Édition Lumen, en librairie le 5 octobre.
lundi 11 septembre 2017
[Avis] Mon amie Adèle de Sarah Pinborough
Je suis une grande amatrice de thriller et encore
plus quand ils sont psychologiques, je pense que c’est un des thrillers psychologiques
qui m’a le plus étonnée pour le final, l’hashtag #findedingue utilisée sur les
réseaux par la maison d’édition et par nous, lecteurs, est vraiment l’hashtag
parfait. J’en suis encore sans voix.
C’est un gros coup de cœur et un livre que je
recommande à tous même aux personnes qui ne lisent pas beaucoup de thriller,
car l’auteure écrit finement son intrigue.
Le sujet principal : l’adultère
et tout ce que l’on est prêt à réaliser pour l’être aimé, ici bien sûr c’est
poussé à son paroxysme.
3 personnages dans ce huit clos vont vous rendre
fou : David, Adèle et Louise.
Louise est secrétaire dans un bureau médicale,
divorcée, amère envers la gent masculine depuis que son mari l’a quittée pour
une autre femme.
Elle décide un soir où elle n’a pas son fils de s’amuser ;
elle d’habitude si réservée va passer la soirée avec un inconnu rencontré dans
un bar.
Quelle n’est pas sa surprise le lendemain quand elle se rend compte que
cet inconnu n’est autre que son nouveau patron, David, le nouveau psychiatre du
cabinet.
Quelques jours plus tard, elle emmène Adam son fils
à l’école avant le travail et bouscule une femme, le sort s’acharne, car cette
femme n’est autre que l’épouse de David, Louise finit par se lier d’amitié avec
elle. Adèle est si seule et vulnérable depuis son déménagement, elle n’a aucun
ami, famille ou connaissance. Les deux femmes se voient de plus en plus
souvent, Louise s’inquiète pour Adèle qui semble être très soumise à David.
Pourquoi doit-il lui téléphoner tous les jours à heure fixe pourquoi ne peut-elle
pas dire qu’elle a une amie ?
Les trois principaux protagonistes sont extrêmement
bien fouillés, trois personnages aux caractères complètement différents.
David
semble avoir des colères noires très soudaines, Louise en a fait les frais au
bureau, il boit beaucoup, est sur la défensive, il a tout du mari jaloux et
violent.
Il n’arrive pas à se détourner de Louise, mais ne quitte pas sa femme,
il ne peut pas. Pourquoi ses patients et les gens tombent-ils si vite sous son
charme, oui il est charismatique et beau, mais n’y a-t-il pas autre chose
là-dessous ?
Adèle est étrange, on sent qu’elle ne dit pas tout,
qu’elle se joue de Louise, elle paraît très gentille, elle est très attachante
et serviable envers Louise, elle cherche à lui redonner confiance en elle,
elles font du sport, elles se parlent beaucoup, toutes deux ayant des terreurs
nocturnes, Adèle a réussi à s’en débarrasser à l’aide d’une méthode simple et
non médicamenteuse qu’elle enseigne à Louise. Une chose de certaine c’est que
Adèle est le personnage le plus complexe du roman, on a à la fois de l’empathie
pour elle, après tout elle est trompée par son mari, Louise, son amie, continue
à le voir et ne lui avoue pas et à la fois on ne s’explique pas certaines de
ses réactions autant avec Louise qu’avec David.
Louise, au début du roman n’a plus aucune confiance
en elle, elle n’a que Sophie comme amie, sa vie se résume au travail au bureau,
à s’occuper de Adam son petit garçon et à boire et se morfondre quand Ian son ex-mari
prend son fils le week-end.
Puis il y a ces terreurs nocturnes, ce
somnambulisme qui l’épuise.
Peu à peu, grâce à Adèle, elle reprend confiance en
elle, dort mieux grâce à la méthode de son amie. On craint pour elle, car elle
est dans une relation toxique, elle ne se rend compte de rien au début, c’est
finement écrit, car le lecteur lui sait au fur et à mesure et comprend l’ampleur
du désastre qui se profile.
Je ne peux que vous dire qu’elle se retrouve
au milieu des deux sans vraiment l’avoir désiré. Ne se jouent-ils pas d’elle
tous les deux ?
Sarah Pinborough explore l’âme humaine à travers
ses trois personnages.
Elle vous montre le mal que peut faire l’infidélité
dans un couple, mais jamais vous ne serez préparé à la fin, c’est impossible.
On
peut douter de tout, s’interroger et s’inquiéter pour certains des protagonistes,
mais on ne s’imagine pas le degré de perversion de l’auteure. J’ai été
retournée comme une crêpe. Elle m’a retourné le cerveau.
Une fin hallucinante, tout un roman très addictif
grâce à son écriture simple, fluide et ses alternances de personnages.
Vous lisez tour à tour des chapitres sur Louise
et Adèle. Vous vous glissez dans leur peau, car tout est écrit à la première
personne.
Il n’y a aucun temps mort ou monotonie, des chapitres sur le passé
vous font comprendre toute la complexité de certains personnages.
Une
alternance de temps qui peut déstabiliser, mais qui est nécessaire, cela ne m’a
pas dérangé, car ce n’est pas omniprésent.
J’ai été ébranlée devant les personnages, on
comprend qu’il y a un jeu de manipulation, mais qui manipule qui et surtout
pourquoi ? J’ai été surprise par plusieurs rebondissements et révélations
au cours de la lecture, j’ai aussi grandement apprécié cette histoire de rêve
qui apporte une dimension fantastique. (Il faut quand même le préciser pour les
personnes qui n’aiment pas cela dans les thrillers)
Sarah Pinborough va jouer avec vos nerfs, vous n’allez
plus savoir qui fait quoi, non pas que les réponses n’arrivent pas, mais parce que
le roman et les personnages se densifient, elle n’a rien laissé au hasard.
Au départ une trame classique, des personnes que l’on
pourrait rencontrer dans la vie de tous les jours pour finir par des
personnages complexes, étranges et intrigants.
Un véritable page turner qui démarre très fort et
finit en apothéose.
J’ai encore la chaire de poule a l’idée de ces derniers
passages, j’ai été bernée en pensant que c’était fini eh bien non, Sarah
Pinborough m’a envoyé une vague que je me suis prise en plein visage et j’ai été
retournée par une lame de fond que je n’avais pas vue.
Je finis de cette
lecture essorée, laminée.
J’ai vu ensuite le roman, tout le roman, sous un
autre regard, c’est original, bien amené, vraiment je vous le recommande. #FindeDingue
Mon amie Adèle de Sarah Pinborough - Thriller psychologique - Édition Préludes - 448 pages,16.90€ - Sortie en librairie le 27 septembre 2017
mercredi 30 août 2017
[Avis] Sous ses yeux de Ross Armstrong
Sous ses yeux nous narre l’histoire de Lily, elle vit avec son mari Aiden dans un immeuble récemment construit dans une cité en cours de modernisation de la banlieue de Londres. Passionnée par les oiseaux elle aime les observer avec ses jumelles, elle note toutes les espèces qu’elle aperçoit dans un cahier.
Elle regarde tout ce qu’il se passe autour d’elle, cela devient un jeu avec son mari Aiden où elle épie ses voisins, leur donnant un prénom, s’imaginant le métier qu’ils peuvent exercer.
Un soir, elle assiste au meurtre d’une femme dans un appartement dans le building face au sien.
Très vite, jeu se transforme en obsession, Lily veut découvrir ce qui est arrivé à cette femme, obsession renforcée quand Jean, une voisine d’un immeuble sous le point d’être démoli est retrouvée morte.
Tour à tour, Lily va élargir son champ de recherche et établir une liste de suspect comme si elle établissait une liste d’espèces d’oiseaux : lieux, température, poids, nom, race, temps, etc.
J’ai aimé suivre Lily dans ses investigations, si au départ elle m’a paru étrange c’est à cause de la narration, elle écrit tout comme si elle tenait un journal intime destiné à quelqu’un qu’elle connaît, mais qu’elle ne nomme jamais, elle le tutoie, on suppose que c’est un proche, mais c’est tout ce que l’on sait.
L’intrigue et le suspens se renforcent avec les changements de temporalité, un compte à rebours est lancé. En jour et parfois en heure.
L’approche de Ross Armstrong pour nous décrire son personnage principal sort des chemins battus, un procédé qui peut dérouter, mais qui moi m’a plu.
On est dans la tête de Lily puisque c’est la narratrice, on suit ses observations, ses notes.
Des moments où j’avais peur pour elle, elle est prête à tout pour découvrir la vérité quitte à se mettre en danger.
Impression de peur renforcée quand elle décide d’enquêter la nuit avec pour seule lumière la lampe de poche de ses clés. Elle se sent observée, le lecteur aussi.
J’ai été surprise par un retournement de situation, je me doutais qu’il y allait avoir une révélation, mais je ne m’attendais pas du tout à cela, mon empathie pour Lily n’a fait que croître.
Ross Armstrong arrive à nous faire douter de tout et de chacun, même de nous.
Il dit à un moment une chose très juste, la façon dont nous percevons une personne dépend de la situation et de l’endroit, elle pourra nous paraître tout à fait inoffensive comme par exemple un homme avec un bébé dans les bras dans un parc nous fera sourire, mais ce même homme croisé la nuit et seul nous fera peur.
Les derniers chapitres me laissent un peu sur ma faim, j’aurais aimé que l’auteur aille au bout de sa démarche et continue sur la psychologie qu’il avait lancée même si le tempo s’accélère et qu’on tourne les pages de plus en plus vite voulant savoir le fin mot de l’histoire, retenant notre souffle jusqu’au dénouement.
J’ai trouvé quelques longueurs lors des prises de notes de Lily, mais qui n’ont pas gâché ma lecture.
C’est un thriller psychologique, écrit à la manière d’Hitchcock d’ailleurs il est cité plusieurs fois dans le roman, pas le meilleur que j’ai pu lire, mais original dans la manière dont il a été écrit.
Un huit clos angoissant, très peu de protagonistes interagissent avec Lily.
Un livre qui sème le doute et passe aussi ce message : à l’heure où tout le monde est hyperconnecté connaît-on vraiment ses voisins ? Prenons-nous le temps de les connaître ?
C’est vraiment dommage pour les quelques longueurs et le final pas à la hauteur de ce que j’attendais (même si l’auteur a réussi à bien me balader) sinon c’est un très bon thriller psychologique, qui plaira pour son originalité d'écriture et de sujet ou au contraire déstabilisera de trop le lecteur. C’est le genre de livre auquel on adhère ou pas. Vous l'avez compris j'ai adoré être dans la tête de Lily.
Sous ses yeux de Ross Armstrong - Thriller psychologique - Édition Le Cherche Midi - 408 pages, 22€ - En librairie le 31 août 2017
vendredi 18 août 2017
[Avis] Te laisser partir de Clare Mackintosh
*coup de cœur * <3
J’ai rarement lu de thriller qui me scotche autant de par les retournements de situations et les twists inattendus tout au long de ma lecture.
J’ai les nerfs encore à fleur de peau et les larmes aux yeux au moment où je vous écris mon avis.
Jacob un petit garçon de 5 ans se fait écraser par une voiture à Bristol, il est tué sur le coup et le chauffard en fuite.
Nous suivons l’enquête du capitaine Ray et de l’inspectrice Kate pour tenter de retrouver le meurtrier, ils n’ont aucune piste tandis que la mère de Jacob a préféré fuir, les gens n’ont pas été tendres avec elle, l’accusant de négligence.
Dans le même temps, nous suivons Jenna, elle décide de quitter Bristol, de ne laisser surtout aucune trace d’elle, elle veut habiter loin de la ville, loin de toute circulation.
Elle trouve un cottage en Cornouailles, au bord de la falaise à Penfach.
Un village côtier très peu habité hormis pendant la saison touristique.
Cela lui convient, personne ne la connaît, elle peut recommencer sa vie à zéro.
Là, Jenna fait la connaissance de Patrick, vétérinaire et sauveteur en mer et de Betham, la patronne du camping qui la prend un peu sous son aile.
Elle commence tout doucement à se laisser apprivoiser.
Elle ne possède rien hormis ce qu’elle avait dans son sac à son départ, son ordinateur, une boîte avec des souvenirs rien d’autre.
Je ne peux rien vous révéler de plus, car il faut vraiment laisser la surprise au lecteur.
Ce livre est incroyable, je ne peux même pas vous dire quand j’ai été complètement scotchée la première fois sous peine de vous mettre la puce à l’oreille.
Sachez seulement que le meurtre de Jacob, la vie que Jenna mène quasi comme une ermite, sont liés.
Des personnages superbement construits surtout Jenna, puis Ian, Ray et Kate le sont un peu moins malgré leur forte présence pour l’enquête, on ressent de l’empathie pour eux, mais l’attention du lecteur est vraiment basée sur Jenna.
Clare Mackintosh construit une intrigue forte et ce jusqu’à la dernière ligne du roman.
Une construction pas courante pour un thriller, mais le lecteur se laisse prendre au jeu et la, les surprises, n’en est, n’en sont, que meilleures.
Un rythme qui ne vous laisse aucun indice, vous assistez au début à la reconstruction après un deuil, quel est le deuil le plus difficile à surmonter que celui d’un enfant ?
La seconde partie parle d’un autre thème, une seconde partie très addictive et où mes pulsations cardiaques s’accéléraient.
La peur au ventre j’ai tourné les pages voulant découvrir toute la vérité sans jamais me douter un seul instant du final. Je me suis pris un de ces uppercuts !
L’auteure joue avec vos nerfs, de la tristesse puis une lueur d’espoir pour replonger en horreur de plus en plus avec une lumière au bout du tunnel, mais...
Vraiment, j’ai trop peur de vous en dire trop, il faut lire ce thriller, je suis passée par toutes les émotions, tristesse, révolte, colère, nausée, peur, larmes.
Ce n’est pas un thriller gore, mais psychologique.
Te laisser partir de Clare Mackintosh - Thriller psychologique, littérature américaine - 512 pages, 8.10€ - Édition Pocket - Paru le 22 mars 2017
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