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jeudi 8 février 2018

[Avis] Fille de bohème de Vania Prates


Mon cher lecteur, voici un livre qui va t’emmener du Paris de Louis XIII à notre époque. 
Une histoire passionnante, une quête d’identité et une très belle romance.

Meli (Mellissandre) est une jeune femme accomplie. 
Elle a acheté un appartement dans le 16e ; elle est fiancée à Sébastien et elle grimpe les échelons à son travail. 
Lors d’une soirée d’enterrement de vie de jeune fille, elle se fait hypnotiser, ce qui au départ est un défi, car elle n’y croit absolument va complètement bousculer sa vie. 
Depuis elle, rêve chaque nuit d’Éveline, une jeune voleuse vivant à la Cour des Miracles au 17e, amoureuse de Cam (Camelien) le futur roi de la Cour des Miracles quand son père lui passera la main. Meli est troublée par ses rêves, elle en vient à avoir peur de s’endormir. 
Qui était Éveline ? À-t’elle existé ? Que lui a fait cette hypnotiseuse ? Comment retrouver une vie normale ?

L’incursion dans la Cour des Miracles à travers le personnage d’Éveline m’a passionnée.
Un monde que j’adore retrouver en littérature.
Les rêves que fait Melissandre sur Éveline nous racontent la vie d’Éveline, son quotidien à elle, mais aussi des autres habitants de la cour.
L’alternance de temps avec le présent de Meli est parfaitement gérée. 
Tu as envie de lire ce qu’il va se passer pour les deux héroïnes et comprendre pourquoi Meli rêve de Evy. 

Tu n’as aucune difficulté à passer d’une narratrice à l’autre, tout est fluide, bien orchestré et suffisamment décrit pour que la Cour des Miracles et Montmartre lèvent le voile devant tes yeux.
Une écriture immersive qui te plonge dans les lieux et les époques.

Vania Prates crée une histoire fantastique, elle te dresse une galerie de personnages tous réussis et attachants, que ce soit à n’importe laquelle des époques. 
J’ai été embarquée dans le roman dès les premiers chapitres.
Si au départ je n’aimais pas le caractère de Meli, une bourgeoise typique, j’aimais encore moins Sébastien et Laura, celle-ci grâce à ses rêves qu’elle fait sur Evy va remettre toute sa vie en question. Evy est altruiste, aimante, se satisfait de ce qu’elle a tout le contraire de Meli.
Elle rêve, mais ses songes vont la réveiller et lui permettre de mettre sa vie en perspective. Est-elle vraiment heureuse avec la vie qu’elle mène ?

"Plusieurs à marcher dans Paris, et je me sentais toujours aussi mal, écœurée par ce que j'avais découvert sur moi. Avais-je toujours été comme ça ? ambitieuse, insensible et égocentrique ?"

"J'avais tout ce que j'avais toujours voulu. Tout, sans exception. Mais avais-je vraiment ce dont j'avais besoin ? Avais-je l'essentiel ? Et qu'est ce que c'était exactement l'essentiel" 

Au fur et à mesure du récit, je me suis attachée à Meli. 
Elle va repartir de zéro et affronter seule sa vie sans avoir peur du qu’en dira-t'on. 
Le studio qu’elle loue dans un immeuble de Montmartre est un microcosme de la Cour des Miracles. Comme si les deux époques étaient calquées l’une sur l’autre.
Meli va apprendre avec les habitants ce qu’est l’entraide, l'amitié, la solidarité et les véritables fêtes.
Les protagonistes de notre siècle sont tous captivants, que cela soit Blandine, Ed, Ric, le vieux Robert, Diana, Lucas et Barnabé, tous forment une famille.
Ric va l’aider à comprendre ses rêves en lui donnant l’adresse de Mandino, un vieil homme, sage qui m’a beaucoup ému.
Sage dans sa manière de travailler l’hypnose et les plantes, mais aussi par les paroles qu’il dit à Meli. Il a un regard sur le monde d’aujourd’hui que j’ai grandement apprécié, car je partage sa philosophie.

Je me suis plus fortement identifiée à Evy. Son amour, pour Cam, est beau ; la romance est présente sans l’être de trop ; ce sont les héroïnes qui sont mises à l’avant . 
Si Meli n’est plus prête à tout faire pour un homme ; Evy si elle devient la compagne du futur roi de la cour elle ne pourra plus voler et sortir au gré de ses envies. 
Aura-t-elle la force de renoncer à sa liberté par amour ?
La quête qu’elle va mener pour Madame de La Chapelle est passionnante et émouvante. Tu as envie de la voir mener à bien la mission qu’elle s’est donnée en échange que cette dame de la noblesse lui apprenne à lire.

Comme je te le disais grâce à ses personnages Vania Prates t’immerge parfaitement dans le Paris des deux époques. 
Évoluer parmi les habitants de la Cour des Miracles m’a complément dépaysée, enthousiasmée. Les protagonistes secondaires sont habilement construits : Antoine, Gaspard, Rony, La petite Clémence, Julie, même le grand Coestre, roi de la cour.
J’ai adoré évoluer parmi eux ; je me suis glissée dans la peau de Evy. Les rêves de Meli sont imbriqués à Evy.

La grande force du roman est que tout est lié.
Les deux vies se mêlent et s’entremêlent sans que tu sois perdu. 
Tu as autant hâte de retrouver l’une que l’autre. 
Ce roman habilement construit allie la romance, le suspens, une enquête, une prise de conscience de ce l’on attend de la vie, une leçon, un message que fait passer l’auteure surtout par Meli et un peu par Evy qui va être elle aussi confronté à des choix de vie épineux.

En bref à lire si tu aimes le Paris, historique et contemporain. Si tu aimes les femmes fortes qui n’ont pas peur de se mettre en danger et qui gardent leur conviction.
Si tu aimes les quêtes identitaires et les enquêtes.


Sans être un coup de cœur, j’ai adoré ma lecture. Je l’ai dévoré, impossible de le poser une fois commencé. Encore un très bon roman Charleston.
Fille de bohème de Vania Prates - Romance, suspens, alternance d'époque historique et contemporaine - 392 pages, 18€ - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie le 16 janvier 2018
mardi 7 novembre 2017

[Avis] Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf



Bonjour cher lecteur, me revoilà avec le second thriller lu dans le cadre de la team thriller du Cherche Midi, cette fois nous nous retrouvons avec un thriller historique (pour rappel le premier que j’ai lu pour le team était Sous ses yeux de Ross Armstrong, un thriller psychologique)

Comme chaque fois chez cette maison d’édition la couverture du livre est superbement soignée, de plus elle a son importance à la lecture du roman, mais j’y reviendrai plus tard.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec ma copine d’amour Lou Lit là (cliquez sur son nom pour voir son avis).

Qu’en ai-je pensé ?

Madrid ; musée du Padro, Michael Keie attend son collègue Antonio de Nebrija, celui-ci vient de faire une découverte étonnante. Michael, restaurateur de tableaux, a pris son avion depuis Berlin afin de savoir quel mystère Antonio a bien pu découvrir sur le triptyque "Le jardin des délices" de Jérôme Bosch.
Un mystérieux prêtre a voulu détruire ce tableau et aurait mis au jour quelque chose. 
Très vite une psychologue, Grit Vanderwerf veut rencontrer les deux hommes. 
Qui est-elle ? Pourquoi une psychologue s’intéresse d’aussi près à un tableau vieux de plus de 500 ans ?

Bois-le-Duc, 1510, Petronius Oris vient pour travailler et apprendre sous la tutelle du maître Jérôme Bosch. 
Il est loin de se douter le climat qui règne dans la bourgade.
Nous sommes en pleine inquisition, les dominicains brûlent tout ce qui serait hérétique, ceux-ci se méfient aussi beaucoup du peintre qui a mauvaise réputation.

Voilà pour le pitch de départ autant à notre époque qu’au 16e siècle.

J’ai particulièrement aimé cette alternance de temps ; si je pensais avoir du mal à m’imprégner de l’époque de Petronius en fait ça été tout le contraire. 
Peter Dempf, l’auteur, vous entraîne avec beaucoup de facilité à l’époque des faits.
Ce n’est pas chose aisée de passer du 21e siècle au 16e et pourtant en tournant les chapitres j’ai été complètement immergée dans l’effervescence, le climat de suspicion de Bois-le-Duc.
Une écriture très visuelle et descriptive tout en restant fluide vous permet de vous immerger complètement aux côtés de Petronius Oris. 
De plus, c’est l’époque ou Jérôme Bosch peint son triptyque encore aujourd’hui célèbre. 
On lit l’évolution de la peinture et c’est là que la couverture est importante, car vous lisez des détails, des symboles que le peintre a voulu représenter, ses explications du coup il m’est arrivé souvent au cours de ma lecture de regarder la couverture et de rechercher le détail dont il était question.

J’ai vraiment apprécié ce roman sans que cela soit un coup de cœur et bizarrement moi qui pensais m’intéresser plus à l’intrigue ayant lieu en 2013 au Prado c’est finalement celle qui a lieu en 1510 qui m’a emportée dans le récit.
D’ailleurs, l’auteur y consacre la majorité du récit, une chance, car quand je quittais Pétronius, Zita, Zuid, le père Baele, l’étrange Jacob van Almaengien j’étais assez déçue, finalement j’étais très bien au 16e siècle.
Le suspens maintenu par l’auteur est beaucoup plus haletant dans cette partie tout comme les personnages, certains sont de suite attachants à l’image du héros Pétronius, certains dont on se pose des questions comme Zuid son mystérieux « ange-gardien », ou Zita, on ne sait s’ils sont là pour aider Petronius où s’il va lui arriver malheur.
Tout au long des chapitres qui lui sont consacrés on a peur pour lui, il ne se rend pas compte quand il tombe dans un piège, on craint pour lui.

Là où j’ai moins apprécié le roman, c’est à notre époque, même si on se demande ce qu’il va se passer, en quoi Grit peut aider Michael, qui est ce prêtre misogyne ; le suspens est moins présent, les personnages beaucoup moins intéressants, je n’ai pas ressenti d’empathie particulière pour eux et je n’avais envie que d’une chose quitter Madrid de 2013 pour Bois-le-Duc en 1510 auprès de Petronius.
J’ai pourtant aimé que l’auteur nous parle numérologie et de la Kabbale, mais il n’a, à mon avis, pas assez développé ces faits.
Même si les deux enquêtes, vous vous en doutez, sont liées, j’ai vraiment préféré la partie historique qui m’a procuré beaucoup plus d’émotion et de crainte.
J’ai dévoré le roman, hélas, malgré un suspens constant, des scènes très réalistes, un contexte historique très intéressant (pour une passionnée d’histoire et d’art comme moi, comment ne pas aimer) je reste quand même sur ma faim en ce qui concerne le mystère de 2013 et malheureusement quelques questions me restent pour ce qui est de l’époque contemporaine de la réalisation du tableau.

Alors oui j’ai quelques points qui m’ont chagrinée, mais j’ai passé un excellent moment de lecture grâce à Peter Dempf dont on sent l’érudition. C’est un professeur d’histoire, si je souviens bien, j’aurais adoré l’avoir comme professeur. Une écriture visuelle, addictive et immersive qui ne vous laisse pas sur le côté. 

Je ne peux que le conseiller à tous les amateurs de thriller historique et à tous les amateurs d'art et de symbologie. 

Le mystère Jérôme Bosch de Peter Dempf - Thriller historique - 464 pages, 22€ - Édition du Cherche Midi, en librairie le 28 septembre 2017
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