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lundi 14 mai 2018

Avis : Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez


TOUT SE TROUVE A PRESENT SUR CETTE ADRESSE : une souris et des livres

Une sortie d’un nouveau livre de Franck Thilliez c’est un événement, c’est le Graal que j’attends, quand il est arrivé à la maison, mon cher lecteur, la souris que je suis a tout laissé tomber ou presque pour me plonger dans ce nouveau récit. 

Si tu ne l’as pas encore lu de roman de l’auteur, n’aie aucune crainte, c’est un tome unique ; comme « Rêver ». 
Tu n’auras pas de Sharko ni d’Hennebelle ; mais le duo qu’on rencontre dans ce roman est fantastique. 
Je parle de Vic et Léane, j’ai adoré ces deux personnages, j’y reviendrai plus tard. 

Ce ne sera pas le gros coup de cœur, mais une très très, très très bonne lecture qui m’a tenu en haleine du début à la fin et qui a fait chauffer mes pauvres neurones. 
Je dois même en avoir grillé quelques-uns. 😅

Ce livre est comme une matriochka, dès le départ tu vas t’en rendre compte, mais de là à te douter du nombre de personnages qui se trouve caché, tapi dans l’ombre de ces 525 pages... j’ai été de surprise en déconvenues, de peur à joie, de résolution d’énigmes, et surtout, à essayer d’élucider les mystères ; à tenter, je dis bien tenter, de rassembler toutes les pièces de cet immense puzzle pour avoir l’image finale. 

Franck Thilliez t’emmène dans sa gigantesque, sombre et glauque toile d’araignée qu’il a construite entre Berck et Grenoble. 
Il va te balader du nord aux sud et sud au nord. 


Tu dois te demander pourquoi je te dis ça, j’y reviens aussi plus tard, oui j’en ai des choses à te dire sans rien te dévoiler. 

Tout commence par une préface qui te donne le ton, tu sais d’emblée que c’est lui, c’est bien Franck Thilliez que tu lis et qu’il va te surprendre. 
En effet, ce roman est un roman dans le roman, oui oui je n’invente rien, c’est la première poupée russe.
Un écrivain renommé de thrillers meurt sans avoir écrit la fin de son dernier livre, l’éditrice demande à son fils de l’écrire et c’est ce manuscrit inachevé que tu vas lire. 

Première intrigue, un barrage de la douane est forcé du côté de Grenoble. La voiture échoue dans le décor, la police judiciaire est appelée sur les lieux dans le coffre un corps de femme. 
C’est Vic et Morel qui sont dépêchés sur place, Vic est hypermnésique. Il retient absolument tout, pas un détail, un chiffre ne sort de son cerveau qui emmagasine absolument tout. 

Seconde intrigue, Paris, tu rencontres Enaël Minaure, autrice à succès de thriller. Personne ne sait que, sous ce pseudo, se cache une femme, Léane Morgan. Lors d’un entretien pour la sortie de son nouveau roman « Le manuscrit inachevé » une journaliste pose une question sur son passé, un passé qu’elle refuse d’aborder. Sa fille, Sarah, enlevée 4 ans plus tôt, est une des victimes du « voyageur » ou Andy Jeanson. Ce même jour, Léane reçoit un message de Colin, l’inspecteur en charge de l’affaire de la disparition de sa fille à Berck, il lui annonce que son mari a été agressé, il est devenu amnésique. 

Tu te doutes bien qu’à un moment ces deux affaires, ces personnages vont être amenés à se côtoyer, mais le cheminement pour y arriver n’est pas aisé. 
Tu vas comme moi tourner et tourner les pages pour comprendre, revenir en arrière pour comprendre ces palindromes, ces mots soulignés que l’on peut lire dans les deux sens.
Je les ai notés, je pense avoir la réponse à la question que forcément tu te poseras toi aussi si tu lis ce roman, à la fin, si tu l’as lu mon cher lecteur, viens m’en parler, ne me laisses pas avec ce mystère résolu sans la certitude d’avoir tout bien déchiffré, c’est vilain Franck de jouer comme ça avec une souris qui a des soucis de mémoire, c’est sadique même, mais je te pardonne, car une nouvelle fois je suis conquise. 
N’empêche qu’il faudra qu’on en parle lors d’une prochaine dédicace 😎

Je ne vais pas trop t’en dire plus le pitch de départ tu as l’essentiel. 
Les personnages sont comme je les aime, ils sont torturés, sombres, Franck Thilliez écrit sur ce qu’il y a de plus noir dans l’âme humaine, tu vas lire le darkweb, les déviances sexuelles, viol, sadomasochisme, nécrophilie, mutilation, etc. N’aie pas peur oui il y a des moments glauques, mais les descriptions ne sont pas dans le détail, c’est ton cerveau qui fait le reste.

Pour ce qui est de Vic et Léane comme je te le disais au début j’ai adoré ces personnages pourtant, ils ne se côtoient que très peu. 
Torturés, ils le sont eux aussi, leur vie part à vau-l’eau. 
Tous deux, leur couple bat de l’aile, Vic est en instance de divorce, sa mémoire phénoménale le perturbe beaucoup, autant elle l’aide, autant tous ces souvenirs brouillent sa mémoire immédiate. 
Léane, elle, écrit des thrillers bien gore, qu’elle est cette noirceur qui s’empare d’elle, d’où viennent ces cauchemars, cette main qui vient l’étrangler dans son sommeil, Minaure vient la chercher, elle le ressent comme cela. 
Son mari et elle ne sont plus un couple depuis la disparition de Sarah, Léane s’est enfermée dans l’écriture de son roman dans sa villa reculée de la côte d’Opale, son mari, Jullian lui n’a qu’une obsession : retrouver Sarah, il en est certain, elle est vivante, il se met de nombreuses personnes à dos et il trouve réconfort et oubli dans l’alcool. 
Léane vit de plus en plus souvent à Paris, dans son pied-à-terre qui lui sert lors des promotions de ses romans. 

Ce que j’ai adoré par-dessus tout c’est ce focus que Franck Thilliez fait sur la mémoire et ces mystérieuses défenses, ces énigmes. 
Hypermnésie, amnésie totale ou partielle, amnésie rétrograde, amnésie suite à un traumatisme. 
Tu vas explorer à travers plusieurs protagonistes tout ceci. 

Puis ce suspens, tu le sens que Franck Thilliez abat ses cartes, qu’il avance ses pions, tu te livres à un jeu d’échecs avec lui, mais aussi avec les personnages, je ne peux pas te dire qui, ni combien, ni qui sortira vainqueur de cette partie. 

L’énigme est dense, vaste et complexe ; de nombreux intervenants sont liés de manière évidente ou de très loin. 
Tu tombes parfois de haut, tu sens le vent glacial et les embruns de la mer du Nord. 
La neige et ce froid mordant dans les montagnes grenobloises en ce mois de décembre. 
Les descriptions t’immergent complètement dans le roman. 
Avec sa plume vive, minutieuse et acérée. Sa capacité à te livrer des intrigues avec des sous-intrigues, ce don que l’auteur a de t’embrouiller. 

Un roman brillant, il devait avoir un fameux schéma en tête lors de l’écriture de son roman, car, mon cher lecteur, que d’indices, de chiffres, de misdirections (tu ne sais pas ce que c’est ? Je ne le savais pas non plus, tu le comprendras en lisant le roman ou en regardant dans le dictionnaire), tu es dans le noir complet, tu avances en aveugle dans cet immense labyrinthe qu’il a construit pour toi ; tu vas emprunter des voies sans issue, tu vas tomber puis te relever, parfois revenir en arrière pour pouvoir continuer. Tu vas haïr, détester, avoir la nausée avec certains personnages ; tu vas te poser des questions sur d’autres. Tu vas avoir froid, très froid, ton cœur va être serré et puis palpiter. Le suspens est intenable. 

J’ai adoré cette alternance entre le nord et le sud du pays, j’ai adoré être dans la tête des deux personnages principaux même s’ils m’ont causé bien des misères, il faut que tu saches, mon cher lecteur, que j’ai une maladie qui fait que ma mémoire est par moment défaillante, pas toujours, mais je dois me concentrer plus que des personnes lambdas autant te dire qu’ici j’ai pris le temps de lire, tout comprendre et encore je ne suis pas certaine d’avoir réponse à LA question. 
Maintenant si hahaha.

Je t’encourage vivement à lire ce roman si tu es amateur de thrillers, si tu aimes que la science se mêle au récit, si tu aimes avoir des clins d’œil à Conan Doyle ou Stephen King entre autres, si tu aimes te torturer les méninges, si tu aimes être mené en bateau. 

Si tu aimes échafauder des hypothèses pour que d’un coup Franck Thilliez les réduise à néant, j’ai été obstinée, je recommençais, mais, rien, absolument rien, ne m’avait préparé à cette fin. 

Comme je te l’ai dit tu peux lire ce roman sans avoir lu les précédents livres de l’auteur, il est complètement indépendant, mais ô combien succulent. 
Ce n’est pas le coup de cœur pour juste des détails, d’explications sur des aspects que j’aurais voulus plus développés notamment sur la fin, mais ça c’est moi qui n’en ai jamais assez de Thilliez 😅



Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez - auteur français - thriller - 528 pages, 21,90€ - Fleuve Éditions, en librairie le 3 mai 2018
mardi 10 avril 2018

[avis] Trouble vérité de E. Lockhart



En voilà un livre saisissant, un thriller YA pas exceptionnel, mais qui a le mérite de te tenir en haleine. 
Je ne pourrais te dire s’il est très différent de « Nous les menteurs », il est dans ma pal, mais je ne l’ai pas encore lu. 
Je te raconte tout cela dans un instant, mon cher lecteur.

Déjà, tu pourrais être déstabilisé par le procédé d’écriture, il est écrit à l’envers. Par des flash-back, parfois de 1 semaine, parfois de plusieurs mois, tu assembles peu à peu les pièces du puzzle que E. Lockhart t’a données. 

Tu rencontres dès le départ Jule en juin 2017 dans un hôtel chic du Mexique, alors qu’elle fait sa séance de sport quotidienne une femme l’aborde et engage directement la conversation, sur des sujets que Jule connaît. 
Le chapitre suivant se passe 7 semaines plus tôt à Londres. 
Jule est dans une auberge de jeunesse en train de lire l’ami commun de Dickens offert par sa meilleure amie Imogen Sokoloff. 
Je ne peux t’en dire plus sur le pitch sans te relever un indice. 

Peu à peu, chapitre après chapitre, tu vas comprendre l’amitié entre Imogen et Jule. Imogen, riche jeune femme, vit la vie au jour le jour et entraîne Jule dans cette spirale d’insouciance. 
D’abord en vacances dans sa belle villa de Martha’s Vineyard, ensuite Immie (le surnom d’Imogen) décide d’emmener son amie à Porto Rico. 

E. Lockhart va, au fil du temps qui remonte dans le passé, te dévoiler la psychologie des deux héroïnes, le lien qui les unit. 
Il va vraiment m’être difficile de te résumer ce titre et d’en parler comme je le fais d’habitude, car j’ai très peur de trop en dire. L’intrigue tient en peu de choses et c’est sur l’énigme que tu connais dès le départ que tu es entraîné. 

Je ne peux pas dire que le vocabulaire soit facile, j’ai trouvé le vocabulaire assez élaboré pour les jeunes de 13 ans (l’âge recommandé), l’écriture peut te perdre en cours de route, car il n’est pas toujours aisé de te glisser dans la peau de la narratrice Jule. Le procédé stylistique utilisé m’a parfois déstabilisé.

Jule c’est un véritable caméléon, autant psychologiquement que physiquement.
Ce ne sont pas les gens qu’elle rencontre qui s’adaptent à elle, mais elle qui s’adapte à toutes les situations. 
Imogen, elle, ne se sent à sa place nulle part, orpheline adoptée, elle a des parents adoptifs riches et qui l’aiment, mais cela ne lui suffit pas. 
Sait-elle au moins ce que c’est aimer ? Elle utilise ses amis comme des biens de consommation, que cela soit Forrest, Brooke ou Jule, même Scott que tu rencontreras plus tard dans le récit. 
À travers ses deux héroïnes l’auteure aborde ces thèmes : l’identité profonde, celle que tu montres et celle que tu es réellement, l’abandon et le manque d’amour, les traumatismes de l’enfance, le clivage entre les différentes classes sociales. Bon, je ne vais pas te dire qu’elle va les traiter en profondeur non, elle braque ton attention sur ses deux héroïnes. 
Qui sont-elles vraiment ? Imogen est-elle bien Imogen et Jule est-elle bien ce qu’elle prétend être ? 

Je ne peux pas non plus te dire que le rythme est trépidant, mais E. Lockhart en reculant comme ça, en te donnant des miettes te rend accro à ta lecture. Forcément, tu connais le dénouement puisque tu commences par cela, mais le pourquoi, le comment, te reste en tête un bon moment.
Lors d’un chapitre au 3/4, je dirais, tu penses que c’est bon, que tu n’auras plus de rebondissements ; l’auteure n’a pas fini de te surprendre. 
Il n’y a pas énormément de retournements de situation, mais quand il y en a ils te font froid dans le dos. 
C’est assez fou, car je me suis prise d’empathie pour deux personnes pas du tout gentilles. 

Dans sa lettre, E. Lockhart te dit qu’elle veut te rendre complice des crimes de son personnage et c’est vrai, tu réfléchis toi aussi à ce que tu aurais fait à sa place. 
J’ai aimé cette anti-héroïne, vraiment, je ne peux pas dire que ce sera un personnage inoubliable, mais voilà, le livre a fait que j’ai passé un moment... troublant. 
Je ne peux vraiment pas t’en dire plus. 
Je sais que mon avis doit te paraître aussi trouble que son titre, mais si je t’en dis plus je te spoile.

Tu prends des héros de comics, des grands romans de l’époque victorienne, deux jeunes femmes qui ne veulent plus de leur vie actuelle, différentes villes, des établissements chics, d’autres beaucoup moins ; tu mélanges tout et cela te donne «  Troublante vérité ». Un thriller psychologique YA, je trouve que 13 ans c’est un peu jeune sauf si c’est un bon lecteur. 
Il plaira à un large panel de personne, la preuve, j’ai 40 ans encore pour quelques mois et je me suis prise au jeu des matriochkas en ouvrant une, pour en découvrir une autre, et une autre, jusqu’a avoir la dernière, est-ce vraiment la dernière ? 
À toi de le découvrir si le livre te tente


Je lui donne une note de 3,5 pour la psychologie fine des protagonistes, mais ce n’est pas une lecture que je conseillerais à tous. Il y a du bon et du moins bon. Je reste mitigée sur l’ensemble ; plusieurs semaines après l’avoir lu, je ne peux pas te dire que les personnages me soient restés en tête…



Trouble vérité de E. Lockhart - Thriller jeunesse, Young Adult - 304 pages, 15, 50€ - Édition Gallimard jeunesse, en librairie le 12 avril 2018
lundi 9 avril 2018

(Avis) Toutes blessent la dernière tue de karine Giebel


Mon cher lecteur aujourd’hui mon avis sera écrit un peu différemment. 
Ce soir, mon cœur saigne, j’ai lu un magnifique roman même si le mot magnifique est indécent dans ces circonstances. 
J’ai retrouvé l’autrice de Meurtres pour rédemption et du Purgatoire des innocents. 
Celles dont j’ai lu tous les romans.
Celui-ci ne détrône pas Meurtres pour rédemption, mais s’en approche de très près. 
Grâce à elle, j’ai rencontré Tama, petite Tama, jeune Tama ; je ne t’oublierai pas. 

Je vais écrire pour toutes les Tama qui existent, celles qui vivent ce que toi tu as vécu. 
Merci à ta créatrice de t’avoir donné la parole. 
D’avoir permis de raconter ton histoire. 
Dur, sans pitié comme ta vie s’est déroulée.
Sans compromis, sans pudeur ni tabou. 

Ton histoire s’entremêle à celle de Gabriel. 
Les Cévennes, il y vit là reclus de la civilisation depuis qu’il a perdu Lana, celle qui était toute sa vie. 
Il a acheté tout le hameau perdu dans ces montagnes. 
Il veut être seul, totalement seul ; ne plus jamais rien ressentir à part peut être pour son chien Sophocle et ses chevaux. 
Un soir, une jeune fille gravement blessée va trouver refuge dans une des étables. 
Lui laissera-t-il la vie sauve ? Peut-il se le permettre ? 
Cette fille est dangereuse pour lui ; elle brise sa carapace ; il avait enfoui toutes ses émotions. 
En le refaisant vivre ces sentiments oubliés depuis tant d’années elle le met en danger. 
Il pensait avoir réussi à les taire à tout jamais. Il ne veut plus rien ressentir, il ne peut pas. Il n’en a pas le droit. 

Toi, Tama, tu as presque 8 ans, ta maman est décédée ; depuis tu vis chez ta tante, ton père ne peut pas t’élever et puis il va se remarier. 
Quand le jour de ton anniversaire une dame vient t’annoncer la merveilleuse nouvelle que tu vas pouvoir aller à l’école tous les jours, apprendre le français et mener une vie privilégiée, tu n’hésites pas longtemps à quitter ta terre natale, le Maroc. 
Plus tard, tu apprendras la vérité, mais là à cet instant précis tu es heureuse, étourdie de voir tant de gens, de voitures. 
Paris et ses grands boulevards, ses mille lumières, les belles maisons, tu serres ta nouvelle poupée dans tes bras, jamais tu n’as possédé d’objet plus précieux, cette dame doit être un ange, cette dame a dû être envoyée par ta maman qui t’aimait tant. 
Tu vis un rêve éveillé, mais ton réveil va être le plus dur que tu n’as jamais vécu. 
Si tu pensais ta tante sévère et le travail de la ferme pénible tu regretteras cette vie paisible au Maroc. 

Tu es devenue une esclave, à 8 ans, tu travailles des journées de 17 h minimum. 
Enfermée dans la buanderie, tu dors sur une mince couverture et un vieil oreiller. 
Tes seules possessions sont Batoul, la poupée jetée à la poubelle, oubliée comme toi. 
Les cauchemars à deux c’est mieux alors tu la serres dans tes bras. 
Tu as pu avoir une caisse en carton et une lumière que tu gardes allumée. 
Dormir n’est plus synonyme de repos pour toi, mais de terreur ; tu es enfermée dans l’antre du diable, tes premiers geôliers des enfers sont Sefana et Thierry. 
Ils t’ont achetée à Afsna, la belle dame. 
Tu rêves, du jour où ton papa reviendra te rechercher quand tu auras été assez punie, tu as dû faire quelque chose de grave pour mériter une telle punition, s’il n’y avait que le travail, le repas, le repassage, le nettoyage, t’occuper de Vadim le bébé, nuit et jour, ta lever à l’eau froide dans l’évier de la cuisine le pire ce ne n’est pas ça, ce sont les châtiments, les humiliations que tu subis. 
Tu n’as droit qu’aux restes des enfants de la famille, si tu fais une erreur, peu importe que tu n’aies que 8 ans, tu es rouée de coups, enfermée sans manger des jours entiers. 
Ton calvaire ne va faire qu’empirer, mais je ne vais pas en dire plus aux lecteurs qui vont découvrir ton histoire. 

Tu es d’accord avec moi. 
Ils doivent, eux aussi, connaître et apprendre ton histoire ; peut-être, qu’un jour cette histoire sera lue par une Tama comme toi, toi qui es avide d’apprentissages tu n’en as jamais assez, pour lire tu es prête à tout, tu sais que tu vas le payer si on te surprend, mais les livres sont pour toi des moments magiques où tu t’évades de ta prison. 

"A chaque livre, j'ai l'impression qu'une porte s'ouvre quelque part dans ma tête. Les verrous cèdent, les uns après les autres. Un livre, c'est comme un voyage, dans l'espace ou le temps. Dans l'âme des hommes, dans la lumière ou les ténèbres."

Tes autres geôliers seront pire encore si c’est possible. 
On se débarrasse de toi comme d’un objet usé, abîmé dont on s’est lassé. 
Société de surconsommation, tu es devenue, toi aussi, une consommation et pourtant mon ange, ma tendre et douce Tama tu ne demandes rien, juste être aimée, peut-être que si tu fais encore mieux on t’aimera juste un peu ; c’est ce que tu te dis.

Papa, papa, quand reviendras-tu papa pardonne-moi j’ai entendus tes cris ma chérie. 
Azhar, ton père et Afaq ta tante ne se doutent pas où tu es tombée. 
Les reverras-tu un jour ? 
Mensonges, dissimulation, profit au détriment d’un homme pauvre qui a tout perdu. 
Toi, ta dignité, tu ne veux pas la perdre, ni l’espoir. Jamais !

Karine Giebel va te faire alterner les voix de Tama et de Gabriel. 
Son vocabulaire s’adaptant à cet enfant de 8 ans, s’élaborant au fur et à mesure la maturité arrive très vite en captivité. 

Une écriture fluide, âpre, dure, rythmée. Un tempo maitrisé de bout en bout. 
Sans tabou, tu sauras tout du calvaire de Tama. 
Elle m’a coupé le souffle. J’ai continué ma lecture en apnée, en ayant peur de tourner les pages de ce que j’allais découvrir, mais elle m’a aussi enchantée par la poésie qu’elle utilise pour l’imagerie de Tama. Ces moments de souffrance où elle s’envole, ces passages où elle n’arrive plus à se taire. 
La véracité de ses propos tu te les prends en pleine face. 
Des mots qui te pénètrent au plus profond de ton cœur. 

"Ils croient que je suis là, dans la cuisine ou en train de repasser. Mais, en vérité, je suis ailleurs. Je me quitte et je m'envole, vers des contrées lointaines. Vers des vies exaltantes, des mondes meilleurs, où les petites filles ne dorment pas à côté de la machine à laver, mais dans les bras de princes plus ou moins charmants."

Plus tard à peu près à la moitié du roman une troisième voix viendra se mêler à celle de Gabriel et Tama. 
Un narrateur qui te raconte sa douleur, ses peurs, ses cauchemars qui reviennent chaque nuit ; pas d’oubli possible même si on passe pour invincible en journée. 
La nuit, tu te retrouves seul face à tes démons. 
Un autre calvaire 
Je ne peux pas te dire qui, mais c’est un personnage que j’ai aimé, un protagoniste dont j’ai compris dans sa rage combien la tristesse pesait sur ses épaules. Combien ce personnage se sentait coupable d’être né, il cherchait désespérément à être aimé, à comprendre comment aimer. 

« C’est fou le nombre de synonymes qu’il y a pour tuer tu ne trouves pas ? Il y a en bien plus que pour aimer. »

Tama ne sait rien de la vie en dehors de 4 murs même s’ils changent de propriétaires.

En 2018 le commerce d’esclave existe toujours, il n’y a que 5 ans qu’une loi est entrée dans le Code pénal. 
Combien de Tama sont cachées ; enfermées ; brisées ; n’ayant ni papier ni moyen de s’échapper, des pays étrangers, pas d’argent, cette peur de faire honte à la famille qui les étouffe. 
L’autrice m’a fait réfléchir plus d’une fois, aussi difficiles soient certains passages aussi beaux sont les mots de Tama. 

Tama, je reviens à toi, tu as Batoul, mais tu as aussi, plus tard, Atek, un oiseau, en fermant les yeux tu vas voir tous les paysages qu’il a dû survoler. 
Ton âme s’envole, tu es loin, plus sur terre, pas en terre. 


"Cette nuit-là-mais c'était peut-être en plein jour-, j'ai eu l'impression d'avoir cent ans, d'avoir vécu cent vies. Je n'étais plus une petite fille, je n'étais plus moi. A la suite d'Atek, j'ai plongé dans les entrailles de la terre. J'ai senti son odeur, son goût, sa chaleur. J'ai vu son sang, flamboyant. Dès que nous sommes remontés à la surface, des ailes ont poussé dans mon dos et je me suis envolées. J'ai traversé des forêts, l'écorce des arbres centenaires, je me suis nourrie de leur sève et de leur savoir. J'ai dépassé la canopée pour monter encore et encore. Devenue grain de poussière, j'ai parcouru l'univers, j'ai côtoyé les étoiles. Aveuglantes, magnifiques. Je volais, juste derrière Atek, et voyais le monde d'en haut. Je voyais les gens qui vivaient là. Je voyais leurs chagrins, leurs peines perdues et leurs efforts. Je voyais les gouffres ouverts sous leurs pieds, les précipices qui les menaçaient."À un moment, et je pense que c’est normal, tu vas être tentée de baisser les bras : ce n’est pas mourir qui est difficile c’est vivre, mais dans ces moments où tu ne vois plus aucune lumière au bout de ton tunnel de ta sombre prison aux barreaux acérés ta mère vient te parler, te bercer et te rappeler que tu as été aimée, tu dois tenir. Absolument. Et tu résistes encore et encore. 

4 lettres pour plusieurs mots importants de ce roman. 

Tuer, Izri, Tama, peur, rêve, joie, flou, papa, mère, 

As-tu le droit d’aimer ? Peux-tu encore rêver ? Est-ce que tu as encore ta place dans ce monde ? 
Des anges vont croiser ta route, ils s’appellent Marguerite, Vadim, Izri, plus tard, bien plus tard, deux autres que je ne nomme pas, mais je sais combien tu les as aimés ; aussi fugace a été votre rencontre. 
Aimer, tu n’as jamais cessé. Réduite à une chose, un objet, tu vis dans l’esclavage et la servitude. Quand cela prendra-t-il fin ? Ton corps est devenu une carte. Carte de tes différentes étapes, de tes différents enfers. Les 7 cercles de l’enfer de Dante je crois que tu les as tous parcourus.

"Maman disait de moi que j'étais un ange. Un ange tombé du ciel. Un ange tombé de haut. Tombé si bas. Ce que maman a oublié de dire, c'est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais."
Petite et farouche Tama, fragile et si forte à la fois, tu m’as subjuguée devant ta résilience ; par tes rébellions, celles que tu mènes en cachette et celles que tu revendiques même si tu sais ce qu’il va t’en coûter. 

Tama, ma chère Tama. 
Belle, autant extérieurement qu’à l’intérieur.
Une âme noble, douce, reconnaissante. 
Tout ce qu’elle veut c’est lire, car lire c’est vivre ailleurs, c’est s’échapper de la réalité. Aimer, être aimée. 
Butée, bornée, intelligente, elle apprendra seule cette langue qu’elle ne connaît pas, on lui refuse l’école, mais les livres, le dictionnaire sont à portée de main.

"Il y a peu, j'ai trouvé une nouvelle citation (...)"la liberté commence où l'ignorance finit."En découvrant cette phrase de Victor Hugo, j'ai réalisé à quel point j'avais eu raison de me battre pour apprendre. Certes, lire ne m'a pas empêchée de rester une esclave (...) mais chaque jour, ça m'aide à me sentir plus forte."

Tu es enfermée, tu portes parfois des chaînes, visibles ou pas, mais jamais ils n’ont réussi à briser la révolte qui gronde en toi. Les maillons ne sont jamais totalement fermés, ni ta bouche totalement bâillonnée. 

Pour ce qui est de l’autre narrateur, je peux t’en dire très peu, il n’intervient pas souvent, le roman est braqué sur Tama. 
Gabriel, et cette Lana, qui est-elle ? 
Cette jeune fille réfugiée, sans aucun souvenir. Plus de présent, plus de passé, ni nom, ni prénom, même pas certaine d’un possible futur. 
Gabriel est un être froid, méthodique, il accomplit tout sans remord ni aucune émotion. Quoi, tu le découvriras assez vite. 

Karine Giebel va te démontrer qu’il y a plusieurs esclavages. Esclavage des apparences. Esclavage de la vengeance. Esclavage des souvenirs. Esclave de son passé impossible à oublier. 


Violence, engeance, vengeance, résilience, patience 
Vices, sacrifices, fils 
Affres, balafres 
Coup, blessures, brûlures, 
Torture, ordure 

Toi, si tu me lis, que tu sois comme Tama où dans une prison autre, oui des prisons il en existe aussi beaucoup, tu as le droit à être aimée, choyée et désirée, tu ne mérites en aucun cas les coups.
Tu as le droit d’être toi, de ressentir ces émotions. 


Espère, bats-toi, relève-toi, fais entendre ta voix, un jour, quelque part, quelqu’un te prendra la main, ne la lâche pas. 
Le monde est rempli de prédateur semant la terreur, mais même s’ils sont moins nombreux des gens honnêtes et bon, la main sur le cœur existent. Les loups règnent, mais les agneaux aussi. 

Mon cher lecteur je vais te demander de découvrir par toi-même la vie de Tama et de Gabriel. 
Âmes sensibles, s’abstenir ; des sévices il y en a, et plus d’un, mais la torture physique n’est rien à côté de la torture mentale. 
Celle qui te brise de l’intérieur, celle qui te laisse des cicatrices invisibles bien plus profondes que celles l’on peut voir sur ton corps. 
Tu verras aussi qu’un coup de poignard dans le dos est pire que dans le cœur. Confiance brisée. Retour en arrière impossible pour certaines personnes. 
Gabriel est-il comme l’ange, ou un démon de plus ? 

Tu verras que les hommes, hommes avec un grand H, je te parle des hommes et des femmes, sont capables des pires horreurs, au nom de quoi ? 
La puissance sur un être faible ? 
Ce n’est que la haine qui les habite, qui ronge leur corps. 
Tu apprendras que la violence peut être sournoise, s’installer lentement quand la proie a confiance. 
Quelle divinité Tama à t elle put offenser ? 
Mais Dieu, quel qu’il soit, quel que soit le nom qu’on lui donne ne peut exister pour infliger pareil tortures, jour après jour, mais pour Tama, peu importe même quand la mort l’appelle, elle tourne le dos à la faucheuse,.

Tama c’est lutter tous les jours, lutter même quand ce serait si facile de s’endormir pour toujours et rejoindre enfin sa mère, la voisine, le peu de personnes qui l’ont vraiment aimée, ce sera si simple de baisser les bras, mais non, jamais, elle doit résister même si la mort serait plus douce que la vie ; même si personne ne la pleurera. 
Une sacrée leçon d’humilité, d’humanité que vont te donner les narrateurs. 
Elle refuse même d’écouter la peur insidieuse et sournoise ; celle qui te fait dire que le danger n’est pas loin, elle tait son instinct, car il y a toujours cet espoir d’être aimé, de survivre et d’y arriver. 


Rouge, rouge, rouge, rouge piment, rouge sang, rouge douleur, rouge enfer, rouge, rouge, rouge fureur, rouge souffrance, rouge amour, rouge cœur, rouge passion, rouge, rouge, tout est rouge, rouge sang, rouge rubis, comment une couleur peut-elle être synonyme d’autant d’opposés. La couverture et son titre prennent tout leur sens quand tu auras lu toute l’histoire. 

Tu vois, mon cher lecteur, c’est un avis différent, mais Tama m’a tant marquée. 
Je te le conseille vraiment, soit pour découvrir l’autrice, soit pour renouer avec ses premiers romans que je n’ai jamais pu oublier. 
Tu ne seras pas épargné, mais tu es là toi bien au chaud alors quand peut-être à côté de chez toi, il y a une Tama, un Gabriel.peut-être les croises tu en rues regards baissés de peur, mais pas de toi. 

Leçon de vie, leçon de survie, j’ai vécu ces 738 pages avec mes tripes. Karine Giebel y a laissé une partie de son âme. Ça se sent. Elle n’a pas écrit ce livre dans la joie, elle a dû souffrir avec ses personnages. Êtres de papiers qu’elle arrive à rendre si réels, car tout est crédible, plausible, malheureusement, existe, tu ne peux pas faire l’autruche. 

Une écriture visuelle, tendre et dure, sadique et poétique. 
Un rythme effréné, saccadé, des mots entrelacés, de l’amour, et la mort. 
La vie plus forte que la mort, l’amour plus fort que la vie. 

Des protagonistes que tu as envie de serrer dans tes bras, tu veux t’interposer entre eux et les poings, les coups de pied, les brûlures, les viols et autres sévices. 
Je t’ai prévenu, c’est une lecture éprouvante, mais à mon sens nécessaire pour essayer une fois de plus d’éveiller les consciences 


Qui peut (sur) vivre sans être aimé ? 


Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel - Roman contemporain, thriller, esclavage - 744 pages, 21,90€ - Édition Belfond, en librairie le 29 mars 2018

mercredi 28 mars 2018

[Avis] Le week-end de Natasha Preston



Mon cher lecteur, aujourd’hui je te retrouve avec un avis mitigé, il y a eu autant de bonnes idées que de mauvaises.


Le week-end est un thriller YA, qui vraiment avait du potentiel ; qui m’a fait douter très longtemps du coupable ; mais, la fin ; je devrais dire, la double fin, est trop tirée par les cheveux et me laisse un goût amer. 
J’ai l’impression que l’auteure dans son dernier quart du livre et peut-être déjà un peu avant s’est complètement laissée aller, du coup, il y a des incohérences, des éléments parasites qui sortent d’un peu nulle part ou qui n’apportent rien du tout à l’intrigue.

Jusque là même si l’héroïne principale m’a quelques fois agacée ça allait puisque c’était un livre destiné à un jeune lectorat et une héroïne de leur âge, pas mature, qui fonce sans réfléchir. 

Tout commence lorsque Josh invite ses amis, qui ne sont plus vraiment des amis depuis un accident survenu 1 an plus tôt, à passer un week-end dans le chalet familial. 
Il y a donc Ashley, sa copine ; Mackenzie, la meilleure amie d’Ashley et l’héroïne principale ; Megan, Kyle, Aaron et Blake, le frère aîné de Josh. 
Tout le monde est étonné par sa présence, car ils ne l’ont jamais vu, les parents étant séparés, Josh vit avec sa mère et Blake avec son père.
Peu importe, ils sont décidés à s’enivrer tout le week-end sans les parents et essayer de passer outre les tensions qui existent entre Kyle, Aaron, Mackenzie, Megan contre Josh. 
Seule, Ashley, sa petite amie, le soutient. 
Avant toute la bande était inséparable ; peut-être que ce temps passé ensemble apaisera les rancœurs ?
Comme prévu le premier soir les verres et bouteilles d’alcool défilent ; une soirée plutôt joyeuse, mais un réveil cauchemardesque. 
Deux personnes sont retrouvées, baignant dans une marre de sang, dans la cuisine le lendemain matin par Mackenzie. 
Qui a pu bien faire cela, qui a pénétré dans le chalet et pourquoi personne n’a rien entendu ?
Les choses se compliquent quand la police arrive sur les lieux. 
Les portes sont toutes verrouillées de l’intérieur ; c’est donc un des jeunes présents qui est le meurtrier. Un fait que Mackenzie ne peut pas envisager ; pas ses amis ; elle les connaît depuis toujours.

Jusque là ;le pitch était intéressant, un chalet isolé, un double assassinat. Je me suis mise à douter de tous et à me poser les mêmes questions que notre héroïne principale, Mackenzie. L’inspecteur en chef est très cliché, sa psychologie peu développée, mais là encore cela ne me dérangeait pas de trop. 
J’étais dans un roman YA donc c’était plausible par rapport à l’âge auquel était destiné le roman. 
Je me disais ; super ;un thriller pour les jeunes, plein de suspens, sombre comme dans un film d’horreur.
Mackenzie trouve que l’inspecteur a tort de les penser coupable, elle ne peut imaginer que c’est le cas, elle décide d’enquêter avec Blake. Blake beau, bad boys ; très cliché, lui aussi, mais bon ; passons, encore une fois, pourquoi pas, une amourette, une jeune fille qui tombe amoureuse, cela me paraissait crédible, même si j’ai trouvé leur relation très rapide.
Mackenzie, en enquêtant va se rendre compte qu’elle ne connaissait pas si bien ses amis que ça, tous lui cachaient des choses alors qu’elle pensait tout savoir sur eux.
Elle pose, apparemment des questions gênantes, car elle reçoit des menaces par SMS d’un numéro inconnu.
Elle décide pourtant de ne rien dire à personne, elle continue à éplucher le passé de ses amis, même quand un troisième meurtre survient elle ne prend pas peur, ou très peu ; en tout cas, cela ne l’empêche pas de continuer.
En découvrant avec l’héroïne les secrets des protagonistes je les ai tous cru coupable, j’ai douté de chacun d’eux et surtout de Blake que, finalement, personne ne connaît même si Mackenzie le pense totalement innocent.

Tu vas me demander ce qui me gêne dans tout ça, car on a déjà vu dans des livres, des films ou des séries des héroïnes jouer avec le feu, aller droit devant le danger et où tu as envie de lui dire non non n’y va pas. 
En cela, c’est plutôt réussi. 
Là où pour moi ça pêche, c’est la psychologie je ne dirais pas nulle, mais très très peu développée des personnages même Mackenzie. En plus, immature, quand il y en a. Du coup, tu lis, mais tu n’accroches pas spécialement à eux ; soit, tout va trop vite ; soit, il aurait fallu un peu plus de pages.
Bref à part ça Mackenzie va découvrir des objets qui pour moi n’ont vraiment aucun intérêt dans la résolution de l’intrigue, ils n’apportent rien du tout. Encore une fois, je ne me suis pas arrêtée à cela ; je voulais savoir comme elle qui était où étaient le ou les coupables.
Je peux même dire que j’ai dévoré le livre, je l’ai lu en quelques heures. Là où le soufflé est complètement retombé, c’est le premier dénouement, en même pas une page le coupable s’explique et en s’expliquant tu n’y crois pas de plus c’est surjoué.
Déçue, mais, après tout, encore une fois je me suis mise dans la peau d’un jeune lecteur, un lecteur qui débute avec le genre, pas comme moi qui en lit beaucoup.
Les derniers chapitres sont vraiment de trop, un rebondissement inattendu survient 18 mois après et là je l’ai trouvé, mais absolument pas crédible du tout ; la toute fine est... bâclée. Une fin ouverte ; aucune idée si l’auteure a prévu de nous sortir un autre lapin de son chapeau en écrivant une suite, mais là non à ce moment-là ma note finale a descendu.

Il y a de très bonnes idées, un bon suspens maintenu ; j’ai pris peur pour l’héroïne vraiment, jusqu’au 3/4 je l’aurais même conseillé à des adultes qui auraient envie de s’essayer au genre, plus maintenant. C’est un livre pour les jeunes, à partir de 16 ans je dirais, des jeunes qui débute avec les thrillers. S’ils connaissent les codes, s’ils en ont déjà lu ; ils seront déçus.
Écrit trop vite ? L’auteure a-t-elle voulu aborder trop de thèmes et au final n’a pas eu le temps de les développer ?
C’est dommage, car il y a autant de bonnes idées que des faits pathétiques.
Je lui ai mis la note finale de 3/5


Il te plaira si tu sais passer au-dessus des clichés et que tu n’as peur des fins alambiquées.



[Avis] Le week-end de Natasha Preston -  traductionAxelle Demoulin - Thriller Ya - 378 pages, 18€ - Édition Hachette, collection Hors séries, en librairie le 28 févier 2018
mercredi 7 mars 2018

[Avis] Juste avant la nuit de Isabelle Ashdown



Cher lecteur on se retrouve avec mon avis sur un roman lu dans le cadre de la Team thriller du cherche-midi.
Cette fois avec un suspens psychologique quasiment à huit clos. Un des meilleurs que j'ai lu depuis que je suis dans la team thriller. 


Isabel Ashdown ne fait pas dans la dentelle ; dès le prologue, tu sais ce qu’il va se passer, non pas le dénouement ; non non ; elle te plonge direct dans l’intrigue. 
Ces 3 pages m’ont glacée d’effroi. 
C’est fort non ? 3 pages et te voilà embarquée.
Tu ne sais pas qui te narre cet épisode, mais tu sais, en le lisant du moins tu espères, que le roman va continuer sur cette lancée.
Une entrée en matière fracassante.

Même si le thème de la disparition d’enfant a été maintes fois écrit j’ai adoré ce que l’auteure a démontré par son roman, les thèmes qu’elle aborde, la fine psychologie des personnages et surtout tu vas douter de tous à un moment donné. 

Le suspens est constant et même si j’avais deviné une ou deux choses la fin est juste parfaite. L’auteure mène le lecteur en bateau tout autour de l’île où se déroule son intrigue, elle va te faire balancer de gauche à droite, tu vas te prendre les vagues, les unes après les autres, pour terminer avec le souffle coupé avec ce vent froid de janvier.

Le pitch de départ est « simple » Jess garde sa nièce, Daisy, un bébé de un an alors que sa sœur Emily et son mari James sont de sorties pour le Nouvel An. Quand ils rentrent, Jess est retrouvée inconsciente et Daisy a disparu.
Voilà l’intrigue.
La course contre la montre est engagée, il faut retrouver le bébé et vite, les inspecteurs de police ne prennent pas cette affaire à la légère.
Toi, lecteur, tu vas vivre de l’intérieur de la maison le désespoir de la famille inquiète, se rongeant les sangs pour que l’enquête avance, tu vas apprendre à les connaître l’un après l’autre. Tu vas tressaillir avec eux lorsque le téléphone va sonner, tu vas être agacé par les journalistes agglutinés devant la porte se repaissant du malheur d’autrui.

Tu vas surtout vouloir comprendre pourquoi Emily et Jess ne se sont pas vues depuis 16 ans.
Du jour au lendemain, lors des funérailles de leur mère, elles vont se reparler et Jess va venir habiter avec eux, se chargeant de la maison, de garder Daisy et veiller sur Chloé, 15 ans, la demi-sœur, la première fille de James qu’il a eue avec sa défunte épouse.
Comme je te le disais, tu vas douter de tous à un moment donné, pour changer d’avis et revenir sur tes choix.
Grâce à ces flash-back disséminés dans les chapitres tu vas comprendre le passé ou le présent des deux sœurs, les personnages principaux du roman, celles qui attirent les regards : Jess et Emily.
Peu à peu, Isabelle Ashdown te donne les codes pour déchiffrer la psychologie complexe de ces deux femmes. 
Ce qu’elles pensent et ce qu’elles montrent, c’est un monde de différence. James et Chloé aussi, mais, dans une moindre importance.

Il y a aussi ces deux parties ; la première se termine sur un rebondissement inattendu et qui change la donne. 
La seconde partie je ne peux pas t’en parler si ce n’est te dire que le rythme est de plus en plus haletant et que c’est impossible d’arrêter de lire

L’inspecteur Jacobs avance dans son enquête (même si elle, pour le coup, n’a pas vraiment de rôle ni de présence du moins pas aussi forte que les autres protagonistes)
Tu veux voir la petite Daisy regagner son foyer en bonne santé, tu veux aussi comprendre Emily et Jess, je ne saurais te dire laquelle m’a le plus saisie, si l’une, je l’ai cernée assez vite l’autre est plus secrète.
 L’une est le dominant du duo l’autre est trop gentille, elle ne pense que depuis son jeune âge à défendre sa sœur, à la protéger du monde entier.
Si l’une, je m’attendais à certaines réactions ; l’autre m’a fait douter tout au long de ma lecture.
Comme ça avec le recul quelques semaines après avoir lu le roman je dirais que c’est Jess pour qui j’ai le plus d’empathie.
Que c’est frustrant de devoir taire certains passages qui sont glaçants !
Je te rassure, il n’y a rien de violent, point de sang, mais, le suspens est tel, que tu sens que cela peut basculer à un moment ou l’autre, que tu sens l’urgence pour Daisy cette petite fille innocente qui est bien loin de savoir que tous les êtres qu’elle aime tous ont des secrets. Du plus banal au plus grave. Du plus récent à celui de toute une vie.

Tu vas alterner les chapitres avec les points de vue d’Emily et Jess écrit à la troisième personne pour l’une et à la première pour l’autre tu vas disséquer les informations et leur caractère à la loupe. Tu vas tenter de le comprendre.
Dans la deuxième partie, une troisième voix intervient ; je ne peux rien te dire sur elle, mais elle va te glacer d’effroi. 
Non pas qu’elle est méchante ou vindicative comme l’est l’un des personnages, mais tu plonges dans les méandres d’un cerveau malade.

Je ne me suis pas identifiée aux narrateurs même si étant maman la disparition d’un enfant est un thème qui me touche toujours.
Par contre ; j’ai adoré lire la psychologie des personnages et à travers eux, les thèmes que l’auteure va traiter comme la rivalité fraternelle, le deuil, la maladie physique et mentale, les blessures psychologiques jamais guéries, les traumatismes de l’adolescence, cette période difficile où l’on est contre ses parents, où l’on tait certains faits, les mensonges et secrets voir plus grave encore.
Tu vas te retrouver au milieu de cette famille dysfonctionnelle.
Cette famille allait bien, parfaite en tout point, des parents qui s’aiment, qui travaillent et ont bien réussi dans la vie. Un veuf qui a refait sa vie et une belle-mère qui a accepté sa belle-fille, des retrouvailles de sœurs perdues de vue depuis des années et qui reprennent leur relation comme si elles s’étaient quittées la veille, elles n’ont qu’une année de différence et s’entendent comme larron en foire jusqu’à la nuit de ce 1 janvier où cette bulle fragile, ce bonheur apparent va éclater et avec lui les masques vont tomber.

Si au début ils se serrent les coudes, les tensions, rivalités, mensonges, trahisons vont mettre de plus en plus à mal cet équilibre fragile.
Se connaissent-ils vraiment ? Est-ce que tout n’est qu’apparence ?
Lequel est vraiment digne de confiance ?

D’autres protagonistes interviennent dans le roman étayant encore plus finement la psychologie en mettant en lumière des faits du passé ou du présent.
je pense notamment à Becca et Samie

C’est un très bon suspens psychologie que je te recommande. 
L’ambiance est admirablement retranscrite ;
tu sens le vent de la côte de l’île de Wigh transpercer tes os, les rebondissements et secrets ; les souvenirs teintés d’amertume ont souvent lieu la nuit te plongeant dans un climat sombre et pesant.

La fin est juste comme il fallait ; pas totalement ouverte, pas totalement fermée ; tu as des réponses, tu peux facilement imaginer le reste.

La plume de l’auteur est simple, mais subtile ; le temps, le climat, l’ambiance, les twists et rebondissements, les sauts dans le passé et les explications du présent sont menés de main de maître. C’est terriblement addictif, un roman que l’on dévore et même si comme je te le disais j’ai deviné quelques énigmes Isabelle Ashdown a quand même réussit à me retourner le cerveau et me faire poser mille et une questions, elle m’a donné la dernière pièce me permettant de réunir les pièces du puzzle qu’a la fin lors de l’épilogue.


Sans être un coup de cœur c’est un roman 5 étoiles que nous offre le Cherche Midi éditeur.




Juste avant la nuit de Isabelle Ashdown - traduction Florence Vidal - Thriller psychologique - 368 pages, 21€ - Cherche Midi Éditeur, en librairie le 1 mars 2018
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