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mercredi 9 mai 2018

Avis : La princesse et l'alchimiste, tome 1 : l'antidote de Amy Alward



Contrairement à ce que tu pourrais penser par rapport à la couverture ce livre n’est pas du tout superficiel, ni une simple romance même s’il y en a un peu. 
C’est un savant mélange de fantastique et d’aventures. 
« La princesse et l’alchimiste » t’embarque dans le royaume de Nova, un monde proche du nôtre où magie et modernité se côtoient. 
J’ai dévoré ce roman, sans être un coup de cœur, je trépigne de lire la suite des aventures de l’héroïne : Samantha 

La princesse Évelyne fête ses 18 ans ce jour-là, elle sait qu’elle devra bientôt se marier. 
Elle décide que son époux sera Zain, son meilleur ami, mais pour qu’il tombe amoureux elle concocte un philtre d’amour sauf que c’est elle qui le boit... la princesse Évelyne tombe amoureuse de son reflet. 
Cela ne serait pas catastrophique si Évelyne pouvait encore contrôler sa magie, mais dans cet état elle est une bombe à retardement.
Le Cor de chasse convoque tous les alchimistes du royaume pour une chasse fantastique. 
L’alchimiste qui concoctera l’antidote sera déclaré gagnant quand le Cor deviendra doré. 
À la clé de cette chasse, une récompense en argent bien sûr, mais surtout la renommée. 
Samantha et son grand-père ont été convoqués, les Chimi sont très connus, ils étaient les meilleurs alchimistes jusqu’à ce que Zoro remporte la dernière chasse et investisse ses gains dans une usine d’ingrédients synthétiques. 
Fini les petites boutiques comme celle des Chimi, maintenant ce sont les grandes enseignes qui ont la cote. 
Samantha est bien décidée à redorer le blason des Chimi, elle croit aux ingrédients naturels, elle veut sauver le magasin de la ruine, des générations entières se sont succédé. 
Zol Aster, le dirigeant actuel de l’entreprise ZA, Émilia la sœur du roi convoitent la récompense, l’un pour sa renommée ; l’autre pour régner sur le trône. 
D’autres participants se joignent à cette chasse ; c’est là que je m’arrête, car ensuite tu vas partir dans différentes contrées, tu vas t’aventurer dans la jungle, les glaciers, à la recherche des ingrédients naturels pouvant sauver la princesse.

Comme je te le disais j’ai dévoré ce roman, l’autrice, Alward Amy, alterne les chapitres entre deux narratrices : de temps en temps la princesse Évelyne, ces chapitres apportent de la légèreté et de l’humour au récit tandis que quand c’est Sam qui prend la parole tu lis à un rythme effréné. 
Chaque fin de chapitre la concernant se termine sur un rebondissement, une question, une victoire ou une catastrophe. 
Tu es pris dans cette chasse aux ingrédients et tu espères par-dessus tout que cela soit Sam la grande gagnante. 

L’écriture est fluide, descriptive sans être assommante de détails, tu assimiles le monde inventé par l’autrice, tu visualises les différentes contrées que Sam va visiter. 
Je dirais que je suis allée en Inde, en Afrique et au Tibet même si les noms sont différents, les descriptions m’y ont fait penser, j’ai voyagé tout au long des 334 pages. 
Peu de passages se déroulent à Zosma. 
Tu es vraiment dans une quête, un roman d’aventures avec ses dangers, ses victoires et ses trahisons. 

Sam est un personnage fantastique. 
J’ai adoré cette héroïne. 
Elle aime sa famille (d’ailleurs, tous les Chimi sont attachants), elle veut sauver le magasin qu’elle dirigera un jour, en ce moment elle est l’apprentie de son grand-père, même si l’un veut garder les traditions et refuse tout changement et que l’autre voudrait apporter un peu de modernité, un conflit de générations. 
Samantha respecte profondément son aïeul tout comme lui à toute confiance dans les talents d’alchimiste de sa petite-fille. 
Elle ne veut pas la gloire, oui gagner sauverait sa famille de la faillite, mais son but c’est de sauver la princesse et empêcher que Émilia, sa tante, un être maléfique et dangereux règne sur Zosma. 
Elle n’hésite pas à se mettre en danger quand il le faut, elle met ses sentiments de côté, elle y pensera quand la chasse sera terminée. 
Sam est aidée par l’exploratrice Kirsty, l’exploratrice de la famille Chimi, elle est habituée à aller rechercher les ingrédients naturels dans toutes les contrées du monde. 
Sa sœur Molly, talentueuse ou magicienne, si tu préfères, l’aidera aussi, tout comme ses amis Arjun et Anita. 
Tu feras aussi la connaissance de Zain, il va chambouler les sentiments de notre héroïne, une romance pointe le bout de son nez, mais s’avère bien compliquée. 
Leurs deux familles sont ennemies, jamais un Chimi n’acceptera un Aster et en plus ils sont tous les deux concurrents dans cette chasse fantastique. 
Même si je te dis qu’il y a une romance elle ne prend pas trop de place, elle ne fait, je pense, que commencer. 
À mon avis, l’autrice nous développera cet aspect et d’autres dans la suite. 
La fin me le laisse penser. 
Si seulement je pouvais avoir le tome 2 sous la main je me précipiterais dessus non pas que ce premier opus se termine sur un cliffhanger, mais soulève beaucoup de questions. 
J’ai envie de savoir ce que vont devenir tous les protagonistes rencontrés au fil de ces pages. 

C’est une lecture légère, mais qui véhicule à travers son héroïne des valeurs telles que la famille, la transmission des savoirs, le dépassement de soi, le respect de la nature, les véritables sentiments pas ceux trafiqués, l’honnêteté. 
Tu as aussi cette question que l’autrice soulève : les grandes surfaces hyper modernes sont-elles vraiment mieux que les magasins de quartier ? 
J’ai aimé ce parallèle avec notre monde actuel, qui, il faut le dire, est en train d’éliminer tous ces commerces de quartier. 

Entre magie avec les Talentueux, savoir-faire avec les Ordinaires et les alchimistes, l’aventure avec les explorateurs et cette grande chasse non pas au trésor, mais presque, avec de l’humour, de la légèreté, mais du suspens maintenu jusqu’au bout, entre révélations, rebondissements, trahisons et sabotages je te conseille vraiment de lire ce premier opus d’une saga qui s’annonce prometteuse. Si tu aimes la magie, l’aventure dans des contrées sauvages où tu rencontreras entre autres yéti, licorne, chauve-souris vampire, ce livre est fait pour toi. 

Il conviendra aux plus jeunes comme aux adultes qui y trouveront eux aussi leurs comptes. 

Vivement la suite ! 



La princesse et l'alchimiste, tome 1 : l'antidote de Amy Alward - traduction de Aurore Alcayde - Young Adult - 336 pages, 17,50€ - Édition Pocket Jeunesse, en librairie le 16 mai 2018 
mercredi 18 avril 2018

La fille qui n'existait pas de Natalie C. Anderson


Mon cher lecteur, si tu cherches un roman Young Adult original, qui est à la fois très proche du thriller et qui se déroule en Afrique de l’Est où milices et corruption sont monnaie courante je te conseille de lire ce livre. 
L’autrice Natalie C.Anderson écrit une fiction, mais ancrée dans la réalité. 

Elle a travaillé de nombreuses années au sein d’une ONG, elle écrit ce roman pour les filles, sœurs et femmes réfugiées au Kenya. 
Elles ont fui les persécutions, abus, viols, massacres qui ont lieu encore aujourd’hui. 
Par son héroïne, Tina, Natalie C.Anderson va te parler de ces pays et des atrocités qui y sont commises, mais sans jamais dépasser du cadre de son intrigue. 
C’est écrit intelligemment, un roman qui pourra plaire aux ados comme aux adultes. 

Tina, 16 ans, vit dans les rues de Sangui, une ville du Kenya. 
Sa maison : le toit d’un immeuble. 
Sa survie : voler pour les Goondas, un gang majoritairement de garçons, orphelins comme elle. 
L’unique personne dans sa vie : sa sœur Kiki, qui vit dans un pensionnat, Tina a voulu la mettre à l’abri depuis le décès de leur mère. 
Son but ultime : venger sa mère. 
Elle a été assassinée 5 ans plus tôt, Tina est prête à tout pour accomplir sa vengeance.
Elle est proche de réussir, voilà que Mr Omoko lui donne la mission de pénétrer dans la demeure de celui qu’elle pense responsable, Mr Greyhill, un homme d’affaires véreux. 
Pour cette mission, elle est accompagnée de son mentor Big Boy du frère de celui-ci : La Fouine, ainsi que de son meilleur ami Skinny, qui, même s’il ne fait pas partie du gang, a des connaissances importantes en informatiques pour neutraliser les alarmes de la propriété. 
Tina y est presque, mais elle se fait surprendre par Mickael, le fils de son ennemi. 
Ils se sont connus autrefois, dans une autre vie avant qu’elle ne devienne la fille qui n’existait pas. 

À partir de là, l’autrice ne va te laisser aucun répit. 
D’aventures en révélations, de rebondissements à coups durs ; Tina va, coûte que coûte, vouloir savoir pourquoi sa mère a été assassinée. 
Qui était-elle avant de venir au Kenya ? Quelle était sa vie au Congo ? 
Tina ne sait rien, tout ce qu’elle possède de sa mère c’est une carte de Sainte Catherine et une photo. 
Tina est une héroïne forte, aveuglée par la haine, déterminée à accomplir sa mission. La sienne, pour elle, par pour Omoko ni Big Boy. 
Elle sait qu’elle va au-devant de grands dangers, qu’elle met sa vie en périls, mais qu’importe le prix. Tout ce qu’elle garde en tête ce sont ses règles.
Dans sa quête, son enquête elle sera aidée par Skinny et Michael, ce trio est, on ne peut pas faire plus opposé. 
Michael, le métisse, riche, qui vient d’une école privée en Suisse, Skinny le geek, extraverti au look improbable et enfin Tina la tête brûlée, tatouée, membre d’un gang. 
Si au départ Tina n’est guère enchantée que ce deux-là la suive, elle se rend compte que finalement seule elle n’arrivera à rien ou du moins pas aussi facilement. Skinny et ses talents d’informaticien, Michael et son argent peuvent l’aider. 
Au fur et à mesure, à leur contact, la jeune fille va comprendre que non, elle n’est pas si seule au monde que cela, elle compte pour au moins 3 personnes avec sa sœur. 
Sa carapace va se fissurer, petit à petit même si elle reste sur ses gardes. 
L’amitié entre elle et Skinny est belle, l’histoire, entre Michael et elle, est aussi mignonne et profonde même si elle ne prend pas la pas sur l’intrigue principale. 

L’intrigue est extrêmement bien ficelée, même si j’avais deviné de petites choses, je n’ai pas vu venir certains rebondissements. 
Ce qui m’a le plus plu dans ce roman c’est le décor, l’autrice nous livre un texte engagé en dénonçant la corruption de la police, les milices, les gangs, les investisseurs qui s’enrichissent en fermant les yeux sur ce qu’il se passe réellement dans les différentes mines du pays. 

Engagé, mais sobre, il est accessible et en même temps montre bien la situation en Afrique de l’Est. Traite des êtres humains, violences faites aux femmes, recrutement obligatoire d’enfants pour en faire des soldats de milices. 
Une histoire documentée, qui dénonce et explique. 

Des faits qu’il faut, à mon sens, faire découvrir aux plus jeunes, Natalie C.Anderson le réalise très bien. 
Elle a pris des libertés par rapport au lieu, l’histoire reste une fiction, mais elle s’est inspirée des nombreux témoignages qu’elle a entendus lors de ses missions humanitaires. 

L’enquête de Tina sur le passé de sa mère est émouvante, elle va découvrir des facettes insoupçonnées de cette femme forte. 
Le suspens est constant, j’ai pris peur plus d’une fois pour notre jeune héroïne, la fin est à la hauteur du reste du roman même si quelques faits sont un peu prévisibles.

À la fin du livre, tu trouveras une liste d’ONG, d’hôpitaux et d’œuvres caritatives qui aident sur place tous ces réfugiés, ces blessées, ces femmes violées reniées par leur famille. 
Je suis, comme à chaque fois, horrifiée par ce qu’il se passe dans tellement de pays du monde. La misère humaine, les crimes perpétrés au nom de quoi ? L’argent ? La gloire ? Un territoire ? 

Tu l'as compris une lecture indispensable, forte que j'ai beaucoup aimé et que je te conseille pour le thème qu'on ne voit pas souvent en littérature Young Adult.


La fille qui n'existait pas de Natalie C. Anderson - traduction de Julie Lafon - Young Adult - 416 pages, 16.90€ - Édition Pocket Jeunesse, en librairie le 1 mars 2018
jeudi 1 février 2018

[Bilan] Bilan de janvier 2018



Bonjour mes lecteurs, le 1er février est l'heure du bilan du mois passé. Janvier a été un très bon mois de lecture.

Au total 24 livres pour 6776 pages

1 seule déception : Les loyautés de Delphine de Vigan (2.5* sur 5* sur Goodreads)


Les thrillers que j'ai lu aucun n'a eu 5 étoiles (jusqu'à présent parce que des beaux arrivent en févier mes chut je ne peux rien dire) ils n'ont pas dépassé les 4* pas mauvais mais ils ne m'ont pas mis une claque et je n'ai pas été étonnée par les rebondissements.

On termine par le meilleurs, mes plus belles lectures

Numéro 1 Elia, la passeuse d'âme, tome : 2 : Saison froide de Marie Vareille


Les 6 suivants sont tous des coups de coeur ou à la limite du coup de coeur, tous m'ont embarqué ou fait ressentir des émotions 





Je te rappelle que je lis essentiellement la nuit et que en plus depuis décembre je suis couchée 24h sur 24 et que je ne regarde pas la TV, les bilans ne sont pas des courses, j'aime voir où j'en suis dans mes lectures mais pas pour me"vanter". Si je préviens c'est que l'on me pose souvent la question :)

Et toi ? Quel est ton bilan ? déception ou pas ? Coup de coeur ou pas ? 


lundi 29 janvier 2018

[Tag] Tag PKJ : 12 livres à lire en 2018

Aujourd'hui je vous propose un tag, je ferai bientôt le tag portrait chinois (lundi prochain) mais en attendant voici un Tag sur 12 livres à lire en 2018 proposé par Pocket Jeunesse


1) Le livre le plus attendu de l'année.
Question hyper difficile car j'en attends plusieurs j'en donne 3 (oui je triche) 
Tous les 3 pré-commandés, Le nouveau roman de Fleur Hana, Le gang des prodiges de Marissa Meyer ( parce que c'est Marissa Meyer) et le tome 2 de Un palais d'epines et de ronces de Sarah K. Mass 
Je suis sage parce que les livres que j'attends vont jusqu'en juin et je ne t'en ai mis que 3 ^^



2) Un livre PKJ.
Facile il est aussi pré commandé (merci mon mari)
Les derniers battements du coeur de Kelley York et Rowan Altwood, comment résister à Kelley York (même si je sais que je vais pleurer)


3) Une série que vous aimeriez terminer.
c'est une honte je les ai dans ma pal depuis la sortie et toujours pas lu, cette fois les copines Olivia et Carole m'ont mis au défi alors oui il sera lu, du moins, le tome 1 cette année ^^

4) Un livre d'un auteur que vous aimeriez découvrir.
Je n'ai jamais lu Michel Bussi,on en parle beaucoup et moi j'ai peur d'être déçue donc jamais acheté ni lu

5) Un livre que vous vouliez lire en 2017 mais dont vous avez repoussé la lecture.
Je ne veux pas le lire tant que la suite ne sera pas sortie mais pourtant acheté aussi à la sortie car je suis fan de la saga

6) Un livre qui traite de sujets d'actualité.
Je t'en parle cette semaine, il est magnifique il parle de la guerre en Irak et des réfugies en Europe, il sera en librairie jeudi : Ce soir, on regardera les étoiles de Ali Ehsani 

7) Le nouveau livre d'un auteur dont vous avez lu tous les livres (ou presque).
ICe sera Jay Crownover, j'ai lu tout ceux sortis en français mais il y a aussi le nouveau roman de Clarisse Sabar, de Amélie Antoine et de Agnès Martin-Lugand

8) Un livre dans votre genre de prédilection.
La couleur du mensonge de Erin Beaty le 22 février chez Lumen (et le tome 3 de The curse et le tome 2 de Shades of magic ben quoi je ne mets pas la photo ^^)


9) Un livre qu'on vous a conseillé.
Wonder de J. Palacio ( toujours pas lu pardon)


10) Un livre dont vous ne savez pas grand chose.
Je le remets, je ne sais pas si je peux, j'ai volontairement omis de lire les avis et le thread proposé sur Twitter par PKJ, je fonctionne en général comme cela je lis au feeling, ici c'est pour le nom de l'auteure sinon je ne connais rien de l'histoire
Le gang des prodiges de Marissa Meyer ( euh tu sais à quel point je suis fan où je dois te le répéter ^^)

11) Un livre écrit par un auteur de votre nationalité.
La lune est à nous de Cindy Van Wilder, belge et en plus voisine, on s'est souvent vue en salon ^^
j'aurais aussi pu dire Barbara Abel mais je ne l'ai jamais rencontrée.

12) Un livre que vous avez déjà lu en 2018 (bien joué!).
Je triche encore je t'en mets deux, je te les conseille (et aussi Elia, passeuse d'âme tome 2 de Marie Vareille)
Trois de tes secrets de Julie Buxbaum et Warcross de Marie Lu 

Et toi qu'aurais-tu répondu ? des livres en commun ?


mercredi 24 janvier 2018

[Avis] Trois de tes secrets de Julie Buxbaum



Voilà une sortie que j’attendais depuis l’année passée quand Pauline Mardoc en avait fait un thread sur Twitter. 
Directement, je l’avais précommandé. 
Aussitôt reçu, jeudi matin aussitôt lu.

Il faut que tu saches que j’ai un cœur de guimauve. Une très forte sensibilité, oui hypersensible, mais, que veux-tu, je ne vais pas changer à 40 ans si ?
Si je te le dis, c’est que ce roman va parler différemment aux lecteurs suivant leur vécu ou leur sensibilité justement.


Tu suis Jessie, 16 ans, voilà deux ans que sa mère est décédée et son père lui annonce un soir qu’ils quittent Chicago pour la Californie. 
Il a épousé une femme qu’elle ne connaît pas et celle-ci l’a inscrite dans un collège privé. Le lycée Wood Valley.
Jessie est complètement perdue dans ce nouvel établissement ; elle vient d’un collège public, elle n’a jamais dépensé l’argent à tort et à travers, mais surtout elle se sent terriblement seule ; sa meilleure amie Scarlett lui manque ; sa mère et son père qu’elle n’a plus l’impression de connaître.
Un mystérieux personnage qui se nomme lui-même comme Personne-En-Particulier se propose de devenir son guide spirituel par email pour qu’elle puisse comprendre les codes de la jungle de Wood Valley. 
Avec qui être amis ; quels sont les bons professeurs, les repas à éviter ; ainsi de suite ; tout ce qu’il ne veut pas c’est lui révéler qui il est. 
Il la connaît, mais Jessie n’a absolument aucune idée de qui ça peut être ?
Au fur et à mesure des échanges, l’amitié virtuelle augmente au point qu’ils en viennent chaque matin à se confier 3 faits sur eux et bien moi je vais te donner trois raisons de lire ce roman !

1) Jessie. 
Une héroïne que je considère comme une Book girlfriend. 
Une bonne copine, une petite sœur que j’aurais envie de protéger. 
Elle est forte malgré qu’elle pense le contraire. 
Elle affronte les changements qui vont s’opérer dans sa vie avec beaucoup de maturité. 
Pleine d’humour et d’amour. 
D’amour pour sa mère dont elle parle tellement bien qu’elle m’a serré le cœur. 
La perte d’une mère est toujours, je pense, peu importe l’âge, une étape horrible, Jessie te raconte comment elle avance malgré tout, même si son deuil n’est pas encore fait même si elle compte en mois, jours et heures la disparition de sa maman. 
Obstinée, ce n’est pas la garce de Ruby qui la fera pleurer ou plier l’échine et en plus elle adore lire ; elle va même trouver un petit travail dans une librairie, car elle refuse de vivre aux crochets de Rachel, la nouvelle épouse de son père. 
Un personnage superbement construit. Elle a des réactions et des questions propres à son âge, elle m’a fait rire, elle m’a émue. 
Quand Jessie se perd parmi ses questions, quand elle se débat avec sa tristesse et sa solitude tu ressens tout. 
Elle est sarcastique, elle aime l’humour noir et je valide.
J’ai fortement apprécié que l’auteure fasse de Jessie, un personnage qui ne se résigne pas à ce que tout lui tombe tout cuit dans le bec ; elle aurait pu, largement, profiter de l’argent, du confort qui lui est offert à LA, mais non elle veut pouvoir se débrouiller seule. Par fierté et par maturité, aussi. Qui peut dire que demain elle sera encore à LA ?

2) Le suspens. 
Parfois, dans certains romans, les échanges épistolaires lassent parce qu’ils sont répétitifs, ce n’est pas du tout le cas ici. 
Que cela soit par e-mail ou SMS jamais ils ne se pas toujours disent la même chose. 
Ils ont des échanges profonds sur leur vie et d’autres avec beaucoup d’humour et de jeux de mots. 
Tu te demandes tout du long qui peut bien être ce PEP. 
Tu émets des hypothèses comme Jess. 
Tu te prends à espérer comme elle que cela soit un des garçons rencontrés puis tu doutes ; est-ce que ce ne serait pas un canular monté de toute pièce pour faire marcher la nouvelle ?
L’auteure arrive à te faire douter jusqu’à deux pages avant la fin et cette fin, parlons-en ! 
Mon cerveau a eu un bug, je ne peux pas te dire pourquoi, mais Julie Buxbaum à ce passage est sadique avec son lecteur.

3) Les thèmes abordés. 
C’est avant tout le thème de deux familles qui se reconstruisent après un deuil. 
Jessie et son père ont perdu leurs mère et épouse, Théo et Rachel ont perdu leurs père et époux.
C’est toute la dynamique des deux familles qui est bousculée, ils ne se connaissent pas, ils sont pleins d’a priori, mais au final tu comprends que ces êtres souffrent tous profondément, qu’ils essaient de reconstruire une famille, mais c’est difficile.
Au fur et à mesure, Theo qui m’a paru antipathique change envers Jessie, il m’a fait fondre le cœur ; Rachel est bien plus que cette riche veuve ; le père de Jessie, quand il va se livrer à elle, ce passage est fort, il est pudique, il ne sait pas comment exprimer son amour, il va le faire de la plus jolie des façons. 
Jusque là, ils en étaient arrivés à un point où ils se parlaient par SMS.
Bien d’autres sujets sont traités dans ce roman comme la drogue, le harcèlement scolaire, la maladie, les apparences.

J’ai aimé chacun des personnages. 
Mme Pollak, la prof de littérature ; Ethan , le mystérieux garçon solitaire toujours en train de lire ; Liam, le beau gosse du Lycée et chanteur dans un groupe de rock qui tourne bien ; Scarlett la meilleure amie de Jessie qui continue à lui envoyer des SMS et la soutenir ; Adrianna, la nouvelle amie que Jessie s’est faite.
Tout ce petit monde qui gravite autour de Jessie est intéressant, attachant et mystérieux, car bien sûr toi tu cherches toujours qui est PEP (Personne-En-Particulier) qui semble être au courant des moindres faits et gestes de Jessie, au lycée ou lors d’une fête.

Un livre qui se dévore, une lecture très fluide et moderne, aucune monotonie ni temps mort grâce aux pensées de Jessie, à sa nouvelle vie que tu suis, et bien sûr grâce aux échanges de SMS que cela soit avec PEP, Scarlett ou Adrianna.
Même si cela peut paraître une banale histoire, eh bien non, mon petit cœur de guimauve a eu plusieurs fois les larmes aux yeux, pas au moins de verser de gros sanglots, mais de belles émotions m’ont traversée.




Lis ce livre, je crois, que ce sera une lecture forte pour les ados ou adulte qui vivent un deuil, ou l’ont vécu. 
Pour ceux qui se sentent seuls même s’ils sont entourés, pour ceux qui changent de vie ou de villes.

L’auteure dit une phrase très juste ; pour se sentir chez soi ce n’est pas nécessairement un lieu, une maison, mais, c’est être avec la (les) personne(s) avec qui l’on se sent bien.



Trois de tes secrets de Julie Buxbaum - Traduction de Maud Desurvire - Young Adult - 384 pages, 17.90€ - Édition Pocket Jeunesse, collection Territoires, en librairie le 18 janvier 2018
mardi 23 janvier 2018

[avis] Elia, passeuse d'âme, tome : saison froide de Marie Vareille



En décembre, je vous donnais mon avis sur le tome un après la relecture que j’avais faite en prévision de ce tome deux que j’attendais tellement. (voir ici)
Je peux déjà te dire mon cher lecteur que je veux le 3 là dans mes petites mains.
Marie ce n’est pas gentil de nous laisser comme ça sur ce cliffhanger de fou, mais un mot : wowwww, non ; deux, merci d’avoir créé cette fantastique dystopie

Bon, je ne peux pas te dire comment se terminait le tome, un mais si tu ne l’as pas encore lu, mais qu’attends-tu ! C’est une des meilleures dystopies, je la classe avec Une braise sous la cendre de Sabaa Tahir oui rien que ça et Destiny de Cecilia Ahern. 
Deux dystopies que j’adore, car elles amènent à réfléchir sur l’humain, maintenant et dans le passé.


Revenons au livre proprement dit.

Tu le sais, mes deux personnages favoris du tome 1 étaient Elia et Solstan, donc j’étais impatiente de les retrouver. 
En fait, tu ne les croises que peu.
Est-ce que cela m’a dérangé ? Absolument pas ! 
Marie Vareille m’a subjugué grâce à son processus d’écriture qui alterne les points de vue de tout un tas de personnages qui ont soit un rôle majeur ou pas, dans le premier opus. 
Tu fais la connaissance de nouveaux protagonistes, grâce aux nouveaux et aux anciens, elle t’entraîne en pleine action, le lecteur n’a aucun moment de répit. 
Il n’y a vraiment aucun temps mort, tu n’as pas le temps de reprendre ton souffle ; tu ne fais que courir d’un personnage à un autre, d’un lieu à un autre. 
Tu passes du Conclusar au Dédale du secteur Nord, la ville éphémère, ainsi que le secteur Innovation qui a une grande importance dans cet opus, tu visites même le Palatium.
Tu vas me dire, mais comment alors s’attacher à eux s’ils sont nombreux ? 
Là est tout le talent de l’auteure. 
Non seulement elle apporte de nombreux rebondissements ; elle complète la psychologie de ceux que tu avais déjà rencontrés dans le tome 1 et aborde celle des nouveaux, ils sont tous emblématiques de ce qu’ils représentent. Charismatique et parfaitement construit sur le plan psychologique, tu n’auras aucune peine à comprendre leurs aspirations, leurs buts, leurs craintes ou leurs cruautés.
Souviens-toi, je t’avais dit que dans cette dystopie il existait un système de castes, que les Nosobas étaient les plus pauvres, considérés comme des pestiférés par les Askaris, les marchands, les industriels ; la classe moyenne en quelque sorte ; les Kornesiens qui eux sont les nobles, le pouvoir, le gouvernement.
Les lois anti-Nosobas augmentent encore et si ces nouvelles règles se renforcent elles alimentent aussi la fureur de la révolte qui gronde dans les rangs. 
Une révolution se prépare. 
L’organisation s’appelle « Les combattants de l’aube ».
Parmi les personnages tu vas retrouver Tim, Arhya, Elia et Solstan comme je te l’ai dit, tu vas faire la connaissance de Alek, de Sado Kill, Salika, Anouk, tu vas aussi retrouver le père de Elia qui n’en a pas fini avec ses révélations, tu poursuis le but que c’était déjà fixé Elia dans le premier tome : délivrer sa petite sœur Édeline.
Certains chapitres uniques sont dédiés à un personnage que tu as rencontré dans le premier tome et permettent de saisir pleinement leurs pensées.
Vraiment, en plus de créer une dystopie post-apocalyptique originale, Marie Vareille construit merveilleusement bien ses personnages, subtilement elle te fait passer des messages par l’un ou par l’autre. Des sujets toujours pertinents et ô combien importants !
La révolte qui gronde sous le joug de l’oppresseur m’a fait par exemple penser au printemps arabe ensuite, les lois anti-Nosobas m’ont fait penser à la ségrégation raciale d’ailleurs comme dans le tome 1 des articles de presse, des textes anciens parsèment le roman et vers la fin on y lit ceci : « La haine engendre la haine, la violence engendre la violence » Martin Luther King, biographie de WILLIAM Jones (ancienne civilisation année 2056) »
Ce ne sont pas les seules thèmes de réflexion.

Elia et Sol, Tim, Anouk et Salika vont devoir réfléchir à leurs buts finals et s’ils sont prêts à tous les sacrifices pour y parvenir.
Sont-ils capables de vendre leur âme au diable pour sauver leur proche ? Sont-ils prêts à mourir pour la communauté et la liberté de tous ? Est-ce que les revendications des combattants de l’aube sont légitimes et si oui, Elia, qui est toujours l’emblème de la prophétie par sa couleur de cheveux (désolée tu dois lire le tome 1) a-t-elle vraiment un rôle à jouer dans tout cela ? Est-ce qu’elle doit tout accepter sans réfléchir ?

La question de la loyauté est soulevée par plusieurs personnages. Loyauté de la cause. De la caste, de la famille et de l’amitié. Certains m’ont saisi dans le bon sens pour d’autres, je n’avais rien vu venir.
Les dangers de la drogue avec Tim, Tim qui est obligé de descendre de plus en plus bas dans la mine, Tim qui n’arrive plus à faire face au chagrin de tous ceux qu’il a perdus cède à l’appel de la Redmoon. Les addictions, quelles qu’elles soient, est-ce qu’elles ne t’empêchent pas de faire face à tes responsabilités ? Est-ce qu’elles n’alternent pas ton jugement ?
Bien d’autres sujets sont abordés tels que la maladie, le deuil, les apparences trompeuses, la souffrance morale qui est telle que tu ne vis plus que comme une machine, se battre pour ce en quoi l’on croit
Tu as aussi la réflexion très pertinente et que j’apprécie beaucoup, un sujet que j’aborde assez souvent avec mes enfants : la désinformation. Ce que l’on vient nous montrer aux journaux télévisés est-ce véritablement ce qu’il s’est passé ? Ne faut-il pas prendre du recul, lire entre les lignes et comparer les différentes sources ?

Elia qui avait déjà bien mûri dans l’opus précédent prouve une fois de plus sa force de caractère, elle va se remettre en question à de nombreux moments. 
Qui est-elle vraiment ? 
Ce monstre sans cœur de passeuse d’âme, est-elle la fille de la prophétie ? 
N’a-t-elle pas des idéaux ? 
Tout ce qu’il se passe est-il juste ?
Elle est courageuse, sincère, fidèle à ses amis, à ses proches et à ses valeurs même quand on vient à lui en faire douter. 
Plus jamais personne ne lui dira ce qu’elle doit faire.

Les rebondissements, les révélations, sont au rendez-vous ; j’ai été maintes fois surprise et j’ai ressenti pleinement la souffrance morale d’un des personnages.

Une écriture résolument moderne qui abat tous les préjugés que l’on pourrait se faire sur une race, une couleur de peau ou une sexualité différente de la nôtre. Combien d’adultes devraient lire cette dystopie ! Leurs petits esprits étriqués en seraient bien surpris.

On a aussi affaire à des femmes fortes. 
Les femmes prennent le pouvoir à l’image de Elia forcément, mais aussi Arhya qui ne se laisse pas dicter sa conduite pour un homme, Salika, Anouk, Noriaxis et la terrible Varnaka. 
Toutes ont en commun d’agir en étant maîtresses de leurs vies et émotions. Valeureuses. Fortes. Combattantes.

Tu seras bien étonné si tu lis ce deuxième tome, car quand tu arrives au milieu tu te dis que maintenant l’intrigue, les intrigues vont se résoudre et que c’est bon, tu n’auras plus le souffle coupé, et bien détrompe-toi ! 
Jusqu’à la dernière page, tu vas être scotché parce que tu vas lire. 
Rien, je n’ai rien vu venir, aucun doute, pas le moindre soupçon.
Un suspens constant, des personnages et une action omniprésente. 
Une écriture fluide, additive, moderne et pleine de surprises ; tu ne verras pas le temps passer.

L’univers dystopique présenté dans le tome un se crédibilise de plus en plus, tout est orchestré de main de maître, tout est à sa place. 
Tout prend sens. 
Le tome un, je l’avais déjà adoré, mais dans cet opus Marie Vareille se surpasse, tout monte d’un cran, tout est magnifiquement décrit, plausible. 
On peut parfois râler de devoir attendre une suite, mais, quand je lis le travail effectué, les recherches ; les réflexions, on voit bien que ce livre a mûri, qu’il a pris du coffre, qu’il n’a pas été écrit en vitesse sur le coin d’une table.
Je suis émerveillée par cette saga. 
Tu vas peut-être trouver le mot fort, mais malgré les nombreux coups de cœur que j’ai eus celui-ci est THE coup de cœur en littérature Young Adult. 
Il a son entrée directement dans mon classement des meilleures lectures 2018.





Alors tu es convaincu ? 
Promis si tu aimes les dystopies, les romans qui te font réfléchir sur des sujets ou sur ton propre comportement. 
Si tu aimes lire les injustices et les personnages forts tout en étant crédible, car il reste des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts lis ABSOLUMENT cette saga. 
Que tu aies 15 ou 20 ans, 30 ou 40 ans comme moi. 
Disséminez ce livre, répandez-le autour de vous ! Parlez-en ! 





Elia, passeuse d'âme, tome  : saison froide de Marie Vareille - Dystopie, post-apocalyptique- Young Adult, littérature française - 416 pages, 16.90€ - Édition Pocket Jeunesse, en librairie le 18 janvier 2018
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