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mardi 13 mars 2018

[avis] Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard




Mon cher lecteur, aujourd’hui je vais te parler d’un roman d’une auteure que j’aime et que j’admire, une auteure qui, je le sais, à chaque roman va m’embarquer dans un secret de famille. 
Avec Clarisse, je sais d’avance que je vais vivre un moment hors du temps, bien confortable dans ma bulle de lecture.
3e roman de l’auteure, 3e roman coup de cœur.
Clarisse Sabard est en train de devenir la reine des secrets de famille. 
Il n’est pas aisé de faire voyager un lecteur d’une époque à une autre, chacune avec ses secrets et de garder l’attention sur les deux, de ne pas perdre le lecteur en route. 
Pari réussi !!
Que cela soit Faustine à notre époque ou Agathe à la belle époque. 
Un roman qui te narre la destinée de femmes hors normes. 
Il n’y a pas que Faustine et Agathe, ce livre est un roman magnifique sur les femmes, un très bel hommage qu’elle soit mère, célibataire, en couple, mariée ou non.
Je m’arrête et je te parle du roman, désolée tu vas encore avoir droit à une longue chronique.

2014, Faustine se voit confier un article pour le journal pour lequel elle travaille en free-lance un dossier sur la Côte d’Azur de la Belle époque afin de dénicher des anecdotes hors du commun. 
Pour cela, elle va loger chez sa grand-tante Caroline.
Elle ne sait même plus pourquoi elle a accepté si ce n’est la promesse d’un CDI à la clé de la clôture de l’article. 
Elle imagine déjà des thés dansants en compagnie de nonagénaire, et ce village Caussières perché dans la montagne ; que va t’elle y faire ? Son meilleur ami Ismaël a beau la rassurer c’est pleine de préjugés qu’elle embarque à bord du train.
Son arrivée est loin de passer inaperçue, à peine sortie de la gare, Sébastien manque de la renverser et Gaby, l’amie de Caroline, sa grand-tante a l’air d’avoir oublié de venir la chercher. 
C’est dégoulinante de sueur qu’elle arrive à la rue des chats dans la maison familiale et c’est de cette maison que l’idée de l’article va germer.

1906 Agathe; fille de l’hôtelier du village, passe l’été en compagnie de Simon, son meilleur ami, Jeanne et Pierre. Très souvent, ils pénètrent dans la vieille propriété de Gustave d’Aumart, un riche industriel qui a fait construire cette magnifique maison et son jardin arboré pour y séjourner entre octobre et mai. 
Cette villa avec vue sur mer inhabitée pendant l’été où les propriétaires préfèrent partir à Deauville est l’endroit rêvé pour les jeunes gens ; ils sont à l’abri des regards, le concierge dans la confidence les laisse profiter de l’étang où ils y passent des heures de liberté loin des corvées inhérentes à leur condition. 
Justement, cette condition de fille d’hôtelier Agathe n’en veut plus, elle rêve de s’élever dans la société, élève modèle, elle adorait se réfugier dans les romans notamment, de George Sand. 
Quand, un jour, le fils des d’Aumart, Alfred, 15 ans, les surprend sur les terres de ses parents et leur parle de la célèbre Caroline Otero, Agathe n’y tient plus elle doit demander conseil à cette femme qui a su s’émanciper et devenir riche.

Comme tu le vois les deux héroïnes principales du roman sont Faustine et Agathe, mais Clarisse Sabard va te décrire une panoplie de personnages formidables, j’ai aimé chacun d’eux. 
Si j’ai préféré les protagonistes de notre époque, j’ai été passionné par la vie d’Agathe et de ses pairs.

J’ai une tendresse particulière pour Gaby et Caroline, les deux vieilles dames chez qui Faustine va habiter quelque temps. Pleines d’énergie, de repartie, elles sont bien loin de l’image que Faustine s’en faisait. La pétillante coiffeuse Margaux avec qui Faustine va se lier d’amitié, Mamé, Sébastien, Camille, Hammad et ses frères.
Clarice Sabard à travers sa galerie de protagonistes aborde des thèmes et des sujets de société que je ne vais pas te dévoiler.
Faustine et son humour imparable m’ont fait éclater de rire autant en lisant ses réflexions que devant ses gaffes.
Certains d’entre eux m’ont émue.
Ce sont, tous, des personnages, hauts en couleur ; une écrivaine locale de polar ; une blogueuse avec des folloeuses, je te garantis que tu vas avoir Happy de Farrel Williams en tête tout comme la bande-son de Dirty Dancing ; rappelle-toi « on ne laisse pas bébé dans un coin ». (Merci, Clarisse d’être de ma génération)

C’est une des forces des romans de Clarice, tu oscilles entre rire et larmes, mais en plus tu as un suspens constant. 
Faustine en enquêtant sur Caroline Otero va déterrer des secrets de famille, les deux époques sont liées, des ancêtres sont communs, on dirait que le temps agit en miroir ; un éternel recommencement. Qui arrivera à réparer les erreurs du passé ?

"Je ne crois pas que les secrets révélés fassent du mal (...) c'est ce qu'on enfait qui leur donne toute leur intensité. Ce sont les leçons qu'on en tire qui peuvent nous libérer."

Pour ce qui est de la Belle époque et ses courtisanes, les « cocottes », elle m’a passionnée, la vie des gens du village, l’insouciance d’avant la Première Guerre mondiale, Nice et Monte-Carlo destination préférées des riches, Caroline Otero qui s’en fichait des convenances, même si sa réputation était entachée elle est restée dans la mémoire des gens, même aujourd’hui, l’après-guerre Paris et sa Closerie des Lilas, Modigliani, Colette, Picasso.

Agathe va réussir à atteindre le but qu’elle rêvait d’atteindre, mais en sera t’ elle pour autant plus heureuse ? 
Même si c’est une femme en avance sur son temps, qui écrit sous un pseudonyme la flamme de son regard s’éteint peu à peu. Simon, son meilleur ami, peintre doué, a su le capter, détresse d’une jeune fille, d’une jeune femme qui ne sera pas épargnée par la vie, mais qui prendra le taureau par les cornes.
Agathe est un personnage charismatique, attachant qui va te faire vivre le début du 20e et les années 20 que j’aime tant.
N’oublie pas que durant la guerre les femmes ont dû remplacer les hommes partis à la guerre. Beaucoup se sont émancipées même si les mœurs ne sont pas encore celles d’aujourd’hui et sûrement pas dans un petit village de 1089 habitants.

Que te dire de l’écriture de Clarisse Sabard, si ce n’est qu’elle m’a embarqué sans peine dans cette quête des racines de Caroline en 2016 et sur les secrets que renferme la propriété des d’Aumart.
Addictive et fluide, tu tournes les pages cherchant à comprendre comment les deux époques sont liées. 
Quels sont ces secrets oubliés ? Comment les découvrir ? Il n’y a plus de témoins.
Si l’auteure te décrit admirablement ses personnages, il en est de même pour les descriptions des paysages. Embarquement immédiat pour l’arrière-pays niçois, ses sentiers de randonnée, sa faune et sa flore.

Je pense que j’ai un faible pour ce troisième livre de l’auteure et pour les femmes qu’elle a décrites. 
Même si c’est dur, car les lettres de Rose et la plage de la mariée m’avaient déjà tous deux convaincu. Celui-ci est un peu différent ; l’héroïne de départ ne part pas à la recherche de ses origines comme pour les deux autres romans.
Malgré tout, Clarisse est une auteure très douée pour les secrets de famille, les non-dits qui ont encore des retentissements dans le présent.
Deux intrigues, un rythme qui ne se relâche pas, des moments de douceur comme cette réconciliation entre sœur, des moments d’émotion, mais que je tais volontairement. L’humour et la légèreté côtoient des sujets plus graves et douloureux.
J’ai tellement envie que tu découvres par toi-même cette pépite et ces thèmes que je vais arrêter là.




Je te prête les clés du jardin de l’oubli ; quand tu l’auras fini, rends-les-moi ou transmets-les à d’autres lecteurs qui auraient besoin de venir se poser dans ce coin de verdure et réfléchir à leur vie, à des lecteurs qui ont besoin d’une bulle des plus confortables pour quelques heures, les pieds trempés dans l’étang, écoutant la nature te révéler tous ses secrets, témoins vivants du passé.




"Il faut savoir s'émerveiller de ce qui nous entoure : le calme d'une forêt, le chant d'un merle. Le bruissement d'un ruisseau qui coule paisiblement. Quand on sait faire ça, les problèmes trouvent toujours une solution"


Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard - roman contemporain - Belle époque - 432 pages, 19€ - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie le 13 février 2018
vendredi 11 août 2017

[Avis] La plage de la mariée de Clarisse Sabard


Clarisse je l’ai d’abord connue comme blogueuse, une femme que j’adore, une battante, j’ai terminé la plage de la mariée Zoé m’a fait penser à toi, sa force de caractère, son humour et son amour pour les robes des années 50.

La vie de Zoé bascule du jour au lendemain quand ses parents décèdent tous les 2 lors d’un accident de moto, sur son lit de mort la mère de Zoé lui révèle que celui qu’elle a toujours appelé papa n’est en réalité pas son père biologique, sa mère lui demande de le retrouver, le seul indice dont dispose Zoé c’est « la plage de la mariée ».
Zoé décide alors de prendre sa vie en main, elle quitte Nice et ses meilleurs amis, Maxime et Elsa, pour se rendre à Saoz.
À peine arrivée, un peu par hasard, elle entre dans une cupcakerie où Alice, la patronne, lui propose sur un malentendu de l’engager pour l’aider à servir les clients.
Contre toute attente, Zoé accepte après tout elle est là pour retrouver la trace de son père biologique, elle a besoin de travailler et de trouver un logement pour le temps des recherches sur ses racines.

Autant le dire de suite tout le petit monde qui fréquente la cupackerie d’Alice m’a charmée, ils me manquent tous, j’ai l’impression de laisser des amis en refermant le roman.
Gérard, Alice, Betty, Capucine, Gael, Quentin, Evan, Nicolas, Georges, Jérémie, Anita, Mavrick, Mous, Hamza, Hubert.
Clarisse prend le temps de dérouler le mystère qui entoure les racines de Zoé autour de cette cupcakerie, Zoé en débarquant à Plougarmor est loin de se douter qu’elle va se construire une famille non pas de sang, mais une belle et grande famille d’amis, des amitiés sincères et fortes.
Le début du roman a une petite touche fantastique avec cette légende de « la plage de la mariée » ensuite l’auteure vous emmène dans son intrigue, Zoé cherche son père, elle retrouve des amis de se mère et même plus, on l’accompagne de découverte en découverte, le suspens est maintenu tout au long du roman. Un véritable page-Turner, un roman feeling-good comme je les aime.
À côté de cette quête d’identité, il y a tout le petit monde qui entoure Zoé, chacun avec ses failles, ses espoirs et ses attentes.
Clarisse Sabard développe toute une série de sujets, tous intéressants autour de notre héroïne. Une héroïne qui m’a fait penser à Bridget Jones, et ce n’est absolument pas péjoratif, son humour, ses doutes quant à l’amour à son âge, ses troubles devant le beau Nicholas, son envie d’aider les autres quitte à se mêler de leur vie.
J’ai adoré le duo père et fille que forme Gael et Capucine, j’ai adoré l’humour pince-sans-rire de Gégé, Gérard, l’espièglerie de Betty, le bon cœur de Mous et Hamza, Jérémie et Anita, etc.
L’auteure nous parle de l’amour filial, mais aussi de l’amour entre hommes et femmes, de la seconde chance, de l’homosexualité, le deuil, le poids des secrets et des mensonges même s’ils ont été commis pour protéger quelqu’un, nous montre de ne pas se fier à la première apparence, des accidents de la vie, des regrets ou des remords.
Zoé est à la fois forte, elle affronte les soucis et secrets de famille à bras le corps et est une incorrigible romantique même si elle s’en défend.
En plus de l’intrigue j’ai adoré découvrir la Bretagne grâce aux descriptions des paysages et des plats typiques (j’ai eu l’eau à la bouche plusieurs fois), j’ai entendu les vagues s’éclater contre les rochers, j’avais l’impression de voir ces petites maisons de pêcheurs toutes colorées, de sentir les embruns, de voir la marrée montante.

J’ai vraiment adoré chaque moment passé dans la cupcakerie ou dans les bruyères ou encore à la plage, des sujets forts traités avec justesse, délicatesse et en même temps avec beaucoup de fraîcheur et d’humour par le biais de cette galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres.

La plume de l’auteure est maîtrisée, belle, rafraîchissante, j’ai adoré lire les pensées de Zoé mise en italique, j’ai ri à plusieurs moments. Tout comme j’ai énormément ri à cette partie de Loto.

J’ai été émue quand Zoé apprend toute la vérité, je m’étais doutée d’une chose, mais pas de l’entièreté. 
On élabore quantité de scénarios, on doute de chacun des habitants surtout que plusieurs d’entre eux ont l’air d’en savoir beaucoup plus qu’ils ne veulent le prétendre, j’ai été bluffée, car Clarisse m’a mené sur plusieurs mauvaises pistes, à chaque fois je me disais ça y est on va savoir eh bien non, il vous faudra attendre la fin du livre pour avoir enfin toute la vérité, le mystère et le suspens sont constants.

L’épilogue 2 ans après est parfait. J’ai adoré, j’aimerais tant retrouver les protagonistes dans un second tome.
Clarisse, tu as même réussi à m’émouvoir dans tes remerciements.
Il y avait longtemps que je voulais te lire, je l’avoue j’ai peur quand c’est quelqu’un que je connais même si ce n’est que virtuel jusqu’à présent, peur de ne pas aimer et de le dire, car tu le sais je suis toujours honnête dans mes avis, mais là c’est bon, tu m’as complètement charmée.


Saoz et ses habitants vont beaucoup me manquer, je les quitte avec un pincement au cœur. 
Je me console en me disant que j’ai ton premier livre à lire, celui par qui tout a commencé : Les lettres de Rose que je lirai très vite, car j’ai hâte de retrouver ta plume de conteuse, ton écriture toute en finesse cette faculté de traiter de sujets forts en y apportant ta fraîcheur. C’est toi, vraiment.

La plage de la mariée de Clarisse Sabard - roman contemporain, romance - littérature française - 448 pages, 19€ - Édition Charleston - Publié le 17 mars 2017
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