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mercredi 25 avril 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

– Alors tu es prêt ? 
- Prêt pour quoi ? me demandes-tu.
– Pour grimper à bord du bus, celui qui rallume les étoile.
– Un bus qui rallume les étoiles ?
– Oui, mon cher lecteur, c’est Virginie Grimaldi qui m’a fait faire ce voyage la première alors comme je l’ai tant vénéré ce moment (de lecture) je t’emmène moi aussi à la découverte du nouveau roman de l’autrice. 
Je t’embarque dans le road trip de la vie. 

Chère Virginie, si tu me lis, je suis à la fois la lectrice timide, la lectrice fidèle, celle aussi qui cite des passages à mon mari, celle à qui tu offres tant de réconfort, celle qui a cité les blagues de Julien à ses enfants au souper, celle qui rit de tes délires sur Instagram, celle qui pleure et qui rit aussi, autant des deux, oui oui. 
Te lire, c’est chaque fois un moment de réconfort, une bulle de bonheur alors oui ce voyage à tes côtés il est magnifique, merci d’avoir croisé au hasard mon chemin et de m’y avoir fait grimper à tes côtés. 
Te quitter c’est difficile à chaque fois, je suis nostalgique, mais je sais que l’année prochaine je serai là à l’arrêt prête pour faire un nouveau bout de route avec toi. 

À nous, mon cher lecteur, en route pour rallumer les étoiles. 
Viens la route est magnifique
 J’ai attrapé un coup d’amour... ❤️

Anna 37 ans enchaîne les heures de service au restaurant et le repassage pour les voisins tout en élevant ses deux filles ados de 12 et 17 ans. 
Sa vie n’est qu’une succession de mauvaises nouvelles. 
Chloé son aînée brosse les courts, où elle se perd un peu, se cherche, elle veut arrêter le lycée, elle va peut-être partir en Australie, elle en rêve.
Lily se fait harceler au collège, elle est différente des autres et elle, Anna, elle fait l’autruche devant les dettes qui s’accumulent, toutes ces fins de mois difficiles, la goutte d’eau fait déborder le vase déjà bien plein quand elle perd son travail. 
Sur une suggestion de sa grand-mère, elle décide de partir en voyage avec ses deux filles voir les aurores boréales à bord d’un camping-car pour ressouder les liens distendus entre elles. 
Elles ont beau habiter ensemble, elles ne font plus que se croiser. 
Le dialogue est rompu.

Tu vas alterner les voix des 3 personnages principaux. 

Lily qui se confie à son journal Marcel, Chloé qui écrit sur son blog « les chroniques de Chloé » et Anna qui pense, pense et réfléchit en t’expliquant son passé et son présent. 
Elle se confie à toi, ses confessions, ses doutes et ses angoisses tu vas te les prendre en plein cœur. 
Tout comme ceux de ses filles. 
Sur la route elle croise Julien avec son fils Noé, lui aussi voyage en camping, car en compagnie d’un groupe. 
Il y a Marine et Greg, un couple de jeunes mariés ; Françoise et François son mari et leurs enfants, Louise et Louis, 
Et enfin Edgar et Diego, tous deux âgés et veufs.
Tous entreprennent ce voyage pour des raisons différentes que je ne vais pas te raconter. 

Tu ne crois tout de même pas que je vais t’expliquer le voyage en avance ? 
Elle serait où la surprise de la découverte ? Il faut que toi aussi tu t’émerveilles au tournant de la route, en tournant les pages. 
Attention, les bons moments passent trop vite. 

Virginie va autant te faire rire, parfois juste sourire, parfois (très souvent) éclater de rire et puis comme à son habitude elle va te mettre des uppercuts au moment où tu t’y attends le moins. 
Elle réussit à chaque fois à ce que je pose un regard sur ma vie, peut-être parce que nous avons le même âge, mais je me retrouve tellement dans les questionnements de ses personnages. 
Elle aborde, comme je te le disais, des thèmes forts tout en gardant tout au long du roman beaucoup d’humour, la petite Lily m’a fait mourir de rire avec son langage, j’ai adoré l’homme aux chemises de bûcheron qui chuchote aux oreilles des camping-cars, j’ai été attendrie, j’ai écouté avec beaucoup de bienveillance et de respect mémé, Edgar et Diego.

Le fil conducteur du roman est ce road trip entamé pour qu’Anna rétablisse la communication avec ses filles, qu’elle aime par-dessus tout, étant maman je me suis sentie très proche d’elle. 
Ses attaques de paniques, ses angoisses, son espièglerie, sa force et ses faiblesses font d’elle un personnage inoubliable. 
Une femme forte, pas brisée du tout au contraire de ce qu’elle pense. 
Chloé et Lily vont aussi beaucoup découvrir sur elles au cours de ces deux mois, sur elles et sur leur maman qui, finalement, elles ne la connaissent pas si bien que ça. 

Je me suis sentie aussi très proche de Chloé encore plus que d’Anna pour son hypersensibilité, son besoin d’être aimée, son empathie, son mal-être. Petit bout de femme de 17 ans qui m’a fortement touchée dans toute sa pudeur et sa sensibilité. 
Une jeune fille lumineuse quand elle baisse la garde. 
Je ne t’oublierai pas de sitôt. 
Je voudrais avoir lu ce roman à mes 15 ans, mais du haut de mes 2 x 20 + 1 (bientôt) tu m’as donné une sacrée claque.

Lily, la comique, elle prend tout au second degré, elle te fait des jeux de mots, mélange des proverbes et des citations, différente ouï, mais tellement attachante, elle est en colère contre leur père Mathias, même si elle ne montre, ni ne dit pas qu’elle est touchée par cette séparation. 
Mathias habite Marseille, il téléphone souvent à ses filles, mais elles ne le voient que peu. 
Lily apporte beaucoup de légèreté au récit, elle est, elle aussi attachante, mais comme le sont chacun des protagonistes que tu vas rencontrer. 
Pas un ne m’a déçu, tous apportent quelque chose au roman. 

Comme je te le disais de nombreux sujets sont abordés au cours de la lecture, certains plus graves que je vais taire et que tu découvriras comme moi au fur et à mesure des pages et des kilomètres. 
Tu liras entre autres les difficultés du deuil, du divorce, de l’autisme, de l’argent quand il y en a trop ou qu’il n’y en pas assez, celui-là décidément il ne fait pas le bonheur, du droit à la différence, le mariage, la façon de voir la vie à différents âges (à l’adolescence, quand tu es adulte et plus âgé à la façon de mémé la grand-mère de Anna et de Diego), de la difficulté d’être mère ou père. 

Elle te fait surtout comprendre que ce que tu penses dramatique au moment où une tuile te tombe dessus, plus tard tu te rendras compte que finalement ce n’était pas si grave que ça. Elle te montre le chemin du soleil après la pluie. 

"Qu'il y aura toujours quelqu'un qui te critiquera, et que ça ne veut pas dire que ce n'est pas bien."

"Tout au long de notre vie, on juge ce qui nous arrive, on se réjouit, on se lamente. Pourtant on ne saura qu'au dernier moment s'il y avait lieu de se réjouir ou de se lamenter. Rien n'est figé, tout évolue. Ne sois pas triste aujourd'hui, car ce qui t'arrive est peur-être un grand bonheur."

C’est le grand chemin de la vie que tu accomplis à bord de ce camping-car et de ceux qui les accompagne, de l’amour, celui avec un grand A, celui qui fait mal celui qui te met des papillons dans ventre, celui qui part avec perte et fracas, l’amour maternel et paternel, tout cela écrit avec poésie, légèreté, humour et les sublimes descriptions des lieux que Anna et ses filles vont découvrir. 

(Je suis prête, ma valise est faite, je suis prête moi aussi à découvrir tous ces pays du Nord, c’est un de mes rêves en plus, je suis plus attirée par les pays du Nord que par ceux du Sud.)

Virginie Grimaldi signe une fois de plus un splendide roman, la famille au centre de son livre, la famille avec ses joies et ses peines, les souvenirs que l’on se forge, les moments heureux et ceux plus durs où l’on se serre les coudes, les doutes que l’on traverse. 

Les personnages ont tous une psychologie fine, aiguë, pointue, je te l’ai dit je me suis sentie à la fois très très proche de Chloé, je me suis tellement reconnue en elle et à la fois en Anna pour le profond amour qu’elle voue à ses filles. (Je sais que vous me lisez mes trolls, surtout toi ma grande, je t’aime de l’infini à l’au-delà. Ton frère et ta sœur pareils, vos rires et vos sourires, vos coups de gueule et vos disputes tous ces moments je les chéris, papa aussi .) 

Quantité de passage m’ont émue, ce que j’admire chez Virginie Grimaldi c’est sa faculté à te décrire parfaitement les émotions de ses personnages, d’aborder des thèmes durs, je pense surtout à un, sans en faire des tonnes. Tout est mesuré, parfaitement dosé. 
C’est parfois juste effleuré, mais il ne t’en faut pas plus pour que tu comprennes ce que Virginie veut te dire. 
Chaque phrase, chaque mot, est posé au bon moment, au bon instant, on ne va pas dans la surenchère, mais toujours dans la justesse et toujours avec cette sensibilité et profonde délicatesse qui caractérise pour moi, si bien, magique Virginie. 
Virginie Grimaldi c’est la Mary Poppins des sentiments. 

Virginie, je m’adresse une dernière fois à toi, je ne t’ai encore jamais rencontré, mais je sais que tu es une belle personne, une personne lumière comme je les appelle. À chaque fois, j’ai l’impression que tu l’as écrit pour moi ce livre. Alors Merci. 
Je n’ai vraiment pas envie de quitter les personnages ni de fermer ton livre, je le laisse entre les mains de d’autres lecteurs qui, je le sais, l’aimeront autant que moi. 

(J’ai attrapé un coup d’amour un coup de) je t’aime

Des citations du livres rien que pour toi mon cher lecteur, lis comme c'est beau et criant de vérité !

"Rire est la meilleure doublure des larmes."

"Les filles se sont endormies tôt, je n'y arrive pas. Je pense à Marine, Greg, à ces personnes que l'on rencontre et qui ont plus d'impact sur notre vie que celles qui la partagent. Je pense à ces chemins qui se croisent et se décroisent."

"Peut-être que les hommes sont comme cendrillons, ils se transforment après l'amour."

"Certaines personnes aiment les surprises, moi je rêve de ne plus en avoir"

"Tout ce que je ressens est décuplé. Je grouille d'émotions, je fourmille de sentiments. Je pleure souvent. De tristesse, de joie, de rage. Je m'oublie au bénéfice des autres.
J'ai tellement d'empathie, je peux tellement comprendre les autres que j'en suis influençables. Je suis incapable d'avoir un avis tranché. 
Je ne m'aime pas. Mais ce n'est pas grave, tant que les autres m'aiment. 
Je me juge constamment. Avec sévérité.
Mon cerveau n'est jamais au repos, mon imagination est une machine de guerre. (...)Je suis toujours en hypervigileance. (...)Lorsque j'entends parler d'un fait divers, je me mets à la place des victimes. Je vis les scènes comme si j'y étais. 
Je suis lucide. Trop.
mais ça a aussi des bons côtés.
Je suis une bonne amie, qui comprend, qui ne juge pas.
Je me remets facilement en question.
Je suis attentive aux jolies petites choses que l'on croise souvent sans les voir.
Mes joies sont décuplées. Un rayon de soleil, une odeur de lilas, les illuminations de Noël font monter en moi des bouffées de bonheur."  --> c'est moi ça tout à fait, comment as-tu su Virginie ???

"On venait de se faire mettre Ko par la beauté du monde"

"En fait j'ai peur d'avoir peur. J'ai peur de moi."

"Les parents sont des funambules. On marche sur un fil tendu entre le trop et le pas assez, un colis fragile entre les mains."

"Ps : t'as remarqué qu'à une lettre près, autiste, ça fait artiste."

"C'est douloureux ce passage entre l'enfance et l'adolescence, quand les illusions volent en éclats et les rêves se fracassent contre la réalité. Je regrette terre candeur confortable, ce monde épargné où les bobos s'envolent en un dodo. (...) J'avance vers la majorité en semant les petits cailloux d'innocence. Je ne veux pas tous les perdre."


"Plus tard, (...) j'ai songé que nous autres, humains, serions bien emmerdés si on n'était pas doté du rire. On serait obligé de toujours afficher nos vraies émotions."

Voila toutes ces citations me parlent à moi, il y en a bien d'autres mais je ne vais pas te copier tout le roman, à toi de trouver les tiennes, celle qui te parlent à toi. 

A demain avec un nouvel avis :) 




Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi - roman contemporain - 396 pages, 18,50€ - Édition Fayard, en librairie le 2 mai 



mardi 3 avril 2018

[Avis] L'aile des vierges de Laurence Peyrin



Alerte coup de cœur, oui je te le dis d’emblée. 
Aujourd’hui, je te retourne pour te parler du nouveau roman de Laurence Peyrin, j’ai lu ses 4 romans, mais tu trouveras la chronique de Miss Cyclone, son ouvrage précédent, ici.
J’aime tant l’écriture de l’autrice, celui-ci est mon préféré des 4 ; rendez-vous est pris pour le prochain. 
Laurence fait partie des autrices dont je lis les livres les yeux fermés sans même regarder le synopsis ; tu le sais, j’aime me laisser le plaisir de la découverte. 

Quelle aventure j’ai vécue ! Maggie, je t’aime. Maggie, tu es entrée dans mon cœur, ton histoire, ton destin ont été les miens. 
Comme j’aimerais que tu existes, que l’on puisse discuter à deux. 
Femme inspirée et inspirante.
Merci infiniment, Laurence, d’avoir écrit cette histoire, j’en ai chéri chacun des aspects. 
Roman à multiples facettes, mon cher lecteur, je vais tenter de t’expliquer ma tendresse infinie pour ce livre.
Tout commence avec Maggie, en 1946 tu remontes avec elle l’allée qui mène à Sheperd House dans le comté du Kent, comme elle tu sentiras tes pas lourds, ton esprit qui résiste sur ce futur travail indigne de ton héritage. 
Sa grand-mère Augusta O’Neill avait été infirmière, membre de l’union sociale et politique des femmes et suffragettes très engagée ; sa mère, quant à elle, Elizabeth, avait toujours refusé de porter le nom de son mari, mettait des pantalons et a élevé Maggie comme dans cet esprit : les femmes peuvent parler de tout haut et fort, décider pour elle même et être indépendantes. 
Des femmes militantes très en avance sur leur temps. Maggie a dû renoncer à sa carrière de médecin qu’elle rêvait de devenir, par la force des choses, sur les conseils du docteur Heady, elle a été engagée comme femme de chambre pour les Lyon-Thorpe. Pour elle, c’est une horrible régression. 
Où sont passés ses rêves ? 
Qu’en penseraient ses aïeuls ? 
Maggie se sent perdre le peu de dignité qu’il lui reste.
Elle ne le sait pas encore, mais ce jour où elle a franchi la porte aux armoiries de lion changera sa vie à tout jamais.

Comme te décrire Maggie ? 
Elle aussi a des idées bien ancrées, en avance sur l’époque. 
Résolument socialiste, elle défend, autant qu’elle le peut, les femmes. 
Peu importe si ce n’est que dans la cuisine du manoir des Lyon-Thorpe ; une fois qu’elle a un os à ronger, elle ne le lâchera pas. 
Ni Colin, ni la gouvernante Bertha et sûrement pas Pippa-ma-chère, encore moins, son époux Sir John, ne la feront taire. 
Baisser les yeux ? Jamais, si une injustice est commise c’est en déesse Thémis que Maggie se change.
Nul être au monde ne la fera dévier de sa ligne de conduite, de ses objectifs et de ses ambitions.
Aucun homme ne décidera à sa place. C’est sa vie !
Je me suis prise d’empathie immédiatement pour ce personnage fort et marquant, je pense que tu l’as compris.
Je ne peux ni te raconter son passé avant 1946, ni son avenir ; sache juste que cette jeune femme de 26 ans engagée et engageante va prendre Kitty, sa collègue, sous son aile, puis ce sera Sir Albert, le grand-père de John ; seule Maggie a l’air d’attacher un tant soit peu d’attention à ce vieux monsieur, perdu dans son passé auprès de sa chère Clemmie, puis un pauvre chaton abandonné rachitique.
Maggie prend les plus faibles sous son aile.
Une façon d’être qu’elle gardera toute sa vie.
De l’amour elle en a à donner, féministe, elle l’est, mais romantique aussi ; elle adore par exemple Scarlett et Rhett d’"Autant en emporte le vent", son livre de chevet est « La ferme africaine » de Karen Blixen (d’ailleurs, j’ai envie de relire ce roman grâce à elle).
Une seule personne va éroder ses convictions : Sir John.

Maggie est quasi un roman à elle seule, mais ce serait vraiment injuste que je ne te dise pas quelques mots sur cette galerie de personnages que j’ai rencontrés.
Je me les suis tous imaginé, je les ai vus interagir à la table de l’arrière-cuisine, me passionnant pour leurs discussions, un microcosme que Maggie explore au début comme une anthropologue.
Kitty ; un peu plus âgée que Maggie, mais tellement innocente ; Colin, même si l’entente avec lui c’est comme l’eau et le feu je l’ai malgré tout aimé, tout comme sa femme Bertha ; Bernard le discret et loyal majordome ; Baptiste fidèle et dévoué à Sir John ; même Pippa-ma-chère, je me la suis figurée dans un tourbillon de soie rouge figée dans son boudoir le thé à la main.
Ce cher docteur Heady, une figure paternelle, un homme bon. Plus tard, il y aura Richard, son meilleur ami, Bob et David.

Bien sûr que je vais te parler de Sir John, ce Rhett Butler anglais.
Un homme charismatique, son titre lui pèse. 
Il voudrait juste pouvoir retourner en Afrique combattre les trafiquants d’ivoire, mais il a promis de gérer les affaires familiales jusqu’à la majorité de son fils aîné, une parole engagée est une parole qu’il garde même s’il a des regrets. 
C’est une parole donnée, il ne déviera pas de sa trajectoire. J
uste et loyal. Honnête, droit, mais libre. 
Les joutes verbales avec Maggie sont délicieuses à lire.
Le féminisme de Maggie l’amuse ; il ne s’en offusque pas du tout. Pas même quand elle critique la noblesse anglaise dont il fait partie.
« Aime et fais ce que tu veux » Voilà ce qu’il dit, une citation de Saint-Augustin.
Oui, je l’avoue, il m’a fait, succomber.

Je ne veux surtout pas te spoiler ce riche ; fort et bouleversant roman ; je vais donc m’arrêter là pour ce qui est du pitch et des protagonistes.

Tu te doutes que j’ai aimé l’écriture. C’est même plus que cela, je l’ai absorbée, j’ai décortiqué chaque phrase, j’ai bu chaque mot ; j’ai avalé chaque dialogue et digéré tout cela sur le final à la hauteur de ce que j’imaginais et qui m’a à la fois fait sourire et tiré des larmes.

Autant te prévenir, il est hautement addictif. Assure-toi d’avoir quelques heures devant toi ; une fois commencé je ne voulais plus quitter Maggie, je voulais tout connaître d’elle, de ce qu’elle allait faire et choisir.
Je t’avoue que j’ai préféré la première partie, mais j’ai été émue dans les deux. L’autrice m’a fait ressentir chaque sentiment de Maggie, ses joies et ses peines, son amour et sa dévotion pour les autres. Ses secrets, le poids de son passé, les obligations de son présent.
Cette femme, hors du commun, inspirée et inspirante.

Laurence Peyrin ne le sait sûrement pas, mais elle-même m’inspire avec ses romans, par ses personnages féminins forts et si justes.
Ils ont des failles ; ce n’est pas des happy ends tout le temps non, c’est la vie avec ses hauts et ses bas, les hommes et femmes avec leurs qualités et leurs défauts.
J’aime la construction de ses récits, j’aime les thèmes qu’elle aborde, j’aime ses descriptions qui sont là sans être là, parfaitement dissimulées dans le texte.
Une écriture visuelle, cinématographique qui te permet de sentir les embruns soufflés par le vent de l’Atlantique sur les falaises entourant Folkestone.
Je regardais par la fenêtre de l’aile des vierges le labyrinthe d’ifs, j’ai rêvé de l’arbre à pièce. J’ai tourné les pages, m’imprégnant des lieux, du temps, des odeurs.
Je choisis volontairement de taire les autres lieux que tu vas visiter au cours de ta lecture, comme dans le comté du nord de l’Angleterre je n’ai eu aucun mal à me les figurer.

Maggie osera-t-elle s’affranchir des principes de sa mère et grand-mère, ne veut-il pas mieux être seule, malheureuse, mais pas désespérée pour mener à bien sa carrière, ses ambitions ? 
Peut-elle vraiment tout quitter par amour ? 
Ces femmes solides féministes et engagées étaient-elles aussi libres que Maggie le pense ?
Un combat, une bataille à mener suffiront-ils à son bonheur ? 
Entre sacrifices, choix, avancées historiques et politiques, Laurence Peyrin t’entraîne dans une formidable histoire d’amour, pleine de romantisme, de sacrifices, des choix difficiles, de deux âmes sœurs qui se sont rencontrées au mauvais moment, la vie et ses tourments. 

De l’histoire des femmes qui ont marqué les époques, de la politique sociale, l’autrice écrit un livre comme un prisme qui reflète mille couleurs. 
Chacune de ses faces t’apprendra quelque chose sur toi, sur des protagonistes ou sur notre héritage. Une destinée splendide d’une héroïne que je n’oublierai jamais (en plus, elle aime le même passage que moi, quand je dois citer un film ou un roman parmi 3 Autant en emporte le vent et Scarlett en font toujours partie, une de mes scènes préférées Scarlett debout sur les terres familiales une poignée de terre en main)

Maggie je te vois t’encourir vers ton destin dans ta robe de crêpe à pois rouge. Vas-y ; envole-toi ; ton destin n’attend que toi, maintenant je te laisse entre les mains de d’autres lecteurs que tu feras, à coup sûr, succomber aussi.


« L’amour c’est ce que les mots ne peuvent pas dire »


L'aile des vierges de Laurence Peyrin - roman contemporain, littérature française - 468 pages, 20.50€ - Édition Calmann-Levy, en librairie le 28 mars 2018
mercredi 21 mars 2018

[Avis] Les filles de l'astrologue, tome 1 de Laurence Schaak et Françoise de Guibert



Mon cher lecteur je te trouve avec le premier tome d’une nouvelle saga YA passionnante et originale. Vite le solstice d’été 2018 pour poursuivre les aventures de Thérèse, Ariane, Philomène et Soledad.


Si tout n’est pas parfait dans ce premier opus, c’est un très bon tome qui annonce une saga vraiment prometteuse.
J’avais lu une autre saga YA qui se passait aussi à l’époque de Louis XIV sauf qu’ici tu es au moment où les astrologues sont bannis de la société, emprisonné, voire pire. 
Considérés comme des charlatans, des suppôts du diable c’est une véritable chasse aux sorcières qui est lancée dans toute la France.
Germain Lavol de Sauvignac est parti à Toulouse pour régler une affaire avec Mr Dautant. 
Les sœurs et leur cousine, Soledad, reçoivent une lettre de Germain, Thérèse sa fille aînée doit le joindre au plus vite à Toulouse afin de conclure la transaction et sauver ainsi le domaine familial. 
Quand Thérèse arrive à Toulouse en compagnie de Soledad et se présente chez les Dautant celui-ci refuse de lui dire où est son père.
Il est en compagnie d’un homme inquiétant et à l’air d’avoir peur de parler devant lui. Armand, le fils Dautant révèle aux deux jeunes filles que germain Lavol a été arrêté et emprisonné à Paris. 
Dès lors, Thérèse, les jumelles Ariane et Philomène, leur cousine Soledad n’ont qu’une chose en tête faire libérer leur père en prouvant que c’est un homme de science, un érudit, bon et pieux. L’entreprise des jeunes filles va s’avérer des plus difficiles les planètes ne se sont pas alignées en leur faveur. 
Elles qui n’ont jamais été séparées ni quittés le domaine familial vont devoir apprendre à leur dépend à être forte et de ne jamais baisser les bras. 
Quoique les étoiles ou leurs thèmes astraux en disent.

C’est dans une grande aventure que te mènent les deux auteures, une aventure riche en rebondissements avec des descriptions de lieux très joliment écrites, moi qui ne suis pas française je n’ai eu aucun mal à imaginer Toulouse, les montagnes des Pyrénées, la baie de Collioure, Perpignan, la Cour des Miracles, Versailles en pleine construction, etc.
J’aime aussi que les auteures développent la psychologie des 4 héroïnes en nous les faisant connaître chacune leur tour.
Des jeunes filles qui vont évoluer au cours de ce premier opus, l’innocence de l’enfance s’en est allée.
Ce roman est construit un peu comme le schéma narratif des contes. 
La situation initiale, l’élément perturbateur, les péripéties, etc. 
Tu as tout ceci et des péripéties on peut dire que les filles de Germain Laval vont en vivre.

Concernant nos protagonistes à un moment donné elles vont devoir se séparer, soit parce qu’elles en ont décidé comme cela ou contre leur gré. 
Toutes sont déterminées à s’en sortir. 
4 caractères différents avec la même volonté d’aboutir à leur quête, coûte que coûte : sauver Germain leur père et oncle. 
Même si les aides qu’elles vont recevoir sont parfois faciles, elles leur tombent dessus sans que vraiment elles ne doivent combattre ; j’ai malgré tout aimé cet aspect. 
Les auteures par ces gens nous montrent que les apparences sont trompeuses.

Philomène et son don m’intriguent beaucoup, mais je ne préfère pas te dire de quoi il s’agit ; Ariane l’érudite comme son père est sans doute celle qui évolue le plus, elle prend beaucoup de maturité, Thérèse l’aînée des filles n’est pas prête à céder au chantage, mais peu à peu son caractère farouche va s’éroder à la rencontre de « le poudreux » quant à Soledad elle a plus d’un tour dans son sac, même si elle rêve de retrouver le faste qu’elle a connu en Espagne, même si elle te paraît parfois bien superficielle ou écervelée elle tient à ses cousines et veut par-dessus tout aider cet oncle qui l’a recueillie alors qu’elle n’avait plus ni famille ni argent. 
Il la considère comme ses filles. 
Téméraire et rusée, elle me fait craindre pour la suite.

Les écrivaines nous laissent avec pas mal de questions sur l’avenir, aucune carte du ciel ne t’indique ce qu’il adviendra des demoiselles Laval.
Au cours de leurs pérégrinations, certaines d’entre elles vont connaître les premiers émois, je salue une fois de plus Laurence Schaack et Françoise de Guibert de ne pas avoir trop insisté là-dessus ; Cupidon n’est pas loin, mais pas tout près non plus.

Comme je te le disais, un très bon premier opus, qui pose les jalons de la saga. 
Rien ne prend le pas au détriment de l’intrigue, l’astrologie est passionnante, mais pas trop présente, c’est intrigant, cela donne un aspect assez innovant à la série.
Des protagonistes bien développés, mais qui restent avec ou des questions ou des soupçons, je pense au balafré, à Poudreux, au roi des Framboises, à Camélia. 
À cet objet unique que doit cacher à tout prix Ariane sur ordre de son père. Il ne doit pas tomber entre de mauvaises mains.
Tu vas croiser des personnes célèbres, soit juste citées comme Nostradamus ou Galilée ou en chair et en os comme Edmond Helley, célèbre astronome britannique.
La fiction côtoie la réalité, peut-être que ces noms ne diront rien aux plus jeunes, mais les explications données par les auteures sont suffisantes pour en faire des personnages à part entière.
L’aristocratie parisienne, et en général, est décrite de manière caustique, des gens qui ne pensaient qu’à plaire au roi Soleil, frivoles et manipulateurs, un climat de délation règne partout en France. Chaque parole peut être mal interprétée et te valoir la prison.


Il me tarde vraiment de lire la suite, comprendre qui en veut tellement à Germain Laval, pourquoi l’avoir dénoncé au roi Louis XIV ? Que vont entreprendre les filles ? 
Philomène saura-t'elle utiliser son don sans danger, Ariane arrivera-t'elle à se défaire de sa promesse, Thérèse retrouvera-t'elle celui qu’elle aime et Soledad ne court t’elle droit devant le danger. 
Elles sont toutes à un croisement, elles ont des décisions à prendre, mais comme le dit la quatrième de couverture les astres inclinent, mais ne contraignent pas. 

Verseau, Capricorne et Lion leurs signes astrologiques auront ils une influence sur leur vie passée ou future ? 
En tout cas, la présentation de leurs thèmes astraux que nous font les auteures en début de livre est en adéquation avec ce que l’on retrouve dans le récit.

Les filles de l'astrologue, tome 1 de Laurence Schaak et Françoise de Guibert - Roman jeunesse, littérature française, Paris, Louis XIV - 352 pages, 14.90€ - Rageot Éditeur, en librairie le 21 mars 2018
lundi 12 mars 2018

[avis] La chambre des merveilles de Julien Sandrel



À la vie, à la vie

Une fois, n’est pas coutume, mon cher lecteur, je commence à t’écrire mon ressenti, en citant les derniers mots de Julien Sandrel dans ses remerciements, je ne vais pas te spoiler ce splendide, rayonnant, lumineux roman. Ne crains rien, ces mots ne te donneront aucune indication sur le final du livre

Si tu me suis sur Instagram, tu auras vu que j’avais montré à la réception du livre sa couverture et la quatrième en story, les retours avaient été nombreux, beaucoup m’ont écrit pour me dire que ce roman avait l’air très touchant et que j’allais pleurer.
Ne t’inquiète pas, si tu ne me suis pas sur Instagram ; je te remets le tout ici. 
Pourquoi ? Parce que j’ai besoin que tu lises ces mots avant de te donner mon avis.



Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…



Tu as lu, maintenant je t’explique. 
Quand j’ai reçu le livre, je me suis dit que je devais attendre d’avoir un moral d’acier avant de commencer à lire ce roman. Je m’attendais à être bouleversée, pleurer. J’ai esquivé comme Thelma pour mieux me préparer à affronter.
C’était vrai, mais pas pour les raisons que je pensais. 
Ce n’est pas la chambre des merveilles ; c’est le livre des merveilles. Merci infiniment, Julien Sandrel, pour ces mots.
Ce livre a résonné encore plus fort en moi, car Thelma a le même âge que moi et que Louis a le même âge que ma plus jeune et crois-le ou non si elle avait été un garçon ; cela aurait été son prénom.
Je dis souvent que les livres arrivent entre mes mains grâce au destin qui les met sur mon chemin. Que ces livres magiques m’apportent quelque chose personnellement, qu’ils me poussent dans mes retranchements ou me font réfléchir sur la vie, ma vie.

Inutile que je te résume le livre je t’ai mis la 4e qui t’en dit suffisamment.
Je rajoute ceci, ce mot, merveille, il est totalement adéquat pour qualifier le livre, car c’en est une. Thelma va voyager au cours de ce roman et voir des merveilles du monde, le cahier de Louis s’intitule « mon cahier des merveilles ». Tu vois un peu combien ce titre est évocateur.

La chambre des merveilles, car, en effet, pour les proches et moins proche de Louis, pour des inconnus aussi ce que sa mère va entreprendre pour lui montrer qu’il doit s’accrocher, se battre va l’aider elle, mais, ces étincelles de vie, cet amour profond viscéral qui explose comme un feu artifice va éblouir tant de monde.
Non seulement dans le roman, mais toi aussi tu verras la vie en couleur en le lisant.

Pendant quasi toute ma lecture, j’ai entendu les paroles de Jean-Jacques Goldman « À nos actes manqués » résonner dans la tête. 
cadeau le lien de la vidéo : clique ici 

Thelma l’héroïne va entamer un road-trip de la vie, une course contre la montre, une montre qui s’est arrêtée un samedi 7 janvier à 10 h 32.
Thelma va donc voyager pour réaliser ce que son fils a écrit dans son carnet.
Des rêves, des buts à atteindre, parfois ils sont simples, parfois plus compliqués. Grâce à eux, Thelma va entreprendre un voyage tout autre, introspectif cette fois.

"J'allais partir à la rencontre des rêves de mon fils, les vivre pour lui, les enregistrer, en audio et vidéo, et les lui faire partager. J'allais en prendre l'engagement solennel. Je ne pourrais ni revenir en arrière ni le décevoir. Je ne savais pas s'il y avait un ordre défini, et je ne voulais pas que tout ait l'air préfabriqué. Il faudrait donc que je découvre le programme au fur et à mesure."

Thelma n’a jamais été proche de sa mère, une soixante-huitarde, geek ; Louis va être ce pont entre elles deux.

"En cherchant à réveiller mon fils, je m'étais endormi petite fille. Lovée au creux de ma mère."

La relation entre elles est aussi belle à lire que celle de Thelma et Louis. Un amour incontestable.
Louis va aussi faire entrer dans la vie de sa mère Charlotte l’infirmière, Edgar, Isa ou Dora. Tous ensemble ils sont dans le même wagon de train, sur le même bout d’île, celui des rescapés.

Julien Sandrel réussit ce tour de force de narrer des épisodes douloureux et dramatiques et de te faire rire. À chaque page tournée, c’est la vie qui surgit et l’espoir, rien n’est jamais perdu. 
Ce livre c’est une torche allumée dans la nuit noire. 
Je te l’ai dit, il est lumineux.

Il déclame ses mots comme de la poésie, c’est doux comme du velours, ils coulent tout seuls en toi, ils te prennent à la gorge, ils roulent de tes yeux. 
À aucun moment, l’auteur n’en a fait de trop.
C’est un livre sur la vie vraiment ; c’est un livre qui te rappelle que tu peux arrêter de courir, la vie n’attend pas, prend le temps pour toi et tes proches. 
Il dénonce sans jugement aucun cette société de consommation, consommation du temps, des gens, des familles, des produits.

Devant tes yeux surgit au milieu du quartier de Shibuya un énorme panneau-Stop ; pose-toi 5 minutes avec moi. Laisse couler. Voilà, c’est bien
À Budapest, tu vas voir ta vie à travers celle de Thelma tel un prisme qui reflète la lumière créant mille et une couleurs
À Londres, dans le quartier de Notting Hill tu vas réfléchir à la personne que tu seras dans 10 ans. Tu vas lui écrire et la conseiller, la remettre sur le bon chemin. 
Thelma s’est égarée en route, elle était carriériste, elle a compris que là n’était pas son vrai bonheur et toi, mon cher lecteur, tu vas aussi, j’en suis certaine, réfléchir à ce que tu te dirais. Je l’ai fait, mais je ne peux pas te le révéler, on se donne rendez-vous dans 10 ans et là c’est une autre chanson qui prend le relais de ma chronique : « Place des grands hommes » de Patrick Bruel (tu m’excuseras ce sont des chansons de ma génération)

C’est fou ce qu’un crépuscule de printemps
Rappelle le même crépuscule d’y a 10 ans
Trottoirs usés par les regards baissés.
Qu’est-ce que j’ai fait de ces années ?

Revenons au roman. 
Comment te dire à quel point Julien Sandrel a bousculé ma vie de lectrice ? 
Tu sais un livre qui te marque, un roman qui fait écho en toi, comme si l’auteur te chuchotait à toi et à toi seul son histoire.

Je m’attendais à lire une épreuve et c’en est une, mais totalement différente que celle à laquelle je m’attendais. 
Les personnages du livre sont hauts en couleur, oui tu as raison comme la couverture, mais tu sais même les titres des chapitres, ils sont bien pensés. 
Tout est relié dans ce livre. 
Rien n’a été laissé au hasard.

Tu lis à travers Thelma, sa souffrance, son réveil à la vie, sa volonté de croire en son fils et sa façon de lutter. 
Poings levés tête haute, elle souffle une fois deux fois et c’est parti. Elle n’a pas le temps de s’apitoyer. 
La grand-mère est fantastique, j’ai adoré ce personnage, sa philosophie de vie, sa manière de penser et parler.
Charlotte, Edgar sont aussi des êtres touchants, des personnes ordinaires, Julien Sandrel fait d’eux tous des personnages extraordinaires. 
Et les enfants Louis, bien sûr, et Isa ou Dora c’est comme tu veux. 
Louis il a beau être, dans le coma il entend, tout ce qui se passe dans sa chambre, plus fort encore il entend et comprend les silences. Le temps de quelques pages c’est lui qui devient narrateur et te livre comment il réagit à tout cela et ce qu’il en comprend.

"Dans la voix de maman, il y avait des trucs à comprendre ces derniers temps. Trois, pour être précis. Trois trucs que maman ne m'a ^pas dits mais que j'ai quand même compris"

L’écriture je t’en ai déjà parlé un peu, elle est fluide, elle est onctueuse comme une mousse au chocolat ; elle coule comme du miel. 
Avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, il va faire parler ses personnages. 
Il va les faire réfléchir, relativiser et à ton tour tu vas relativiser. 
Bien sûr, j’ai adoré les citations de films ou de chanson des années 90, mais tu vas aussi rencontrer Louane ou maître Gims.
Tu vas voyager et voir les lumières de Tokyo, tu vas te défenestrer comme Thelma et Amélie Nothomb dans « stupeur et tremblement ».
Japon, Hongrie, Angleterre, retour en France à l’hôpital Robert Debré chambre 405.
Tu vas t’asseoir sur un banc le long de la Seine et comme Thelma réfléchit sur la sienne tu vas réfléchir à la tienne.

Il écrit 4 semaines de peines, de joie, d’espoir et de désillusions, d’éclat de soleil qui rend aveugle puis ce tremblement de terre immense affreux qui a éclaté les fondations, les fondements et sous bassement de la vie de Thelma ce 27 janvier à 10 h 32.

Je sais, je te laisse beaucoup dans le flou, je te raconte peu, mais je te donne mes émotions, fortes. Je te donne mes sourires, mes rires et mes larmes et te dis :
Lis ce roman, il va te faire du bien. Ce n’est pas un livre douloureux, même si certains passages sont chargés en douleur, mais il est lumineux.
C’est vraiment une petite merveille que Julien Sandrel a écrit là. 
Un homme qui a si bien compris une femme.

Philosophie de vie, manière de penser, réflexion, pleine de vérité trop souvent oubliées.

Il aura un écho plus fort aux personnes de mon âge, je pense, mais je ne peux vraiment que le conseiller. 
Rien n’est de trop, rien n’est à enlever ou changer c’est une palette pleine de couleur, les couleurs de la vie

À la vie, à la vie.



Merci Calmann Lévy pour cet envoi surprise, il a trouvé la porte de mon cœur, je passe la clé à d’autres lecteurs qui j’espère passeront le flambeau et diffuseront à leur tour ce roman fabuleux.


La chambre des merveilles de Julien Sandrel - roman contemporain - littérature française - 272 pages, 17.90€ - Edition Calmann-Levy, en librairie le 7 mars 2018
vendredi 19 janvier 2018

[Avis] Heroes de Battista Tarantini



Poum-Poum. Poum-Poum

Mon cher lecteur, Poum-Poum c’est le bruit de mon cœur à mon retour de l’Outback où mon cœur a explosé d’amour.
Oui encore une romance, mais non pas une romance. Si, mais pas seulement, tu veux du super héros ? Tu veux des gens ordinaires qui deviennent extraordinaires ? 
Tu veux des êtres aux cicatrices visibles et invisibles ?
 Des cœurs meurtris au propre comme au figuré ? Des êtres qui ne savent plus ce que c’est que vivre ? Alors, lis Heroes.

Battista c’est la première fois que tu apparais sur ce blog, mais ça fait un moment que je te lis. J’ai toujours eu peur d’écrire un avis pas à la hauteur de ce que tu m’apportes. 
Avec ce roman, tu m’as redonné un gros souffle d’espoir. Merci même si je suis déchirée de devoir quitter Z et Grace.
Je l’attendais beaucoup, ce roman. 
Les phrases que tu nous livrais en attendant la sortie, le dessin du talentueux William de Rosa me disaient déjà que j’allais l’aimer ce livre et que j’allais vivre un voyage intense et douloureux, mais que je l’aimerais cette souffrance, car tu as le don de traiter de thèmes dramatiques, de sujets qui nous font réfléchir tout en nous insufflant une bonne dose d’espoir, tu as l’art de nous faire réfléchir en même temps et c’est totalement réussi, la tension et les sentiments montent crescendo pour terminer en apothéose.

Premier chapitre passé au côté de Grace, première page du prologue ;c’était bon pour moi, j’étais partie moi aussi à l’autre bout du monde avec le cœur qui battait dans mes mains au rythme où je tournais les pages et c’était énormément de Poum-Poum. Ce fut des larmes, des sourires, de l’émerveillement et tellement plus encore.


Bon, tu l’as compris, je viens de vivre un véritable coup de cœur, un coup de foudre pour ce roman.
Mon cœur a même du mal à retrouver un rythme normal, car je t’écris comme toujours mon avis à chaud.
Je vais essayer de ne pas être brouillon et te faire comprendre, mon cher lecteur, pourquoi j’ai tant aimé ce livre

Si tu lis la 4e de couverture, tu en sais déjà beaucoup ; moi, j’ai fait comme toujours, j’ai ouvert le livre en en sachant le moins possible, je voulais découvrir de moi-même. 
(J’ai même quitté les réseaux sociaux 24 h pour éviter toute conversation sur ce livre, car nous étions nombreux à le lire en même temps. Oui, c’est égoïste, mais je voulais garder et savourer les émotions seules.)
Je t’en raconte le moins possible, car si tu pouvais faire comme moi et lire ce livre en totale découverte je suis certaine que tes émotions comme les miennes en seraient décuplées.

Grace, 22 ans, part rejoindre sa tante Jenna à Leigh Creek, elle s’exile dans le bush australien, quittant Londres, pour réapprendre à vivre. 
Pour quelles raisons je le garde pour moi ! 
Sur la route, une pluie diluvienne s’abat depuis plusieurs km, Grace est perdue et en plus sa voiture de location tombe en panne en plein milieu de la nuit. 
C’est Z, le garagiste de la commune, qui viendra la dépanner. 
Ce sera leur première rencontre. Sous ce ciel diluvien, un éclair traverse le cœur de Grace.
Poum-Poum

Deux Héros – Deux cœurs

Nos deux héros ont renoncé à vivre. 
Elle ne sait plus comment faire avec cette vie qui est la sienne, comment gérer son cœur, sa peur de vivre et lui pense plus mériter de vivre.

Elle a décidé d’être une super héroïne, de foncer sans avoir peur de rien, mais ça ne marche pas aussi bien que dans les comics qu’elle dévore.
Lui a abandonné l’idée d’être Batman sans Robin et n’est plus qu’un superman déchu.

Grace cherche sa voie, que va-t-elle pouvoir bien faire comme travail ?
Elle a arrêté ses études de médecine, elle n’a pas l’envie de les reprendre. 
C’est finalement au garage de Z qu’elle va échouer, après tout réparer des moteurs c’est comme réparer des cœurs.

"- Tu n'aimes pas les vrais super-héros, gronde-t-il. Ceux qui vivent en marge de la société. Ceux qui ont des pouvoirs dingues et tiennent l'univers entre leurs mains. 
- Tu as raison. Moi je préfère les héros. Des gens comme nous qui apprennent à vivre avec leurs blessures et leurs différences."

L’un et l’autre vont se perdre et s’aider ; s’attirer et se repousser, les sentiments puissants qu’ils éprouvent leur font peur.
Z pense être un danger pour les autres et Grace ne sait même pas si elle va rester ou si son cœur va continuer de battre cet incessant Poum-Poum

"Seulement c'est trop tard. Je ne suis plus invisible. Je renais de mes cendres."

Grace et Z ne sont pas les uniques protagonistes de ce roman, tu as aussi Jenna, Ronald, Kenly, etc. Chacun d’eux sont important dans le roman, chacun apporte une réponse, un rebondissement ou évoque un thème, car si Heroes est une romance, Battista Tarantini aborde de nombreux sujets tout autres tels que le pardon, la mort, le deuil, la maladie, la culpabilité, etc.
Aussi dramatiques que puissent être ces sujets, les situations que vivent Grace et Z, car, oui tu as sûrement déjà compris que c’est entre eux deux qu’a lieu la romance, Battista Tarantini prend tous les codes de la romance sans les clichés, elle les mixte aux comics et les mélange grâce à un vortex de sable rouge australien pour te donner une magnifique et sublime histoire.

Tu vis au même rythme que le cœur des deux héros. 
Tu lis aussi vite que Flash. 
Tu crois aussi fort en cet amour que l’immortalité de Wolverine, mais eux, Grace la rousse et Z en sont-ils capables ?

Z ne veut pas guérir Grace et Grace, cela tombe bien, ne le veut pas ; mais, voilà ; ils ont beaux être deux têtes de mules ces deux-là sont les défibrillateurs de l’un et de l’autre.

Il est l’orage, elle est le soleil
Il est la nuit, elle est le jour
Il est les ténèbres, elle est la lumière

Boum-boum. Boum-boum.

"Tu as des secrets. Des secrets qui brouillent tout ce que tu dis quand tu te montres plus ...gentil avec moi ! Moins invincible, moins insubmersible ! (...) Je te ne guérirai pas, Gracz, mais tu ne me sauveras pas non plus."

Elle est exubérante, démonstrative, il est tout le contraire. 
Il ne parle que très peu, mais exprime tellement à qui sait lire dans les yeux.

Une romance passionnelle, évidente pour toi, mais pas du tout pour eux, une histoire qui te montre que pour réussir à vivre il faut aussi savoir se mettre en danger, mais aussi que la vie est précieuse et que la brûler par les deux bouts n’est pas non plus la solution.

À deux arriveront-ils à juguler la part de chacun pour en faire quelque chose d’unique ? 

Deux cœurs brisés pour en faire un nouveau et unique qui battrait au même rythme ?

Que te dire de la plume de Battista si ce n’est qu’elle a le don pour t’amener au cœur de son intrigue sans aucune difficulté. 
Tu tournes les pages sans te poser des questions.
Quand arrive un rebondissement, tu fermes ton roman deux secondes, tu reprends ton souffle et tu continues ta lecture en apnée.
Son écriture te fait sentir vivante, bouillonnante de vie et d’espoir. Elle te dit que, peu importe les difficultés, tu vas y arriver.
Tu ressens tout à 100 %, la tristesse, la peur, les larmes qui coulent, le profond désespoir, l’abîme dans lesquels se noie Z, la souffrance que porte Grace sur ses frêles épaules.
Puis tu les aimes tous ceux qui gravitent autour d’eux, oh Jenna , Ronald et le chien Wallace.

Tu comprends l’histoire, les sentiments et les questions qui les traversent, leur passé grâce à une alternance des chapitres rondement menée.
Grace te parle au présent ; de son arrivée en Australie tout en te racontant pourquoi elle y est ; de temps en temps, la parole est donnée à Z (Zepheniah) qui lui, va te narrer son passé ; pourquoi en est-il arrivé à penser qu’il ne mérite pas de vivre ?
Une fluidité tout au long, une mise en place de l’intrigue et des sentiments qui ne se font ni trop rapides ni trop lents.
Une accélération du tempo dans les derniers chapitres couplée au ronronnement de la Mustang noire de Z, une intensité dramatique qui gagne en profondeur au cours de ta lecture.
L’humour est aussi bien présent et atténue quelque peu les moments de souffrance intenses que t’infliges l’auteure, mais, attention, ce n’est pas un reproche, car je veux bien en vivre des milliers des histoires comme celle-ci, mais je ne suis pas certaine que mon cœur résisterait à autant d’émotions fortes.
Elle fait de ses héros de papiers, des êtres abîmés par la vie des super héros, mais ils ne savent pas encore tout le pouvoir qu’ils détiennent dans leur cœur.
Des êtres ordinaires qui te livrent une romance extraordinaire.
Originale, belle à te couper le souffle. 
En plus, tu voyages en plein bush australien.
 Les décors décrits sont somptueux, (même si je me serais bien passée de l'épisode de l'araignée, on a pas toutes un Z sous la main ^^) si je m’écoutais je prendrais mon sac à dos, je réserverais un vol pour Sydney et j’irais voir de mes yeux cet Outback qui t’accueille chez lui et pas le contraire. Cette nature sauvage, encore indomptée par l’homme.

Z le félin, brut de décoffrage, aux yeux bleus arrivera-t-il à s’ouvrir à Grace la rousse aux yeux verts, son vortex, sa Storm, fragile et si forte à la fois ?

C’est vraiment plus qu’une romance un roman complet, bien plus qu’une fiction. 

La vie. Le voyage. Le voyage de la vie que t’offres l’auteure avec ses perturbations, ses décollages et ses atterrissages parfois en douceur parfois brutaux et dont tu n’es pas certain chaque fois de sortir indemne même si brille très fort tout au long des lignes cette lueur d’espoir, de force, de ténacité qui te tient en vie et te fait espérer encore et encore en un monde meilleur, possible pour toi, pour eux, pour moi.
Je ne serais pas étonnée que Battista ait laissé un bout de son cœur entre ces pages.

Voilà mon cher lecteur ; je pense que cette histoire a un impact particulier sur moi, car elle reflète une part de ma vie passée et actuelle sans pour autant que cela soit la mienne, mais, j’ai connu, je connais, des souffrances similaires, je me suis fortement identifiée aux héros, Battista m’a redonné un immense coup de boost.
Chacun le vivra différemment suivant son vécu comme chaque livre d’ailleurs, une lecture, un avis dépendent toujours de notre passif, de nos vies, de nos émotions.

Oui, je sais le mot souffrance revient souvent dans mon avis, mais ; crois-moi si je te dis que Battista ne cherche à aucun moment à s’apitoyer sur ses personnages, au contraire elle te montre par eux que tout est encore possible et que rien n’est jamais définitif dans la vie. 
Que quand tu penses avoir expulsé tout ton oxygène, que tu étouffes, une brise légère t’amène le souffle qui te manquait.

J’ai un profond respect pour nos deux héros, mais surtout pour Z, finalement le plus meurtri des deux même si cela ne se voit pas, le ramener à la vie ne sera pas facile ni pour Grace, ni pour lui, ni pour toi.

Je les porte tous les deux dans le cœur. 
Le dessin de William de Rosa c’est mon cœur sauf que moi, il est écrit Z et Grace maintenant.

Tu ne seras pas étonné si je te dis de lire ce roman si ? je pense que j'en ai suffisamment dit sur les émotions ressenties non ? Tu en veux encore ? Lis-le je te dis !




Heroes de Battista Tarantini - Romance, New Adult, Australie - Littérature française - 476 pages, 17€ - Edition Hugo roman, collection New Romance, en librairie le 11 janvier
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