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jeudi 7 décembre 2017

[Rendez-vous] Throwback Thursday livresque #10




Qu’est-ce que le Throwback Thursday livresque ? Un rendez-vous que Bettie Rose Books a crée en 2016 pour permettre à chacun de partager une lecture ancienne ou plus récente au choix, mais toujours sur un thème très vaste. 
Rien à voir avec le TTT qui lui demande 10 livres et parle parfois au futur. 




Non le Throwback comme son nom l’indique, invite à se replonger dans nos plus jolis souvenirs livresques.
Toutes les semaines Bettie Rose Books propose un thème, cette semaine c'est : 


Je ne suis pas allée à Montreuil (un jour, j’irai, c’est certain, mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille n’est-ce pas, bref passons)
Un livre jeunesse, j’en ai lu des très bons cette année, j’ai continué des sagas que j’adore, mais s’il y a bien un titre qui me vient en tête directement c’est Sirius de Stéphane Servant chez les Éditions du Rouergue


Le résumé :

Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d’élever son petit frère, Kid. Réfugiés au cœur d’une forêt, ils se tiennent à l’écart des villes et de la folie des hommes... jusqu’au jour où le mystérieux passé d’Avril les jette brutalement sur la route. Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livre au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius. Avec ce road trip post-apocalyptique, Stéphane Servant signe un grand roman d’aventure, brut et haletant.

Mon avis en quelques mots :

Stéphane Servant nous entraîne dans un récit post-apocalyptique ; roman destiné, à la base pour les adolescents je le conseillerais à tous les adultes amoureux des mots, bienveillants, amoureux de la nature et de tout ce qu’elle a à nous offrir de beau, des arbres aux animaux.
Il signe une fois de plus un roman d’une immense beauté, on retrouve son langage empreint de poésie, d’image, d’onirisme.

Tout en simplicité il vous fait réfléchir sur la bêtise de l’homme, sa méchanceté surtout envers ce qu’il ne comprend pas, la nécessité de ce retour aux sources, de tendre l’oreille, d’ouvrir ses yeux bien grand pour voir, tellement voir et ressentir tout ce qui est beau autour de nous.

Que l’amour existe, même entre des êtres de natures différentes, qu’il n’est pas impossible de communier avec la nature, de comprendre ses animaux.
Il nous pousse au questionnement autour de la culpabilité, de la tristesse, de la vie simple au lieu de toute cette société dé surconsommation.

Alors oui c’est avant tout un roman d’aventures et de complicité avec les animaux à travers le personnage de Kid, mais c’est aussi la plus belle fin du monde qu’il m’ait été donné de lire.

Lien de mon avis : http://luciebook.blogspot.be/2017/10/avis-sirius-de-stephane-servant.html

Et toi quel est le livre que tu as choisi ?
mercredi 16 août 2017

[avis] Encore Vivant de Pierre Souchon




Je ne savais pas en commençant ce livre que c’était une autobiographie, comme d’habitude je n’ai pas lu la 4e de couverture en le commençant.

C’est un roman qui m’a beaucoup touché, un homme, Pierre Souchon, journaliste vous raconte sa bipolarité.

Le début du roman commence sur une crise, l’homme voit le mal partout et se réfugie sur une statue.
De là, c’est l’internement.

Il nous raconte avec force, lucidité, parfois avec humour, mais aussi sans mâcher ses mots ce qu’il vit depuis son adolescence.

Il dénonce la médecine à 2 vitesses, la société actuelle tellement individualiste, qui condamne sans chercher à d’abord comprendre l’autre.
Les crises maniaco-dépressives qui lui sont arrivées, la façon dont il a été soigné ou pas soigné du tout.

On lit les dialogues avec son père, dialogues pleins d’amour entre les 2 hommes, il raconte la campagne, son Ardèche natale et les difficultés des exploitants aujourd’hui.
Il raconte les autres malades qu’ils croisent, le regard que porte la société sur ces gens, sur lui.
Les erreurs de diagnostic ou les médecins qui soignent en ayant perdu leur humanité, car c’est ce qu’il réclame lui, de l’humanité, pour lui, pour tous.

Avec beaucoup de force et de courage il se met totalement à nu vous narrant sa dernière descente aux enfers et tout ce qu’il a perdu, son travail, son épouse Garance qu’il aime tellement.
Les traitements qu’il prend et qui lui font perdre ou oublier ce qu’il a pu faire la veille.

Un très beau témoignage à lire, durs à certains moments, on souffre avec cet homme brillant qui a tellement à dire, mais qu’on écoute plus forcément.
On veut aller jusqu’au bout du livre pour comprendre, pour le comprendre, pour les comprendre.

Je ne peux vous en dire plus si ce n’est que dans ce livre vous lirez bien sûr ce que c’est qu’être bipolaire, mais aussi les hôpitaux psychiatriques, ce que c’est d’être rejeté par la société, les différentes phases, les autres malades aussi, tous très touchants.

Beaucoup d’humanité ressort de ce roman. 

Encore vivant car oui je pense qu'il aurait pu mourir plus d'une fois, encore vivant car oui il a toujours droits à la parole, ils ont toujours droit à la parole, c'est ce que moi j'en déduis à la fin de ma lecture.

Un avis plus court mais je peux difficilement vous en dire plus. 

Encore vivant de Pierre Souchon - Autobiographie - Rentrée littéraire - 256 pages, 19.80€ - Édition Du Rouergue - Parution le 16 août 2017 
vendredi 10 janvier 2014

7 jours à l'envers de Thomas Gornet







7 jours à l’envers

De Thomas Gornet
Roman jeunesse
72 pages, 8.70 €
Édition du Rouergue/collection DoAdo, 31 août 2013 

En une semaine sa vie a basculé alors il remonte le cours des jours, pour revenir une semaine en arrière, ce dimanche après-midi où il s’est passé quelque chose de pas vraiment drôle....





7 jours à l’envers nous narre, comme le titre l’indique une semaine à compte à rebours de la vie d’un adolescent de 13 ans. L’auteur a été au bout de son concept en écrivant son roman dans un ordre chronologique inversé, le thème est dévoilé dès le début : le deuil, de qui on ne l’apprend que dans les dernières pages.

On commence le roman un dimanche, le jour de l’enterrement, la lecture se poursuit jusqu’au dimanche de la semaine précédente, le jour où tout a basculé.

En 8 chapitres, le narrateur raconte sa semaine, la souffrance de ses parents, sa propre douleur, ses réflexions, son ressenti par rapport à comment les adultes qui l’entourent, vivent leurs deuils, sa mère qu’il ne reconnaît plus, les silences, les sourires forcés ou les demi-sourires de son père, son impossibilité à verser une larme, le quotidien qui reprend le dessus, les démarches à accomplir, les souvenirs qu’il a de cet être disparu.
Tout est raconté par le narrateur dont on ne sait à aucun moment le prénom, un procédé qui permet au lecteur de très vite s'identifier à lui.
La boule dans la gorge on continue la lecture, on sourit aussi en lisant certaines pensées du jeune homme, les réponses qu’ils donnent pour trouver cette devinette digne des blagues "Carambars".

Thomas Gornet aurait pu tomber dans le mélodrame, ce n’est pas le cas du tout, il s’est concentré à raconter les émotions vécues par son narrateur et son entourage. Il raconte ce qu’il se passe quand la porte se referme et que la famille se retrouve seule, comment chaque membre va vivre son deuil de manière différente. 
L’accident est raconté par des mots simples et percutants, 10 mots en page 71, le livre se terminant à la page suivante.

L’auteur ponctue le texte de dialogues, en italique, entre le narrateur et le disparu. Il y a aussi cette devinette posée avant l’accident qui revient sans cesse en tête du garçon (en fin de chapitre), charade qui restera sans réponse...pour lui comme pour nous.

Les dialogues permettent de comprendre l’attachement entre le disparu et le garçon la relation qu’ils entretenaient, mais là aussi on y va graduellement, ne pensez pas que tout est dévoilé dès le début, ce n’est vraiment pas le cas.

Une écriture faite de mots simples, de manière subtile et efficace, Thomas Gornet raconte les rituels d’une journée, du lever au coucher, on braque vraiment notre attention sur le ressenti du narrateur. 
Le suspens n’est pas insoutenable, au fur et à mesure on écarte des pistes.

La fin est bouleversante, on passe du silence du jour de l’enterrement au hurlement poussé lors de la terrible annonce.

Une lecture touchante, qui m’a émue, la fin m’a ébranlée, mais je ne regrette pas du tout d’avoir lu ce court roman portant sur le deuil, mais, qui n'a été, à aucun moment, morbide ! 


mercredi 2 octobre 2013

Le cœur des louves de Stéphane Servant







Le cœur des louves 
de Stéphane Servant 
541 pages, 17.50€
Young Adult
Les éditions du Rouergue, 21 août 2013

 Célia est arrivée seule, à la fin de l'été.
Livrée à elle-même dans la vieille maison, elle attend sa mère. Le village est toujours pareil, perdu au fond de la vallée, avec ses montagnes couvertes de forêts et son lac noir.
Leur retour réveille de vieilles histoires.
Celle d'une grand-mère à la réputation sulfureuse.
Car ici, tout le monde se connaît depuis toujours.
On s'aime trop ou on se hait et ce sont les hommes qui font la loi, par la force s'il le faut. Pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, elle devra se tailler un chemin , entre mensonges, et superstitions. Et se faire louve pour ne pas être proie.


Célia emménage avec sa mère dans la maison de sa grand-mère Tina. La dernière maison d'un village perdu au milieu de la montagne et des forêts.
Dans ce hameau, des liens étranges subsistent entre les habitants, les étrangers ne sont pas les bienvenus, la famille de Célia en particulier. Une haine que Célia ne parvient pas à expliquer.
En cherchant à comprendre cette animosité qui pèse sur sa famille depuis 3 générations elle ne se doute pas qu'elle ouvre la boîte de Pandore.


Nous sommes presque dans un huit-clos, toute l'action se passe majoritairement dans ce village mystérieux.
On suit le destin, le passé et le futur de 3 générations de femmes.
Tina la grand-mère, qui recevait les habitants pour des consultations, considérée comme une sorcière, elle n'a jamais trop parlé ni à sa fille ni à sa petite-fille.
Catherine, la mère de Célia, elle a fuit la maison de son enfance pour devenir une auteure à succès, sombrant peu à peu dans la dépression, l'alcool et les rencontres d'un soir quand le père de Célia les a quittées, elle n'a plus rien écrit depuis plusieurs années.
Célia, jeune fille qui s'est élevée un peu seule au milieu de ces adultes blessés par la vie et qui se débat avec ce silence qui opprime sa famille.

Chaque personnage, les principaux comme les secondaires ont une grande importance dans le récit, c'est par leurs descriptions que l'on commence à démêler peu à peu, au fil des pages ce qui est légende ou réalité.


Stéphane Servant nous entraîne au cœur d'une ambiance lourde et sombre, cette atmosphère perdure tout au long de la lecture, on sent le poids des secrets, des mensonges enfouis depuis plus de 60 ans, des non-dits qui ont rendu ces 3 femmes malheureuses.

Dans cette ambiance morose, on suit Célia sur les traces du passé, se débattant entre les légendes et superstitions qui entoure ces forêts et ces habitants.
Des gens ordinaires qui, à un moment, ont basculé dans l’innommable, peu à peu sa quête de vérité l’entraîne dans la folie du passé.
Un poids tellement lourd à porter pour la jeune fille qu'elle se réfugie dans un monde où plus rien ne peut l'atteindre. Elle bascule entre raison et délire, elle se fait Louve, un animal qui ne craint ni les hommes ni la vérité.


Grâce à l'écriture de l'auteure, à la fois poétique et mélancolique on plonge au cœur de ce hameau, on détaille chaque recoin de la forêt , c'est la forêt elle-même qui devient le cœur de l'intrigue,on se sent oppressé par moment et pourtant on ne peut lâcher le roman, les descriptions sont nombreuses mais ne nous empêchent pas d'apprécier le roman à sa juste valeur.


Le livre dévoile lentement ce qu'il cache, Stéphane Servant s'est attaché à décrire chaque trait de caractères, chaque lieu, chaque sentiment de ses protagonistes.
Le mystère s'épaissit de plus en plus, nous laissant désemparé, ne sachant plus où est la réalité.
On se demande si nous sommes plongés au cœur d'un rêve (ou cauchemar) ou si l’héroïne le vit vraiment.
Le suspens nous tient en haleine jusqu'au bout.
C'est par moment étrange, par moment oppressant. Le lecteur ne sait pas sur quel pied danser.


La narration utilisée n'est pas commune, récit à 2 voix, l'histoire de Célia se mêle à celle de sa grand-mère, des passages qui concernent Célia où l'auteur utilise la 3eme personne et des passages sur Tina qui là se font à la première personne.
On alterne les chapitres entre ces 2 narratrices surtout à partir de la moitié du roman. C'est par moment assez déroutant.

A la fois roman et conte, l'auteur nous fait comprendre que les non-dits du passé peuvent avoir des incidences dans les générations futures.


La haine, le pardon, le désespoir, les mensonges, les mythes et croyances, les malheurs, les trahisons, la vengeance, des passages très éprouvants, par moment dérangeant d'autres plus légers voir irréels, la joie, la peur, la folie, la raison, c'est un roman qui pèse lourd sur le lecteur mais qui n'en est pas moins beau.


Je ne le conseillerais toutefois pas avant 16 ans et à des lecteurs que les longueurs ne rebutent pas. 
C'est le genre de livre qu'on aime ou qu'on déteste.


Un livre vraiment étonnant. Un roman unique, unique de part son écriture, par sa construction et par le(s) mystère(s) qui l'entoure(nt).

Une citation : "Dans quel mesure le texte qu'avait écrit sa grand-mère reflétait-il la réalité de ce qui s'était déroulé ici ? Finalement, ce carnet n'était-il pas semblable aux romans de Catherine ? Des parcelles de vérité réagencées par la mémoire pour tenter de donner un sens à ce qui apparaît comme flou, absurde, désordonné." "La vie est une fiction dont nous sommes à peine les narrateurs. L'auteur, lui, demeure invisible"


Pour en savoir plus : 

Le site de l'auteur Stéphane Servant

Stéphane Servant est né dans le sud de la France en 1975. 
Curieux et touche-à-tout, il s'est aventuré dans la littérature étrangère, le développement culturel, le graphisme, et l'écriture scénaristique.
Il a longtemps travaillé en milieu scolaire et associatif en tant qu'intervenant artistique et chargé de projets culturels.
Aujourd'hui, il est auteur, scénariste et illustrateur pour la presse, la communication et l'édition jeunesse.
Il vit près de Carcassonne. (source)


Le site des Editions du Rouergue 

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