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vendredi 27 avril 2018

Avis : La vallée des oranges de Béatrice Courtot



Mon cher lecteur ce livre m’a apporté tellement de douceur, m’a porté tout au long de ma lecture comme si j’étais dans un hamac à la Finca de la Serra de Tramuntana. 
Premier roman de l’autrice, elle a remporté grâce à lui le prix du livre romantique organisé notamment pas les Éditions Charleston. 
Nul doute qu’elle suivra les pas de Clarisse Sabard, notamment, qui a elle aussi été découverte pas ce prix. 
Une autrice à suivre de près !
Entre secrets de famille, romance et guerre civile sous le régime de Franco, entre Paris, Marseille et Sóller ; Béatrice Courtot te narre l’histoire d’Anaïs et de son arrière-grand-mère Magdalena. 
Tu l’as compris, j’ai adoré cette lecture, il s’en est fallu de peu pour le coup de cœur. 

Marseille, hôtel du port en 2016, Paco, un ouvrier qui restaure cet ancien hôtel découvre une vieille boite « aux délices de Majorque. Spécialité espagnole. Épicerie fine de Marseille. » À l’intérieur un cahier, une photo, une médaille en or et une balle de fusil.

Paris, 2016 Anaïs reçoit un appel téléphonique à sa pâtisserie familiale « les cafés de l’ensaïmada » lui annonçant qu’on a retrouvé des objets personnels de son arrière-grand-mère à Marseille. 

Sóller ; île de Majorque, 2016 ; Miquel consulte ses emails, il en ouvre un où une Française annonce qu’elle est à la recherche d’un héritage à la Ca’n Taronja ou la maison de l’orange, la maison de Miquel. Que lui veut-elle ?

Sóller, 1935 ; Magdalena ferme sa pâtisserie pour aller nager à la crique avec ses amis et un nouveau jeune homme que Marta, sa meilleure amie, veut lui présenter. Il s’agit de Jaime.
Pour savoir le lien qui réunit tous les lieux et les personnages que je viens de te citer, il te faudra lire le roman. 

Je ne veux vraiment pas trop en dire pour que tu découvres comme moi sans rien savoir ce roman. 
Il a un certain pouvoir magique ou thérapeutique si tu préfères, car dès que tu vas lire la première page ton esprit va s’envoler vers ces protagonistes, Marseille, Paris et surtout Sóller. 
Béatrice Courtot pendant 227 pages m’a entraînée loin de mes soucis pour que je suive à mon tour les traces de Anaïs et Magdalena. 

Béatrice Courtout a une plume sensible, olfactive, sensorielle et visuelle. 
Tu ressens le mistral à Marseille, soulever tes cheveux, tu sens les milles et une odeur de Sóller, les oranges surtout, mais aussi les citrons, les pins, la fleur d’oranger. 
Tu entends les bruits des vagues, la tramontane de la vallée de Sóller plier les orangers, tu écoutes les bruits de la nature et les conversations de ses habitants lors du marché ou d’une rencontre entre amis. 

Tu vois tous ces lieux, l’hôtel de Marseille, la vie trépidante de Paris et son métro, les paysages vallonnés de Majorque. 

Une réussite totale ; car en plus de tout ceci, tu as une quête identitaire, une romance ; mais à des époques différentes, notamment une lors de la déclaration de la guerre civile le 18 juillet 1936, c’est l’insurrection militaire contre la République. Le régime de Franco, Mussolini. 
Les atrocités commises sur cette île par les Dragones de la muerte sous la direction du comté Rossi. 
Je t’avoue que Majorque, je ne connais que de nom et par quelques photos, ma grand-mère y est allée plusieurs fois. 
Quand je pense que le régime de Franco a perduré jusqu’en 1977 !
Je connais très peu en fait l’histoire de l’Espagne ; pas du tout celle de Majorque. Ce roman m’a donné envie d’en lire d’autres. Si tu en connais, toi qui me lis, n’hésite pas à me conseiller. 

Si l’intrigue, le contexte historique, les rebondissements sont parfaits, les personnages ne sont pas en reste. 
Comment ne pas commencer par Anaïs et Magdalena, deux femmes fortes .
Anaïs, cartésienne qui dirige sa pâtisserie à succès à Paris, mais qui va vouloir percer ce mystère entourant son arrière-grand-mère. 
Cette boite, malgré son esprit cartésien, elle la voit comme un signe du destin, un appel de son aïeule qui lui a laissé un signe de vie malgré son décès des années plus tôt.
Elles ont aussi en commun l’amour de la pâtisserie, de ces gestes transmis génération après génération. 

« Par temps de mistral, de grosses vagues s’élevaient au large, la Méditerranée devenait bleu foncé, presque violette avec des festons blancs d’écume. Les oiseaux secoués par les tourbillons, emportés par leur vol, rasaient les vagues. Les éléments naturels étaient à l’image de mon tempérament, fort et tenace. J’étais une résistante, après tout. »

Si cette citation provient de Magdalena, elle peut tout aussi bien venir de Anaïs. Déterminée, volontaire, dirigeant sa vie comme elle l’entend ! 
À 28 ans, c’est une femme qui s’assume seule et le réussit très bien. 
Têtue, résistante, malgré les nombreuses lacunes sur l’histoire de son aïeule elle ne baissera jamais les bras. 
Tu vas aussi faire la connaissance de Miquel, Jesús, Martha, Jaime, Antonella, Bernat, Pedro, Camila, Mona, Catalina, Rocío, etc. 
Je ne peux pas te dire que tous vont avoir un rôle majeur dans l’histoire des héroïnes, certains plus que d’autres, mais je ne veux, encore une fois, pas trop en dire. Certains sont des contemporains de Magdalena d’autres de Anaïs. 

Pourquoi ce n’est pas un coup de cœur malgré tout ce que je viens de te dire ? 
J’aurais voulu en savoir plus sur l’enfance ou la jeunesse des personnages principaux, on n’en sait que très peu en fait. 
L’histoire des deux femmes avance assez vite. 
Béatrice Courtot réussit malgré tout à glisser tant de richesse entre ces 228 pages. 
Les thèmes abordés sont nombreux nobles et bien amenés. Cette transmission du passé est pour moi importante. 
En plus, elle a titillé mes papilles gustatives en parsemant son récit de recettes typiques que je promets d’essayer. J’ai déjà effectué des recherches.

Pour moi, ce roman est un sans faute, ce que je lui reproche n’est rien, une histoire plus longue m’aurait vraiment plu, j’ai tellement aimé parcourir ces contrées, lire la vie de ses protagonistes, les accompagner dans leur joie et leur peine, vraiment ce n’est qu’un petit manque de consistance même si maintenant je vais aller lire la nouvelle qui est disponible à la fin du roman. 
Je quitte cette magnifique île à regret, j’ai trouvé ma moitié d’orange depuis 17 ans, mais toi ? Si non, je te conseille ce voyage à Majorque dans la vallée des oranges 😀

« Pour que l’île donne ce que l’on attend d’elle, il faut s’en approcher en écoutant, en sentant, en touchant, en regardant tout, sans se lasser. » 


À demain ou lundi avec un autre genre tu connais maintenant la lectrice éclectique que je suis 😊



La vallée des oranges de Béatrice Courtot - roman contemporain et historique - prix du livre romantique 2018 - 240 pages, 18€ - Édition Charleston, en librairie le 10 avril 2018

mercredi 14 mars 2018

[Avis] Le choix d'une vie de Alia Cardyn



Ce livre je voulais bsolument le lire. Le titre me parlait, la 4e de couverture aussi, mon amie Bettierose books l'avait aimé, quand Alia Cardyn m’a contactée sur Instagram, j’ai d’abord été touchée qu'elle veuille que je le lise et ensuite impatiente de le recevoir. 
Aussitôt reçu, aussitôt lu. 

Pardonne-moi mon cher lecteur, pardon si mes propos te paraissent décousus. 
J’écris comme je le pense ; avec mes tripes et mon cœur comme d’habitude tu le sais maintenant avec moi, pas de tricherie, ce que tu lis ici c’est ce que je ressens. 
Être sincère avec toi est ce qui m’importe le plus même si un livre est toujours une question de ressenti et est subjectif par rapport à ton vécu, ton âge ou le moment où tu le lis.



À quel âge fait-on le choix d’une vie ? 
Pour Mary, c’est à 25 ans, c’est ainsi, elle n’a pas le temps de tergiverser.
C’est à travers son histoire personnelle que tu vas rencontrer les autres narrateurs du roman.
Jack le jeune homme pour qui la vie n’est qu’une fête et dont il a tout le temps de profiter.
Archibald ; ce vieux monsieur qui écrit à sa chère Lucie qui l’a quittée alors qu’il avait encore temps à lui dire et, enfin, Adélaïde, la quarantaine ; pour elle, c’est certain, elle terminera sa vie seule. C’est impossible qu’on puisse l’aimer.
Chacun d’entre eux m’a touché. 
Chacun, pour une raison différente. 
Je te l’explique un peu plus bas, car avant je voudrais te parler de l’écriture.

La plume de Alia Cardyn est à la fois poétique, douce, sensible, mais aussi vive et incisive, percutante et riche en émotion. 
Elle pose des mots très justes sur des thèmes délicats. Conteuse dans l’âme, je crois, je n’ai pas lu son précédent roman pour en être certaine, mais, sache qu’elle m’a embarqué dans ce magnifique roman chorale. 
Un roman qui m’a plongée dans mes introspections, un livre qui m’a fait réfléchir sur un fait de société qui est à mon sens encore tabou, celle de la procréation médicalement assistée.

Même si c’est le sujet central du livre, je peux me tromper en avançant que c’est aussi et surtout un livre sur ce que c’est qu’aimer.
Sur ce qui est de notre ressort ou pas, ce qui découle de nos choix ou du destin.
Sur la fragilité de la vie, sur cet instant fugace qui marquera notre vie ou fera regretter nos choix.
Mais faut-il vraiment vivre avec des regrets ou pour vivre vraiment ne vaut-il pas mieux se pardonner à soi-même ? 
Fragilité de la vie ; de l’amour, c’est aussi sur cela que j’ai médité.

Un roman sur la difficulté d’être mère, un livre qui m’aurait rassurée étant jeune maman, car oui j’ai énormément culpabilisé ; moi aussi j’ai eu cette impression d’être une mauvaise mère.
Des phrases qui ont résonné en moi, qui m’ont fait penser à la maman que je suis actuellement avec mes ados de 12 , 15 et 19 ans.

Comme je te le disais, chacun des protagonistes m’a touché d’une façon ou d’une autre. Tous ont un point commun : celui de la quête ou de la reconnaissance. 
Tous sont à des moments clés, des périodes charnières de leur vie.

Je ne dévoilerai pas comment et pourquoi, mais ils ont un lien avec l’héroïne principale : Mary

Je voudrais vraiment que tu lises ce roman, que tu sois maman ou pas, bien sûr il aura une consonance plus forte si tu es mère toi aussi, mais il dédramatise tellement de points essentiels, il enlève tellement de culpabilité. 
Tu te reconnaîtras certainement dans l’un des protagonistes.

« Je ne serai jamais maman. J’aurais pu être tant de mères, l’imparfaite, la mère poule, la bohème, la rigide ou l’étourdie, mais à tout juste vingt-ans, cela m’est déjà enlevé. »

Avec Mary, tu vas suivre le difficile et douloureux parcours de ces femmes et hommes qui ne peuvent donner la vie. 
Alia Cardyn traite de ce fait de société avec beaucoup de pudeur, de sensibilité. Elle dédramatise, si je puis dire, ce choix ou non-choix de vie.
Mary qui a toujours voulu, aussi jeune qu’elle ait été, une maman comme la sienne. 
Une maman qu’elle n’a plus, une maman qui lui manque tant, elle seule saurait trouver les mots justes, saurait la rassurer sur la décision à prendre.
Mary m’a émue dans ses réflexions, dans ses choix et ses démarches. Par cette quête ; d’être la meilleure mère qui soit. 
Sera-t'elle compétente, saura-t-elle assumer seule ? N’est-ce pas un choix égoïste ?
Une jeune femme que tu vois grandir et s’épanouir. 
Un personnage admirablement construit, mais c’est le cas pour chacun d’eux. 
Leur psychologie est fine, des êtres que tu peux croiser dans la rue, ils ont leurs qualités et leurs défauts.

Ensuite, tu as Jack. Jack ; ce doux rêveur, metteur en scène. Cet adolescent éternel, beau et charismatique aucune femme ne lui résiste.
Je ne peux pas trop développer sur les prochains protagonistes ni t’expliquer pourquoi lui a été tellement proche de moi par ce qu’il va vivre à un tournant de sa vie.

« J’ai oublié et l’oubli est terrible ici-bas. Oublier qui l’on est et où l’on va suffit à gâcher une existence. Mon geste ne sera pas sans suite. Je suis désormais un homme qui a coché une case."

Adélaïde. Cette quarantenaire célibataire, timide, solitaire. 
Personne ne peut l’aimer, elle ne le mérite pas, sa mère lui a assez répété qu’elle était indigne.

“Je ne suis pas un cadeau. Enfin, c’est ce que ma mère me répète... Si je ne le suis pas pour elle, alors comment pourrais-je espérer l’être pour quiconque”

“Suis-je réellement ce monstre dont elle se plaint constamment ? Ou est-ce sa tragédie à elle qui a noirci son regard sur moi ? Je ne le saurai jamais.”

Elle s’est résignée, mais elle aussi va apprendre des choses sur elle, bien plus qu’une case à cocher.
“En proie à des luttes incessantes, je n’avais pas vu tout cela. Tout ce qui est beau et précieux. Il est à la fois si simple et si compliqué d’être heureux.”

Adélaïde a un écho dans mon passé, un passé douloureux que je ne te raconterai pas ici tu n’es pas là pour ça.
C’est assez bizarre de voir ces livres qui traversent ma vie de lectrice comme s’il m’était destiné.

Un personnage que l’on voit peu, mais qui m’a apporté tellement psychologiquement c’est justement la psychologue Jacqueline.

“Il semblerait qu’il y ait une véritable épidémie de mauvaisemèrite aiguë (...) elle touche pratiquement toutes les mères, à un moment ou à un autre de leur parcours” 
Jacqueline m’a fait me rendre compte de ce poids inconscient qui pèse sur mes épaules. 
D’ailleurs, Alia, je suis allée voir si tu étais psychologue ; tellement tes mots sont justes et je pourrais quasiment qualifier ce roman de livre de développement personnel.

Enfin le dernier narrateur c’est Archibald le jardinier retraité. Un homme carriériste que sa femme Lucie a quitté ;c’est ce départ qui lui a fait comprendre combien il l’aime sa femme. Lettre après lettre, il lui écrit tout ce qu’il n’a jamais pris le temps de lui dire.
Avec lui, tu vas lire ce qu’est le poids du passé et de la culpabilité. Y a-t-il un moyen de se rattraper ?

D’autres personnages secondaires croiseront la vie de Mary, il apporte beaucoup de légèreté au récit, ils permettent à Mary de prendre conscience de tout ce qu’elle est. 
Je pense, notamment, à Max, son meilleur ami.

Tu le vois, c’est une galerie de personnages, tous attachants ;qui, vraiment, tous, sans exception par un fait ou l’autre, par un épisode de leur vie ont eu un profond écho en moi.

Alia Cardyn a sorti ses pelotes de laine, couleur après couleur, fil après fil elle a confectionné un plaid doux et réconfortant, elle va t’envelopper dans ce cocon de douceur, elle t’écrit comme la caresse d’un vent de printemps sur ta joue.

Telle une mère elle va te bercer par ses mots.

Mots après mots, par ses protagonistes elle va te faire découvrir la peur, les remords, les regrets, les non-dits, la pression sociale, les espoirs d’une vie. Ceux accompli et ceux déçus.
Si chacun d’eux doutera à un moment ou l’autre de leur raison d’être, sur le sens de leur vie, ils se rendront compte de ce que veux dire être heureux.

Un roman lumineux, un dénouement surprenant et tout en émotion, ne pense pas que les pères sont oubliés, Alia Cardyn n’a rien laissé au hasard. 
Du chapitrage au procédé stylistique qui tantôt est sous forme de lettre, tantôt sous force d’écriture dans un journal ou ils s’adressent à toi de manière directe, des personnages au point final. Tout cela fait qu’il n’y a aucune monotonie au contraire, très vite tu es attaché au récit au point de ne plus vouloir le quitter.
C’est puissant, vigoureux et rassurant, une thématique qu’on lit rarement sur ce manque d’enfant, des leçons de vie et de courage à travers les différents thèmes et pistes de réflexion abordés.

Un livre intemporel, combien de mère et de fille se sont posé ces questions que Mary notamment se pose ?
Une leçon de vie et d’amour.
Le tout porté par la magnifique et touchante écriture de l’auteure qui m’a totalement envoûtée.

C’est tout en finesse et émotion, je quitte ce roman avec plein de tendresse pour ces êtres de papiers sortis de l’imagination de cette auteure talentueuse, je vais m’empresser de lire son premier livre “Une vie à t’attendre ».
Je regarde mes enfants et je mesure la chance que j’ai d’aimer et d’être aimée, d’avoir trouvé mon âme sœur.

Une partie de mon âme s’est glissée entre ses pages et il aura désormais une place particulière dans mes bibliothèques.




Message à mes enfants qui me lisent ; désolée vous allez encore endurer mes incessants je t’aime. Non ; je ne changerai pas, je serai toujours maman poule, mais qui sait que ses poussins a un moment prendront leur envol, ne vous inquiétez pas je serai là pour vous aider à vous envoler et si le départ est raté je serai là pour vous rattraper (dans mes bras encore et toujours je n’ai jamais assez de câlins)



Le choix d'une vie de Alia Cardyn - roman contemporain - Auteure Belge- 384 pages, 18 € - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie depuis le 8 novembre 2017
mardi 13 mars 2018

[avis] Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard




Mon cher lecteur, aujourd’hui je vais te parler d’un roman d’une auteure que j’aime et que j’admire, une auteure qui, je le sais, à chaque roman va m’embarquer dans un secret de famille. 
Avec Clarisse, je sais d’avance que je vais vivre un moment hors du temps, bien confortable dans ma bulle de lecture.
3e roman de l’auteure, 3e roman coup de cœur.
Clarisse Sabard est en train de devenir la reine des secrets de famille. 
Il n’est pas aisé de faire voyager un lecteur d’une époque à une autre, chacune avec ses secrets et de garder l’attention sur les deux, de ne pas perdre le lecteur en route. 
Pari réussi !!
Que cela soit Faustine à notre époque ou Agathe à la belle époque. 
Un roman qui te narre la destinée de femmes hors normes. 
Il n’y a pas que Faustine et Agathe, ce livre est un roman magnifique sur les femmes, un très bel hommage qu’elle soit mère, célibataire, en couple, mariée ou non.
Je m’arrête et je te parle du roman, désolée tu vas encore avoir droit à une longue chronique.

2014, Faustine se voit confier un article pour le journal pour lequel elle travaille en free-lance un dossier sur la Côte d’Azur de la Belle époque afin de dénicher des anecdotes hors du commun. 
Pour cela, elle va loger chez sa grand-tante Caroline.
Elle ne sait même plus pourquoi elle a accepté si ce n’est la promesse d’un CDI à la clé de la clôture de l’article. 
Elle imagine déjà des thés dansants en compagnie de nonagénaire, et ce village Caussières perché dans la montagne ; que va t’elle y faire ? Son meilleur ami Ismaël a beau la rassurer c’est pleine de préjugés qu’elle embarque à bord du train.
Son arrivée est loin de passer inaperçue, à peine sortie de la gare, Sébastien manque de la renverser et Gaby, l’amie de Caroline, sa grand-tante a l’air d’avoir oublié de venir la chercher. 
C’est dégoulinante de sueur qu’elle arrive à la rue des chats dans la maison familiale et c’est de cette maison que l’idée de l’article va germer.

1906 Agathe; fille de l’hôtelier du village, passe l’été en compagnie de Simon, son meilleur ami, Jeanne et Pierre. Très souvent, ils pénètrent dans la vieille propriété de Gustave d’Aumart, un riche industriel qui a fait construire cette magnifique maison et son jardin arboré pour y séjourner entre octobre et mai. 
Cette villa avec vue sur mer inhabitée pendant l’été où les propriétaires préfèrent partir à Deauville est l’endroit rêvé pour les jeunes gens ; ils sont à l’abri des regards, le concierge dans la confidence les laisse profiter de l’étang où ils y passent des heures de liberté loin des corvées inhérentes à leur condition. 
Justement, cette condition de fille d’hôtelier Agathe n’en veut plus, elle rêve de s’élever dans la société, élève modèle, elle adorait se réfugier dans les romans notamment, de George Sand. 
Quand, un jour, le fils des d’Aumart, Alfred, 15 ans, les surprend sur les terres de ses parents et leur parle de la célèbre Caroline Otero, Agathe n’y tient plus elle doit demander conseil à cette femme qui a su s’émanciper et devenir riche.

Comme tu le vois les deux héroïnes principales du roman sont Faustine et Agathe, mais Clarisse Sabard va te décrire une panoplie de personnages formidables, j’ai aimé chacun d’eux. 
Si j’ai préféré les protagonistes de notre époque, j’ai été passionné par la vie d’Agathe et de ses pairs.

J’ai une tendresse particulière pour Gaby et Caroline, les deux vieilles dames chez qui Faustine va habiter quelque temps. Pleines d’énergie, de repartie, elles sont bien loin de l’image que Faustine s’en faisait. La pétillante coiffeuse Margaux avec qui Faustine va se lier d’amitié, Mamé, Sébastien, Camille, Hammad et ses frères.
Clarice Sabard à travers sa galerie de protagonistes aborde des thèmes et des sujets de société que je ne vais pas te dévoiler.
Faustine et son humour imparable m’ont fait éclater de rire autant en lisant ses réflexions que devant ses gaffes.
Certains d’entre eux m’ont émue.
Ce sont, tous, des personnages, hauts en couleur ; une écrivaine locale de polar ; une blogueuse avec des folloeuses, je te garantis que tu vas avoir Happy de Farrel Williams en tête tout comme la bande-son de Dirty Dancing ; rappelle-toi « on ne laisse pas bébé dans un coin ». (Merci, Clarisse d’être de ma génération)

C’est une des forces des romans de Clarice, tu oscilles entre rire et larmes, mais en plus tu as un suspens constant. 
Faustine en enquêtant sur Caroline Otero va déterrer des secrets de famille, les deux époques sont liées, des ancêtres sont communs, on dirait que le temps agit en miroir ; un éternel recommencement. Qui arrivera à réparer les erreurs du passé ?

"Je ne crois pas que les secrets révélés fassent du mal (...) c'est ce qu'on enfait qui leur donne toute leur intensité. Ce sont les leçons qu'on en tire qui peuvent nous libérer."

Pour ce qui est de la Belle époque et ses courtisanes, les « cocottes », elle m’a passionnée, la vie des gens du village, l’insouciance d’avant la Première Guerre mondiale, Nice et Monte-Carlo destination préférées des riches, Caroline Otero qui s’en fichait des convenances, même si sa réputation était entachée elle est restée dans la mémoire des gens, même aujourd’hui, l’après-guerre Paris et sa Closerie des Lilas, Modigliani, Colette, Picasso.

Agathe va réussir à atteindre le but qu’elle rêvait d’atteindre, mais en sera t’ elle pour autant plus heureuse ? 
Même si c’est une femme en avance sur son temps, qui écrit sous un pseudonyme la flamme de son regard s’éteint peu à peu. Simon, son meilleur ami, peintre doué, a su le capter, détresse d’une jeune fille, d’une jeune femme qui ne sera pas épargnée par la vie, mais qui prendra le taureau par les cornes.
Agathe est un personnage charismatique, attachant qui va te faire vivre le début du 20e et les années 20 que j’aime tant.
N’oublie pas que durant la guerre les femmes ont dû remplacer les hommes partis à la guerre. Beaucoup se sont émancipées même si les mœurs ne sont pas encore celles d’aujourd’hui et sûrement pas dans un petit village de 1089 habitants.

Que te dire de l’écriture de Clarisse Sabard, si ce n’est qu’elle m’a embarqué sans peine dans cette quête des racines de Caroline en 2016 et sur les secrets que renferme la propriété des d’Aumart.
Addictive et fluide, tu tournes les pages cherchant à comprendre comment les deux époques sont liées. 
Quels sont ces secrets oubliés ? Comment les découvrir ? Il n’y a plus de témoins.
Si l’auteure te décrit admirablement ses personnages, il en est de même pour les descriptions des paysages. Embarquement immédiat pour l’arrière-pays niçois, ses sentiers de randonnée, sa faune et sa flore.

Je pense que j’ai un faible pour ce troisième livre de l’auteure et pour les femmes qu’elle a décrites. 
Même si c’est dur, car les lettres de Rose et la plage de la mariée m’avaient déjà tous deux convaincu. Celui-ci est un peu différent ; l’héroïne de départ ne part pas à la recherche de ses origines comme pour les deux autres romans.
Malgré tout, Clarisse est une auteure très douée pour les secrets de famille, les non-dits qui ont encore des retentissements dans le présent.
Deux intrigues, un rythme qui ne se relâche pas, des moments de douceur comme cette réconciliation entre sœur, des moments d’émotion, mais que je tais volontairement. L’humour et la légèreté côtoient des sujets plus graves et douloureux.
J’ai tellement envie que tu découvres par toi-même cette pépite et ces thèmes que je vais arrêter là.




Je te prête les clés du jardin de l’oubli ; quand tu l’auras fini, rends-les-moi ou transmets-les à d’autres lecteurs qui auraient besoin de venir se poser dans ce coin de verdure et réfléchir à leur vie, à des lecteurs qui ont besoin d’une bulle des plus confortables pour quelques heures, les pieds trempés dans l’étang, écoutant la nature te révéler tous ses secrets, témoins vivants du passé.




"Il faut savoir s'émerveiller de ce qui nous entoure : le calme d'une forêt, le chant d'un merle. Le bruissement d'un ruisseau qui coule paisiblement. Quand on sait faire ça, les problèmes trouvent toujours une solution"


Le jardin de l'oubli de Clarisse Sabard - roman contemporain - Belle époque - 432 pages, 19€ - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie le 13 février 2018
jeudi 8 février 2018

[Avis] Fille de bohème de Vania Prates


Mon cher lecteur, voici un livre qui va t’emmener du Paris de Louis XIII à notre époque. 
Une histoire passionnante, une quête d’identité et une très belle romance.

Meli (Mellissandre) est une jeune femme accomplie. 
Elle a acheté un appartement dans le 16e ; elle est fiancée à Sébastien et elle grimpe les échelons à son travail. 
Lors d’une soirée d’enterrement de vie de jeune fille, elle se fait hypnotiser, ce qui au départ est un défi, car elle n’y croit absolument va complètement bousculer sa vie. 
Depuis elle, rêve chaque nuit d’Éveline, une jeune voleuse vivant à la Cour des Miracles au 17e, amoureuse de Cam (Camelien) le futur roi de la Cour des Miracles quand son père lui passera la main. Meli est troublée par ses rêves, elle en vient à avoir peur de s’endormir. 
Qui était Éveline ? À-t’elle existé ? Que lui a fait cette hypnotiseuse ? Comment retrouver une vie normale ?

L’incursion dans la Cour des Miracles à travers le personnage d’Éveline m’a passionnée.
Un monde que j’adore retrouver en littérature.
Les rêves que fait Melissandre sur Éveline nous racontent la vie d’Éveline, son quotidien à elle, mais aussi des autres habitants de la cour.
L’alternance de temps avec le présent de Meli est parfaitement gérée. 
Tu as envie de lire ce qu’il va se passer pour les deux héroïnes et comprendre pourquoi Meli rêve de Evy. 

Tu n’as aucune difficulté à passer d’une narratrice à l’autre, tout est fluide, bien orchestré et suffisamment décrit pour que la Cour des Miracles et Montmartre lèvent le voile devant tes yeux.
Une écriture immersive qui te plonge dans les lieux et les époques.

Vania Prates crée une histoire fantastique, elle te dresse une galerie de personnages tous réussis et attachants, que ce soit à n’importe laquelle des époques. 
J’ai été embarquée dans le roman dès les premiers chapitres.
Si au départ je n’aimais pas le caractère de Meli, une bourgeoise typique, j’aimais encore moins Sébastien et Laura, celle-ci grâce à ses rêves qu’elle fait sur Evy va remettre toute sa vie en question. Evy est altruiste, aimante, se satisfait de ce qu’elle a tout le contraire de Meli.
Elle rêve, mais ses songes vont la réveiller et lui permettre de mettre sa vie en perspective. Est-elle vraiment heureuse avec la vie qu’elle mène ?

"Plusieurs à marcher dans Paris, et je me sentais toujours aussi mal, écœurée par ce que j'avais découvert sur moi. Avais-je toujours été comme ça ? ambitieuse, insensible et égocentrique ?"

"J'avais tout ce que j'avais toujours voulu. Tout, sans exception. Mais avais-je vraiment ce dont j'avais besoin ? Avais-je l'essentiel ? Et qu'est ce que c'était exactement l'essentiel" 

Au fur et à mesure du récit, je me suis attachée à Meli. 
Elle va repartir de zéro et affronter seule sa vie sans avoir peur du qu’en dira-t'on. 
Le studio qu’elle loue dans un immeuble de Montmartre est un microcosme de la Cour des Miracles. Comme si les deux époques étaient calquées l’une sur l’autre.
Meli va apprendre avec les habitants ce qu’est l’entraide, l'amitié, la solidarité et les véritables fêtes.
Les protagonistes de notre siècle sont tous captivants, que cela soit Blandine, Ed, Ric, le vieux Robert, Diana, Lucas et Barnabé, tous forment une famille.
Ric va l’aider à comprendre ses rêves en lui donnant l’adresse de Mandino, un vieil homme, sage qui m’a beaucoup ému.
Sage dans sa manière de travailler l’hypnose et les plantes, mais aussi par les paroles qu’il dit à Meli. Il a un regard sur le monde d’aujourd’hui que j’ai grandement apprécié, car je partage sa philosophie.

Je me suis plus fortement identifiée à Evy. Son amour, pour Cam, est beau ; la romance est présente sans l’être de trop ; ce sont les héroïnes qui sont mises à l’avant . 
Si Meli n’est plus prête à tout faire pour un homme ; Evy si elle devient la compagne du futur roi de la cour elle ne pourra plus voler et sortir au gré de ses envies. 
Aura-t-elle la force de renoncer à sa liberté par amour ?
La quête qu’elle va mener pour Madame de La Chapelle est passionnante et émouvante. Tu as envie de la voir mener à bien la mission qu’elle s’est donnée en échange que cette dame de la noblesse lui apprenne à lire.

Comme je te le disais grâce à ses personnages Vania Prates t’immerge parfaitement dans le Paris des deux époques. 
Évoluer parmi les habitants de la Cour des Miracles m’a complément dépaysée, enthousiasmée. Les protagonistes secondaires sont habilement construits : Antoine, Gaspard, Rony, La petite Clémence, Julie, même le grand Coestre, roi de la cour.
J’ai adoré évoluer parmi eux ; je me suis glissée dans la peau de Evy. Les rêves de Meli sont imbriqués à Evy.

La grande force du roman est que tout est lié.
Les deux vies se mêlent et s’entremêlent sans que tu sois perdu. 
Tu as autant hâte de retrouver l’une que l’autre. 
Ce roman habilement construit allie la romance, le suspens, une enquête, une prise de conscience de ce l’on attend de la vie, une leçon, un message que fait passer l’auteure surtout par Meli et un peu par Evy qui va être elle aussi confronté à des choix de vie épineux.

En bref à lire si tu aimes le Paris, historique et contemporain. Si tu aimes les femmes fortes qui n’ont pas peur de se mettre en danger et qui gardent leur conviction.
Si tu aimes les quêtes identitaires et les enquêtes.


Sans être un coup de cœur, j’ai adoré ma lecture. Je l’ai dévoré, impossible de le poser une fois commencé. Encore un très bon roman Charleston.
Fille de bohème de Vania Prates - Romance, suspens, alternance d'époque historique et contemporaine - 392 pages, 18€ - Édition Charleston, collection littérature générale, en librairie le 16 janvier 2018
jeudi 18 janvier 2018

[avis] Honorables intentions de Fabiola Chenet



Bonjour, mon cher lecteur, aujourd’hui, je te propose donc une romance historique.


Une romance historique se passant en Angleterre à la fin du 19e, écrite par une auteure française que je ne connaissais pas encore, je me suis lancée, sans avoir d’attente particulière et au final j’ai adoré ma lecture.

On commence le roman avec Charlotte. 
Elle va faire sa première saison à Londres ; le souci, elle a déjà un jeune homme en vue, Arthur Northey. 
De plus, si sa sœur aînée Kate ne se marie pas avant elle, une règle établie par la matriarche de la famille, Charlotte ne pourra pas épouser Arthur. 
Est-ce que le conte Northey voudra bien l’attendre ? Un beau parti comme lui ? 
Celui-ci ; très épris de Charlotte, demande à son cousin John de demander Kate en mariage, une dette d’honneur que l’homme ne se voit pas refuser. C’est ainsi que le vilain petit canard de la famille Houtton rencontrera John.

Kate nous est présentée comme : laide, rousse, portant des lunettes tout le temps, une jeune fille qui n’aurait rien pour elle, oui c’est choquant, mais c’est écrit comme cela. 
Ses parents ne l’aiment pas, ils donnent tout à leur fille cadette, Kate est insignifiante pour eux, leur seule crainte : la grand-mère qui protège Kate et détient les cordons de la bourse.
Ils sont loin d’imaginer que Kate est une jeune femme en avance sur son temps. 
Elle profite que ses parents la délaissent pour fuir la maison familiale et se promener seule dans les rues de Londres. 
Elle s’intéresse à un tas de choses, elle lit le journal, elle aime la politique, elle s’intéresse aux nouvelles révolutions industrielles, tout ce qui, normalement, est interdit aux femmes ; elle s’en passionne

John lui est bien décidé à rester célibataire et même si ce mariage de convenance a lieu chacun sera libre de faire ce qu’il a envie. Ils en ont convenu tous les deux. Une sorte de contrat tacite.

Même si j’aurais aimé un peu plus de pages et que j’ai trouvé une scène finale un peu facile j’ai adoré ce couple et surtout l’héroïne qui est telle que je les aime. Elle n’a pas froid aux yeux. Elle est moderne et féministe
Le roman m’a fait penser à Les fantômes de Maiden Lane de Elizabeth Hoyt , une de mes sagas historiques préférées, pour des missions que Kate réalise en cachette, mais que je te laisse découvrir par toi-même
Une très belle découverte autant pour l’histoire que pour l’écriture, fluide, addictive. 
Une caricature de la noblesse anglaise avec ses us et coutumes qui sont bien loin de rendre les gens heureux avec les mariages de convenance.

Si l’auteure ne révolutionne par le genre elle nous offre une romance historique pleine de fraîcheur, de rebondissements inattendus, l’auteure nous réserve bien des surprises au cours de notre lecture. Elle nous fait passer ces messages : l’amour n’est pas toujours là où on l’attend, et vaut-il mieux avoir une tête bien pleine qu’une tête bien faite ? John, justement, passera outre les jolies têtes pour s’intéresser à l’énigmatique Kate.

Une lecture qui vous fera passer un très bon moment, sans fioriture ni temps mort, une jolie et belle romance. 
J’aurais toutefois préféré une fin un peu plus développée, on quitte nos héros un peu trop brutalement, j’aurais aimé encore les suivre, lire quelques chapitres supplémentaires ou pourquoi pas une suite ?.

Le point fort du roman ? L’auteure traite de la place de la femme à cette époque, Kate est une femme impliquée, qui ne se résigne pas au rôle que la société lui donne. J’ai aussi beaucoup aimé l’humour de Kate. Une héroïne complète et comme je les aime ! 


Un roman pour tous les amateurs de romans historiques ou qui voudrait justement découvrir la romance historique. Fabiolo Chenet m'a convaincue. 



Honorables intentions de Fabiola Chenet - romance historique, 19e - Angleterre - 304 pages, 7.99€ - Édition Charleston, collection Diva poche, en librairie le 9 janvier 2018
mardi 9 janvier 2018

[Avis] Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly



Quand tu liras cet article ; mon cher lecteur, il y aura 1 mois que j’ai lu ce splendide et bouleversant roman, le titre me promettait beaucoup (petite confidence le lilas est une de mes fleurs préférées), je me suis lancée dans l’épreuve non corrigée n’en sachant pas de trop à quoi m’attendre (comme toujours je nai pas lu le communiqué de presse avant ma lecture), quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu à la fin du livre que les personnages de ce roman ont réellement existé, certes c’est romancé, mais je n’en suis que plus bouleversée



J’ai adoré cette lecture. 
L’histoire de 3 femmes qui n’ont a priori rien en commun. Caroline Ferriday la riche Américaine qui se dévoue corps et âmes aux œuvres caritatives pour aider les Français à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Kasia Kuzmerick ; la jeune fille de 16 ans, polonaise, qui aide comme elle peut son pays à résister contre l’envahisseur allemand et enfin Herta Oberheuser, médecin allemand dont le destin va l’amener à travailler au camp de concentration de Ravensbrück

Mon cher lecteur, ma chère lectrice, si tu as envie de lire un roman poignant, dur et émouvant sur le destin de trois femmes fortes, si tu as envie d’en savoir plus sur le destin assez méconnu du grand public de ces Polonais et Polonaises emmenés pour un oui ou pour un non dans ce camp surnommé à la base « camp de redressement » si tu as envie de lire comment et pourquoi cette Américaine Caroline Ferriday va aider et entrer dans la vie des deux autres femmes, si tu veux tenter de comprendre comment une femme jeune comme Herta a pu commettre de telles atrocités, ce livre est celui qu’il te faut.

Tu le sais, les livres sur la Seconde Guerre mondiale je les lis toujours, mais je suis à chaque fois peinée de voir combien de pays, de nations, de nationalités, de gens ont souffert, des épisodes dramatiques qui pour moi ont été passés sous silence. Pour nombre d’entre nous, si l’on parle de la Seconde Guerre mondiale on pense immédiatement aux soldats allemands, aux SS et aux sorts des juifs, mais combien d’atrocités ont été commises en dehors de cela ? (Qui était déjà suffisamment horrible !)
Je pense aussi que nous avons tous un devoir de mémoire, par mes grands-parents j’ai pu en apprendre un peu, mais nos enfants qui leur racontera ? Pour que jamais cela ne puisse recommencer !



Passons au livre.
Martha Ann Kelly nous raconte l’histoire de ces trois femmes en alternant les chapitres, tu te glisseras dans la peau de chacune d’elle puisque c’est raconté à la première personne.
On commence avec Caroline à l’ambassade de France à New York, elle aide les ressortissants français du pays et envoie des colis aux orphelins français, en 1938.
Ensuite, nous suivons Kasia, jeune adolescente à l’aube que l’Allemagne envahisse son pays, la Pologne et enfin Herta, son rêve être chirurgienne, avec la politique d’Hitler une femme n’est pas destinée à travailler à des postes importants, mais servir son pays en devenant une mère exemplaire.
Chacune des ces héroïnes ont en commun la détermination à accomplir le but qu’elles se sont fixé. 
Caroline, ancienne actrice, la trentaine célibataire refuse de faire un mariage de raison, tant pis du qu’en-dira-t-on. 
Elle ne ménage pas ses heures à travailler bénévolement au consulat français, sa mère et elle sont attachées à la France, elles y ont un appartement à Paris ; Kasia a des rêves plein la tête, amoureuse de Pietrick, elle le supplie de pouvoir l’aider dans la résistance qui s’est organisée, tandis que Herta veut pouvoir exercer sa profession de médecin surtout pour pouvoir subvenir au besoin de ses parents dans cette Allemagne où tout l’argent est envoyé pour l’effort de guerre.
Je ne vais pas trop te spolier, mais Kasia, sa mère et sa sœur Zuzanna vont être arrêtées et déportées à Ravensbrück, Caroline continuera ses œuvres de charité et sera bien malgré elle entraînée dans les tourments de la guerre en Europe quand son ami Paul Rodierre célèbre acteur sera lui aussi arrêté et déporté et enfin Herta, elle, acceptera un poste où elle pense pourvoir exercer la médecine au camp de Ravensbrück.
À un moment donné toutes les trois seront liées, mais il te faudra lire tout le livre pour comprendre comment et pourquoi, tu comprendras aussi pleinement le sens du titre en terminant le roman.

Que te dire sur les personnages si ce n’est qu’elles m’ont marquée en bien ou en mal.
Sans conteste, je me suis plus fortement attachée à Caroline et Kasia, comment pourrais-je adhérer au mal que Herta va faire ? Même si celle-ci n’a pas accepté le poste pour cela elle va quand même aider aux terribles opérations qui ont lieu à Ravensbrück.
Si tu ne le sais pas dans ce camp Himmler et d’autres médecins pratiquaient des expériences horribles sur des femmes polonaises, Kasia et sa sœur Zuzanna feront partie de ce qu’on appelle encore aujourd’hui « les lapins de Ravensbrück ».
Toutes les trois sont des personnages complexes qui vont évoluer au cours des 20 années durant lesquelles tu vas les suivre.
Tu seras ému, en colère, tu espéreras tu seras aussi ébahi par leur détermination à changer le cours des choses surtout deux d’entre elles, tu essayeras de comprendre Herta, car si horrible celui puisse de lire ceci, elle commet ces atrocités en pensant bien faire, jamais elle ne doutera du bien-fondé de ce que ses supérieurs lui disent.
Les passages concernant Kasia, Zuzanna, leur mère Matka, Alina et de tant d’autres de leurs compatriotes te soulèveront le cœur même si chaque fois l’espoir que tout cela cesse ressort des pages. 
Tu seras aussi révoltée de lire le lavage de cerveau qu’Hitler a généré sur son pays et en particulier sur les femmes. 
Non je n’excuserai pas Herta, cela m’est impossible, mais l’auteure va te permettre de comprendre son cheminement de vie et surtout te montrera la force de ces déportées qui ont eu pour certaines la force de pardonner alors que moi j’en suis incapable.
La romance entre Caroline et Pierre apporte une note de légèreté au roman, même si elle est tout à fait fictive elle permet de lier Caroline encore plus à la France.
Je ne saurais te nommer toutes les femmes qui m’ont émue, touchée, bouleversée, mais elles sont nombreuses.

Pour ce qui est de l’écriture, je ne peux pas dire qu’elle soit fluide, j’ai été parfois déstabilisée ne sachant plus à qui était consacré le chapitre surtout au début en particulier pour Kasia et Herta, malgré tout j’ai dévoré ce roman.
Un livre qui m’a marqué pour la résilience dont certaines sont capables, pour le pouvoir de l’amour qu’il soit entre homme et femme, mais aussi et surtout dans la famille, par la détermination à accomplir leur but au mépris du danger ou de la souffrance engendrés.
Découpé en trois parties tu liras comment Hitler a commencé à envahir petit à petit les territoires autour de l’Allemagne, ensuite en deuxième partie tu seras plongée en pleine guerre, avant et après que les États-Unis entre en guerre, et enfin la troisième partie te montre la reconstruction physique, mais surtout psychologique de tous ces gens traumatisés par ces 5 années de guerre, l’horreur pour ces Polonais qui ont quitté un dictateur pour un autre : Staline et son communisme.
J’ai adoré la dimension et l’exactitude historique du récit, de Paris à New York, de Berlin à la Pologne, tu liras quantité de faits historiques : la ligne Maginot, Pearl Harbor, la guerre froide, le communisme, l’ouverture des camps partout en Europe, la réaction des gens quand ils apprendront les atrocités commises ensuite et que certain encore aujourd’hui continue à nier l’existence.
Tu rencontreras aussi des gens célèbres comme Roosevelt ; Kennedy, sénateur à ce moment-là, Marylin Monroe, Jean Marais, Françoise Arnoul, Wallis Simpson duchesse de Windsor, Arthur Miller.
Des monuments connus comme le Lutetia, le Waldorf Astoria, le Rockefeller center
Inutile de te dire que la richesse du récit en plus de l’intrigue des intrigues est incroyable. Un travail de recherche titanesque qu’a accompli l’auteure.
Plus de 500 pages qui te résument ce qui s’est passé de 1938 à 1958

Un premier roman de début de cette nouvelle année qui la marquera sans aucun doute même si je l’ai lu en décembre 2017.

Je ne peux que te le recommander, une fabuleuse histoire, un magnifique et bouleversant roman que les éditions Charleston ont eu l’intelligence d’éditer en français.
Un roman qui te montre la force des femmes.
L’auteure Martha Hall Kelly écrit une nouvelle qui se passe juste avant ce roman, j’espère que je pourrai la lire un jour, car chacune de ces femmes m’a profondément marquée.




Quelques photos des véritables personnages que tu trouveras dans le roman

Caroline Ferriday
Herta Oberheuser


Kasia Kuzmerick


Les rescapées du camp que Caroline invitera à Noël chez elle en Amérique




Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux de Matha Ann Kelly - traduction de Géraldine Coff D. - roman historique - 576 pages, 22.50€ - Édition Charleston, en librairie le 9 janvier 2018
Lien vers la fiche du livre : ici 

mardi 2 janvier 2018

[Top 2017] Partie 5 les romans historiques


On arrive tout doucement à la fin de mes meilleures lectures classées par genre, aujourd'hui on parlera des romans historiques (je sais certains sont du 20e siècle mais je les ai classé comme tels, et oui certains pourraient aussi être classé en romance mais si je les mets ici c'est parce que c'est l'Histoire qui m'a le plus touchée).

Demain, on parlera de la romance et du new adult et enfin, vendredi je te donnerai mon top 10, choix qui va s'avérer très très difficile ! 

Voici les romans historiques qui ont tous eu 5 étoiles sur Goodreads



















La plupart sont chroniqués sur le blog, certains se trouveront dans mon top 10, si tu aimes l’histoire, la Seconde Guerre mondiale, la libération de la femme, la guerre de Sécession, la fin de l’esclavagisme ou connaître l’histoire de pays différents je te les conseille tous !

En connais-tu certains ? 

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