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lundi 28 août 2017

[Avis] Sa mère de Saphia Azzeddine




J’avais découvert Saphia Azzeddine l’année passée avec son roman "Bilquiss" que j’avais vraiment aimé, j’avais vraiment hâte de retrouver l’auteure pour cette rentrée littéraire, malheureusement cette fois j’ai été quelque peu déçue, peut-être ai-je mis trop d’attente dans ce nouveau livre ?

Nous suivons Marie-Adélaïde, vendeuse dans une grande chaîne de pâtisserie. Comme le titre du livre l’indique, elle est née sous X, ce X elle ne le supporte pas, elle exècre à la fois sa mère et à la fois aimerait tant la connaître, elle l’imagine, la façonne. 
Notre héroïne est pleine de rancunes envers la société, une société qu’elle décrit à la fois avec humour et colère, celle qui a brisé tous ses espoirs, elle raconte les familles d’accueil, le parcours qu’elle a mené, son passage en prison, ce travail qu’elle fait, mais qu’elle n’aime pas.

Une héroïne brute de décoffrage, elle est toujours à la limite d’exploser, cette quête d’identité, bien légitime, ce X qui l’obsède tout comme son prénom, Marie-Adélaide, elle imagine que sa famille était riche pour lui avoir donné un prénom pareil.

J’ai eu tant de mal à éprouver de l’empathie pour le personnage central de Saphia Azzeddine à cause des jugements qu’elle porte sur la société, sur les gens qui l’entourent, elle les range immédiatement dans une case sans, parfois, même chercher à les connaître. 

Si j’ai bien compris ce sentiment de ne pas trouver sa place, ni dans le « petit » peuple auquel elle cache sa grande culture, son intelligence, ni auprès des « bourgeois » qu’elle va être amenée à côtoyer, et pareillement à "jouer un rôle", je suis restée très en dehors de sa quête d’identité.
Je pensais vraiment que ça allait être le thème du roman et ça l’est, mais en même temps l’auteure fait, à travers son personnage, une satire de la société, elle aborde quantité de thèmes qui sans être dénués d’intérêt, ici moi, ne m’ont pas du tout intéressée. 
Comme si l’auteure voulait, en très peu de pages, crier toute sa rage, son incompréhension face à cette société moderne. 

La plume de l’auteure est celle que l’on connaît, vive, acérée, sans tabous, elle n’essaie pas de faire de jolies tournures de phrases, non les mots vous les prenez en pleine figure. Elle écrit ce qu'elle pense comme elle le pense. 
J’aime cette écriture, mais avec « Sa mère » j’ai eu l’impression qu’elle en faisait de trop.

Le dénouement de l’intrigue, la manière d’y arriver m'ont semblé un peu trop simplistes mais j’ai, par contre, aimé la façon de l’auteure d’aborder le thème de l’amour entre 2 personnes d’origines et de classes différentes même si ce n'est qu'en quelques lignes. 
J’aurais vraiment apprécié que ce sujet de l’abandon sous X soit mieux développé, je n’ai pas ressenti d’émotion.

Je reconnais le talent de l’auteure, mais une lecture en dents de scie, des passages que j’ai bien aimé, mais, autres pas du tout, il y a eu ce côté trop « poussif » qui moi m’a dérangée à certains moments, certains jugements que je n’approuve pas ou auxquels je n’adhère pas et enfin une héroïne à laquelle j’ai eu beaucoup de mal à m'attacher.

Sa mère de Saphia Azzeddine - roman contemporain - littérature française - 240 pages, 19€ - Édition Stock- En librairie le 24 août 2017





jeudi 24 août 2017

[avis] Les pleureuses de Katie Kitamura



Résumé : Fiche du livre sur le site des éditions Stock 

Premier roman de la rentrée littéraire que je lis, premier roman de Katie Kitamura traduit en français.
J’ai aimé sans aimer ce roman.

Tout d’abord l’absence de prénom de la narratrice, oui on pourrait s’identifier à elle puisqu’elle parle à la première du singulier, mais j’ai lu le roman comme la narratrice le fait en réfléchissant à son mariage, très extérieur.

Si vous aimez l’action, ce ne sera pas le roman qui vous conviendra. En effet, nous suivons la narratrice lors d’un voyage en Grèce, dans la région du sud du Péloponnèse, dans la Magne. Elle y va suite à un coup de téléphone de Isabelle, sa belle-mère, qui est sans nouvelle de son fils depuis 2 semaines. 
Comment expliquer à cette mère inquiète que Christopher et elle sont séparés depuis 6 mois, que Christopher, son époux, a tenu à garder cachée cette information.
Elle ne se sent pas de le faire et se rend donc sur place là où son mari est censé être afin de lui dire de vive voix qu’il est temps de prononcer le divorce.
Arrivée dans l’hôtel Christopher n’est pas là.
Peu à peu en attendant Christopher, seule, dans un village qu’elle ne connaît pas elle va s’interroger sur son mariage. Ont-ils pris la bonne décision ?
Que veut dire le mot : je le veux et jusqu’à ce que la mort nous sépare ?

« Lorsque nous sommes enfants, les mots sont plus légers que l’air : je crie je te déteste et ça ne veut rien dire, tout comme je t’aime. Mais à l’âge adulte, ces mots sont choisis avec le plus grand soin, ils ne glissent plus sur nos lèvres avec la même facilité. Je le veux en est un autre exemple (...) »
« (...) je le veux resterait à jamais liées à une autre, archaïque tout autant qu’insensée, jusqu’à ce que la mort nous sépare (...) »

Elle s’interroge, et moi, femme et épouse, je n’ai pu m’empêcher de réfléchir aussi au sens de ces mots même si je suis heureuse, que nous venons de fêter nos 15 ans de mariage, je n’avais jamais réfléchi à ces mots qui, c’est vrai, nous les prononçons innocemment enfant, mais bien différemment adulte.
Notre narratrice part sur les pas de Christopher, auteur d’essai, il est en train d’écrire un livre sur le deuil et ses différents rites, il était apparemment là-bas pour ces recherches sur « les pleureuses » une traduction ancestrale grecque que je ne connaissais pas du tout et qui m’a intéressée. 
La rencontre avec la grand-tante de Stephano, le conducteur de taxi, elle-même pleureuse m’a mis les frissons.
La moitié du livre s’écoule doucement, nous suivons la narratrice, Maria la réceptionniste, Kostas le maître d’hôtel et Stephano.
Ensuite, il y a un twist que je n’avais pas vu venir. Je m’attendais à toute autre chose.

L’écriture de l’auteure Katie Kitamura est imagée et poétique, parfois un brin cynique, mais toujours très terre à terre, la narratrice livre ses réflexions comme si elle vous parlait à vous lecteur.
C’est ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, l’écriture. Il m’a manqué d’attachement aux personnages, je suis restée en retrait, à aucun moment je ne me suis retrouvée dans cette région du Péloponnèse. 
Peu de descriptions des paysages empêchent d’imaginer les lieux.

À la fois roman avec un suspens qui est maintenu jusqu’au bout du roman (en grande partie) et à la fois essais sur l’amour, le mariage, la mort.

Je relirai un autre roman de l’auteure afin de voir si c’est son style ou s’il y’a plus d’actions dans les autres livres.


À lire si vous aimez les livres d’introspection et que l’absence de descriptions et d’actions ne vous dérange pas.

Les pleureuses de Katie Kitamura - roman contemporain - Littérature étrangère, auteure américaine - Édition Stock, collection La cosmopolite - 304 pages, 21.50€ - en librairie le 23 août 2017


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